Critique: After Love

Aleem KHAN

Royaume-Uni

2020 / 89’ / Anglais / Arabe, Français, Ourdou
Premier film

Mary Hussain se retrouve veuve après le décès inattendu de son mari. Un jour après l’enterrement, elle découvre qu’il cachait un secret à seulement 34km de l’autre côté de la Manche, à Calais.

Premier film anglais, « After Love » est présenté cette année au Festival de Cinéma Européen des Arcs en compétition. Mary, convertie à l’Islam depuis son mariage avec un Pakistanais, se retrouve subitement veuve. En triant les affaires de son défunt mari, elle tombe sur la carte d’identité d’une Française. Mary décide alors de traverser la Manche pour chercher, à Calais, cette mystérieuse inconnue. Très vite, elle s’aperçoit que son mari avait une autre femme et même un fils adolescent…

Loin du thriller, « After love » retrace la quête d’une femme pour comprendre et connaître l’homme avec qui elle a vécu depuis tant d’années. Se faisant engager comme femme de ménage par « l’autre femme », Mary tente d’appréhender une autre facette de son mari pour finir de faire son deuil. C’est finalement trois destins brisés qui vont se croiser et tenter doucement de se reconstruire, ensemble. Fin et délicatement écrit, ce premier film est porté par une actrice bouleversante, Joanna Scanlan, toute en retenue. Un très beau premier pas…

Critique: Sunset (les Arcs Film Festival – Sommet)

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László Nemes

Hongrie, France

2018 / 142’ / VO : Hongrois / tout public
Sortie 20 mars 2019

1913, au cœur de l’empire austro-hongrois. Irisz Leiter revient à Budapest après avoir passé son enfance dans un orphelinat. Son rêve de travailler dans le célèbre magasin de chapeaux, autrefois tenu par ses parents, est brutalement brisé par Oszkar Brill le nouveau propriétaire. Lorsqu’Írisz apprend qu’elle a un frère dont elle ne sait rien, elle cherche à clarifier les mystères de son passé. A la veille de la guerre, cette quête sur ses origines familiales va entraîner Irisz dans les méandres d’un monde au bord du chaos. 

En 2016, Laszlo Nemes frappait fort avec « le Fils de Saul » qui suivait le quotidien d’un membre des Sonderkommandos au sein du camp d’Auschwitz. Le parti pris radical, filmer le personnage principal en gros plan soit sur son visage soit sur sa nuque, se justifiait par un souci d’immerger totalement le spectateur. Son nouveau film, très attendu, reprend le même dispositif, sauf qu’ici, on n’en saisit jamais l’utilité. Nemes nous emmène ici en 1913 au coeur de l’empire austro-hongrois et suit Irisz Leiter, jeune femme qui, après sa sortie de l’orphelinat, rêve de travailler dans l’ancien magasin de chapeaux de ses parents. Très vite, elle apprend qu’elle a un frère au passé trouble. Durant deux heures trente, elle va donc marcher dans Budapest pour élucider le mystère autour de son frère. Nemes la filme donc en posant sa caméra sur sa nuque ou son visage et celle-ci va poser des questions à tous ceux qu’elle croise, questions qui n’auront jamais de réponse, jusqu’à un final en forme de twist tiré par les cheveux. Quant à l’actrice Juli Jakab, elle n’a malheureusement qu’une seule expression à jouer durant tout le film. Si la photo et les nombreux plans séquence offrent de beaux moments de cinéma, « Sunset » est un pensum des plus irritant et épuisant pour le spectateur qui aura l’impression d’avoir perdu 2h30! Le coup de gueule du Festival!

0.5