Court-Métrage: « 10 Minutes » de Thierry Sausse

Affiche-10MIN.jpg

Avez-vous déjà vu le court-métrage 10 minutes réalisé par Thierry Sausse ? Je vous pose la question car il été sélectionné une trentaine de fois en festival et a reçu 5 prix à l’étranger. Sinon, foncez-le voir sur le site de la célèbre chaine 13ème rue . Ce réalisateur cannois, monté à Paris en 2008 pour intégrer une école de cinéma, n’en est pas à son coup d’essai. Son court-métrage La Belle gueule avait déjà trouvé le succès avec un style original en noir et blanc (https://vimeo.com/86243166). 
 
Cette fois-ci, il nous offre une sorte de huis clos dans un appartement avec un groupe de braqueurs, 10 minutes avant leur passage à l’action. Le court est tourné caméra à l’épaule. Celle-ci est très bien gérée par le réalisateur, alors que cette technique est loin d’être simple… Il laisse transparaître l’intensité de la scène, et la caméra raconte déjà une histoire à elle seule : ses plans posent le décor, et mettent en lumière des indices sur le contexte général de la situation. On peut ainsi apercevoir certains détails tels que des photos d’une femme et d’enfants qui laissent penser que la scène se déroule dans l’appartement de la famille d’un des braqueurs. Cela renforce le côté humain des 4 hommes, que l’on voit évoluer en proie à leurs doutes, leurs peurs et leurs émotions.
 
On peut reconnaître plusieurs références telles que Jason Bourne pour la caméra à l’épaule, ou une similitude avec une scène du Gang des Newton d’Ethan Hawke, où l’on accompagne deux frères qui prévoient de faire un braquage.
 
Les acteurs jouent globalement très bien et nous permettent de ressentir leurs états d’âmes comme si nous le vivions. En 10 minutes, on se met très facilement dans leur peau, et l’on s’attacherait presque à ces hommes au bord de la rupture. 
Seul petit bémol, l’éclairage qui selon moi ne met pas assez en valeur la scène et les personnages.
 
Vous l’aurez compris, le film ne se concentre pas sur l’idée du braquage en elle-même mais sur les réactions et les sentiments des braqueurs avant l’action (à laquelle on n’assistera d’ailleurs pas). Une réussite !
Farah Parfait
Retrouvez-là sur Twitter et sur Facebook !
Publicités

