Critique Bluray: Rebecca

81qXFFzCL6L._SL1500_

La collection Ultra Collector de l’éditeur Carlotta va s’enrichir dans quelques jours d’un somptueux coffret consacré aux années Selznick du cinéaste Alfred Hitchcock avec pas moins de quatre films du Maître, en version restaurée: « Rebecca », « la Maison du Dr Edwards », « les Enchaînés » et « le Procès Paradine ». Ces quatre films seront accompagnés de nombreux bonus et d’un bel ouvrage de 300 pages comprenant notamment des textes d’Hitchcock lui-même ou de Claude Chabrol!

Premier bluray testé, « Rebecca »!

Titre original Rebecca
Réalisation Alfred Hitchcock
Scénario Scénario
Joan Harrison
Robert E. Sherwood
Adaptation
Philip MacDonald
Michael Hogan
d’après le roman de
Daphne du Maurier
Acteurs principaux
Sociétés de production Selznick International Pictures
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Drame
Thriller
Durée 130 minutes
Sortie 22 mai 1947

LE FILM:

5

C’est à Monte-Carlo que le richissime et séduisant veuf Maxim de Winter croise le chemin d’une jeune domestique qu’il ne tarde pas à séduire. Bientôt, ils se marient et retournent habiter dans le manoir de Manderley, demeure familiale de Winter, au sud de l’Angleterre. Très rapidement, dans cet endroit lugubre et froid, la nouvelle Mme. de Winter se confronte aux domestiques qui ne semblent guère l’apprécier. Surtout, c’est Mme. Danvers, la gouvernante, qui est la plus vindicative. Car depuis toujours, elle servait Rebecca, l’ex-femme de M. de Winter décédée un an plus tôt dans un accident. Son souvenir semble hanter le château…

rebecca24a-1-web

Premier film « américain » d’Hitchcock, « Rebecca » est sa deuxième adaptation de Daphné du Maurier après « la Taverne de la Jamaïque ». Bien que film de commande, « Rebecca » porte plus que jamais la marque de son réalisateur. A mi-chemin entre le conte de fée et le film de fantôme gothique, « Rebecca » est un délice de mise en scène, le cinéaste parvenant à instaurer une angoisse et un suspense en axant tout sur l’absence. Chaque recoin de Manderley, grande demeure victorienne, porte la présence de l’ancienne Madame de Winter, décédée lors d’un naufrage. Mme Danvers, inquiétante gouvernante, est pour beaucoup dans le malaise ressenti par le spectateur. A travers cette histoire, Hitchcock nous parle de ses thèmes favoris comme la perversité ou le désir tout en finesse. Un beau et immense film!

TECHNIQUE:

5

Une copie somptueuse avec une définition parfaite et un son (VO) clair et ample!

BONUS:

5

On trouve ici une analyse du film par Laurent Bouzereau, un extrait de l’entretien entre Hitch et Truffaut suivi d’une analyse de Nicolas Saada et des essais des acteurs! Passionnant et rare!

VERDICT:

5

Un chef d’oeuvre dans une édition juste indispensable!

Disponible en édition Ultra Collector (99.99 euros) chez Carlotta Films dès le 22 novembre

Publicités

Critique Bluray: The Crown Saison 1

81l2Y9DXIlL._SL1500_

Titre original The Crown
Genre drame biographique
Création Peter Morgan
Acteurs principaux Claire Foy
Matt Smith
Jared Harris
Vanessa Kirby
John Lithgow
Greg Wise
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Chaîne d’origine Netflix
Nb. de saisons 1
Nb. d’épisodes 10
Durée 54-61 minutes
Diff. originale 4 novembre 2016 –
Site web http://www.netflix.com/title/80025678

LA SERIE:

5

La série présente la vie de la reine du Royaume-Uni Élisabeth II, de son mariage en 1947 jusqu’à nos jours.

