Critique Bluray: Le Fils de Jean

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Réalisation Philippe Lioret
Scénario Natalie Carter
Philippe Lioret
Acteurs principaux
Sociétés de production Fin Août Productions
Item 7
France 3 Cinéma
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau du Canada Canada
Genre Drame
Durée 98 minutes
Sortie 31 août 2016

LE FILM:

4.5

À trente-trois ans, Mathieu ne sait pas qui est son père. Un matin, un appel téléphonique lui apprend que celui-ci était canadien et qu’il vient de mourir. Découvrant aussi qu’il a deux frères, Mathieu décide d’aller à l’enterrement pour les rencontrer. Mais, à Montréal, personne n’a connaissance de son existence ni ne semble vouloir la connaître…

Cinq ans après le décevant « Toutes nos envies« , Philippe Lioret est de retour avec « le Fils de Jean », inspiré du livre de jean-Paul Dubois, « Si ce livre pouvait me rapprocher de toi ». Il s’agit ici du voyage initiatique d’un homme, au Canada, à l’occasion du décès de son père qu’il n’a pas connu, qui va partir à la rencontre de deux frères qu’il n’a jamais vus. Le personnage de Mathieu, père lui-même, va partir avec l’objectif de boucler la boucle et d’éclaircir sa propre histoire et sa propre filiation. Le film de Lioret se savoure à la fois comme une énigme, avec ce père dont on recherche le corps dans un lac et toutes ces questions laissées sans réponse mais le film se montre à la fois tendre et émouvant, parfois solaire, et ceci sans jamais tomber dans le pathos ou la mièvrerie. Pour servir ce récit, Lioret s’appuie sur deux acteurs somptueux, Pierre Deladonchamps, que l’on avait découvert dans « l’inconnu  du lac » (César du meilleur espoir) et le Québecois Gabriel Arcand. L’un des très beaux films français de l’année!

TECHNIQUE:

4

Nickel aussi bien dans les scènes intimistes que dans les extérieurs, splendides!

BONUS:

1.5

Seul bonus, un entretien avec le réalisateur, sans grand intérêt. Dommage…

VERDICT:

4.5

Une édition un peu pauvre pour l’un des grands films français de l’année dernière!

Disponible en DVD (19.99 euros) et bluray (19.99 euros) chez le Pacte

 

Critique: Un Sac de Billes

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Réalisation Christian Duguay
Scénario Olivier Dahan
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Drame

SORTIE LE 18 JANVIER 2017

Dans la France occupée, Maurice et Joseph, deux jeunes frères juifs livrés à eux-mêmes, font preuve d’une incroyable dose de malice, de courage et d’ingéniosité pour échapper à l’invasion ennemie et tenter de réunir leur famille à nouveau.

Après de nombreuses années à réaliser des films d’action fauchés condamnés à l’anonymat, le Québecois Christian Duguay semble s’être converti aux films familiaux. Après « Jappeloup », « Belle et Sébastien 2 », il adapte 40 ans après Jacques Doillon le roman autobiographique de Joseph Joffo, « un sac de billes ». Ici, pas question de donner au film une ambition qu’il n’a pas même si la tentation existe. Cette nouvelle adaptation ne cherche pas à nous montrer l’horreur et le traumatisme qu’ont pu vivre Joseph Joffo et son grand frère mais simplement à illustrer les principales péripéties vécues par le duo d’enfants. Là dessus, pas grand chose à dire: la réalisation est efficace et les comédiens plutôt convaincants. Les enfants apprécieront et le film donnera aux parents l’occasion de faire un petit cours d’histoire à leur progéniture. C’est toujours ça!

3

 

Critique: Rock N’Roll

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Réalisation Guillaume Canet
Scénario Guillaume Canet
Acteurs principaux
Sociétés de production Les Productions du Trésor
Canal+
M6 Films
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Comédie dramatique
Sortie 15 février 2017

Guillaume Canet, 43 ans, est épanoui dans sa vie, il a tout pour être heureux.. Sur un tournage, une jolie comédienne de 20 ans va le stopper net dans son élan, en lui apprenant qu’il n’est pas très « Rock », qu’il ne l’a d’ailleurs jamais vraiment été, et pour l’achever, qu’il a beaucoup chuté dans la «liste» des acteurs qu’on aimerait bien se taper… Sa vie de famille avec Marion, son fils, sa maison de campagne, ses chevaux, lui donnent une image ringarde et plus vraiment sexy… Guillaume a compris qu’il y a urgence à tout changer. Et il va aller loin, très loin, sous le regard médusé et impuissant de son entourage.

