Critique Bluray: Bone Tomahawk

71r+qCyRBIL._SL1226_.jpg

Titre original Bone Tomahawk
Réalisation S. Craig Zahler
Scénario S. Craig Zahler
Acteurs principaux
Sociétés de production Caliber Media Company
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Western horrifique
Sortie DTV

LE FILM:

4

1850. Quelque part entre le Texas et le Nouveau Mexique. Dans la paisible ville de Bright Hope, une mystérieuse horde d’indiens en quête de vengeance kidnappent plusieurs personnes. Le shérif local accompagné de quelques hommes se lance alors à leur poursuite pour tenter de les sauver…

« Bone Tomahawk » fait partie de ces films qui débarquent directement en vidéo sans passer par les salles sans que l’on comprenne vraiment pourquoi! Pur western durant 90 minutes, « Bone Tomahawk » nous emmène, avec ses personnages dont un shérif incarné par l’excellent Kurt Russell,  à la recherche de la femme de l’un d’entre eux, kidnappée par des Indiens plutôt sanguinaires: grands espaces, chevauchées, soirées au coin du feu ponctuées de brillants dialogues, presque tarantiniens. Le film prend son temps pour développer ses personnages, créer une ambiance puis, au bout de 90 minutes, le film bascule dans l’horreur, comme si « la Prisonnière du Désert » avait frayé avec « Cannibal Holocaust », certaines scènes étant particulièrement gores! Bien écrit, remarquablement mis en scène et brillamment interprété, ce « Bone Tomahawk semble être LE DTV de l’année!

TECHNIQUE:

4.5

Un régal!

BONUS:

2

Outre la bande annonce, on trouve un court making of sans grand intérêt.

VERDICT:

4

Une pépite pour les amateurs de western et d’horreur!

Disponible en DVD (14.99 euros) et bluray (19.99 euros) chez M6 VIDEO dès le 11 mai

Publicités

Critique: les Deux Amis

039340.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Réalisation Louis Garrel
Scénario Louis Garrel
Christophe Honoré
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de la France France
Sortie 23 septembre 2015

Clément, figurant de cinéma, est fou amoureux de Mona, vendeuse dans une sandwicherie de la gare du Nord. Mais Mona a un secret, qui la rend insaisissable. Quand Clément désespère d’obtenir ses faveurs, son seul et meilleur ami, Abel, vient l’aider. Ensemble, les deux amis se lancent dans la conquête de Mona.

Pour son premier long métrage, Louis Garrel s’inspire des « Caprices de Marianne » de Musset et son triangle amoureux. Pour interpréter ses amoureux, outre lui-même, il fait appel à son copain Vincent Macaigne et sa compagne, Golshifteh Farahani. Macaigne incarne l’amoureux maladroit et sensible qui demande de l’aide à son séducteur d’ami (Louis Garrel) pour séduire la belle et mystérieuse Mona. Si le sujet n’a donc rien de très original, c’est le traitement qui donne tout le piment à ce premier film. Celui-ci s’ouvre sur la toilette sensuelle de l’actrice, interrompue par les cris d’une gardienne de prison! Ce genre de rupture de ton interviendra tout au long du film, entre burlesque et romantisme. Dans un style très « nouvelle vague » notamment avec des dialogues très écrits, le film est non seulement esthétiquement très soigné (très jolie photo de Claire Mathon) mais aussi léger et délicat et autopsie très finement le sentiment amoureux comme l’amitié, finalement très proches. Un premier film très prometteur!

