Critique Bluray: Le Crocodile de la Mort

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Titre original Eaten Alive
Réalisation Tobe Hooper
Scénario Alvin L. Fast
Kim Henkel
Mardi Rustam
Acteurs principaux
Sociétés de production Mars Productions Corporation
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Horreur
Durée 91 minutes
Sortie 24 mai 1978

LE FILM:

3

Dans la moiteur estivale de la Louisiane, un motel un peu glauque perdu à la lisière des marais… Son propriétaire, le pitoyable Judd, est le maître attentionné d’un animal de compagnie peu ordinaire : un « charmant »… crocodile ! Gardée dans un enclos, la bête se repaît des victimes qui s’égarent jusque dans l’antre du fou sanguinaire et maniaque sexuel qui sert de propriétaire au Starlight Hotel. Enfant, chien, prostituée, jusqu’à la jambe de son protecteur, gare à ce qui tombe sous la dent du monstre !

Trois ans après un « Massacre à la tronçonneuse » culte et terrifiant par son aspect documentaire ultra réaliste, Tobe Hooper poursuit dans l’horreur avec un projet aux antipodes de son précédent film. Ultra stylisé, « le Crocodile de la mort » joue beaucoup sur ses lumières bleues ou rouge évoquant parfois le travail de Mario Bava. Et si l’on parle de crocodile, le personnage principal est plutôt le gérant de l’hôtel qui longe l’étang de la créature, cousin lointain du Norman Bates de « Psychose ». En effet, plutôt que de montrer une créature un peu cheap, l’attention du spectateur est attiré sur ce gérant un peu particulier, sorte de Jekyll et Hyde qui trucide sa clientèle et nourrit la créature à la suite. On passe un bon moment d’horreur au milieu de ces rednecks dégénérés sans toutefois vraiment trembler mais ce « Crocodile de la mort » est une curiosité à découvrir!

TECHNIQUE:

4.5

Une copie magnifique de définition et de couleurs, un régal!

BONUS:

3.5

On trouve ici outre une galerie photos et des bandes annonces quelque interviews de Tobe Hooper, Robert Englund et Marilyn Burns et une doc sur le fait divers ayant insiré le film.

VERDICT:

3.5

Une bien jolie édition pour une curiosité horrifique!

Disponible en bluray (19.99 euros) chez Carlotta Films

Critique Bluray: Hors Normes

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Réalisation Olivier Nakache
Éric Toledano
Scénario Olivier Nakache
Éric Toledano
Acteurs principaux
Sociétés de production Gaumont
Quad Productions
Ten Films
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre comédie dramatique
Durée 114 minutes
Sortie 23 octobre 2019

LE FILM:

4.5

Bruno et Malik vivent depuis 20 ans dans un monde à part, celui des enfants et adolescents autistes. Au sein de leurs deux associations respectives, ils forment des jeunes issus des quartiers difficiles pour encadrer ces cas qualifiés « d’hyper complexes ». Une alliance hors du commun pour des personnalités hors normes. 

Septième film du duo Toledano/Nakache, « Hors Normes » est un peu la synthèse de leur oeuvre. Leur film qui aborde le problème de l’autisme et de sa prise en charge emprunte par exemple à « nos jours heureux » et « le sens de la fête » la notion de groupe, à « Samba » le milieu associatif, à « Intouchables » et « Je préfère qu’on reste amis » le côté buddy movie.

Si l’autisme a souvent été représenté au cinéma (« Rain Man », « Monsieur je sais tout », …), le personnage est toujours un autiste asperger ou autiste de haut niveau, un personnage doté de facultés au-delà de la moyenne dans certains domaines qui attire en général la sympathie. Malheureusement, dans la « vraie vie », ces cas sont une minorité et le film des Toledano/Nakache a la bonne idée de s’intéresser aux autres, les autistes sévères, victimes de troubles du comportement, ceux que la société a du mal à accepter et dont elle ne sait souvent que faire. « Hors normes » s’inspire largement du travail de deux associations parisiennes qui, au-delà de l’intérêt qu’elles représentent pour les jeunes autistes dont elles s’occupent, emploient en plus des jeunes défavorisés pour les encadrer, faisant ainsi d’une pierre deux coups.

