Critique: Les dents, pipi et au lit

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Antoine est un célibataire endurci, fêtard et séducteur. Il vit dans un magnifique appartement Parisien avec Thomas, son colocataire, où les soirées arrosées battent leur plein toutes les semaines. Lorsque Thomas part vivre à Los Angeles, il trouve à Antoine un nouveau colocataire pour le remplacer… « Jeanne, 1m70, yeux bleus ». Si la description fait saliver Antoine, il ne sait pas encore que la charmante Jeanne n’emménage pas seule… Mais accompagnée de ses deux enfants : Théo, 8 ans, et Lou, 5 ans ! 
Antoine, qui est loin d’être un papa poule, va goûter bien malgré lui aux joies de la vie de famille…

Premier film d’Emmanuel Gillibert, « les dents, pipi et au lit » est aussi le premier « premier rôle » de l’humoriste Arnaud Ducret. Il incarne un quadra complètement immature qui ne jure que par ses potes, les soirées alcoolisées, sa console et les filles, « bonnes » de préférence. Au moment où il découvre sa nouvelle coloc, Jeanne, incarnée par Louise Bourgoin, il se dit que la chance lui sourit… Jusqu’à ce que ses deux enfants de 5 et 8 ans débarquent! Finis les beuveries et le monopole de la télé! Seul objectif: virer les trois intrus au plus vite, à moins que finalement… Si l’objectif est de passer un bon moment, sans effort, le contrat est rempli notamment grâce à deux comédiens charmant à l’énergie communicative. Maintenant, si quelques gags font mouche, souvent en dessous de la ceinture (on notera une scène de « air sex » interminable) le film ne surprend jamais tant il emprunte, tout en les moquant, tous les standards de la comédie romantique. Dispensable…

2.5

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Critique: Wonder Wheel

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Réalisation Woody Allen
Scénario Woody Allen
Acteurs principaux
Sociétés de production Amazon Studios
Gravier Productions
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Drame
Durée 101 minutes
Sortie 31 janvier 2017

Wonder Wheel croise les trajectoires de quatre personnages, dans l’effervescence du parc d’attraction de Coney Island, dans les années 50 : Ginny, ex-actrice lunatique reconvertie serveuse ; Humpty, opérateur de manège marié à Ginny ; Mickey, séduisant maître-nageur aspirant à devenir dramaturge ; et Carolina, fille de Humpty longtemps disparue de la circulation qui se réfugie chez son père pour fuir les gangsters à ses trousses.

Comme dans « Blue Jasmine », Woody Allen brosse le portrait d’une héroïne en perdition. Ginny, ex-actrice, a ruiné sa vie . Elle est maintenant serveuse et a brisé son mariage avec un artiste à cause de ses infidélités. Son mari actuel, Humpty, opérateur de manège, essaie de ne plus boire pour éviter d’être violent et, s’il est fou d’elle, la réciproque n’est pas vraie. Du coup, elle tente d’oublier sa vie misérable dans les bras d’un jeune maître nageur. L’arrivée de la fille d’Humpty va tout bouleverser… Woody Allen, comme dans « Blue Jasmine », reste dans le noir avec des personnages tous plus lâches et misérables les uns que les autres et offre à ses acteurs de très beaux rôles, notamment Kate Winslet et James Belushi tous les deux époustouflants. La somptueuse photo du film est également l’un des ingrédients du meilleur film du Maître depuis … Tiens… Blue Jasmine! Courez le voir surtout si c’est le dernier!

4.5

 

Critique Bluray: Coexister

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Réalisation Fabrice Éboué
Scénario Fabrice Éboué
Acteurs principaux
Sociétés de production EuropaCorp
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Comédie
Durée 90 minutes
Sortie 11 octobre 2017

LE FILM:

2.5

Un producteur de musique à la dérive décide de monter un groupe constitué d’un rabbin, un curé et un imam afin de leur faire chanter le vivre-ensemble. Mais les religieux qu il recrute sont loin d être des saints…

Après « Case Départ » et « le Crocodile du Botswanga », Fabrice Eboué s’attaque au fait religieux à travers la musique. Il incarne un producteur qui, pour faire un coup commercial, monte un groupe composé d’un prêtre, un rabbin et un imam. Sur le même canevas que les films musicaux façon Pitch Perfect, « Coexister » nous montre la phase de recrutement (assez drôle), la naissance du groupe avec notamment le tournage des clips et enfin la rencontre avec le public. Les membres du groupe ne sont pas des cas d’école: le prêtre est en pleine tourmente, le rabbin dépressif depuis qu’il a émasculer par erreur un enfant et l’imam est un imposteur. Malgré quelques gags « osés », le film ne choquera pas grand monde et promeut parfaitement le « vivre ensemble ». Rien d’inoubliable toutefois, même si l’on retiendra la bonne humeur communicative du trio.