4

CRITIQUE DVD: LES APACHES

91keI9qFr1L._SL1500_

LE FILM: 8.5/10

Corse. Extrême Sud. L’été. Pendant que des milliers de touristes envahissent les plages, les campings et les clubs, cinq adolescents de Porto-Vecchio trainent. Un soir, l’un d’eux conduit les quatre autres dans une luxueuse villa inoccupée… La bande y passe clandestinement la nuit. Avant de partir, ils volent quelques objets sans valeur et deux fusils de collection. Quand la propriétaire de la maison débarque de Paris, elle se plaint du cambriolage à un petit caïd local de sa connaissance…

Les Apaches, premier long métrage de Thierry de Peretti, c’est un peu The bling Ring mais les Louboutin en moins. La virée de cinq adolescents dans une villa inoccupée aboutit non pas à un vol de chaussures de luxe mais d’un fusil. Ce vol va enclencher un engrenage infernal qui mettra en lumière des conflits entre les Corses et les jeunes Maghrébins, les accointances entre le milieu et les riches propriétaires… La réalisation très naturaliste du cinéaste et le jeu ultra-réaliste du casting de jeunes comédiens font ces Apaches un film choc et frontal plus proche de Haneke ou Kechiche que de Sofia Coppola. Une révélation!

TECHNIQUE: 8/10

Rien à dire!

BONUS: 10/10

Une interactivité parfaite! Outre les deux très bons court-métrages du réalisateur, on trouve une interview de de Peretti, une analyse de la scène du meurtre, des scènes coupées et des bandes annonces!

VERDICT: 9/10

Une édition DVD parfaite pour l’un des chocs de l’année!

Disponible en DVD (19.99 euros) dès le 4 février chez Pyramide Vidéo


CRITIQUE: LES GARCONS ET GUILLAUME A TABLE

20529833_20131017171932686.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Le premier souvenir que j’ai de ma mère c’est quand j’avais quatre ou cinq ans. Elle nous appelle, mes deux frères et moi, pour le dîner en disant : « Les garçons et Guillaume, à table ! » et la dernière fois que je lui ai parlé au téléphone, elle raccroche en me disant : « Je t’embrasse ma chérie » ; eh bien disons qu’entre ces deux phrases, il y a quelques malentendus.

Quand la majorité des comédies françaises semble être conçue sur le même modèle, on ne peut que se réjouir d’une comédie surprenante et c’est le cas ici. Guillaume Gallienne part ici de son spectacle du même nom, l’action se déroulant d’ailleurs sur scène et par le biais de flash-backs illustrant son histoire. Interprétant son propre rôle ainsi que celui de sa mère, Gallienne se raconte de la manière la plus intime: sa relation avec sa mère, son père, ses frères, ses séjours en pension, etc…

Bien que souvent très drôle, le fond reste tout de même assez dramatique et ne manque pas de susciter la réflexion en posant de vraies questions notamment sur l’influence des parents sur le développement de l’enfant ou la part d’inné et d’acquis, la place que la société accorde à l’individu et les possibilités offertes à celui-ci d’y évoluer,…

Une comédie d’une rare intelligence donc, portée par un comédien absolument magnifique!

NOTE: 9/10

CRITIQUE DVD: LANDES

71Mj5A89cXL__SL1181_

LE FILM: 7.5/10

Années 20, dans les Landes. Liéna, 35 ans, hérite à la mort de son mari de ses vastes propriétés au coeur d’une forêt industrielle et de son drôle de rêve : l’électricité partout sur ses terres. Elle veut à tout prix faire de ce rêve électrique une réalité. Sauf que personne n’en veut, ni son milieu, ni les syndicats. Alors elle se bat, s’entête… mais comprend qu’il existe d’autres batailles à livrer. Quand le destin d’une femme libre rencontre le destin d’un pays.

Landes est un film romanesque qui, au-delà de ses qualités documentaires sur le monde des gemmeurs, constitue un très beau portrait de femme dans une société patriarcale et conservatrice.

Elégamment mis en scène Landes offre à Marie Gillain un très beau rôle et l’occasion de montrer qu’elle vaut mieux que tout ce qu’on lui propose. Quant au décor de la forêt des Landes, remarquablement photographié, il exprime tantôt l’angoisse, tantôt la poésie.

Un fort joli film à (re)découvrir!

TECHNIQUE: 8/10

Tout à fait honorable!

