Critique: Sofia

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Réalisation Meryem Benm’Barek
Scénario Meryem Benm’Barek
Pays d’origine Drapeau de la Belgique Belgique
Genre drame
Sortie 19 Septembre 2018

Sofia, 20 ans, vit avec ses parents à Casablanca. Suite à un déni de grossesse, elle se retrouve dans l’illégalité en accouchant d’un bébé hors mariage. L’hôpital lui laisse 24h pour fournir les papiers du père de l’enfant avant d’alerter les autorités…

Au Maroc, les relations sexuelles sont interdites hors mariage. C’est sans doute pour ça que la jeune Sofia fait un déni de grossesse. Lorsque l’heure de l’accouchement est arrivée, le problème se pose… Durant la première partie, l’impression de déjà vu perdure; nombre de films iraniens ou tunisiens ont déjà traîté de la difficulté d’être femme dans certains pays. On s’intéresse tout de même à la relation entre Sofia et sa cousine issue dans mariage binationale, beaucoup plus libre et moderne que sa jeune cousine. A mi-chemin, le film prend une autre dimension avec un twist qu’on ne peut révéler et qui met en valeur toutes les contradictions d’une société tellement corsetée qu’elle pousse les individus qui la composent à tous les calculs et les compromissions. Passionnant alors, « Sofia » est une vraie réussite qui évoque notamment les films de Farhadi dans sa manière de brosser à partir d’une histoire simple le portrait d’un pays.

4.5

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Critique: Les Frères Sisters

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Titre original The Sisters Brothers
Réalisation Jacques Audiard
Scénario Jacques Audiard
Thomas Bidegain
(d’après le roman The Sisters Brothers (en) de Patrick deWitt)
Acteurs principaux
Sociétés de production Why Not Productions
Annapurna Pictures
Page 114 Productions
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Western
Durée 121 minutes
Sortie 19 septembre 2018

Charlie et Elie Sisters évoluent dans un monde sauvage et hostile, ils ont du sang sur les mains : celui de criminels, celui d’innocents… Ils n’éprouvent aucun état d’âme à tuer. C’est leur métier. Charlie, le cadet, est né pour ça. Elie, lui, ne rêve que d’une vie normale. Ils sont engagés par le Commodore pour rechercher et tuer un homme. De l’Oregon à la Californie, une traque implacable commence, un parcours initiatique qui va éprouver ce lien fou qui les unit. Un chemin vers leur humanité ?

Trois ans après le ratage « Dheepan » (incroyable Palme d’Or!), Jacques Audiard adapte un livre que lui propose le comédien John C. Reilly et s’adonne pour la première fois au western, genre qu’il ne connaît que peu comme il le confesse lui même. Tourné en langue anglaise avec un casting américain, le projet s’avérait des plus alléchants. On y suit deux frères, les frères Sisters (John C. Reilly et Joaquin Phoenix), sortes de chasseurs de primes, chargés de retrouver un scientifique escorté par un autre chasseur de primes incarné par Jake Gyllenhall. Ce scientifique a découvert le moyen de faire briller l’or dans les rivières pour le ramasser plus facilement. C’est donc un récit picaresque que nous suivons avec une fratrie menée par le cadet (Phoenix), plus violent et immoral que son aîné. Le duo deviendra quatuor lorsque les deux pieds nickelés retrouveront le scientifique et son « cerbère ». Drôle, violent, le récit rebondit sans cesse, surprenant en permanence le spectateur, prenant des allures de conte, de fantastique ou de fable politique. Si le scientifique cherche à créer une société égalitaire, ses acolytes ne pensent qu’à l’enrichissement, malgré tous les risques. Remarquablement mis en scène, le nouveau film de Jacques Audiard est un enchantement de chaque instant qui prouve non seulement que le Cinéma Français peut être ambitieux mais aussi que Jacques Audiard est toujours là malgré son dernier faux pas! Un régal!

5

Critique: Girl

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Réalisation Lukas Dhont
Scénario Lukas Dhont
Angelo Tijssens
Pays d’origine Drapeau de la Belgique Belgique
Genre drame
Sortie 10 Octobre 2018

Lara, 15 ans, rêve de devenir danseuse étoile. Avec le soutien de son père, elle se lance à corps perdu dans cette quête d’absolu. Mais ce corps ne se plie pas si facilement à la discipline que lui impose Lara, car celle-ci est née garçon.

Caméra d’Or, Prix d’interprétation à un Certain Regard, Queer Palm, trois récompenses glanées au dernier Festival de Cannes, de quoi aiguiser notre curiosité envers ce premier film belge. Ceux qui attendent un « Billy Elliott » au féminin en seront pour leurs frais! « Girl » n’est pas un film sur la danse. Cet art n’est ici qu’un moyen pour Victor pour apprendre à dompter ce corps qu’il veut être féminin. Contrairement à la plupart des oeuvres sur le sujet, Lara est entourée par un père totalement solidaire de son combat, qui l’épaule au maximum. Le seul combat que Lara à mener est avec soi-même, en apprenant à vivre encore quelques temps (jusqu’à l’opération) avec un corps qui n’est pas le sien mais aussi avec les regards extérieurs. Une scène dans laquelle Lara subit la pression de ses amies danseuses est d’ailleurs extrêmement éprouvante. Si le film est si fort et émouvant, le jeune acteur y est pour beaucoup. Victor Polster est époustouflant et sa beauté et sa féminité (on croirait Cate Blanchett jeune!) renforcent la sensation de voir une jeune fille que seuls les plans récurrents où celle-ci se regarde dans le miroir nous ramènent à sa dure condition. Un premier film impressionnant qui ne peut laisser insensible et un magnifique hymne à la tolérance! L’un des grands films de cette fin d’année!

