Critique: Thunder Road

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Titre original Thunder Road
Réalisation Jim Cummings
Scénario Jim Cummings
Acteurs principaux

Jim Cummings

Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Sortie 12 septembre 2018

L’histoire de Jimmy Arnaud, un policier texan qui essaie tant bien que mal d’élever sa fille. Le portrait tragi-comique d’une figure d’une Amérique vacillante. 

Bête de festivals, « Thunder Road » est une déclinaison d’un court métrage de l’acteur/réalisateur Jim Cummings. On suit ici un policier texan qui semble perdre pied entre le décès de sa mère, son divorce et son combat pour conserver la garde de sa fille. Toujours entre le rire et les larmes, Jimmy marche sur un fil et l’on craint à tous moments sa chute. De chaque plan, Jim Cummings offre une performance d’acteur bouleversante et durant 90 minutes, « Thunder Road » éblouit et émeut, à travers une succession de plans séquences. Si le film évoque le deuil, le couple ou encore la paternité, c’est aussi une évocation de la solitude et de la difficulté à lutter quand on a tout perdu que beaucoup connaissent dans notre monde moderne. Une claque!

4.5

 

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Critique: Nos Batailles

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Réalisation Guillaume Senez
Scénario Guillaume Senez et Raphaëlle Valbrune-Desplechin
Acteurs principaux
Sociétés de production Iota Production
Les Films Pelléas
Pays d’origine Drapeau de la Belgique Belgique
Drapeau de la France France
Genre Drame
Durée 98 minutes
Sortie 3 octobre 2018

Olivier se démène au sein de son entreprise pour combattre les injustices. Mais du jour au lendemain quand Laura, sa femme, quitte le domicile, il lui faut concilier éducation des enfants, vie de famille et activité professionnelle. Face à ses nouvelles responsabilités, il bataille pour trouver un nouvel équilibre, car Laura ne revient pas.

Trois ans après l’excellent « Keeper » qui montrait comment un jeune garçon allait gérer une paternité prématurée, le cinéaste  Guillaume Senez brosse un nouveau portait d’homme. Olivier, marié et père de deux enfants, est également très investi dans son entreprise, notamment au niveau syndical. Tellement investi que, même s’il est fou d’amour pour sa femme, il ne voit pas les tourments que celle-ci traverse. Un soir, elle est partie, sans rien dire, sans laisser de mot, sans dire où ni pour combien de temps. La charge mentale dont on parle tant chez les femmes qui doivent tout assumer, vie familiale comme vie professionnelle, va donc être d’un coup transférer sur les épaules d’Olivier, partagé entre incompréhension et colère. Les femmes qui l’entourent, sa mère et sa soeur, vont l’aider à assumer ce nouveau rôle mais aussi à comprendre ce qui se passe. Avec une grande finesse et délicatesse, Senez démontre comment la violence sociale, celle du monde du travail, insidieusement, impacte la vie privée. Il offre également une belle réflexion sur le couple et la paternité. Romain Duris est époustouflant ainsi que les seconds rôles tous parfaits, notamment Laure Calamy qui semble faire une carrière sans faute de goût et Laetitia Dosch encore une fois magnifique. Un bijou!

4.5

Critique Dvd: Tapis Rouge

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LE FILM:

3.5

Des jeunes d’un quartier défavorisé vont au Festival de Cannes pour faire un film… film que vous pourrez également voir après Tapis Rouge !

Drôle de projet que « Tapis Rouge » entre documentaire et match d’impro! Le projet est né de jeunes de quartiers défavorisés de Lausanne qui souhaitaient faire un film. Le long métrage montre donc comment ces jeunes partent en bus vers le festival de Cannes où ils espèrent trouver le financement de leur court métrage « né pour mourir ». Ce « road movie » tient essentiellement au punch et à la sympathie du groupe de jeunes acteurs qui réserve quelques jolis moments tout en délivrant un message positif sur la persévérance.

TECHNIQUE:

3.5

Correct pour le support…

BONUS:

3.5

On trouve ici « né pour mourir », le court métrage réalisé par les jeunes et leur éducateur ainsi qu’un making of qui retrace la genèse de ce drôle de projet.

VERDICT:

3.5

Une curiosité bien sympathique!

Disponible en DVD (16.99 euros) chez Wayna Pitch

Critique: Un Peuple et son Roi

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Réalisation Pierre Schoeller
Scénario Pierre Schoeller
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre historique
Durée 121 minutes
Sortie 26 Septembre 2018

En 1789, un peuple est entré en révolution. Écoutons-le. Il a des choses à nous dire. UN PEUPLE ET SON ROI croise les destins d’hommes et de femmes du peuple, et de figures historiques. Leur lieu de rencontre est la toute jeune Assemblée nationale. Au coeur de l’histoire, il y a le sort du Roi et le surgissement de la République…

Sept ans après « l’Exercice de l’Etat », Pierre Schoeller continue à creuser le thème du politique en s’intéressant ici à ce qui fait le socle de notre démocratie. Il situe donc son action entre la prise de la Bastille en 1789 et l’exécution de Louis XVI en 1793. Chronologiquement, il analyse un pan de notre Histoire d’une richesse et d’une densité folles. Schoeller multiplie les personnages et insiste sur l’importance du rôle des femmes dans ces évènements. Remarquablement mis en scène et photographié, parfois à la lueur des bougies, le film offre également quelques beaux rôles, notamment à Olivier Gourmet et Adèle Haenel. Le défaut du film réside dans l’immensité de son sujet qui aurait mérité un film plus long ou en plusieurs parties tant on a souvent l’impression de survoler le sujet et les personnages. Reste une leçon d’Histoire  de qualité…

