Critique: l’Origine du Monde

Jean-Louis réalise en rentrant chez lui que son coeur s’est arrêté. Plus un seul battement dans sa poitrine, aucun pouls, rien. Pourtant, il est conscient, il parle, se déplace. Est-il encore vivant ? Est-il déjà mort ? Ni son ami vétérinaire Michel, ni sa femme Valérie ne trouvent d’explication à cet étrange phénomène. Alors que Jean-Louis panique, Valérie se tourne vers Margaux, sa coach de vie, un peu gourou, pas tout à fait marabout, mais très connectée aux forces occultes. Et elle a une solution qui va mettre Jean-Louis face au tabou ultime…

Pour son premier film de réalisateur, Laurent Lafitte adapte la pièce de théâtre éponyme, traitant du secret de famille en dynamitant les tabous et les limites. En effet, Jean-Louis, malgré sa réussite sociale, est malheureux dans sa vie, dans son couple. Cerise sur le gâteau, un jour, son coeur s’arrête de battre et pourtant il est toujours en vie; Michel son ami vétérinaire ne comprend pas. La coach de vie de sa femme a trouvé la solution: s’il ne ramène pas une photo du vagin de sa mère, l’origine de son existence, il mourra vraiment dans les trois jours! Voilà donc Jean-Louis (Laurent Lafitte), Michel (Vincent Macaigne) et sa femme (Karin Viard) en mission pour ramener sous trois jours une photo du sexe de la mère de 82 ans (Hélène Vincent). Si le spectateur accepte le second voire le troisième degré, le premier film de Lafitte est réjouissant par ses dialogues incisifs, son rythme parfaitement tenu mais surtout par les prestations de l’ensemble du casting qui est allé très très loin, jusqu’à une scène de près de 10 minutes complètement nu! Une comédie surprenante et vivifiante!

critique: Adieu les cons

RéalisationAlbert Dupontel
ScénarioAlbert Dupontel
Acteurs principauxVirginie Efira
Albert Dupontel
Nicolas Marié
Sociétés de productionManchester Films
Pays d’origine France
GenreComédie dramatique
Durée87 minutes
Sortie21 octobre 2020

Lorsque Suze Trappet apprend à 43 ans qu’elle est sérieusement malade, elle décide de partir à la recherche de l’enfant qu’elle a été forcée d’abandonner quand elle avait 15 ans.
Sa quête administrative va lui faire croiser JB, quinquagénaire en plein burn out, et M. Blin, archiviste aveugle d’un enthousiasme impressionnant. À eux trois, ils se lancent dans une quête aussi spectaculaire qu’improbable.

Trois ans après « Au revoir là haut », Albert Dupontel revient derrière la caméra pour la septième fois. Au vu de la bande annonce, on peut s’attendre à un délire surréaliste dans la veine de ses premiers essais à la « Bernie ». On en est finalement assez loin…

« Adieu les cons » réunit une jeune femme condamnée par la maladie qui va tout fait faire pour retrouver l’enfant qu’elle a abandonné à sa naissance alors qu’elle n’avait que quinze ans et un homme qui vient de rater son suicide à la suite de son licenciement. Les deux vont partir à la recherche de « l’enfant » et en même temps fuir la police, le tout avec l’aide d’un archiviste malvoyant. Si Dupontel parsème son récit de gags désopilants, c’est pourtant l’émotion qui prédomine tout au long du film. En effet, au-delà de la farce, Dupontel évoque notre monde d’aujourd’hui entre individualisme, hyper connectivité et dérives du capitalisme. Depuis « Au revoir là Haut », Dupontel semble avoir acquis une maîtrise de son art, parvenant à joindre la fantaisie et les trouvailles visuelles au service de son récit. Aux côtés de Dupontel fidèle à lui-même, Virginie Efira confirme tout le talent qu’elle démontre à chaque film avec une prestation pleine d’émotion. « Adieu les cons » est LE film français de cette fin d’année, en espérant qu’il parvienne à trouver le public en cette période pour le moins compliquée.