Après son thriller multi-récompensé (Ne le dis à Personne), son film de potes (les Petits Mouchoirs) et son polar US injustement malmené (Blood Ties), le réalisateur Guillaume Canet revient pour son cinquième film à une comédie acide dans le ton de son premier long (Mon Idole). Souvent malmené par la presse, critiqué, voire traqué par la presse people dans le cadre du couple qu’il forme avec Marion Cotillard, Canet a eu envie de s’amuser de l’image qu’il renvoie, peu « rock n’roll » et des spéculations fantaisistes qui entourent sa vie privée. Dans son nouveau film, il incarne donc Guillaume Canet et Marion Cotillard interprète Marion Cotillard! Après une interview avec une jeune journaliste qui lui fait remarquer que son image (la quarantaine, en couple, des gosses, la passion du cheval) est tout sauf sexy, il entame une espèce de dépression et une remise en question. Clairement décliné en deux parties, « Rock n’roll » voit sa première moitié souvent hilarante, jouer sur le difficile constat de Canet sur l’image qu’il donne. La seconde partie, plus tragi-comique montre les conséquences désastreuses de la prise de conscience du comédien et suscite une réflexion sur le monde d’aujourd’hui et le jeunisme omniprésent. Si l’on peut regretter quelques longueurs récurrentes dans tous les films de Canet, il ne faut pas bouder son plaisir. Tous les guests se prêtent au jeu (mention spéciale à Johnny hilarant) et le couple vedette ne recule absolument devant rien, preuve d’un vrai sens de l’auto-dérision et surtout d’intelligence. Leurs détracteurs pourront au moins leur reconnaître cette qualité. Et surtout, Canet va tellement loin que l’on pense qu’il finira par faire demi-tour; le final totalement dingue prouve le contraire! Le Cinéma français se prend trop souvent au sérieux qu’il serait dommage de passer à côté de ce jeu de massacre tellement réjouissant! Rock n’ Roll is not dead!

4

 

Critique: Your Name

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Réalisateur
Producteur
Noritaka Kawaguchi
Genki Kawamura
Scénariste
Makoto Shinkai
Studio d’animation CoMix Wave Films
Compositeur
Licence (ja) Toho
(fr) @Anime
Durée 107 minutes
Sortie 28 décembre 2016

Mitsuha, adolescente coincée dans une famille traditionnelle, rêve de quitter ses montagnes natales pour découvrir la vie trépidante de Tokyo. Elle est loin d’imaginer pouvoir vivre l’aventure urbaine dans la peau de… Taki, un jeune lycéen vivant à Tokyo, occupé entre son petit boulot dans un restaurant italien et ses nombreux amis. À travers ses rêves, Mitsuha se voit littéralement propulsée dans la vie du jeune garçon au point qu’elle croit vivre la réalité… Tout bascule lorsqu’elle réalise que Taki rêve également d’une vie dans les montagnes, entouré d’une famille traditionnelle… dans la peau d’une jeune fille ! Une étrange relation s’installe entre leurs deux corps qu’ils accaparent mutuellement. Quel mystère se cache derrière ces rêves étranges qui unissent deux destinées que tout oppose et qui ne se sont jamais rencontrées ?

Difficile de résumer clairement ce film d’animation nippon aussi atypique qu’attachant. Sous des allures SF voire catastrophe, « Your Name » est surtout une romance entre deux adolescents, mitsuha et Taki qui, suite au passage d’une comète,s’échangent leurs corps, de façon épisodique. Drôle, émouvant et métaphysique, ce film d’animation, entre Myiazaki et Spielberg, est surtout une vraie réussite formelle, un enchantement de chaque instant!

4

 

Critique Bluray: Un Petit Boulot

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Réalisation Pascal Chaumeil
Scénario Michel Blanc 
Iain Levison (romancier)
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre comédie
Sortie 31 août 2016

LE FILM:

4.5

Jacques habite une petite ville dont tous les habitants ont été mis sur la paille suite à un licenciement boursier. L’usine a fermé, sa copine est partie et les dettes s’accumulent. Alors quand le bookmaker mafieux du coin, lui propose de tuer sa femme, Jacques accepte volontiers… 

Quatrième et dernier film de Pascal Chaumeil (décédé peu de temps après le tournage) et cinq ans après « l’Arnacoeur », « un petit boulot » est l’adaptation par Michel Blanc d’un roman de Iain Levison. On y suit le parcours d’un chômeur qui finit par accepter de tuer des gens pour sortir de la misère. Quelque part entre le film noir et la comédie sociale, le film de Chaumeil évoque tout autant le Cinéma social anglais que les polars des frères Coen. On retrouve la patte de Blanc avec des dialogues acérés et la noirceur qu’on lui connaît. Le scénario, brillant, réserve sans cesse des surprises et surtout se déroule à un rythme qui ne faiblit jamais. Outre le duo Duris/Blanc, évidemment parfait, le casting de seconds rôles fait un sans faute: Alex Lutz en inspecteur d’une chaîne de stations services sans pitié, Gustave Kervern en pote de galère ou encore Alice Belaidi pour séduire Jacques. Cinglant, caustique et brillant, « un Petit Boulot » est un authentique régal!

