Critique Bluray: l’Eté de Kikujiro

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Titre original Kikujirō no natsu
菊次郎の夏
Réalisation Takeshi Kitano
Scénario Takeshi Kitano
Acteurs principaux
Sociétés de production Bandai Visual Company
Nippon Herald Films
Office Kitano
Tokyo FM Broadcasting Co.
Pays d’origine Drapeau du Japon Japon
Genre Comédie dramatique
Durée 121 minutes
Sortie 20 octobre 1999

LE FILM:

4

Masao s’ennuie. Les vacances scolaires sont là. Ses amis sont partis. 
Il habite Tokyo avec sa grand-mère dont le travail occupe les journées. Grâce à une amie de la vieille femme, Masao rencontre Kikujiro, un yakusa vieillissant, qui décide de l’accompagner à la recherche de sa mère qu’il ne connait pas. C’est le début d’un été pas comme les autres pour Masao…

Ce huitième film de « Beat » Takeshi Kitano comme réalisateur est aussi l’un de ses plus beaux et réussis. Ce road movie emmène le petit Masao et Kikujiro, un yakuza à la retraite, sur les routes du Japon pour retrouver la mère du petit. Ce voyage est en fait une succession de rencontres plus saugrenues les unes que les autres. Très poétique, « L’Eté de Kikujiro » est aussi rempli de l’humour de Beat Takeshi mais aussi d’émotion. Kitano abandonne la noirceur qu’il a souvent mise en scène pour une fantaisie dans laquelle l’adulte n’est pas celui qu’on croit.

TECHNIQUE:

4.5

Belle copie impeccable!

BONUS:

4.5

On trouve ici un making of de plus d’une heure et une courte interview de Kitano.

VERDICT:

4.5

Une belle édition d’un des meilleurs films de Kitano! Suivront dans les prochaines semaines les éditions de l’excellent « Hana Bi » et du moins bon « Kids Return ».

Disponible en coffret Bluray/CD/DVD (24.99 euros) chez La Rabbi

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Critique Bluray: Les Heures Sombres

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Titre original Darkest Hour
Réalisation Joe Wright
Scénario Anthony McCarten
Acteurs principaux
Sociétés de production Working Title Films
Pays d’origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre drame historique
Durée 125 minutes
Sortie 3 janvier 2018

LE FILM:

4

Homme politique brillant et plein d’esprit, Winston Churchill est un des piliers du Parlement du Royaume-Uni, mais à 65 ans déjà, il est un candidat improbable au poste de Premier Ministre. Il y est cependant nommé d’urgence le 10 mai 1940, après la démission de Neville Chamberlain, et dans un contexte européen dramatique marqué par les défaites successives des Alliés face aux troupes nazies et par l’armée britannique dans l’incapacité d’être évacuée de Dunkerque. Alors que plane la menace d’une invasion du Royaume-Uni par Hitler et que 200 000 soldats britanniques sont piégés à Dunkerque, Churchill découvre que son propre parti complote contre lui et que même son roi, George VI, se montre fort sceptique quant à son aptitude à assurer la lourde tâche qui lui incombe. Churchill doit prendre une décision fatidique : négocier un traité de paix avec l’Allemagne nazie et épargner à ce terrible prix le peuple britannique ou mobiliser le pays et se battre envers et contre tout. Avec le soutien de Clémentine, celle qu’il a épousée 31 ans auparavant, il se tourne vers le peuple britannique pour trouver la force de tenir et de se battre pour défendre les idéaux de son pays, sa liberté et son indépendance. Avec le pouvoir des mots comme ultime recours, et avec l’aide de son infatigable secrétaire, Winston Churchill doit composer et prononcer les discours qui rallieront son pays. Traversant, comme l’Europe entière, ses heures les plus sombres, il est en marche pour changer à jamais le cours de l’Histoire.

Avec « Dunkerque », Christopher Nolan relatait l’Opération Dynamo, l’évacuation de 200 000 soldats grâce à des bateaux civils anglais. Dans « Les Heures Sombres »,  Joe Wright (« Hanna », « Pan »…) s’intéresse à l’amont de l’opération. Le film débute à la nomination comme Premier Ministre de Winston Churchill jusqu’au lancement de cette opération. « Les Heures Sombres » se concentre sur le poids des mots et leur  choix dont peut dépendre l’avenir d’un pays. La grande réussite de Wright avec ce film est d’avoir sur faire d’un film « bavard » , puisque centré sur le verbe, un thriller passionnant , captivant. Il est évident que la prestation de Gary Oldman, justement récompensé d’un Oscar, y est pour beaucoup. Plus que la transformation physique due au superbe travail des maquilleurs, on reste ébahi devant l’incarnation que nous offre Oldman; on croirait entendre Churchill! Belle réussite!

TECHNIQUE:

4.5

Impeccable!

