Interview Sébastien Marnier, réalisateur de « L’Heure de la Sortie »

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Rencontré à l’occasion du dernier « les Arcs Film Festival » au cours duquel il présentait son excellent second film, « l’Heure de la Sortie » (sortie le 9 janvier!), Sébastien Marnier a gentiment accepté de se soumettre à mon questionnaire et dévoiler ainsi quel cinéphile il est. Avec des goûts très proches des miens, ce qui l’en rend d’autant plus sympathique!

– Votre premier souvenir de cinéma ?

Je n’ai jamais été très Disney même si j’aimais beaucoup Cruella dans les « 101 dalmatiens » et « Taram et le chaudron magique » qu’avait en partie réalisé Tim Burton mais mon premier choc, c’est E.T de Spielberg. Et je pense que je ne m’en lasserai jamais, c’est l’un des films de ma vie.

– Si vous deviez sauver trois films ?

« Freaks » de Browning, « Christine» de Carpenter et « Shining » de Kubrick. Mais demain je vous en citerai trois autres, c’est un choix impossible.

– Si vous ne deviez garder qu’un seul DVD (par exemple en raison de super bonus !)

Le coffret qui n’existe pas de l’intégrale de Fellini, avec des tonnes de bonus ! J’ai vu tous ses films et je rêve de ce coffret exhaustif… mais pour des histoires de droits, je crois que ça n’existera jamais. Sinon, j’ai acheté récemment le DVD de version remasterisée de Massacre à la tronçonneuse de Hooper. Il y le bêtisier le plus court (deux minutes) et le plus décevant de l’Histoire… on ne voit rien, on n’entend rien. Du coup, c’est hilarant.

– Votre comédie musicale préférée ?

Je ne vais pas être très original mais sans hésitation, « Les parapluies de Cherbourg » de Demy. Le film musical ultime. Même si ça ne danse pas, même si c’est une tragédie… c’est beau à chialer, la mise en scène est fascinante et la musique de Legrand, je l’ai toujours en tête à un moment de la journée.

– Votre western préféré ?

Je n’ai jamais été très western… ça m’ennuie beaucoup. Je sais que ce sont des a priori mais je n’ai jamais réussi à les surmonter. Bref, je suis nul, je ne peux pas vous en citer à part ceux qu’on m’a forcé à regarder à la fac de ciné.

– La comédie qui vous fait mourir de rire ?

J’aime l’état d’euphorie dans lequel me laisse chaque visionnage de « Certains l’aiment chaud » de Wilder. Même si je ne hurle pas de rire, tout me plait dans ce film, tout me rend joyeux.

Chantal Lauby me fait en revanche hurler de rire dans « La cité de la peur » de Berberian. La façon dont elle s’accroche aux chevilles de Besnehard pour lui vendre son film au festival de Dijon « Moutarde et cinéma »… c’est inoubliable. Et quand ce dernier lui répond : « je n’écrirai rien sur votre film, c’est une merde ! ».

– Votre polar ou thriller préféré ?

Ça il y en a vraiment beaucoup. J’ai été très impressionné par « Le silence des agneaux » de Demme. J’avais 14 ans. Ça a été un choc. Encore aujourd’hui je trouve le film d’une telle précision ! C’est tellement sombre et suffocant comme une descente aux enfers… Et les acteurs !!! Dans un autre genre, j’adore « Les yeux sans visage » de Franju et « La féline » de Tourneur. Deux films qui m’ont grisés et épouvantés !

– Votre film d’horreur préféré ?

« Suspiria » d’Argento est quand même un sacré morceau. « Massacre à la tronçonneuse » de Hooper et puis dernièrement « It follows » de David Robert Mitchell qui m’a vraiment provoqué de beaux vertiges.

– Un film que vous avez honte d’aimer ?

Je n’ai honte de rien, vraiment, j’aime tout un tas de bouses !!! Mais j’avoue que j’ai toujours un peu de mal à placer en soirée que j’aime les films de Nancy Meyers… « The Holiday » c’est quand même super fun !!! Même « Le nouveau stagiaire », c’est cool !

– Un film que vous avez honte de détester ?

Je reviens à cette histoire de Westerns…

– Votre dernier coup de cœur en salles ?

J’ai eu de très fortes sensations avec « Jusqu’à la garde » de Xavier Legrand. Meilleur film français de cette année… même s’il y a eu de très belles propositions ces derniers mois.

