CRITIQUE BLU-RAY: LE NARCISSE NOIR

LE FILM:

Une congrégation de religieuses se rend dans un ancien harem situé sur les contreforts de l’Himalaya pour y établir un dispensaire. Les soeurs sont aidées dans leurs tâches par Dean, un agent britannique installé dans la région depuis longtemps. Rapidement, la soeur supérieure Clodagh s’offusque de la conduite de ce dernier. Au sein de la communauté, les tensions s’exacerbent et les nonnes traversent des épreuves pesantes, aussi bien pour le corps que pour l’esprit…

Réalisé en 1947 par le duo Powell/Pressburger juste avant « les Chaussons Rouges« , « le Narcisse Noir » fait partie de ces rares films inoubliables mais que l’on ne se lasse pas de regarder tant il regorge de splendeurs. C’est tout simplement un monument du Cinéma! Photo ( qui valut un Oscar à Jack Cardiff), montage, musique, interprétation, tous les outils cinématographiques sont utilisés à merveille pour illustrer les tourments ressentis par cette congrégation. Et pour mieux maîtriser tous les éléments, Powell tint à tourner le film intégralement en studio en Angleterre (Pinewood) et le résultat en est d’autant plus impressionnant. C’est donc à la (re)découverte d’un des plus beaux joyaux du Cinéma Anglais que Carlotta Films nous convie à travers une édition Blu-ray hallucinante! Les couleurs et les contrastes plongent les yeux du spectateur dans une extase visuelle: n’ayons pas peur des mots!

LES BONUS:

Deux documentaires composent les bonus de ce film: « Il était une fois le Narcisse Noir », documentaire de 24 minutes qui donne la parole à divers collaborateurs et proches des cinéastes, dont Jack Cardiff, le chef op et une interview (31 minutes) de Darius Khondji, célèbre directeur photo à qui l’on doit entre autres la photo de Seven, d’une très haute pertinence!

VERDICT:

Pour faire court: INDISPENSABLE!

Disponible dès le 7 mars en DVD (14,99 euros) et en Blu-ray (19,99 euros) chez Carlotta Films.

LES CHAUSSONS ROUGES (1949)

Carlotta Films

La danseuse étoile Victoria Page et le compositeur/chef d’orchestre Julian Craster sont engagés par le chef de ballet Boris Lermontov pour mettre en scène un conte d’Andersen, « les chaussons rouges ». Quand Lermontov s’aperçoit de l’idylle entre le chef et l’étoile, il congédie le jeune compositeur qui sera suivi bientôt par sa dulcinée. La colère de Lermontov est alors terrible…

Réalisé en 1949 par les Britanniques Michael Powell et Emeric Pressburger, « les chaussons rouges » est ressorti sur les écrans français depuis le dernier festival de Cannes grâce au travail de Martin Scorsese et de sa fondation qui avait déjà formidablement restauré « le Guépard » de Visconti. Une fois de plus, le résultat est magnifique pour ce film qui reste l’un des favoris de réalisateurs comme Scorsese donc, Spielberg, De palma ou encore Coppola qui lui rend hommage dans son dernier film « Tetro ».

Film sur l’art et le sacrifice qu’il représente pour ceux qui le font, le film reste très réaliste sur les coulisses du ballet tout en restant empreint d’une atmosphère étrange, proche du fantastique, liée au conte d’Andersen. Pour plus de réalisme, les réalisateurs avaient d’ailleurs tenu à ce que le premier rôle soit tenu par une vraie danseuse et non une actrice, Moira Shearer, fantastique dans le rôle. Bénéficiant d’un somptueux technicolor, magnifié par le travail de restauration, le film connaît son point d’orgue avec une scène de ballet de 17 minutes d’anthologie.

A voir absolument dans l’une des dix salles qui le jouent encore ou en dvd prochainement chez Carlotta.

BLACK SWAN (2010)

Après avoir exploré le monde des toxicomanes (Requiem for a dream) et du catch (the wrestler), Darren Aronofsky s’attaque à celui de la danse, spécifiquement au quotidien d’un corps de ballet comme le New-York City Ballet.

Nina, jeune danseuse ultra-perfectionniste est contre toute attente pressentie par Thomas, le chorégraphe pour incarner la reine des cygnes dans sa nouvelle version du « lac des cygnes ». Sa douceur, sa délicatesse et sa grâce en font l’interprète idéale, en particulier, pour le cygne blanc. Mais le cygne noir nécessite vice, sensualité, et l’abandon de soi, chose qu’elle peine à offrir une fois sur scène. Etouffée par sa mère, ex-ballerine dont la maternité à ruiné la carrière, Nina veut tellement prouver à son maître de ballet qu’il a raison de lui accorder sa confiance, qu’elle va supporter toutes les souffrances physiques et morales afin de devenir le cygne noir. D’autant que Lily, une autre danseuse, guette le moindre faux pas pour lui ravir la vedette…

Fortement inspiré des « chaussons rouges » sur le thème de la souffrance dans l’art, et la danse en particulier, « Black Swan » est LE film dont rêve chaque actrice. Nathalie Portman y est en effet de chaque plan et irradie la pellicule (en course pour l’Oscar, seule Annette Benning peut espérer la concurrencer). Aronofsky ne se contente pas ici de décrire le monde de la danse (très fidèlement d’ailleurs). Il donne à son film des allures de conte fantastique, laissant sa Nina se transformer petit à petit en cygne noir, avec ses plumes qui apparaîssent sur son dos ou ses pieds qui se palment. Mais ce postulat accepté, on comprend facilement que cette métamorphose représente la souffrance et le sacrifice que doit endurer la danseuse pour atteindre l’excellence et le passage à l’âge adulte de la fragile Nina, que sa mère empêche de sortir et force à vivre dans une chambre de petite fille.

Un très beau film qui montre ce qu’est vraiment le quotidien des danseurs et qui confirme le talent de Darren Aronofsky