BONUS:

2.5

On trouve deux featurettes sur le tournage et la transformation de Gary Oldman.

VERDICT:

4

Un film historique passionnant!

Disponible en DVD (19.99 euros) et bluray (24.99 euros) chez Universal dès le 15 mai

 

 

Critique: Les Bonnes Manières

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Titre original As Boas Maneiras
Réalisation Marco Dutra
Juliana Rojas
Scénario Marco Dutra
Juliana Rojas
Pays d’origine Drapeau du Brésil Brésil
Genre fantastiquehorreur
Durée 135 minutes
Sortie 21 mars 2018

Clara, une infirmière solitaire de la banlieue de São Paulo, est engagée par la riche et mystérieuse Ana comme la nounou de son enfant à naître. Alors que les deux femmes se rapprochent petit à petit, la future mère est prise de crises de somnambulisme…

Les trois premiers quarts d’heure de ce film brésilien  laissent à penser que nous sommes devant un film social; on y voit une femme enceinte qui embauche une jeune infirmière pour l’aider au quotidien. Jusqu’ici rien d’anormal même si l’on ressent une certaine étrangeté; on ne sait pas notamment ce qu’il en est du père de l’enfant, le personnage de la mère est un peu inquiétant et Clara a aussi ses zones d’ombre. Du réalisme poétique à la « Aquarius », le film vire subitement à l’horreur et au film de loup-garou! Ode à la différence, « les Bonnes manières » surprend sans cesse par ses ruptures de ton, son audace stylistique et sa maîtrise totale tout en questionnant notamment sur l’idée même de maternité. Et surtout, le film n’oublie pas d’être tout simplement magnifique sur le plan esthétique! Un grand film!

4.5

Critique: Razzia

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Réalisation Nabil Ayouch
Scénario Nabil Ayouch
Maryam Touzani
Pays d’origine Drapeau du Maroc MarocDrapeau de la France FranceDrapeau de la Belgique Belgique
Genre drame
Durée 119 minutes
Sortie 14 mars 2018

A Casablanca, entre le passé et le présent, cinq destinées sont reliées sans le savoir. Différents visages, différentes trajectoires, différentes luttes mais une même quête de liberté. Et le bruit d’une révolte qui monte….

Deux ans après « much Loved« , Nabil Ayouch continue à nous parler de son pays, le Maroc. Le récit de son nouveau film, « Razzia », navigue entre les montagnes de l’Atlas, en 1982, et Marrakech, en 2015. Ce film choral suit plusieurs personnages, plus ou moins liés, mais tous victimes du nouvel ordre moral et de l’obscurantisme. L’instituteur qui apprend à ses élèves en langue berbère se voit mis sous la surveillance d’un inspecteur qui l’oblige désormais à enseigner en arabe, langue officielle, alors que ses élèves ne comprennent plus rien. On suit également une jeune épouse sensuelle et pleine de vie assoiffée de liberté au grand dam de son mari qui souhaite tout contrôler. Un jeune chanteur fan de Queen tente de vivre sa passion alors que le père ne lui adresse même plus la parole… Ce qui pourrait s’avérer extrêmement sombre donne finalement un film plutôt lumineux et solaire et ne laisse qu’un regret: on aurait presque souhaité voir un film différent sur chaque personnage!

4

 

Critique DVD: M

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Réalisation Sara Forestier
Scénario Sara Forestier
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Drame
Durée 98 minutes
Sortie 15 novembre 2017

LE FILM:

4

Mo est beau, charismatique, et a le goût de l’adrénaline. Il fait des courses clandestines. Lorsqu’il rencontre Lila, jeune fille bègue et timide, c’est le coup de foudre. Il va immédiatement la prendre sous son aile. Mais Lila est loin d’imaginer que Mo porte un secret : il ne sait pas lire.

Après avoir mûri son projet depuis une quinzaine d’années, la comédienne Sara Forestier, révélation de l’Esquive, passe à la réalisation. Lila, jeune fille bègue, n’ose pas parler de peur des moqueries et préfère écrire ce qu’elle a à dire. Quand elle croise la route de Mo, analphabète, les deux éclopés de la vie vont devoir se serrer les coudes. Plein de poésie et d’émotion, « M » est un magnifique premier film qui met en scène un beau duo de Cinéma. Sara Forestier est comme toujours habitée par son personnage et pour l’épauler, elle a choisi de donner le rôle de Mo à l’humoriste Redouanne Harjane à la présence impressionnante. A leurs côtés, on retrouve l’immense Jean-Pierre Léaud et cerise sur le gâteau, la bande originale de Christophe! Une vraie bonne surprise!

TECHNIQUE:

4

Pour le support, c’est impeccable!

BONUS:

1.5

Outre la bande annonce, on trouve une courte interview de la réalisatrice. Dommage quand on sait tout ce qu’elle a à dire!