Si le film du duo est certainement moins drôle que leurs précédents, il en conserve les mêmes caractéristiques. « Hors Normes » est encore une fois sur la forme un film populaire, bien écrit, rythmé, jamais méchant, extrêmement sincère et toujours cinématographiquement ambitieux. Sur le fond, « Hors normes » ouvre les yeux du public sur une partie de la population (une naissance sur 100!) que les autres ne veulent pas voir mais aussi sur le travail de personnes qui se mettent à leur service au quotidien, sans grande reconnaissance. Extrêmement bien documenté, le film s’intéresse également au problème de la prise en charge des cas complexes que les nombreuses associations tentent de prendre en charge avec des moyens toujours insuffisants.

« Hors Normes » est un film utile porté par un casting en tous points impeccable et notamment le duo Cassel/Kateb absolument parfait!

TECHNIQUE:

4.5

RAS, tout est parfait!

BONUS:

3.5

Outre quelques scènes coupées, on trouve ici un sujet sur les avant-premières données en France et surtout un making of d’une quarantaine de minutes qui montre tout l’intérêt de ce projet porteur d’inclusion!

VERDICT:

4.5

Un film nécessaire!

Disponible en DVD et Bluray (19.99 euros) chez Gaumont

Critique Bluray: La Cité de la Joie

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Titre original City of Joy
Réalisation Roland Joffé
Scénario Joe Eszterhas
Acteurs principaux
Sociétés de production Allied Filmmakers
Lightmotive
Pricel
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre Drame
Durée 132 minutes
Sortie 30 septembre 1992

LE FILM:

3.5

Hazari Pal et sa famille vivent à Bihar, petit village d’Inde. Incapables de rembourser le prêt qu’ils ont contracté, ils sont expulsés de leur logement et forcés de s’exiler à Calcutta pour démarrer une nouvelle vie…

Quatrième film de Roland Joffé après notamment « la Déchirure » et « Mission », « la Cité de la Joie » est tiré du best-seller éponyme de Dominique Lapierre. Patrick Swayze incarne un chirurgien traumatisé par la perte d’un patient qui va redonner un sens à sa vie en  s’investissant au sein d’un bidonville de Calcutta. Le film surfe sur la vague Patrick Swayze, sortant quelques mois après « Point Break », l’acteur n’étant pas franchement le choix le plus pertinent pour un tel projet. Le film demeure malgré tout plein de bons sentiments et se regarde avec un certain plaisir même s’il s’avère souvent manichéen avec notamment un rôle de méchant très très méchant! Et l’on n’oublie pas la superbe partition d’Ennio Morricone!

TECHNIQUE:

4.5

Très belle copie sans aucun accroc!

BONUS:

2.5

Outre un court sujet en noir et blanc sur l’Inde au Cinéma, on trouve surtout une interview instructive du réalisateur (40′).

VERDICT:

3.5

Une histoire pleine de bons sentiments qui ravira les fans de Patrick Swayze!

Disponible en combo Bluray/dvd chez PATHE (19.99 euros)

Critique Bluray: Once Upon A Time In Hollywood

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Réalisation Quentin Tarantino
Scénario Quentin Tarantino
Acteurs principaux
Sociétés de production Columbia Pictures
Polybona Films
Heyday Films
Visiona Romantica
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre comédie dramatique
Durée 161 minutes
Sortie 14/08/2019

LE FILM:

5

En 1969, la star de télévision Rick Dalton et le cascadeur Cliff Booth, sa doublure de longue date, poursuivent leurs carrières au sein d’une industrie qu’ils ne reconnaissent plus. 

Si l’on compte les deux volumes de Kill Bill comme un seul film, « Once upon a time in Hollywood » est donc le 9ème long de la carrière de Quentin Tarantino, quatre ans après « les Huit Salopards »! Durant 2 h40, QT nous plonge dans le Hollywood de la fin des 60’s à travers le personnage de Rick Dalton, acteur sur le retour dont la carrière s’enfonce entre les rôles de méchant et les apparitions dans des séries TV ou des pubs. Il situe son histoire les quelques semaines précédant l’assassinat de la compagne de Polanski, Sharon Tate, par les disciples de Charles Manson. Il mélange donc réalité et fiction, joue avec la chronologie et multiplie les citations et les clins d’oeil avec toujours le même effet jubilatoire. Son duo d’acteurs DiCaprio/Pitt tutoie des sommets, notamment le premier absolument hilarant du début à la fin et le reste du casting est à l’avenant, avec des caméos d’Al Pacino, Kurt Russel ou encore Bruce Dern! Comme souvent, QT réserve une explosion de violence pour les dernières minutes, avec une scène qui restera dans les annales! Ce QT s’avère donc un excellent cru qui ravira les cinéphiles et les adeptes de prestations d’acteurs! On en redemande…

TECHNIQUE:

4.5

Du pur bonheur a tous les niveaux!