BONUS: 10/10

Outre un court-métrage de François-Xavier Vives sur les Landes, on trouve des scènes coupées et des interviews de Marie Gillain, du réalisateur et d’un gemmeur qui revient en détail sur son métier.

VERDICT: 8/10

Un fort joli film dans une édition très complète!

Disponible en DVD (19.99 euros) chez Blaq Out dès le 3 décembre et en VOD sur Universcine

CRITIQUE DVD: DERRIERE LA COLLINE

91uSBowHpPL__SL1500_

LE FILM: 8/10

Au pied de collines rocheuses, Faik mène une vie de fermier solitaire avec son métayer et sa femme. Quand arrivent de la ville son deuxième fils et ses petits enfants, il les met en garde contre les nomades qui traversent la région. Tandis que se déroulent les vacances, la menace rôde, silencieuse et invisible.

Premier film du réalisateur turc Emin Alper, « Derrière la colline » est un objet filmique bien à part. Au premier degré, on est ici face à un huis-clos (en extérieur) qui voit une famille vivre dans la peur de l’autre (les Nomades) en pleine Anatolie. Sans jamais vraiment montrer la menace qui inquiète les bergers, le réalisateur se concentre sur la sensation de peur et d’inquiétude et c’est une franche réussite d’autant que la forme est vraiment soignée avec une très belle photographie. Mais le second niveau de lecture est encore plus fascinant tant Elper parle ici de son pays et de son besoin de trouver un bouc émissaire, notamment avec le peuple kurde. Aisément transposable chez nous, on peut y voir la crainte des habitants de la campagne d’une immigration invisible chez eux. Fascinant…

 

TECHNIQUE: 9/10

Très belle copie pour le support avec un rendu proche de la HD! A signaler l’absence de VF.

BONUS: 6/10

Outre la bande-annonce et une filmographie, on trouve un court mais instructif entretien avec le réalisateur (10 mins).

VERDICT: 8/10

Un premier film très prometteur!

Disponible en DVD (19.99 euros) chez Memento Films

 

CRITIQUE: LES INTERDITS

21029352_20130820130350123_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

1979. Carole et Jérôme ont 20 ans et partent en voyage organisé à Odessa, derrière le rideau de fer. Ils sont cousins et se prétendent fiancés. Le jour, simples touristes, ils visitent monuments et musées. Le soir, ils faussent compagnie au groupe et rencontrent clandestinement des refuzniks, Juifs harcelés par le régime soviétique pour avoir voulu quitter le pays. Ils découvrent un monde inconnu, brutal et absurde. Si Carole est animée par l’engagement et le goût du risque, pour Jérôme, la vraie motivation de ce voyage, c’est Carole.

Présenté durant le 2ème Festival International du Film Indépendant de Bordeaux, les Interdits est le premier film d’Anne Weil et Philippe Kotlarski. S’appuyant sur un sujet en or, le film ne se hisse malheureusement jamais à la hauteur de ses ambitions. En traitant du sort réservé aux Juifs par le régime soviétique et en y greffant une histoire d’amour entre deux cousins, on pouvait s’attendre à un récit autrement plus fiévreux. Les Interdits pêche à de multiples niveaux: dénué de tout rythme, le récit ne décolle jamais et ce n’est pas le jeu monocorde de son acteur principal, Jérémie Lippmann qui sortira le spectateur d’une torpeur inévitable. Même Soko qu’on avait connue plus habitée dans Augustine semble anesthésiée; quant aux autres personnages, ils manquent tous cruellement de chair pour attiser notre intérêt. Pour finir, l’ambition d’un film d’époque s’accommode mal du manque de moyens, contraignant les réalisateurs à un minimum d’extérieurs et de plans larges. Quant au traitement de ses deux sujets, le film ne va au bout ni de l’aspect politique ni de son histoire d’amour…

Les Interdits est donc un premier film extrêmement ambitieux mais raté!

Sortie le 27 novembre 2013

NOTE: 3/10