3

Critique Bluray: Embrasse-moi idiot

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Titre original Kiss Me, Stupid
Réalisation Billy Wilder
Scénario I. A. L. Diamond
Billy Wilder
Acteurs principaux
Sociétés de production The Mirisch Corporation
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Comédie
Durée 126 minutes
Sortie 3 février 1965

LE FILM:

4.5

D’une jalousie maladive, Orville doit héberger, durant une nuit, Dino, célèbre crooner à la réputation de séducteur. Redoutant que sa femme soit sensible au charme du chanteur, il la renvoie chez sa mère et engage Polly, une entraîneuse de bar, pour jouer son rôle. La nuit va être longue…

Pas étonnant que le film fasse un vrai scandale à sa sortie! Sorti quelques mois après « Irma la Douce », « Embrasse-moi idiot » dépeint à travers l’histoire d’Orville, jaloux maladif, une Amérique vulgaire et misogyne! Polly, prostituée au grand coeur , incarnée par une superbe Kim Novak, est sans doute le seul personnage vraiment attachant du film. A ses côtés, le maladif Orville est incarné par le cartoonesque Ray Walston et Dean Martin interprète un chanteur membre du Rat Pack (tiens tiens!). Un régal!

TECHNIQUE:

4.5

Superbe copie restaurée, un vrai plaisir de redécouvrir le film dans ces conditions!

BONUS:

4.5

Qualité et quantité au rendez-vous! Comme dans les précédents films de Wilder sortis chez Rimini, on trouve un face à face entre Olivier Macheret et l’intarissable Fred Mercier , un doc sur Wilder, et un autre sur l’association Wilder/Diamond à l’écriture! Le bonheur!!!

VERDICT:

4.5

Une édition une fois de plus parfaite!

Disponible en bluray chez Rimini (19.99 euros)

Critique Bluray: Plaire, aimer et courir vite

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Réalisation Christophe Honoré
Scénario Christophe Honoré
Acteurs principaux
Sociétés de production Les Films Pelléas
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre comédie dramatique
Durée 132 minutes
Sortie 10 mai 2018

LE FILM:

4.5

1990. Arthur a vingt ans et il est étudiant à Rennes. Sa vie bascule le jour où il rencontre Jacques, un écrivain qui habite à Paris avec son jeune fils. Le temps d’un été, Arthur et Jacques vont se plaire et s’aimer. Mais cet amour, Jacques sait qu’il faut le vivre vite.

Plaire, aimer et courir vite, c’est un peu le credo de Jacques, écrivain quadra qui se sait condamné par le sida. Difficile de s’attacher et de faire des projets lorsque l’on sait son temps compté. Le 11ème long métrage de Christophe Honoré raconte donc la rencontre de ce condamné en sursis avec Arthur, jeune garçon plein de vie qui compte quitter sa Bretagne pour faire du Cinéma et vivre avec lui. Présenté en compétition au Festival de Cannes, le film fait évidemment penser à 120 BPM, traitant lui aussi du sida. Pourtant il n’a rien à voir avec le film militant de Robin Campillo, Honoré ne parlant ici que et uniquement d’amour!  Romantique et romanesque, loin des mouchoirs qu’un tel sujet promet, « Plaire, aimer et courir vite » réserve aussi quelques jolis moments de cinéma comme cette rencontre devant un écran projetant « la Leçon de Piano » ou deux scènes de bain fort émouvantes. La BO, de la musique baroque à Anne Sylvestre, est un bonheur, et le trio de comédiens Pierre Deladonchamps, Denis Podalydès, Vincent Lacoste est fabuleux, avec une mention particulière à ce dernier, totalement surprenant, qui amène une bouffée de vie salutaire à ce projet. On a du mal à imaginer que le jury de Cannes soit resté insensible à ce qui semble être le meilleur film de Christophe Honoré!

TECHNIQUE:

4.5

Impeccable!

BONUS:

2.5

Seul bonus ici, un montage d’images du film avec en voix off, un passionnant journal inversé du tournage par Christophe Honoré lui-même!

VERDICT:

4.5

L’un des plus beaux film français de l’année! Indispensable!

Disponible en DVD et Bluray (19.99 euros) chez AD VITAM dès le 25 septembre

Critique: Mademoiselle de Joncquières

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Réalisation Emmanuel Mouret
Scénario Emmanuel Mouret
Acteurs principaux
Sociétés de production Moby Dick Films
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre drame romantique
Durée 109 minutes
Sortie 12 septembre 2018

Madame de La Pommeraye, jeune veuve retirée du monde, cède à la cour du marquis des Arcis, libertin notoire. Après quelques années d’un bonheur sans faille, elle découvre que le marquis s’est lassé de leur union. Follement amoureuse et terriblement blessée, elle décide de se venger de lui avec la complicité de Mademoiselle de Joncquières et de sa mère…

Spécialiste ès marivaudages, Emmanuel Mouret s’essaie à une nouvelle variation en costumes cette fois-ci. A partir de Diderot, il nous conte donc la vengeance fomentée par Madame de la Pommeraye après qu’elle ait été la énième victime du séducteur Marquis des Arcis. Remarquablement mis en scène et s’appuyant sur un scénario finement écrit et dialogué, « Mademoiselle de Joncquières » résonne étonnamment avec l’actualité. Madame de la Pommeraye eut été en effet une ardente représentante du mouvement « MeToo » tant son désir de préserver les femmes de la cruauté masculine est ici féroce. Cécile de France trouve ici l’un de ses plus beaux rôles et Edouard Baer habite à merveille ce personnage de dandy au fond si sensible. Un pur régal!

4.5