Comme dans le principe des vases communicants, l’époque veut que moins le Cinéma offre de nouveauté et d’imagination, plus le média TV déploie des trésors d’innovation. Le genre de la série TV que l’on peut consommer aussi bien sur la télé du salon que sur tablette, ordi ou mobile, est en plein boom! Netflix, la chaîne de VOD multiplie les investissements de façon souvent très judicieuse. Il y a peu était donc lancée  la série « The Crown », série historique qui retrace le destin peu commun de la Reine Elisabeth, à la tête du Royaume-Uni depuis 1952! La saison 1, tout au long de ses 10 épisodes d’1 h, nous propulse dans le quotidien d’une jeune femme sacrée Reine après la mort de son père Georges VI (« le discours d’un Roi » nous avait déjà parlé de ce monarque bégayant). La série de Peter Morgan réussit à se montrer passionnante sur le fond tout en soignant la forme. On découvre une Reine qui se trouvera sans cesse coincée entre la volonté de rester elle-même et d’incarner le progrès et le désir de ne pas trahir sa fonction et l’héritage familial. Tous les personnages sont passionnants, de Churchill, indéboulonnable Prime Minister incarné par le génial John Lithgow, au mari de la Reine Philip, qui dut se résoudre à vivre dans l’ombre de sa femme, en passant par la soeur d’Elisabeth, condamnée à renoncer à l’Amour. Toutes ces thématiques et ces axes narratifs reposent sur une mise en scène remarquable et une direction artistique complètement folle pour un projet TV! Si tous les cours d’Histoire avaient un tel souffle…

TECHNIQUE:

5

Rien à dire, c’est parfait!

BONUS:

0.5

On trouve ici uniquement une petite galerie photos, dommage…

VERDICT:

5

Une série majeure, indispensable!!!

Critique: Thor Ragnarok

098917.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

Réalisation Taika Waititi
Scénario Christopher Yost (en)
Craig Kyle (en)
Stephany Folsom
Acteurs principaux
Sociétés de production Marvel Studios
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre super-héros
Durée 130 minutes
Sortie 25 Octobre 2017

Privé de son puissant marteau, Thor est retenu prisonnier sur une lointaine planète aux confins de l’univers. Pour sauver Asgard, il va devoir lutter contre le temps afin d’empêcher l’impitoyable Hela d’accomplir le Ragnarök – la destruction de son monde et la fin de la civilisation asgardienne. Mais pour y parvenir, il va d’abord devoir mener un combat titanesque de gladiateurs contre celui qui était autrefois son allié au sein des Avengers : l’incroyable Hulk…

Très bonne presse pour ce nouveau Marvel, troisième volet des aventures de Thor et son marteau! On peut légitimement se demander si cette presse a vu le même film que moi! Amateurs de vrai cinéma s’abstenir tant ce que l’on voit sur l’écran est indigent. Si le désir d’adopter un second degré salvateur,  tant les films de super-héros se prennent la plupart du temps au sérieux,  est plus que louable, on se pince devant un tel néant! L’esthétique tout d’abord, façon space opéra kitchouille à souhait, à base de tout numérique, fait mal aux yeux, d’autant que la photo du film est sans doute ce qu’il y a de plus laid depuis bien longtemps; par-dessus, rajoutez une bande originale électronique qui donne l’impression d’être devant un jeu vidéo des années 80 et le bonheur est total!  L’histoire, quant à elle, tient sur un mouchoir de poche avec une méchante incarnée par la pauvre Cate Blanchett réduite à faire du karaté et prononcer deux ou trois répliques. Quant à l’humour mis en avant par la presse, je n’ai pas autant ri depuis la maternelle! La palme est attribuée à cette espèce de trou noir intergalactique dénommé par Thor et son copain Hulk, « l’anus »!!!  Ou la la! Va falloir qu’on rentre dans l’anus, ah ah ah!

Il y a peu Winding Refn disait « le cinéma est mort »! S’il a vu « Thor Ragnarok », on peut facilement lui donner raison!