TECHNIQUE:

4.5

Rien à signaler, c’est nickel!

BONUS:

2.5

On trouve ici une interview du réalisateur, un court bêtisier, une chanson en karaoké et le clip de rap gay du film.

VERDICT:

2.5

Une comédie sympathique mais oubliable!

Disponible en DVD  et Bluray (14.99 euros) chez Europacorp dès le 14 février


Critique: Downsizing

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Titre original Downsizing
Réalisation Alexander Payne
Scénario Alexander Payne
Jim Taylor
Acteurs principaux
Sociétés de production Ad Hominem Enterprises
Annapurna Pictures
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Comédie dramatique
Durée 135 minutes
Sortie 10 Janvier 2018

Pour lutter contre la surpopulation, des scientifiques mettent au point un processus permettant de réduire les humains à une taille d’environ 12 cm : le « downsizing ». Chacun réalise que réduire sa taille est surtout une bonne occasion d’augmenter de façon considérable son niveau de vie. Cette promesse d’un avenir meilleur décide Paul Safranek  et sa femme à abandonner le stress de leur quotidien à Omaha (Nebraska), pour se lancer dans une aventure qui changera leur vie pour toujours.

Quatre ans après son Nebraska, road movie familial tourné en noir et blanc, Alexander Payne est de retour avec une fable SF des plus ambitieuses. A travers « Downsizing », Payne compte émettre une critique de son pays et de ses dérives consuméristes. Durant une première demi-heure des plus séduisantes, on suit Paul Safranek et sa femme, couple middle-class qui envisage de se faire « rétrécir », procédé qui permet non seulement de réduire les dépenses énergétiques (moins besoin d’eau, d’électricité, de viande…) mais aussi de s’enrichir! Tout est en effet moins cher réduit à l’échelle des poupées! Malheureusement, passée cette première demi-heure, le film s’embourbe, le rythme s’effondre, et l’intrigue sentimentale détourne le projet de son ambition initiale. Quant au final et le message présentant les écolos comme une secte, on a du mal à comprendre ce qu’a voulu nous dire Payne… On passe clairement à côté de quelque chose de grand et l’on s’ennuie ferme!

2

 

Critique: 3 Billboards, les Panneaux de la vengeance

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Titre original Three Billboards Outside Ebbing, Missouri
Réalisation Martin McDonagh
Scénario Martin McDonagh
Acteurs principaux
Sociétés de production Blueprint Pictures
Pays d’origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Comédie dramatique policière
Durée 115 minutes
Sortie 17 Janvier 2018

Après des mois sans que l’enquête sur la mort de sa fille ait avancé, Mildred Hayes prend les choses en main, affichant un message controversé visant le très respecté chef de la police sur trois grands panneaux à l’entrée de leur ville.

Ca sent le Coen, ça ressemble à du Coen, ça sonne comme du Coen mais pourtant c’est du Martin MacDonagh, le réalisateur anglais de « Bons baisers de Bruges ». Dans une bourgade perdue du Sud des Etats-Unis, Mildred ressasse son amertume et rumine depuis que sa fille a été kidnappée, violée et assassinée et que les policiers prennent l’enquête à la légère. Elle décide de botter dans la fourmilière en louant trois panneaux publicitaires pour y diffuser un message demandant à la police de se bouger, en particulier le shérif Willoughby. Même s’il est atteint d’un cancer incurable, elle s’en fiche bien, obsédé par sa propre souffrance. Ces panneaux mettront le feu aux poudres et la ville en émoi. Porté par un scénario toujours surprenant, des dialogues piquant et des personnages passionnants, « Three Billboards » est l’une des très bonnes surprises de ces derniers mois avec une Frances McDormand fabuleuse et un Sam Rockwell en flic raciste et homophobe qui fera date.