VERDICT:

4

Un premier film délicieux à découvrir!

Disponible en DVD (19.99 euros) chez AD VITAM dès le 10 avril

Critique Bluray: A Ghost Story

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Réalisation David Lowery
Scénario David Lowery
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre drame
Durée 87 minutes
Sortie 20 Décembre 2017

LE FILM:

4.5

Apparaissant sous un drap blanc, le fantôme d’un homme rend visite à sa femme en deuil dans la maison de banlieue qu’ils partageaient encore récemment, pour y découvrir que dans ce nouvel état spectral, le temps n’a plus d’emprise sur lui. Condamné à ne plus être que simple spectateur de la vie qui fut la sienne, avec la femme qu’il aime, et qui toutes deux lui échappent inéluctablement, le fantôme se laisse entraîner dans un voyage à travers le temps et la mémoire, en proie aux ineffables questionnements de l’existence et à son incommensurabilité.

Après un intermède du côté Disney avec « Peter et Elliott le Dragon », le réalisateur des « Amants du Texas » réunit le même couple Rooney Mara et Casey Affleck pour une histoire de fantômes bien loin des canons du genre. Le film, quasi-intégralement muet, nous montre un couple bientôt séparé par le deuil, le « mari » disparaissant dans un accident de la circulation. Si le corps s’est bien éteint, son âme, elle, persiste, sous la forme d’un drap blanc percé de deux trous à la place des yeux, comme Casper. Ce fantôme va pouvoir observer sa douce, puis les différents locataires de la maison et même aura la possibilité d’évoluer dans le temps aussi bien dans le passé que dans le futur. Poétique et conceptuel, « A ghost story » rappelle évidemment le Cinéma de Mallick par bien des aspects et offre plus qu’une réflexion sur notre condition humaine mais une vraie méditation. Se jouant de tous les codes narratifs ou visuels, ce film est une vraie surprise et l’un des films les plus surprenants de l’an dernier!

TECHNIQUE:

4.5

Plaisir des sens!

BONUS:

3.5

Outre une scène coupée, on trouve un petit module sur le compositeur de la musique et un making of d’une vingtaine de minutes.

VERDICT:

4.5

Une expérience à ne pas rater!

Disponible en combo Bluray/DVD édition Fnac dès le 24 avril chez Universal

Critique: Hostiles

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Réalisation Scott Cooper
Scénario Scott Cooper, basé sur un manuscrit de Donald E. Stewart
Acteurs principaux
Sociétés de production Waypoint Entertainment
Le Grisbi Productions
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre western
Durée 134 minutes
Sortie 14 Mars 2018

En 1892, le capitaine de cavalerie Joseph Blocker, ancien héros de guerre devenu gardien de prison, est contraint d’escorter Yellow Hawk, chef de guerre Cheyenne mourant, sur ses anciennes terres tribales. Peu après avoir pris la route, ils rencontrent Rosalee Quaid. Seule rescapée du massacre de sa famille par les Comanches, la jeune femme traumatisée se joint à eux dans leur périple.
Façonnés par la souffrance, la violence et la mort, ils ont en eux d’infinies réserves de colère et de méfiance envers autrui. Sur le périlleux chemin qui va les conduire du Nouveau-Mexique jusqu’au Montana, les anciens ennemis vont devoir faire preuve de solidarité pour survivre à l’environnement et aux tribus comanches qu’ils rencontrent.

Quatrième film de Scott Cooper après « Crazy Heart », « Les Brasiers de la colère » et « Strictly Criminal », « Hostiles » continue sa radiographie des Etats-Unis, cette fois sous l’angle du western, genre moribond. Le film s’ouvre sur deux scènes montrant les abominations commises par les deux camps, les « Blancs » et les « Indiens ». Ces deux camps vont ensuite devoir cohabiter le temps d’un long voyage. En effet, le capitaine Joseph Bloker est chargé d’escorter le prisonnier indien Yellow Hawk, mourant, jusque sur ses terres. L’expédition croisera la route de Rosalee Quaid, jeune femme qui vit sa famille sauvagement assassinée par des Comanches. Remarquablement mis en scène, « Hostiles » prend le temps de développer son histoire, empreint de mélancolie mais ponctué d’éclairs de violence. Les protagonistes devront survivre aux attaques extérieures comme intérieures, comme une parabole sur l’Amérique d’aujourd’hui, rongée par la violence et les rancoeurs. Le casting impeccable est survolé par Christian Bale, tout en violence contenue, qui irradie comme toujours la pellicule mais également Rosamund Pike qui offre une prestation impressionnante dans ce rôle de femme dévastée sur le chemin de la résilience. Un grand film qui prouve que le western a encore de beaux jours devant lui et qui inscrit Scott Cooper dans la nouvelle génération de cinéastes US prometteurs!

4.5