Critique: In Fabric (les Arcs Film Festival)

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Durée 1h 58min
Nationalité Britannique
Pas de date de sortie prévue
La boutique de prêt-à-porter Dentley & Soper’s, son petit personnel versé dans les cérémonies occultes, ses commerciaux aux sourires carnassiers. Sa robe rouge, superbe, et aussi maudite qu’une maison bâtie sur un cimetière indien. De corps en corps, le morceau de tissu torture ses différent(e)s propriétaires avec un certain raffinement dans la cruauté.
Quatre ans après le magnifique « The Duke Of Burgundy », l’Anglais Peter Strickland continue à creuser le sillon d’un Cinéma fétichiste à l’outrance avec un film peut-être encore plus jusqu’au boutiste. S’il nous intéresse au personnage incarné par Marianne Jean Baptiste, petite employée de banque à la recherche de l’âme soeur, c’est pour mieux nous berner. Le personnage principal n’est pas cette quadra en mal d’amour qui se fait plaisir en s’achetant une jolie robe rouge mais bien la robe rouge en elle même. Dans cet étrange magasin qui pourrait être cousin de l’école de danse de Suspiria, les vendeuses et le patron sont plus qu’étranges et les vêtements semblent avoir leur propre existence. Si message il y a dans cet étrange et peu accessible objet filmique, il serait sans doute une critique d’une société de consommation menant à la folie. Sur la forme, ce qui marque chez Strickland c’est son obsession de l’esthétique 70’s avec un travail assez dingue sur l’image et le son et son fétichisme qui n’est donc pas passager. Comme les fantaisies sexuelles des deux protagonistes de « The Duke of Burgundy » qui revenaient inlassablement , Strickland s’amuse ici à reproduire nombre incalculable d’éléments,à maintes reprises dans son film ( les numéros de téléphone, les spots TV, les entretiens avec les banquiers, …). Drôle, amusant ou déstabilisant selon les personnes, cet « In Fabric » est un film qui ne peut laisser indifférent. Toutefois, on peut légitimement se demander si Peter Strickland est capable de sortir de ce fétichisme pour aller vers quelque chose de plus accessible.
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Critique: L’Homme Fidèle (les Arcs Film Festival)

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Réalisation Louis Garrel
Scénario Jean-Claude Carrière
Louis Garrel
Acteurs principaux
Sociétés de production Why Not Productions
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre fiction, comédie, romance
Durée 75 minutes
Sortie 26 décembre 2018

Abel et Marianne sont séparés depuis 10 ans.
Alors qu’ils se retrouvent, Abel décide de reconquérir Marianne.
Mais les choses ont changé : Marianne a un fils, Joseph, et sa tante, la jeune Ève, a grandi.
Et ils ont des secrets à révéler….

Abel et Marianne sont en couple. Ils sont tous les deux dans leur appartement lorsqu’elle lui annonce qu’elle est enceinte. Abel est heureux mais le bonheur est de courte durée car Marianne précise que ce n’est pas lui le père, puis elle enchaîne en lui apprenant qu’elle a décidé d’épouser cet homme. La chute est brutale d’autant que le mariage est prévu dans quelques jours. Cette première scène, surréaliste et très drôle, est à l’image de ce second long métrage de Garrel, trois ans après le prometteur « les Deux Amis ». Le personnage incarné par Louis Garrel sera l’objet de deux femmes incarnées par Laetitia Casta dans l’un de ses meilleurs rôles et Lily Rose Depp qui lève ici les réserves que l’on pouvait avoir à son sujet dans « la Danseuse ». Le trio d’acteurs semble beaucoup s’amuser dans ce marivaudage fortement empreint de Nouvelle Vague (microcosme bourgeois parisien, nombreuses voix off) et le spectateur avec eux. Un très bon moment!

3.5

Les Arcs Film Festival: Quelques images de l’ouverture

Hier soir avait lieu la cérémonie d’ouverture de cette 10ème édition du Festival des Arcs qui a permis à l’équipe d’organisation de faire un bilan de cette première décennie pleine de réussites. Cette cérémonie a permis de présenter le jury qui sera chargé de faire des choix parmi les 10 films en compétition. Le jury est composé cette année de RUBEN ÖSTLUND (Président), ŁUKASZ ŻAL, CHARLOTTE LE BON, CLÉMENCE POÉSY, JEAN-BENOÎT DUNCKEL, ALEX LUTZ, JASMILA ŽBANIĆ.

Une fois n’est pas coutume, le film présenté en ouverture est un film en compétition, « l’Homme Fidèle » de Louis Garrel avec Laetitia Casta(présente ce soir) et Lily Rose Depp.

Ruben Östlund, Charlotte le Bon, Jean-Benoît Dunkel et Jasmila Zbanic, Clémence Poésy à droite.

 

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L’équipe d’organisation du festival.