Urban Films Festival 2018: le compte rendu

400x400-noTransform_afficheuff2018_final.png

Pour ce premier article en tant qu’invitée du blog Cinedingue, j’ai décidé de vous parler de l’Urban Films Festival.
Avant cela, je tiens à remercier Cyrille de me laisser la parole sur sa rubrique Idées courtes.
En tant que réalisatrice engagée pour la promotion des courts-métrages, je souhaite partager avec vous mes coups de coeur, et vous proposer de (re)découvrir ce format souvent peu valorisé.
L’Urban film festival, dont la 13ème édition s’est déroulée du 9 au 14 octobre dernier, est le 1er festival international de courts-métrages à Paris. Ses organisateurs le décrivent ainsi : « Initié par RStyle et soutenu par la Mission Cinéma, l’Urban Films Festival est le premier festival du film consacré à la ville, aux pratiques et aux modes de vie qui en émanent. »
Plus de 500 courts-métrages ont été présentés au jury pour cette édition parrainée par Jamel Debbouze. 37 ont été sélectionnés parmi lesquels de nombreux documentaires, format que j’ai eu plaisir à redécouvrir.
Mais concentrons-nous sur les courts-métrages qui ont été primés :
La HCHOUMA d’Achraf Arjaoui, une fiction de 8 minutes qui nous raconte une tranche de vie de Kamel, jeune rappeur qui distribue le journal à la sortie du métro, et qui croise son ex. Le hic : il lui avait fait croire qu’il travaillait dans un label de musique… Aléa amoureux ordinaire auquel chacun peut être confronté, et dans lequel on se laisse embarquer, notamment grâce à une narration sans temps mort. Ce court remporte le prix Grand public ainsi que le Grand prix du festival.
 MALGRE EUX de Djigui Diarra met le doigt sur les bavures policières auxquelles sont confrontés les jeunes. Ce court-métrage aborde un sujet poignant en faisant un pied de nez aux spectateurs… Le scénario est très bien pensé. Seul petit regret, l’image et la réalisation laissent un peu sur sa faim et le spectateur peut être frustré de ne pas plus ressentir les sentiments que l’on pourrait éprouver face à ces situations. Un Grand prix papa films mérité !
SACRILEGE de Christophe M. Saber nous plonge dans les péripéties de Saoud qui est accusé d’avoir volé l’argent d’une mosquée et qui essaye de se défendre comme il peut. Ce court peut rappeler le film marquant Le Prophète. On ne comprend pas forcément où l’on veut emmener le spectateur, mais la qualité des images est très bonne et le court a reçu le prix de L’urban films Festival.
I SHOT HER nous invite à parcourir une ville à travers les yeux d’un photographe chargé de prendre en photo la femme d’un mafieux. Une bonne réalisation et un très joli regard en noir et blanc sur un quartier urbain. Peu d’action, mais une très belle voix narrative aux tons graves sur une musique jazz qui rythme bien le film. I SHOT HER a reçu le prix Extra-court, crée par l’Agence du court métrage.
En dehors des courts primés, je tenais à vous parler de mon coup de coeur : JE MANGE FROID. Dans ce court, on suit les péripéties d’un groupe de 3 rappeurs dont les répétitions la veille d’un important concert sont perturbées par la garde surprise de la nièce de l’un d’entre eux… Il n’a pas été primé, sûrement en raison de quelques temps morts sans dialogue qui peuvent en décevoir certains, mais il scénarise très bien la réalité de 3 jeunes qui veulent à tout prix réaliser leur rêve. Complicité, simplicité, tendresse et humour se dégagent de ce trio émouvant auquel se joint cette petite fille qui vient casser la dureté apparente des rappeurs.
Pour résumer, un festival avec une programmation aux scénarios très riches, dont le thème urbain est bien illustré et qui met en lumière la vision internationale de Paris sur le cinéma.
La richesse des courts repose en grande partie sur leur dimension « essai ». Ainsi, même quand ils ne sont pas aboutis, ils restent très riches et intéressants en terme de création pure et dure. Non limité par un cadre donné, le réalisateur peut laisser libre court à sa créativité.
Tous les courts-métrages cités pourront être visionnés au Forum des images début 2019.
Farah Parfait

Court-métrage: Mecs Meufs

Capture

Réalisé par Liam Engle, Mecs Meufs est un court-métrage qui multiplie les sélections dans les festivals et les récompenses: 30 prix, dont 10 prix du meilleur film, et 6 prix du meilleur scénario et 5 prix du public.

Sur un mode plutôt léger, il propose une réflexion sur le harcèlement vécu au quotidien par les femmes! Une réussite!

A découvrir en intégralité ici même:

COURT METRAGE: COMME UNE POUPEE

Like-a-doll_07

Comme le court-métrage c’est quand même le meilleur chemin vers le long et que je suis pas mal sollicité par de jeunes réalisateurs à la recherche d’une meilleure exposition pour leur travail, j’ai décidé de créer cette nouvelle rubrique dans laquelle je vous ferai découvrir des films courts dans lesquels on devine un certain potentiel!

Like-a-doll_16

Pour démarrer, voici le dernier court de Joseph Catté, « Comme une poupée ». Librement adapté d’un texte de Roland Topor, ce court-métrage mêlant horreur et fantastique met en scène la lutte sanglante d’une jeune femme contre une mystérieuse entité masculine. Il a été entièrement auto-produit.

Vous pouvez découvrir les autres créations de Joseph Catté sur sa page Viméo (http://vimeo.com/josephcatte) dont un excellent montage de comédies musicales!