Critique Bluray: Nos Batailles

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Réalisation Guillaume Senez
Scénario Guillaume Senez et Raphaëlle Valbrune-Desplechin
Acteurs principaux
Sociétés de production Iota Production
Les Films Pelléas
Pays d’origine Drapeau de la Belgique Belgique
Drapeau de la France France
Genre Drame
Durée 98 minutes
Sortie 3 octobre 2018

Le Film:

4.5

Olivier se démène au sein de son entreprise pour combattre les injustices. Mais du jour au lendemain quand Laura, sa femme, quitte le domicile, il lui faut concilier éducation des enfants, vie de famille et activité professionnelle. Face à ses nouvelles responsabilités, il bataille pour trouver un nouvel équilibre, car Laura ne revient pas.

Trois ans après l’excellent « Keeper » qui montrait comment un jeune garçon allait gérer une paternité prématurée, le cinéaste  Guillaume Senez brosse un nouveau portait d’homme. Olivier, marié et père de deux enfants, est également très investi dans son entreprise, notamment au niveau syndical. Tellement investi que, même s’il est fou d’amour pour sa femme, il ne voit pas les tourments que celle-ci traverse. Un soir, elle est partie, sans rien dire, sans laisser de mot, sans dire où ni pour combien de temps. La charge mentale dont on parle tant chez les femmes qui doivent tout assumer, vie familiale comme vie professionnelle, va donc être d’un coup transférer sur les épaules d’Olivier, partagé entre incompréhension et colère. Les femmes qui l’entourent, sa mère et sa soeur, vont l’aider à assumer ce nouveau rôle mais aussi à comprendre ce qui se passe. Avec une grande finesse et délicatesse, Senez démontre comment la violence sociale, celle du monde du travail, insidieusement, impacte la vie privée. Il offre également une belle réflexion sur le couple et la paternité. Romain Duris est époustouflant ainsi que les seconds rôles tous parfaits, notamment Laure Calamy qui semble faire une carrière sans faute de goût et Laetitia Dosch encore une fois magnifique. Un bijou!

TECHNIQUE:

4.5

Aucun souci!

BONUS:

3.5

On trouve ici une interview du réalisateur à Cannes, quelques scènes du film commentées par le réalisateur, quelques scènes coupées commentées également et enfin « UHT », un court métrage de Guillaume Senez.

VERDICT:

4.5

L’un des très beaux films de 2018!

Disponible en DVD et bluray (19.99 euros) chez BLAQ OUT dès le 18 février

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Critique Bluray: Thunder Road

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Titre original Thunder Road
Réalisation Jim Cummings
Scénario Jim Cummings
Acteurs principaux

Jim Cummings

Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Sortie 12 septembre 2018

LE FILM:

4.5

L’histoire de Jimmy Arnaud, un policier texan qui essaie tant bien que mal d’élever sa fille. Le portrait tragi-comique d’une figure d’une Amérique vacillante. 

Bête de festivals, « Thunder Road » est une déclinaison d’un court métrage de l’acteur/réalisateur Jim Cummings. On suit ici un policier texan qui semble perdre pied entre le décès de sa mère, son divorce et son combat pour conserver la garde de sa fille. Toujours entre le rire et les larmes, Jimmy marche sur un fil et l’on craint à tous moments sa chute. De chaque plan, Jim Cummings offre une performance d’acteur bouleversante et durant 90 minutes, « Thunder Road » éblouit et émeut, à travers une succession de plans séquences. Si le film évoque le deuil, le couple ou encore la paternité, c’est aussi une évocation de la solitude et de la difficulté à lutter quand on a tout perdu que beaucoup connaissent dans notre monde moderne. Une claque!

TECHNIQUE:

4.5

Impeccable! A noter l’absence de VF sur ce film.

BONUS:

3.5

On trouve ici la conférence de presse donnée par Jim Cummings au festival de Deauville ainsi que le court métrage « The Robbery » réalisé par Jim Cummings.

VERDICT:

4.5

L’une des belles surprises de 2018!

Disponible en DVD et Bluray (19.99 euros) chez BLAQ OUT dès le 8 février

Critique Dvd: RBG

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Réalisation Betsy West, Julie Cohen
Scénario Betsy West, Julie Cohen
Acteurs principaux

Ruth Bader Ginsburg
Jane Ginsburg
James Steven Ginsburg
Nina Totenberg
Clara Spera
Gloria Steinem

Sociétés de production CNN
Storyville Films
Participant Media
Pays d’origine États-Unis
Genre documentaire
Durée 97 minutes
Sortie 10 Octobre 2018

LE FILM:

4.5

À 85 ans, Ruth Bader Ginsburg, est devenue une icône de la pop culture. Juge à la cour suprême des Etats-Unis, elle a construit un incroyable héritage juridique. Guerrière, elle s’est battue pour l’égalité hommes/femmes, et toutes formes de discrimination. Son aura transgénérationnelle dépasse tous les clivages, elle est aujourd’hui l’une des femmes les plus influentes au monde et le dernier rempart anti-Trump. Betsy West et Julie Cohen nous font découvrir la fascinante vie de celle que l’on nomme désormais « Notorious RBG ».