– Votre dernier coup de gueule en salles ?

J’en ai tellement…

– Quel cinéaste admirez-vous le plus, hier et aujourd’hui ? Pourquoi ?

Carpenter sûrement. Tous ses films sont des pépites et des diamants noirs merveilleux. C’est un cinéaste tellement contemporain, tellement politique ! Par delà les sensations horrifiques, sa vision de l’Amérique et du monde en général me fait toujours réfléchir. C’est d’une violence inouïe, c’est presque punk… Et puis son sens du cadre, la manière dont il film les voitures et les véhicules, la lumière, les brillances froides comme les synthés, c’est fascinant !

– Votre avis sur le clash Netflix/Cinéma ?

Personne ne peut avoir un avis tranché. C’est le sens de l’Histoire ! C’est vertigineux mais il nous faut trouver des nouvelles façons de cohabiter tous ensemble, Blockbuster, Art et essai, salles et plateformes. Découvrir « Roma » sur ma télé me frustre beaucoup. C’est comme si cette œuvre majeure était en prison. Elle ne demande qu’à s’évader mais des gardiens l’en empêchent. C’est un film conçu pour la salle et c’est bien ce qui le rend si symptomatique de ce moment de friction. Si les plateformes permettent aux auteurs de s’accomplir et qui plus est, en leur offrant une visibilité inespérée, c’est irrésistible. Il va falloir trouver la bonne équation et que les deux parties finissent par collaborer. Un film Netflix ou Amazon pourrait très bien sortir en salle dans une combinaison réduite et pour un temps limité, comme quelque chose d’évènementiel. Je suis certain que les spectateurs répondraient présents ! Après, pour les droits d’auteur, c’est un autre problème… Nous serons les grands perdants. A nous de nous battre pour faire valoir notre travail à sa juste valeur.

– Des projets de films ? De livres ?

Je vais tourner mon troisième long métrage à l’automne 2019. Ce sera un thriller familial et sur la fin du patriarcat. Ça va me faire beaucoup de bien de dézinguer la famille… Et puis une série horrifique… mais ça, c’est en négociation.

– Des acteurs avec qui vous rêvez de travailler ?

J’essaye de ne plus y penser, c’est trop frustrant ou trop décevant d’écrire en pensant à des acteurs. Chaque rôle doit trouver l’acteur adéquat c’est à dire l’acteur qui me fascine mais qui doit être à notre portée financière, disponible à nos dates et qui ait une envie réciproque de travailler avec moi. Ça fait beaucoup de conditions. Et ces perles rares, sur le plateau, je les aimerai comme nul autre.

Mais pour répondre plus précisément à votre question : Deneuve, Huppert, Meryl Streep et Cotillard. Des femmes puissantes qui ont un appétit insatiable pour le cinéma et une envie de jouer irrésistible.

– Envie d’explorer d’autres genres que le film noir ?

Pour l’instant, ce n’est pas d’actualité. Je veux encore chercher…

– Des évènements autour de la sortie de votre film ? (je pense au live de Zombie zombie)

Ressortie du roman de Christophe Dufossé « L’heure de la sortie » chez Folio et sortie de la BO du film par les Zombie Zombie en digital le 9.1.19 et en Vinyle le lendemain ! Et surtout, le 15.03.19 le concert unique et ultra sexy des Zombie Zombie avec la chorale d’enfants de La Maîtrise du conservatoire de Clamart pour jouer en live la musique du film dans le cadre extraordinaire de la Cathédrale Américaine de Paris !!! A ne pas rater !

  • Un dernier mot ?

Rendez-vous en mai 2020.

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The Duke of Burgundy: l’interview de Chiara d’Anna

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Lors du dernier Festival du Film Européen des Arcs, j’ai eu l’occasion et le plaisir d’interviewer l’une des actrices du magnifique « the Duke of Burgundy », Chiara d’Anna. L’essentiel de ce moment est ici.

Interview: Duccio Chiarini, réalisateur de « l’Eveil d’Edoardo »

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A l’occasion de la sortie de l’excellent « l’Eveil d’Edoardo« , j’ai eu le plaisir de poser quelques questions à ce jeune cinéaste italien sur son film et ses inspirations et ceci, en Français!

Comment en êtes-vous arrivé à ce premier long métrage?

J’ai toujours aimé raconter des histoires; j’ai donc fait de la radio. Après mon diplôme de droit, j’ai commencé à faire des petits courts-métrages; j’ai fait ensuite un documentaire et j’en suis arrivé à écrire l’histoire de ce film là.