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Le jury au complet

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Laetitia Casta venue présenter « l’Homme fidèle » de son compagnon Louis Garrel.

Critique: Pupille

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Réalisation Jeanne Herry
Scénario Jeanne Herry
Acteurs principaux
Sociétés de production CHI-FOU-MI Productions
Les Productions du Trésor
Studio Canal
France 3 Cinéma
Artémis Productions
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Drame
Durée 107 minutes
Sortie 5 décembre 2018

Théo est remis à l’adoption par sa mère biologique le jour de sa naissance. C’est un accouchement sous X. La mère à deux mois pour revenir sur sa décision…ou pas. Les services de l’aide sociale à l’enfance et le service adoption se mettent en mouvement. Les uns doivent s’occuper du bébé, le porter (au sens plein du terme) dans ce temps suspendu, cette phase d’incertitude. Les autres doivent trouver celle qui deviendra sa mère adoptante. Elle s’appelle Alice et cela fait dix ans qu’elle se bat pour avoir un enfant. PUPILLE est l’histoire de la rencontre entre Alice, 41 ans, et Théo, trois mois.

Quatre ans après des débuts prometteurs avec « Elle l’adore« , comédie noire sur la célébrité, Jeanne Herry revient avec un film choral sur l’adoption, tout à la gloire des travailleurs sociaux. Avec un montage éclaté en temps et en lieux, on suit d’un côté l’itinéraire d’un nouveau né dont sa maman biologique ne veut pas et de l’autre le parcours sur huit années d’une femme (on retrouve la magnifique actrice qu’est Elodie Bouchez) qui se bat pour être mère. Ces deux trajets finiront par se croiser avec sur leurs chemins des éducateurs (sublime Sandrine Kiberlain), un père d’accueil (bouleversant Gilles Lellouche), une assistante sociale, le conseil familial, tous là dans un seul but, donner le meilleur avenir possible à cet enfant né sous x. Extrêmement doux et bienveillant, « Pupille » est donc un film choral presque autant qu’un thriller mais surtout un torrent d’émotion qui ne peut laisser insensible! L’un des grands films français de cette année!

4.5

Jeu Concours: 3 Tote bags « les Arcs Film Festival » à gagner (jeu terminé)

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A l’occasion de cette nouvelle édition du Festival de Cinéma Européen des Arcs désormais baptisé « les Arcs Film Festival », CINEDINGUE et le Festival sont heureux de vous offrir 3 tote bags! Pour gagner, il suffit de répondre correctement aux questions avant le 12 décembre; un tirage au sort désignera les gagnants parmi les bonnes réponses.

Jeu Concours: 5×2 places pour « Sauver ou périr » à gagner (jeu terminé)

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A l’occasion de la sortie en salles de « Sauver ou périr », CINEDINGUE est heureux de vous offrir 5×2 places pour voir le film; pour gagner, il suffit de répondre correctement aux questions avant le 5 décembre. Un tirage au sort désignera les gagnants parmi les bonnes réponses.

Critique: Sauver ou Périr

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Réalisation Frédéric Tellier
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Drame
Durée 116 minutes
Sortie 28 novembre 2018

Franck est Sapeur-Pompier de Paris. Il sauve des gens. Il vit dans la caserne avec sa femme qui accouche de jumelles. Il est heureux. Lors d’une intervention sur un incendie, il se sacrifie pour sauver ses hommes. A son réveil dans un centre de traitement des Grands Brûlés, il comprend que son visage a fondu dans les flammes. Il va devoir réapprendre à vivre, et accepter d’être sauvé à son tour.

Trois ans après un premier film très remarqué, l’excellent thriller « l’Affaire SK1« , Frédéric Tellier s’essaye au mélodrame avec un récit tiré d’une histoire vraie. Franck, jeune sapeur pompier de Paris, partage sa vie entre son métier qui le passionne et sa jeune épouse, qui l’épaule au quotidien. Quelques temps après la naissance de leurs jumelles, c’est l’accident! Au cours d’une intervention sur un feu, Franck est gravement brûlé et après quelques semaines de coma, il se réveille défiguré. Comment se relever après un tel drame? Pour Franck mais aussi pour ses proches?

Durant deux heures, Tellier nous plonge dans la vie de ce jeune pompier dans un mélo classique, usant de nombreuses ellipses au gré des événements marquants d’un parcours de vie hors du commun. Comme dans son précédent film, Tellier montre sa maîtrise dans un style très documentaire, que ce soit dans la partie où l’on voit le quotidien du pompier que dans la partie post-accident et notamment les soins. Au-delà du message très positif délivré par le film, ce qu’on retiendra est l’interprétation bouleversante de Pierre Niney mais aussi d’Anaïs Demoustier, émouvante dans ce rôle de femme/mère courage qui vacille. Un très beau film de cette fin d’année!

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