RBG, trois lettres initiales pour Ruth Bader Ginsburg, Juge à la Cour Suprême des Etats-Unis, plus haute juridiction de la première puissance mondiale. Ce documentaire montre le parcours incroyable d’un petit bout de femme âgée aujourd’hui de 84 ans, sorte de Woody Allen au féminin pour son physique fragile mais aussi pour son intelligence aiguisée comme un scalpel. A travers un montage alternant entretiens avec RBG, les personnes qui l’ont cotoyée mais aussi les personnes qu’elle a défendues, « RBG » nous montre le combat que cette femme dut livrer pour elle-même, depuis ses études dans un monde autrefois encore très patriarcal, puis pour les autres, faisant de la lutte contre les discriminations un sacerdoce. On est captivé par ce portrait d’une femme hors norme mais aussi par l’histoire de son couple atypique avec un homme qui s’effaça complètement pour encourager son épouse et l’on ne peut qu’être admiratif devant tant d’intelligence au service de causes justes! Un documentaire brillant et dont on ressort plus grand!

LES BONUS:

1.5

On trouve ici une courte interview de la réalisatrice lors du festival de Deauville ainsi qu’une courte mais très inspirée intervention de Zabou Breitman, la voix française de RBG.

VERDICT:

4.5

Un doc juste indispensable!!!

Disponible en DVD (14.99 euros) chez l’Atelier d’Images dès le 19 février

Critique: Green Book

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Titre original Green Book
Réalisation Peter Farrelly
Scénario Nick Vallelonga
Brian Hayes Currie
Peter Farrelly
Sociétés de production Amblin Partners
Participant Media
Conundrum Entertainment
Cinetic Media
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre film biographique
Durée 130 minutes
Sortie 23 janvier 2018

En 1962, alors que règne la ségrégation, Tony Lip, un videur italo-américain du Bronx, est engagé pour conduire et protéger le Dr Don Shirley, un pianiste noir de renommée mondiale, lors d’une tournée de concerts. 

Le nom des frères Farrelly s’est fait connaître du monde entier dans les années 90 avec notamment « Dumb and dumber » ou « Mary à tout prix », des comédies régressives bien grasses qui pourtant évoquaient des thèmes forts comme le droit à la différence. Aujourd’hui, Peter Farrely s’est assagi avec « Green Book » qui a tout du film à Oscars. Ce road movie, sorte de « Miss Daisy et son chauffeur » inversé tiré d’une histoire vraie nous emmène aux côtés de Don Shirley, un pianiste noir et son chauffeur, Tony Lip, Italo-américain un brin raciste en pleine Amérique des années 60. Ce duo que tout oppose va bien évidemment finir par se rapprocher et si la route est bien balisée, on se laisse happer pour plusieurs raisons. Tout d’abord, le personnage du patron, Don Shirley, a pour originalité d’être un Noir qui fait tout ce qu’il peut pour paraître Blanc, avec ses costumes classe, sa méconnaissance des chanteurs Noirs et du poulet frit. Face  à lui, Tony Lip connaît toutes les stars de la soul, adore manger et pas seulement les spécialités italiennes et s’il rechigne, au début, à servir un Noir, fait passer sa loyauté par dessus tout le reste. Cette originalité des personnages est l’un des intérêts majeurs du film. L’autre atout est bien sûr l’humour omniprésent mais toujours subtile, très loin des précédentes productions de la fratrie. Enfin, l’interprétation du duo Viggo Mortensen/Mahershala Ali emporte forcément l’adhésion. Ce road movie, fort bien rythmé, est une vraie réussite légère mais néanmoins empreinte d’émotion et au message utile aujourd’hui, qui devrait à coup sûr mettre d’accord public et critique.

4.5

Critique: Creed II

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Titre original Creed II
Réalisation Steven Caple Jr.
Scénario Juel Taylor
Sylvester Stallone
Acteurs principaux
Sociétés de production Chartoff-Winkler Productions
MGM
New Line Cinema
Warner Bros.
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre drame
Durée 130 minutes
Sortie 9 janvier 2018

La vie est devenue un numéro d’équilibriste pour Adonis Creed. Entre ses obligations personnelles et son entraînement pour son prochain grand match, il est à la croisée des chemins. Et l’enjeu du combat est d’autant plus élevé que son rival est lié au passé de sa famille. Mais il peut compter sur la présence de Rocky Balboa à ses côtés : avec lui, il comprendra ce qui vaut la peine de se battre et découvrira qu’il n’y a rien de plus important que les valeurs familiales.