Comment est née l’idée de ce film?

Le film s’inspire de souvenirs de ma jeunesse, de cet été-là pendant lequel j’étais complètement divisé entre l’envie de devenir adulte, de participer au grand jeu de la vie et de la sexualité, et la peur d’être trop fragile, sensible, de pas être assez expérimenté pour ça.

Tout ça était parfaitement représenté par le problème que j’ai rencontré à l’âge de 15 ans avec mon pénis (phimosis), problème que j’ai ressenti très violemment! Après j’ai lu une bande dessinée de Gipi, « ma vie mal dessinée », dans laquelle il raconte une histoire de fragilité masculine de façon très sensible et délicate. J’ai décidé de faire pareil en racontant mon histoire, entre le désir de participer et la peur de devenir adulte, entre la comédie et le drame, l’angoisse.

Comment s’est fait le choix des acteurs?

En fait j’ai écrit ce film en pensant que j’allais le tourner sans argent, donc j’envisageais déjà de tourner avec des acteurs non professionnels. Avec la réussite rencontrée au Biennale college Cinema, j’ai pu faire un casting avec des acteurs confirmés et des débutants. J’ai finalement choisi des débutants, des personnes géniales avec lesquelles j’ai voulu travailler.

Ils sont tous très bon!

Merci beaucoup! C’est ce qui m’a demandé le plus de travail et sur quoi j’ai mis toute mon attention.

Vous êtes vous inspiré d’autres films sur l’adolescence?

Je me suis surtout inspiré de mes souvenirs! Mais il y a beaucoup de films que j’ai gardés en mémoire pour tenter d’obtenir un résultat. Je parle de destination; c’est comme une barque que je dois conduire à bon port. Ce bon port c’est le cinéma de Claude Sautet , « un amour de jeunesse » ou encore Eric Rohmer. Tout ce cinéma là était la bonne destination où conduire la barque. Si tu ne tiens pas le capo avec cette histoire-là, il est facile de se retrouver dans « American Pie »!

En effet, on pense inévitablement à « American Pie » mais sans la vulgarité!C’était voulu?

Pas du tout! Je pensais plutôt au roman de Philip Roth, « Portnoy’s Complaint » mais pas du tout à « American Pie ».

Le ton du film fait en tout cas penser au film Mia Hansen-Love « un amour de jeunesse ».

Oui, ça c’est quelque chose que j’adore!

Parlons Cinéma en général, quels sont vos réalisateurs favoris?

C’est très difficile, il y en a beaucoup! J’adore les premiers Woody Allen. J’adore Claude Sautet, Eric Rohmer, Truffaut, Fellini, Rossellini…

Trois films importants pour vous?

« les 400 Coups » que j’avais vu à 13-14 ans un jour où je n’étais pas allé à l’école. J’ai commencé à sentir le besoin de raconter des histoires, la magie du Cinéma. C’est avec le Cinéma français que j’ai commencé à aimer le Cinéma. Il y a aussi « le Cercle des poètes disparus » de Peter Weir avec Robin Williams! Ca c’était important parce que j’étais adolescent et je me sentais différent, avec ce film, j’ai réalisé que je n’étais pas seul! Ce film m’a beaucoup rassuré. Dans la forme c’est très américain mais le contenu de ce film, l’importance de la poésie, de l’amour dans la vie, c’était pour moi une illumination. Après je dirais… le cinéma de Fellini, Woody Allen qui m’ont donné l’envie de faire du Cinéma.

Quel film avez-vous beaucoup aimé dernièrement?

J’a beaucoup aimé « Eden » de Mia Hansen-Love parce que c’est une histoire vraiment subtile. J’y suis allé en pensant voir un film sur la scène électro et en fait c’est un film sur la vie, avec des personnages trentenaires qui sont déjà « vieux ». Il y a des scènes sentimentales qui m’ont fait penser à des scènes chez Sautet avec des personnages de 50-60 ans. Ici ce sont des trentenaires mais dont la vie va tellement vite que ce sont déjà des vieux et ça m’a beaucoup touché. L’autre film que j’ai adoré cette année c’est « Inherent Vice » de Paul Thomas Anderson ; c’est tellement riche et fou; j’ai adoré! C’est pas du tout mon Cinéma mais c’est tellement rafraîchissant!

Quels sont vos projets?