4.5

Critique: La Douleur

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Réalisation Emmanuel Finkiel
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Drame
Sortie 24 Janvier 2018

Juin 1944, la France est toujours sous l’Occupation allemande. L’écrivain Robert Antelme, figure majeure de la Résistance, est arrêté et déporté. Sa jeune épouse Marguerite, écrivain et résistante, est tiraillée par l’angoisse de ne pas avoir de ses nouvelles et sa liaison secrète avec son camarade Dyonis. Elle rencontre un agent français de la Gestapo, Rabier, et, prête à tout pour retrouver son mari, se met à l’épreuve d’une relation ambiguë avec cet homme trouble, seul à pouvoir l’aider. La fin de la guerre et le retour des camps annoncent à Marguerite le début d’une insoutenable attente, une agonie lente et silencieuse au milieu du chaos de la Libération de Paris.

Un an après le magnifique « Je ne suis pas un salaud », Emmanuel Finkiel adapte l’inadaptable, Marguerite Duras, « la Douleur ». Mélanie Thierry campe la romancière alors que son amant, Robert Antelme, figure de la Résistance,  est déporté. A la façon d’un journal intime, la voix de la romancière s’interroge, cherche à comprendre, à travers la voix de son interprète, d’une façon presque incantatoire, tout en tentant de faire revenir son mari, quitte à traiter avec Rabier le gestapiste (Magimel parfait). Elle s’observe même parfois comme si sa pensée et ses actes se dédoublaient. Emouvant et envoûtant, le film de Finkiel est un trésor de mise en scène d’une originalité folle tout en restant fidèle à l’esprit de l’oeuvre de Duras. Mélanie Thierry tient ici son plus beau rôle et inonde l’écran de sa douleur jusqu’au plan final, l’un des plus beaux de ces dernières années!

4.5

Critique: Pentagon Papers

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Titre original The Post
Réalisation Steven Spielberg
Scénario Liz Hannah
Josh Singer
Acteurs principaux
Sociétés de production Fox Searchlight Pictures
Amblin Partners
Amblin Entertainment
Pascal Pictures
Star Thrower Entertainment
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre historique
Durée 116 minutes
Sortie 24 Janvier 2018

Première femme directrice de la publication d’un grand journal américain, le Washington Post, Katharine Graham s’associe à son rédacteur en chef Ben Bradlee pour dévoiler un scandale d’État monumental et combler son retard par rapport au New York Times qui mène ses propres investigations. Ces révélations concernent les manœuvres de quatre présidents américains, sur une trentaine d’années, destinées à étouffer des affaires très sensibles… Au péril de leur carrière et de leur liberté, Katharine et Ben vont devoir surmonter tout ce qui les sépare pour révéler au grand jour des secrets longtemps enfouis…

Un peu plus d’un an avec le raté « BGG » et quelques mois avant son « Ready Player One » (sortie le 28 mars), Steven Spielberg sort son film « sérieux » du moment, « Pentagon Papers » sur les journaux qui bravèrent le gouvernement Nixon en publiant des documents « secret défense » sur la guerre du Vietnam. Il s’agit ici sur le fond sans doute de son film le plus important depuis « la Liste de Schindler ». Alors que les Etats-Unis sont depuis un an sous le joug de Trump, le film tire la sonnette d’alarme sur les abus du pouvoir et met en lumière tous ceux qui, à leur niveau, sont prêts à braver les interdits pour faire triompher la vérité. Par ailleurs, à travers le personnage incarné par Meryl Streep, Katharine Graham, la directrice du Washington Post, Spielberg rend hommage aux femmes. A une époque où la femme est réduite à son rôle de ménagère, cette dernière va s’imposer dans un monde d’hommes, au risque de tout perdre. De ces deux thèmes très forts, Spielberg, en conteur hors pair, nous offre un thriller d’une grande intelligence, véritable leçon de mise en scène, rendant le film souvent jubilatoire. Pour l’épauler, on retrouve ses habituels complices, Kaminski à la photo et John Williams pour une partition très inspirée. Mais si le film est un tel bonheur, c’est aussi grâce à ses interprètes, Tom Hanks (5ème collaboration avec Spielberg) et Meryl Streep comme toujours incroyable (l’une des scènes majeures du film alors qu’elle est au téléphone est absolument grandiose d’intensité). Spielberg est grand, Spielberg est immense et « Pentagon Papers » est un classique instantané!

5