Huitième film de la saga Rocky, second concentré sur le personnage d’Adonis Creed, « Creed II » n’invente rien mais pourtant les fans seront comblés et feront des adieux émus au personnage de Balboa. Adonis Creed dorénavant champion du monde, a maintenant l’occasion de remettre son titre en jeu face au fils d’Ivan Drago, le Russe responsable de la mort de son père. Si Rocky refuse d’abord de l’accompagner dans une mission suicide, il va peut-être finalement accepter de l’épauler devant le défi de sa vie. Rien de nouveau quant à la structure du film calquée sur les volets précédents et rien de nouveau non plus quant à la façon dont sont traités les adversaires moscovites de Creed: de grosses machines de guerre qui ne sourient absolument jamais! Toutefois, on craque devant le couple formé par Adonis et Bianca, la prestation des vieux Sly et Lundgren mais aussi devant l’émotion et la nostalgie de l’ensemble! Reste à savoir comment la franchise saura survivre au départ de Stallone…

3.5

Critique Bluray: Climax

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Réalisation Gaspar Noé
Scénario Gaspar Noé
Sociétés de production Arte Cinema
Rectangle Productions
Wild Bunch
Les Cinémas de la Zone
Artemis Productions
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Drame
Durée 95 minutes
Sortie 19 septembre 2018

LE FILM:

4.5

Naître et mourir sont des expériences extraordinaires. Vivre est un plaisir fugitif.

20 ans après son premier film, « Seul contre tous », Gaspard Noé présente seulement son cinquième long métrage, « Climax », que certains ont pu déjà voir lors de la Quinzaine des Réalisateurs au dernier festival de Cannes. Si les fans du cinéaste devraient sortir comblés de ce nouvel opus, Noé ne gagnera certainement pas un nouveau public. Déjouant tous les codes (le générique de fin est au début du film, puis le générique du début se retrouve en deux parties au cours du film!), Noé nous présente d’abord une troupe de danseurs urbains, s’exprimant face caméra, dans l’écran d’une télé entourée de cassettes vidéos où l’on retrouve les films qui ont probablement inspiré Climax: Zombie, Schizophrenia, Suspiria… Enfin la petite troupe se retrouve dans une salle de répétition, danse et boit jusqu’à ce que la soirée dérape. L’ambiance devient glauque comme Noé sait faire, sexe, violence et drogue s’invitant à la fête. Le son saturé de house music et de hip hop d’un bout à l’autre, la lumière et la caméra virevoltante de Noé nous plonge alors d’un trip hallucinant où l’Homme devient un loup pour l’Homme, comme une métaphore de la société française. Ca fait mal mais ça fait du bien!

TECHNIQUE:

4.5

Ca envoie à tous les niveaux!!!

BONUS

3.5

Outre deux clips, on trouve une intéressante interview de Tom Kan, concepteur des génériques de Gaspard Noé mais surtout une rencontre entre Jan Kounen et Gaspard Noé qui évoquent leur nostalgie des vieux supports physiques et le progrés technique en matière de ciné!

VERDICT:

4.5

La gifle de Cannes!

Disponible en DVD et bluray (24.99 euros) chez WILD SIDE VIDEO

Critique Dvd: Girl

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Réalisation Lukas Dhont
Scénario Lukas Dhont
Angelo Tijssens
Pays d’origine Drapeau de la Belgique Belgique
Genre drame
Sortie 10 Octobre 2018

LE FILM:

5

Lara, 15 ans, rêve de devenir danseuse étoile. Avec le soutien de son père, elle se lance à corps perdu dans cette quête d’absolu. Mais ce corps ne se plie pas si facilement à la discipline que lui impose Lara, car celle-ci est née garçon.

Caméra d’Or, Prix d’interprétation à un Certain Regard, Queer Palm, trois récompenses glanées au dernier Festival de Cannes, de quoi aiguiser notre curiosité envers ce premier film belge. Ceux qui attendent un « Billy Elliott » au féminin en seront pour leurs frais! « Girl » n’est pas un film sur la danse. Cet art n’est ici qu’un moyen pour Victor pour apprendre à dompter ce corps qu’il veut être féminin. Contrairement à la plupart des oeuvres sur le sujet, Lara est entourée par un père totalement solidaire de son combat, qui l’épaule au maximum. Le seul combat que Lara à mener est avec soi-même, en apprenant à vivre encore quelques temps (jusqu’à l’opération) avec un corps qui n’est pas le sien mais aussi avec les regards extérieurs. Une scène dans laquelle Lara subit la pression de ses amies danseuses est d’ailleurs extrêmement éprouvante. Si le film est si fort et émouvant, le jeune acteur y est pour beaucoup. Victor Polster est époustouflant et sa beauté et sa féminité (on croirait Cate Blanchett jeune!) renforcent la sensation de voir une jeune fille que seuls les plans récurrents où celle-ci se regarde dans le miroir nous ramènent à sa dure condition. Un premier film impressionnant qui ne peut laisser insensible et un magnifique hymne à la tolérance! L’un des grands films de cette fin d’année!

LES BONUS:

1.5

Seul bonus, une émission de radio de près d’une heure avec comme invité Lukas Dhont!

VERDICT:

5

L’un des très grands films de 2018!

Disponible en DVD et bluray (19.99 euros) chez DIAPHANA dès le 19 février