Je travaille sur un scénario que j’espère réaliser l’année prochaine, une co-production avec la France. C’est sur la fin d’un Amour entre deux personnes, focalisée sur le garçon. Encore une histoire de fragilité masculine mais pas sur l’aspect sexuel, plutôt côté intime. C’est l’histoire d’un jeune homme qui ne sait pas quoi faire de sa vie, qui se pose plein de questions. Un road movie sur les canapés de ses amis!

Merci Duccio et bonne chance pour votre film!

SORTIE LE 17 JUIN

Hyena: interview de Gerard Johnson et Peter Ferdinando

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Après la présentation de « Hyena » au Festival du Cinéma Européen des Arcs, l’opportunité m’a été donnée d’interviewer le réalisateur et son comédien. Faute de place pour procéder à cet entretien, c’est dans l’appart de Dominique (Silence Action) et moi que nous nous retrouvons. Nous parlons alors pendant plus d’une heure du film et des sources d’inspirations des deux artistes. Vous trouverez ici toute la partie de l’interview que j’ai enregistrée, le reste ayant eu lieu « off » pour pouvoir parler plus librement d’autres réalisateurs ou encore m’interroger sur mon ressenti!

Le film sortira le 6 mai en France!

 

Mon Cinéma à moi: Cyprien Vial

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Dans le cadre du festival Version Originale  qui se tient à Gujan Mestras du 20 au 27 mars, le réalisateur de « Bébé Tigre« , Cyprien Vial est venu rencontrer le public de ce petit festival fort sympathique en tant que parrain. L’ayant déjà croisé lors du dernier FIFIB ainsi qu’au festival des Arcs, il a gentiment accepté de participer à cette rubrique qui permet de connaître un peu mieux les goûts de personnalités du 7ème Art.

 

MON CINEMA A MOI: MICHEL LECLERC

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Après Bertrand Tavernier, c’est au réalisateur de la meilleure comédie française, succès surprise de 2011, « le Nom des Gens » et de l’OVNI « Télé Gaucho« , Michel Leclerc de se soumettre à mon petit questionnaire et de nous dévoiler quel cinéphile il est.

Votre premier souvenir de cinéma ?

Je me souviens de mes parents m’emmenant voir West Side Story qui était ressorti au Kinopanorama, du côté de la Motte Piquet, ce n’était probablement pas la première fois que j’allais au cinéma mais ça m’a marqué. Nous habitions en grande banlieue et y aller était déjà une expédition. Et cet écran énorme, la musique, la tragédie du film… ça m’a marqué à vie et je garde pour ce film une passion intacte.

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Si vous deviez sauver trois films, lesquels seraient-ils ?

Difficile, disons : « Les Parapluies de Cherbourg (Demy) » « Une femme sous influence (Cassavetes) » et « Amacord (Fellini). »

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Amarcord

Si vous deviez garder un seul dvd, quel serait-il ?
Peut être celui de Farhenheit 451, pour le journal du tournage que Truffaut a écrit et qui est mis en image dans les suppléments.

Votre comédie musicale préférée ?
« Les Demoiselles de Rochefort » (pour ne pas répéter « les Parapluies de Cherbourg), je peux aussi dire « Cabaret », qui n’est pas exactement une comédie musicale mais un film sublime, qui m’a profondément marqué.

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Votre comédie préférée ?
Difficile aussi. alors j’en cite 4 : « Meurtre mystérieux à Manhattan» « Le dictateur » « Nous irons tous au paradis  » et « mon oncle ». J’adore Rappeneau aussi.

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Votre polar préféré ?

Taxi driver (est ce un polar ?)!

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Votre film d’horreur préféré?
Je ne suis pas très film d’horreur, parce que je n’aime pas trop avoir vraiment peur au cinéma, alors disons « les Diaboliques » de Clouzot mais est ce un film d’horreur ?

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Un film que vous avez honte d’aimer ?
Pas vraiment honte mais…. « la moutarde me monte au nez » de Claude Zidi avec Pierre Richard et Jane Birkin, je l’ai montré récemment à mes enfants, je ne l’avais pas vu depuis 20 ans, et ça leur a plu.

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Un film que vous avez honte de détester ?
Aucun, je n’ai pas honte de détester, je déteste.

Votre dernier coup de cœur dans les salles ?
Oslo, 31 Août de Joachim Trier.