BONUS:

2.5

Outre une trentaine de minutes de scènes coupées, on trouve quelques featurettes avec des interviews de l’équipe sur différents thèmes comme les décors, les costumes, les voitures…

VERDICT:

5

L’un des grands films de l’année dernière enfin en vidéo!!!

Disponible en Bluray (24.99 euros) chez Sony pictures

Critique Bluray: La Mule

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Titre original The Mule
Réalisation Clint Eastwood
Scénario Nick Schenk
Acteurs principaux
Sociétés de production Malpaso Productions
Warner Bros.
Imperative Entertainment
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre drame biographique
Durée 116 minutes
Sortie 23 janvier 2018

LE FILM:

5

À plus de 80 ans, Earl Stone est aux abois. Il est non seulement fauché et seul, mais son entreprise risque d’être saisie. Il accepte alors un boulot qui – en apparence – ne lui demande que de faire le chauffeur. Sauf que, sans le savoir, il s’est engagé à être passeur de drogue pour un cartel mexicain…

Il y a seulement quelques mois, Clint Eastwood réalisateur nous gratifiait de l’un de ses plus mauvais films que l’on priait qu’il ne soit pas le dernier, à 88 ans, « le 15h17 pour Paris« ! Heureusement non, le revoilà également devant la caméra, dix ans après « Gran Torino »! Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Eastwood ne se lance pas dans le film animalier mais dans l’histoire d’une mule, un passeur de drogue, mais d’un genre un peu différent! Inspiré d’une histoire vraie, le nouveau film d’Eastwood met en scène Earl Stone, un octogénaire qu’internet vient de ruiner. Rejeté par sa famille qu’il a négligée toute sa vie, il accepte de convoyer des sacs, dans un premier temps non identifiés, en échange de grosses sommes d’argent. Quand il s’apercevra de la nature des marchandises qu’il transporte, il continuera malgré tout. Dans le même temps un agent de la DEA entreprend de faire le coup de filet de sa vie. A côté de ses activités illicites, il tente de renouer les liens avec sa famille avant qu’il ne soit trop tard. Si Eastwood a souvent joué avec son âge, il apparaît pour la première fois tel qu’il est, un homme de bientôt 90 ans, avec une démarche et des mains qui ne trompent pas. Si son physique ne fait pas le poids à côté des chicanos qu’il fréquente, son esprit lui, tient largement la distance et il en joue, force répliques cinglantes comme lorsqu’il conseille à l’un de ses « employeurs » qui en a plein le cul de lui d’ »aller chez le proctologue »! Son aventure picaresque où chacun de ses « voyages » lui fait battre de nouveaux records est souvent drôle, toujours prenante alors que l’on sent l’étau se resserrer mais l’issue du périple d’Earl Stone est pleine d’émotion, résonnant comme un chant du cygne pour l’un des derniers géants d’Hollywood! Bravo!

TECHNIQUE:

4.5

Impeccable!

BONUS:

2.5

Outre un clip de la chanson du générique, on trouve un court making of d’une dizaine de minutes sans grand intérêt.

VERDICT:

4.5

Une édition minimaliste pour l’un des grands films d’Eastwood!