0.5

Critique Dvd: The Last Girl – Celle qui a tous les dons

51zc43G0IpL

Titre original The Girl with All the Gifts
Réalisation Colm McCarthy
Scénario M. R. Carey d’après son roman
Acteurs principaux
Sociétés de production Altitude Film Sales
BFI Film Fund
Poison Chef
Pays d’origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre Post-apocalyptique
Durée 111 minutes
Sortie 28 juin 2017

LE FILM:

2

Au fin fond de la campagne anglaise, une base militaire héberge et retient prisonnier un groupe d’enfants peu ordinaire. Ils ont été infectés par un agent pathogène « zombie » qui a décimé la planète mais contrairement au reste du monde, ils demeurent capables de penser et de ressentir des émotions. Lorsque la base est attaquée, Melanie, qui semble être la plus surdouée d’entre eux, réussit à s’échapper en compagnie de son professeur, de deux soldats et d’une biologiste qui ne voit en elle qu’un cobaye indispensable à la découverte d’un vaccin. Dans une Angleterre dévastée, Melanie doit découvrir qui elle est vraiment et décider ainsi de son propre sort comme celui de l’humanité tout entière.

Enfin un film de zombies qui ouvre une voie originale avec cette école d’enfants particuliers qui font classe ligotés! Sur ce postulat de départ plutôt curieux et malgré un ton original et un casting bien senti dont Gemma Aterton et Glenn Close, « The last girl » ne réussit jamais non seulement à faire peur mais à surprendre! C’est fort dommage tant l’on se dit que le film passe à côté d’une vraie réussite…

TECHNIQUE:

4.5

Techniquement irréprochable pour le support!

BONUS:

Pas de bonus sur cette édition…

VERDICT:

2

Un film de zombies qui sort de l’ordinaire sans surprendre…

Disponible en DVD (16.99 euros) et bluray (19.99 euros) chez Universal Pictures

Critique: Blade Runner 2049

597734.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

Réalisation Denis Villeneuve
Scénario Hampton Fancher
Michael Green
Ridley Scott
Acteurs principaux
Sociétés de production Black Label Media
Thunder Road Pictures
Scott Free Productions
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau du Canada Canada
Genre science-fiction
Durée 164 minutes
Sortie 4 Octobre 2017

En 2049, la société est fragilisée par les nombreuses tensions entre les humains et leurs esclaves créés par bioingénierie. L’officier K est un Blade Runner : il fait partie d’une force d’intervention d’élite chargée de trouver et d’éliminer ceux qui n’obéissent pas aux ordres des humains. Lorsqu’il découvre un secret enfoui depuis longtemps et capable de changer le monde, les plus hautes instances décident que c’est à son tour d’être traqué et éliminé. Son seul espoir est de retrouver Rick Deckard, un ancien Blade Runner qui a disparu depuis des décennies…

Blade Runner 2049 est sans doute le film le plus attendu de l’année! Une suite au film culte de Ridley Scott réalisée par l’un des cinéastes les plus talentueux du moment avec Ryan Gosling et le retour d’Harrison Ford avait en effet de quoi exciter les cinéphiles les plus frigides! On ne peut que saluer l’ambition du projet et l’audace d’offrir un blockbuster si loin des canons du genre et si exigeant sur la forme. La mise en scène de ce nouveau volet est en effet un régal et l’esthétisme du film convaincra les plus réfractaires au cinéaste canadien. Malheureusement, l’histoire qui tient finalement en la recherche d’un enfant caché n’est pas à la hauteur du projet. 2h45 c’est long et même interminable et l’on peut se demander si l’apparition tardive, au bout de deux heures de film, d’Harrison Ford, n’est pas destinée à garder le spectateur à sa place. Tout semble étiré et dilaté jusqu’à l’extrême, si bien que chaque apparition et chaque déplacement du héros semble se faire au ralenti. On a malheureusement l’impression d’assister à une oeuvre de toute beauté mais totalement désincarnée et tournant à vide, nous forçant à nous questionner sur la raison d’être de cette suite.