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Quel(s) réalisateur(s) admirez-vous le plus, hier et aujourd’hui et pourquoi ?
Fellini, parce que c’est un cinéaste du côté de la vie et qu’encore aujourd’hui je ne comprends pas du tout comment il a tourné ses films pour qu’ils aient autant de souffle. Et bien sûr Woody Allen, pour le plaisir qu’il me donne, depuis si longtemps.

federico-fellini-imagePhoto Credit: Courtesy of the Academy of Motion Pictures Arts and Sciences

Que pensez-vous de l’évolution du cinéma avec l’apparition de la 3D en particulier ?
Tant qu’il y a aura des gens qui ont envie de se déplacer pour qu’on leur raconte une histoire ou qu’on les plonge dans un monde pendant une heure et demi, tout va bien. Le reste, la technique, c’est un détail.

– Des projets de films ? Des projets musicaux ?
Bien sûr, mais se feront ils ? Je suis en plein dans la période d’angoisse de cette question. Un scénario est prêt, il va falloir le faire lire.

Un projet de disque avec Baya Kasmi, ça serait notre deuxième….

Je rêve bien sûr de tourner une comédie musicale, mais comment faire mieux que nos prédécesseurs ?

Sara Forestier, une muse?

Non car il y a quelque chose d’un peu passif dans la notion de muse. L’artiste avec un grand A qui s’inspire d’une femme qui se contente d’être. Avec Sara, nous travaillons, elle autant que moi, et j’espère être autant sa muse qu’elle est la mienne.

Y a-t-il des acteurs avec qui vous rêvez de travailler ?

Cary Grant et Simone signoret mais je ne sais pas s’ils sont libres en ce moment….

– Des envies d’explorer d’autres genres que la comédie ?

Comme Woody, j’aimerais tâter un peu d’autres terrains mais je sais au fond de moi que je ne suis pas sûr d’y arriver. La comédie est mon mode de communication naturelle.  Avant d’aller ailleurs, j’ai encore à explorer ce genre.

 A-t-il été facile de trouver des financements pour Télé Gaucho après le succès du Nom des Gens ?

Oui, dans la mesure où cela reste un film avec un budget modeste. Le problème sera peut être pour le film suivant car Télégaucho n’a pas été un succès en salles et mon prochain projet nécessite pas mal de sous.

– Un objet qui vous fait vraiment chier ?

D’avoir 4 télécommandes pour faire marcher un lecteur DVD.

– Quelle chaîne regardez-vous le plus à la télé ?

Honnêtement je n’en regarde plus aucune. Le grand journal de canal de temps en temps, que j’adore détester.

Un dernier mot ?

Oui… parce que c’est un beau mot.

 

Un grand merci à Michel Leclerc pour le temps qu’il a bien voulu consacrer à répondre à ces questions. On attend avec impatience son prochain film!

 

MON CINEMA A MOI: BERTRAND TAVERNIER

Voici une nouvelle rubrique dont je suis très fier! Je vais tenter, de temps en temps de poser quelques questions à des personnalités du 7ème art sur leurs goûts en la matière, un peu à la manière « dis-moi ce que tu regardes, je te dirai qui tu es! ».

Au niveau de la régularité, je ne vous promets rien; ces gens-là sont très occupés et n’ont que faire du pauvre blogger que je suis. Pourtant, un cinéaste, et pas des moindres, a accepté de répondre à mes quelques questions: l’immense Bertrand Tavernier. Les réponses sont assez brèves mais l’entretien s’est fait par mail, ce qui limite les possibilités. Cela permet toutefois de comprendre l’étendue du savoir en la matière du réalisateur du »juge et l’assassin » et de « la princesse de Montpensier » et ne peut que vous inciter à lire très vite son ouvrage fabuleux « mes amis américains ».

Bertrand Tavernier. Little Bear

 

                 SUR LE CINEMA EN GENERAL

–       Votre premier souvenir de cinéma ?

       J’ai mis très longtemps à découvrir qu’il s’agissait de  » Dernier Atout » de Jacques Becker.

 

 

–       Si vous deviez sauver trois films, lesquels seraient-ils ?

      Trop difficile:un Renoir, un Ford, un Michael Powell mais ce serait horrible pour les autres!

–       Si vous deviez garder un seul dvd, quel serait-il ?

       Idem!

–       Votre comédie musicale préférée ?