TECHNIQUE:

4.5

C’est parfait!

BONUS:

Outre la bande-annonce, aucun bonus!

VERDICT:

4

Une édition famélique pour l’une des bonnes surprises de l’année!

Disponible en DVD (12.99 euros) et bluray (14.99 euros) chez Gaumont

 

Critique Bluray: Frantz

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Réalisation François Ozon
Scénario François Ozon
Acteurs principaux
Sociétés de production Mandarin Production
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Genre drame
Durée 113 minutes
Sortie 7 septembre 2016

LE FILM:

5

Au lendemain de la guerre 14-18, dans une petite ville allemande, Anna se rend tous les jours sur la tombe de son fiancé, Frantz, mort sur le front en France. Mais ce jour-là, un jeune Français, Adrien, est venu se recueillir sur la tombe de son ami allemand. Cette présence à la suite de la défaite allemande va provoquer des réactions passionnelles dans la ville.

En 18 ans de carrière, c’est déjà le 16ème long métrage que François Ozon nous offre; une régularité digne d’Hitchcock, et loin d’être le seul point commun. Les deux cinéastes ont tous les deux créé une oeuvre à la fois hétéroclite et cohérente. Si sur la forme, ce drame historique en costumes paraît inédit chez Ozon, il continue à creuser le sillon du mystère, du secret et du fantasme qu’il entamait déjà en 1998 avec « Sitcom ». Au-delà du récit passionnant qui laisse le spectateur en haleine, se demandant quels rapports entretenaient les deux soldats ou encore quelle sera l’issue de la relation entre Adrien et Anna, « Frantz » pose des questions sur la guerre et son absurdité. Sur la forme, « Frantz » est sans doute le film le plus abouti et le plus brillant avec notamment un jeu subtil sur la couleur et le noir et blanc. Pour interpréter les deux personnages principaux, Ozon a fait confiance à Pierre Niney qui confirme toujours un peu plus le talent qu’on lui prête mais surtout la révélation Paula Beer  (Prix du meilleur espoir à Venise), aux faux airs de Romy Schneider. François Ozon est un cinéaste français majeur et son « Frantz » son chef d’oeuvre!

TECHNIQUE:

5

Somptueux!

BONUS:

2

On trouve ici quelques scènes coupées, des essais costumes et lumières et un petit sujet sur la présentation du film à Venise et la récompense de son actrice. Rien sur le tournage lui même, dommage…

VERDICT:

4.5

Indispensable même si l’on aurait rêvé d’une édition plus fournie.

Disponible en DVD (17.99 euros) et bluray (19.99 euros) chez FranceTV Distribution dès le 18 janvier

Critique: Fleur de Tonnerre

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Date de sortie 18 janvier 2017 (1h 40min)
Genre Drame
Nationalités Français, Belge
En 1800, la Bretagne est à genoux, accablée par le régime en place et par le clergé omnipotent. Elle se meurt dans un marasme économique qui n’en finit pas et au milieu de cela, une fillette en souffrance pousse, tant bien que mal. Cette fillette c’est « Fleur de Tonnerre », une enfant isolée, malmenée par la vie et bercée par le morbide. Elle en deviendra la plus grande « serial killer » que la terre ait jamais porté et sèmera la mort, peut être juste pour être regardée et aimée.
Pour son premier film, Stéphanie Pillonca adapte le roman de Jean Teulé consacré à Fleur de Tonnerre, Hélène Jegado, empoisonneuse en série qui fit un véritable carnage au début du XIXème siècle en France. En choisissant d’alterner entre le présent (l’audition de la tueuse par le Juge) et le passé (l’itinéraire mortel depuis l’enfance), la réalisatrice choisit une structure assez classique, à l’image de sa mise en scène. Malheureusement, l’histoire passionnante à la base, n’est jamais transcendée par cette mise en scène, juste illustrative. Côté interprétation, si certains seconds rôles ne convainquent pas tout à fait, notamment Benjamin Biolay, un peu perdu, la prestation de Deborah François est quant à elle, saisissante, entre détresse et folie. Ce coup d’essai intéressant ne restera malheureusement pas dans les mémoires.
2.5