2

Critique: Jeune Femme

3097310.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg

Réalisation Léonor Serraille
Scénario Léonor Serraille
Acteurs principaux

Lætitia Dosch
Souleymane Seye Ndiaye
Grégoire Monsaingeon
Léonie Simaga
Nathalie Richard

Sociétés de production Blue Monday Productions
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Comédie dramatique
Durée 97 minutes
Sortie 1er novembre 2017

Un chat sous le bras, des portes closes, rien dans les poches, voici Paula, de retour à Paris après une longue absence. Au fil des rencontres, la jeune femme est bien décidée à prendre un nouveau départ. Avec panache.

Caméra d’Or au dernier Festival de Cannes, « Jeune femme » est le premier film de Leonor Seraille. Cette « jeune femme », c’est Paula, qui, alors qu’elle supporte mal sa séparation avec un photographe célèbre, pique sa crise et se retrouve aux urgences psychiatriques! Survoltée, elle enchaîne les propos surréalistes; elle est de ceux que l’on regarde, dans le métro, en se disant « pauvre gars » ou « pauvre fille » et en passant notre chemin. C’est justement ce que tout le monde fait avec elle, même sa propre mère qui ne veut plus la voir. Elle se retrouve donc à la rue, passant de chez une amie à une chambre d’hôtel minable, d’un job de baby sitter alors que sa seule référence tient à « j’adore les enfants », à un boulot de vendeuse de lingerie. Tout ce qu’elle veut, c’est être aimée et se faire une place dans une société pas faite pour elle.

Ce premier film, plein de vitalité et d’idées, est l’occasion de découvrir une actrice, déjà aperçue dans « la Bataille de Solférino », Laetitia Dosch, impressionnante dans la variété de son jeu et sa fraîcheur. Un magnifique portrait d’une jeune femme perdue pour l’un des films les plus attachants de l’année!

4.5

Critique: D’après une Histoire Vraie

4120741.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg

Réalisation Roman Polanski
Scénario Roman Polanski
Olivier Assayas
Acteurs principaux
Sociétés de production Wy Productions
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau de la Belgique Belgique
Genre thriller
Durée 110 minutes
Sortie 1er Novembre 2017

Delphine est l’auteur d’un roman intime et consacré à sa mère devenu best-seller.
Déjà éreintée par les sollicitations multiples et fragilisée par le souvenir, Delphine est bientôt tourmentée par des lettres anonymes l’accusant d’avoir livré sa famille en pâture au public.
La romancière est en panne, tétanisée à l’idée de devoir se remettre à écrire.
Son chemin croise alors celui de Elle. La jeune femme est séduisante, intelligente, intuitive. Elle comprend Delphine mieux que personne. Delphine s’attache à Elle, se confie, s’abandonne.
Alors qu’Elle s’installe à demeure chez la romancière, leur amitié prend une tournure inquiétante. Est-elle venue combler un vide ou lui voler sa vie ?

Fraîchement accueilli lors de sa présentation au dernier Festival de Cannes, le dernier long métrage de Roman Polanski, adapté du roman de Delphine de Vigan, sort sur les écrans. Emmanuelle Seigner y incarne une romancière en mal d’inspiration qui va rencontrer « sa plus grande fan », incarnée par Eva Green, qui va prendre de plus en plus de place. Si l’on comprend aisément ce qui a pu séduire Polanski dans cette histoire, des thèmes comme les affres de la création artistique, l’obsession, , la schizophrenie…, on reste perplexe devant la forme. La mise en scène si peu inventive nous donne l’impression d’assister à un téléfilm quelconque; les dialogues, quant à eux, sont d’un niveau affligeant et arrachent même quelques sourires gênés. Pour couronner le tout, l’interprétation laisse franchement à désirer, ça sonne souvent faux et c’est même franchement ridicule notamment la prestation d’Eva Green qui nous la joue comme chez Tim Burton! Et puis cette thématique de la création littéraire, juste quelques semaines après le flop « Mother », on a l’impression d’avoir fait le tour! L’avantage, c’est qu’on a vite envie de revoir « The Ghost Writer »!

1