Disponible en DVD, bluray et bluray 4K chez Warner Bros

Critique Bluray: Le Retour de Mary Poppins

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Titre original Mary Poppins Returns
Réalisation Rob Marshall
Scénario David Magee
Acteurs principaux
Sociétés de production Marc Platt Productions
Walt Disney Pictures
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre fantastique
Durée 130 minutes
Sortie 19 décembre 2018

LE FILM:

4.5

Michael Banks travaille à la banque où son père était employé, et il vit toujours au 17 allée des Cerisiers avec ses trois enfants, Annabel, Georgie et John, et leur gouvernante Ellen. Comme sa mère avant elle, Jane Banks se bat pour les droits des ouvriers et apporte son aide à la famille de Michael. Lorsque la famille subit une perte tragique, Mary Poppins réapparaît magiquement dans la vie de la famille. Avec l’aide de Jack, l’allumeur de réverbères toujours optimiste, Mary va tout faire pour que la joie et l’émerveillement reviennent dans leur existence… Elle leur fera aussi découvrir de tout nouveaux personnages plein de fantaisie, dont sa cousine, l’excentrique Topsy.

Plus de cinquante ans après les premières aventures de la nounou Mary Poppins, Disney remet le couvert! Alors qu’Hollywood ne fait plus que recycler des recettes qui ont marché, parfois avec réussite souvent beaucoup moins, on avait tout à craindre de ce retour. Rob Marshall ne cherche pas à moderniser l’original: l’histoire se déroule toujours dans le Londres du début du 20ème siècle et la forme est la même avec notamment ce mélange entre film et dessin animé, à l’ancienne. Emily blunt compose une Mary Poppins des plus convaincante et le reste du casting est au diapason (Ben Wishaw, Colin Firth…), une petite réserve cependant pour le personnage incarné par Meryl Streep, un peu too much! Histoire touchante sur fond d’expropriation, scènes animées poétiques, chorégraphies emballantes (notamment le ballet des allumeurs de réverbères top!), magie à tous les niveaux, ce retour de Mary Poppins est une jolie réussite qui ravira petits et grands !

TECHNIQUE:

4.5

Un must à tous niveaux!

BONUS:

3.5

Si l’ensemble des bonus est très orienté promo, le contenu est là!

On trouve ici:

Version karaoké du film
Le retour de Dick Van Dyke
Bêtisier
Un nouveau point de vue sur les numéros musicaux
Making of
Chanson coupée : « Le zoo anthropomorphique »
Scènes coupées :
– « Au revoir »
– « Luminomagifantastique »

VERDICT:

4.5

Une suite qui mérite l’investissement!

Disponible En DVD, Blu-Ray, coffret Mary Poppins/Le Retour de Mary Poppins et en VOD depuis le 26 avril chez Disney DVD 

-les films comiques favoris des spectateurs

Critique Bluray: Miracle en Alabama

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Titre original The Miracle Worker
Réalisation Arthur Penn
Scénario William Gibson
Acteurs principaux
Sociétés de production Playfilm Productions
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Drame
Durée 106 minutes
Sortie 10 octobre 1962

LE FILM:

4

Helen Keller a 12 ans. Elle ne voit pas, n’entend pas et présente tous les symptômes dune déficience mentale. Ses parents font appel à Annie Sullivan, éducatrice aux méthodes révolutionnaires, et elle-même mal-voyante. Les premiers contacts entre l’enfant et l’éducatrice sont difficiles et parfois violents.

Deuxième film d’Arthur Penn après « le Gaucher », « miracle en Alabama » est tiré d’une histoire vraie, celle de la jeune Helen Keller, jeune enfant sourde et malvoyante qui, grâce à sa rencontre avec une éducatrice, Annie Sullivan, va petit à petit apprendre à communiquer.

Penn nous offre une plongée radicale dans le handicap et le regard que portent les gens « normaux » sur lui. Sauvage et indomptable, la petite Helen tentait simplement de communiquer dans un monde pas fait pour elle, celui du Sud des Etats-Unis, et au sein d’une famille qui la rejetait plutôt que d’essayer de la comprendre. Si le film sent parfois le film à thèse, « Miracle en Alabama » est tout de même d’une importance capitale et offre à ses deux interprètes, Anne Bancroft et Patty Duke, l’occasion de livrer deux partitions sans fausses notes! Un film à (re)découvrir absolument dans une copie éblouissante!

TECHNIQUE:

4.5

Une copie sans défaut! Un noir et blanc de toute beauté!

BONUS:

2.5

Seul bonus, une longue analyse du toujours parfait Frédéric Mercier!

VERDICT:

4

Un grand film sur la différence à réhabiliter!

Disponible en Bluray (19.99 euros) chez Rimini Editions