5

Jeu Concours: 3 Dvd de « Coby » à gagner

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A l’occasion de la sortie en DVD de « Coby », CINEDINGUE et EPICENTRE FILMS sont heureux de vous offrir 3 dvd. Pour gagner, il suffit de répondre correctement aux questions avant le 2 octobre; un tirage au sort désignera les gagnants parmi les bonnes réponses.

Critique: Guy

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Réalisation Alex Lutz
Scénario Alex Lutz
Thibault Segouin
Anaïs Deban
Acteurs principaux

Alex Lutz
Tom Dingler

Sociétés de production Iliade & Films
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre comédie dramatique
Durée 101 minutes
Sortie 29 août 2018

Gauthier, un jeune journaliste, apprend par sa mère qu’il serait le fils illégitime de Guy Jamet, un artiste de variété française ayant eu son heure de gloire entre les années 60 et 90. Celui-ci est justement en train de sortir un album de reprises et de faire une tournée. Gauthier décide de le suivre, caméra au poing, dans sa vie quotidienne et ses concerts de province, pour en faire un portrait documentaire.

Après « le Talent de mes amis », on attendait pas forcément beaucoup du second film d’Alex Lutz réalisateur. Dans « Guy » il interprète Guy Jamet, star de la chanson dans les années 70-80 qui remonte sur scène à l’occasion de la sortie de son Best Of. Un jeune journaliste ayant appris récemment qu’il était son fils caché entreprend de réalise un documentaire sur son chanteur de père. C’est donc en alternant interviews de Jamet, coulisses de la tournée et images d’époque que Lutz brosse le portrait d’un chanteur sur le retour avec évidemment beaucoup d’humour mais aussi une réelle mélancolie. Alex Lutz offre une performance d’acteur éblouissante soutenue par un travail de maquillage d’un réalisme rare. Le travail sur la musique est également à souligner; on souhaiterait presque assister à un concert de Guy Jamet! La bonne surprise de la rentrée!

4.5

Critique: Burning

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Titre original 버닝
Réalisation Lee Chang-dong
Scénario Lee Chang-dong
Oh Jung-mi
Acteurs principaux
Sociétés de production Pinehouse Film
Now Film
NHK
Pays d’origine Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud
Genre thriller dramatique
Durée 148 minutes
Sortie 29 août 2018

Lors d’une livraison, Jongsu, un jeune coursier, retrouve par hasard son ancienne voisine, Haemi, qui le séduit immédiatement.  De retour d’un voyage à l’étranger, celle-ci revient cependant avec Ben, un garçon fortuné et mystérieux.  Alors que s’instaure entre eux un troublant triangle amoureux, Ben révèle à Jongsu son étrange secret. Peu de temps après, Haemi disparaît…

Huit ans après le somptueux « Poetry », Lee Chang Dong revenait en compétition à Cannes avec son dernier film « Burning » et en repartait malheureusement bredouille bien ce fut sans doute l’un des plus beaux films de la compétition. Jongsu, jeune coursier un peu neurasthénique tombe fou amoureux de la belle Haemi bien qu’il la trouva moche à l’époque de l’école. Au lieu de vraiment saisir sa chance, il laisse Ben, un jeune bourgeois mystérieux se glisser auprès de la belle, se retrouvant ainsi à tenir la chandelle. La disparition brutale d’Haemi semble enfin contraindre Jongsu à agir… Durant deux heures trente, Chang-Dong nous offre un film difficile à classer, entre le triangle amoureux et le thriller, empreint de poésie et de romanesque. Magnifiquement mis en scène, « Burning » avance à son rythme, parfois très lentement mais captive et infuse dans notre esprit, tout doucement. Décrivant une Corée coupée en deux entre une classe sociale misérable et une bourgeoisie richissime, ce nouveau film de Lee Chang-Dong est plus un voyage sensoriel et un puzzle mental qu’un film politique, porté par un trio d’acteurs magique (notamment le troublant Steven Yeun que l’on a vu dans The Walking Dead). Un très grand film!

5

 

Jeu Concours: 2 Dvd de « A Beautiful Day » à gagner

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A l’occasion de la sortie en vidéo de « A Beautiful Day » le 5 septembre, CINEDINGUE et M6 VIDEO sont heureux de vous offrir 2 Dvd du film. Pour gagner, il suffit de répondre correctement aux questions avant le 19 septembre; un tirage au sort désignera les gagnants parmi les bonnes réponses.