Critique: Sunset (les Arcs Film Festival – Sommet)

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László Nemes

Hongrie, France

2018 / 142’ / VO : Hongrois / tout public
Sortie 20 mars 2019

1913, au cœur de l’empire austro-hongrois. Irisz Leiter revient à Budapest après avoir passé son enfance dans un orphelinat. Son rêve de travailler dans le célèbre magasin de chapeaux, autrefois tenu par ses parents, est brutalement brisé par Oszkar Brill le nouveau propriétaire. Lorsqu’Írisz apprend qu’elle a un frère dont elle ne sait rien, elle cherche à clarifier les mystères de son passé. A la veille de la guerre, cette quête sur ses origines familiales va entraîner Irisz dans les méandres d’un monde au bord du chaos. 

En 2016, Laszlo Nemes frappait fort avec « le Fils de Saul » qui suivait le quotidien d’un membre des Sonderkommandos au sein du camp d’Auschwitz. Le parti pris radical, filmer le personnage principal en gros plan soit sur son visage soit sur sa nuque, se justifiait par un souci d’immerger totalement le spectateur. Son nouveau film, très attendu, reprend le même dispositif, sauf qu’ici, on n’en saisit jamais l’utilité. Nemes nous emmène ici en 1913 au coeur de l’empire austro-hongrois et suit Irisz Leiter, jeune femme qui, après sa sortie de l’orphelinat, rêve de travailler dans l’ancien magasin de chapeaux de ses parents. Très vite, elle apprend qu’elle a un frère au passé trouble. Durant deux heures trente, elle va donc marcher dans Budapest pour élucider le mystère autour de son frère. Nemes la filme donc en posant sa caméra sur sa nuque ou son visage et celle-ci va poser des questions à tous ceux qu’elle croise, questions qui n’auront jamais de réponse, jusqu’à un final en forme de twist tiré par les cheveux. Quant à l’actrice Juli Jakab, elle n’a malheureusement qu’une seule expression à jouer durant tout le film. Si la photo et les nombreux plans séquence offrent de beaux moments de cinéma, « Sunset » est un pensum des plus irritant et épuisant pour le spectateur qui aura l’impression d’avoir perdu 2h30! Le coup de gueule du Festival!

0.5

Critique: Smuggling Hendrix (les Arcs Film Festival – Compétition)

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Marios Piperides

Chypre, Allemagne

2018 / 93’ / première française / VO : Grec / tout public
Pas de date de sortie prévue
Alors que Chypre traverse une crise financière, Yiannis tente de se dépêtrer d’une crise personnelle. Il est criblé de dettes et éprouve toujours des sentiments pour son ex-petite amie Kika, dont il garde le chien. Yiannis s’apprête à quitter Nicosie mais ses plans changent brutalement quand le chien s’échappe pendant une promenade et s’enfonce dans les quartiers turcs de la ville. Yiannis se retrouve alors confronté aux lois diplomatiques et aux règlementations absurdes de l’Union européenne, qui énoncent qu’on ne peut pas “importer” un animal d’un territoire non-européen sur un sol “grec”.
Un trentenaire un peu baba cool, sorte de Big Lebowski chypriote, promène son chien dans les rues de Nicosie lorsque celui-ci s’échappe et traverse la zone tampon pour aller en territoire occupé par les Turcs. Très vite, il remet la main dessus mais ne peut repasser la frontière dans l’autre sens, les règlements interdisant d’importer des animaux dans la zone grecque! Le héros va donc devoir trouver une solution pour rentrer chez lui avec son chien et devra notamment faire équipe avec deux « pieds nickelés »! Marios Piperides évoque donc la situation chypriote quelque peu ubuesque sous l’angle d’une fable plutôt bien menée même si le récit a parfois du mal à passionner sur la longueur et à maintenir un rythme malheureusement inégal.
3.5