       Je déteste les listes, les hiérarchies. Si je dis « Chantons sous la pluie » de Stanley Donen, j’ai envie d’ajouter « Tous en scène » (« the bandwagon ») de Vincente Minelli, « les 7 femmes de Barberousse » de Stanley Donen, « Funny face » de Donen également et « Top hat » de Mark Sandrich.

 

–       Votre film de guerre préféré ?

        « Enfants de salauds » (« play dirty ») d’André de Toth, « Attack » de Robert Aldrich , « La 317ème section » de Pierre Schoendorffer, « le merdier » de Ted Post, la scène de guerre de « Monkey on my back » d’André de Toth, celle de « Pride of the marines » de Delmer Daves et « la mer cruelle » de Charles Frend.

 

    

       Votre western préféré ?

       « La prisonnière du désert » de John Ford, « 3 H 10 pour Yuma » de Delmer Daves, « la colline des potences » de Delmer Daves encore, « la poursuite infernale » de John Ford, « les affameurs » d’Anthony Mann, « Law and order » de Edward L. Cahn,  » la vallée de la peur » de Raoul Walsh, « la fureur des hommes » d’Henry Hattaway.

 

       Votre polar préféré ?

        « Pitfall » d’André de Toth, « l’enfer est à lui« (« White heat ») de Raoul Walsh, « classe tous risques » de Claude Sautet,  » Maigret tend un piège » de Jean Delannoy, « La vérité sur bébé Donge » de Henri Decoin, « Laura » d’Otto Preminger, « memory of murders » de Bong Joon-Ho, « chien enragé » d’Akira Kurosawa,  » il pleut toujours le dimanche » de Robert Hamer, et « High and low » de Kurosawa.

 

       Votre dernier coup de cœur dans les salles ?

         » Au fond des bois » de benoît Jacquot et « Inside job » de Charles Ferguson.

 

       Quel(s) réalisateur(s)  admirez-vous le plus aujourd’hui ?

        Olivier Assayas, Xavier Giannoli, Benoît Jacquot.

       Que justifie cette admiration que vous éprouvez pour le cinéma américain ?

        Il y a eu des auteurs magistraux de Ford à Lubitsch, de Mankiewicz à La Cava et Walsh.

       Est-il plus facile de tourner aujourd’hui « dans la brume électrique » aux Etats-Unis ou « la Princesse de Montpensier » en France, en terme de liberté artistique ? Et tourneriez-vous à nouveau outre-Atlantique ?

          C’est aussi difficile et non, je ne tournerai plus aux Etats-Unis.

       Que pensez-vous de l’évolution du cinéma avec l’apparition de la 3D en particulier ?

        Aucune idée.

       SUR VOTRE DERNIER FILM

       Les films en costume sont chose rare au cinéma de nos jours. Est-il facile de trouver les financements pour ce genre de film aujourd’hui ? 

         Non, pas du tout.

       Vous portez toujours à travers vos films un regard critique sur le monde. Dans ce projet, qu’est ce qui vous a donné envie d’adapter ce texte de Madame de Lafayette ?

        Le personnage de Marie, celui de Chabannes et l’histoire d’amour où l’on prenait le parti de la femme.

       Le casting de votre film est très réussi, avec une révélation, Raphaël Personnaz, que j’ai découvert et que j’ai trouvé fantastique dans le rôle du duc d’Anjou. Lors de l’écriture, aviez-vous déjà ces comédiens en tête ?

       Seulement Gaspard Ulliel et Grégoire Leprince-Ringuet.

       Avez-vous déjà d’autres projets ?

        Oui mais aucune réponse des financiers pour le moment.

       Pour finir, vous formez, avec des metteurs en scène comme Tarantino ou Scorsese, un cercle très restreint de cinéastes cinéphiles, dotés d’une culture impressionnante. Et cela semble dans la plupart des cas un gage de qualité. Cette culture cinématographique ou générale semble se perdre chez les jeunes aujourd’hui (ce n’est pas un vieux qui vous parle, j’ai 33 ans), que préconiseriez-vous pour intéresser cette jeunesse ?

        D’être curieux et il y a d’autres metteurs en scène cinéphiles comme Alexander Payne, Olivier Assayas, Benoît Jacquot, Xavier Giannoli et plein d’autres en Europe.

Entretien réalisé par CINEDINGUE en mars 2011.

Je tiens encore une fois à remercier chaleureusement M. Tavernier de m’avoir accordé un peu de son temps précieux en espérant avoir l’occasion de le rencontrer plus longtemps une prochaine fois.