CRITIQUE: MISSION IMPOSSIBLE 4 – PROTOCOLE FANTOME

Impliquée dans l’attentat terroriste du Kremlin, l’agence Mission Impossible (IMF) est totalement discréditée. Tandis que le président lance l’opération « Protocole Fantôme », Ethan Hunt, privé de ressources et de renfort, doit trouver le moyen de blanchir l’agence et de déjouer toute nouvelle tentative d’attentat. Mais pour compliquer encore la situation, l’agent doit s’engager dans cette mission avec une équipe de fugitifs d’IMF dont il n’a pas bien cerné les motivations…

Après Brian de Palma, John Woo et J.J.Abrams, le quatrième volet des aventures d’Ethan Hunt et de sa bande a été confié à Brad Bird pour son premier long métrage « Live ». En effet, son film précédent n’est autre que « les Indestructibles », l’excellent film d’animation Pixar qui contenait peu ou prou les mêmes ingrédients: action,humour, action, gadgets et action! Et c’est une riche idée de lui avoir confié les rênes du nouvel épisode d’une franchise qui a toujours cherché à se renouveler. Non pas que le film soit révolutionnaire, loin de là; mais il nous sert tout ce qu’on est en droit d’attendre en allant le voir. Outre les ingrédients cités plus haut, « le Protocole fantôme » a le mérite de retrouver l’esprit de la série, en cela le plus proche de l’épisode de Palma avec en prime un doux parfum de Guerre Froide rafraîchissant après toute une brouette de films dont les méchants avaient une facheuse tendance à être très mate de peau! On en a donc pour son argent avec en particulier une scène d’escalade du plus haut hôtel du monde à Dubaï qui restera d’anthologie; Le père Tom en a encore sous la semelle!

En guise de conclusion, une impression de passage de témoin entre l’agent Hunt et l’agent Brandt (Jeremy Renner) se fait sérieusement sentir, ce qui pourrait présager d’une évolution de la franchise. L’heure de la retraite semble proche pour Tom Cruise!

LES CHAUSSONS ROUGES (1949)

Carlotta Films

La danseuse étoile Victoria Page et le compositeur/chef d’orchestre Julian Craster sont engagés par le chef de ballet Boris Lermontov pour mettre en scène un conte d’Andersen, « les chaussons rouges ». Quand Lermontov s’aperçoit de l’idylle entre le chef et l’étoile, il congédie le jeune compositeur qui sera suivi bientôt par sa dulcinée. La colère de Lermontov est alors terrible…

Réalisé en 1949 par les Britanniques Michael Powell et Emeric Pressburger, « les chaussons rouges » est ressorti sur les écrans français depuis le dernier festival de Cannes grâce au travail de Martin Scorsese et de sa fondation qui avait déjà formidablement restauré « le Guépard » de Visconti. Une fois de plus, le résultat est magnifique pour ce film qui reste l’un des favoris de réalisateurs comme Scorsese donc, Spielberg, De palma ou encore Coppola qui lui rend hommage dans son dernier film « Tetro ».

Film sur l’art et le sacrifice qu’il représente pour ceux qui le font, le film reste très réaliste sur les coulisses du ballet tout en restant empreint d’une atmosphère étrange, proche du fantastique, liée au conte d’Andersen. Pour plus de réalisme, les réalisateurs avaient d’ailleurs tenu à ce que le premier rôle soit tenu par une vraie danseuse et non une actrice, Moira Shearer, fantastique dans le rôle. Bénéficiant d’un somptueux technicolor, magnifié par le travail de restauration, le film connaît son point d’orgue avec une scène de ballet de 17 minutes d’anthologie.

A voir absolument dans l’une des dix salles qui le jouent encore ou en dvd prochainement chez Carlotta.