Critique Dvd: Hitchcock Truffaut

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LE FILM:

4.5

En 1962, Hitchcock et Truffaut s’enferment pendant une semaine à Hollywood pour mettre à jour les secrets de la mise en scène au cinéma. A partir des enregistrements de cette rencontre qui servirent à élaborer le livre mythique « Hitchcock/Truffaut », le film de Kent Jones met en image la plus grande et la plus éclairante leçon de cinéma de tous les temps, et nous plonge dans l’univers de l’auteur de Psychose, Les Oiseaux et Sueurs froides.

Livre de chevet de tout cinéphile qui se respecte, « Hitchcock Truffaut » s’appuyait sur des heures d’enregistrements d’entretiens entre le cinéaste français et le roi du suspense. Quelle merveilleuse idée de réutiliser ces pépites pour donner la parole aux meilleurs cinéastes contemporains! En effet Scorsese, Assayas, James Gray ou David Fincher se livrent sur Hitchcock et analysent son travail et son oeuvre dans la même unanimité. Passionnant et jubilatoire!

TECHNIQUE:

4

Sans problème, les seuls défauts résidant dans les extraits de films anciens.

BONUS:

4

On trouve 45 minutes d’entretiens coupés avec les cinéastes.

VERDICT:

4.5

A l’image du livre: indispensable!

Disponible en DVD (19.99 euros) dès le 20 novembre chez ARTE Editions

Livre: Une Renaissance Américaine

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Cette anthologie d’entretiens avec trente cinéastes américains, des plus célèbres à ceux qui méritent d’être découverts, couvre plus de quarante ans, période d’une véritable renaissance après l’effondrement du système des studios. Dans les années 1970, les films de Coppola, Scorsese, Cimino, Lucas, Rafelson, bousculent par leur nouveauté le classicisme hollywoodien. Puis, les postmodernes des années 1980, David Lynch, les frères Coen, Soderbergh, Tim Burton suivis de Tarantino, se démarquent encore plus de la tradition. Aujourd’hui, les artisans du renouveau doivent batailler ferme pour imposer leur vision dans un contexte devenu conservateur. Les réalisateurs se confient à Michel Ciment en autant de propos révélateurs sur leur vie, le style de leurs films, leur méthode de travail. Ils peuvent évoquer aussi bien la guerre du Vietnam (Cimino, Coppola, Kubrick, Stone) que le rôle du Festival de Sundance dans l’émergence d’un nouveau cinéma, tel comédien qu’ils sont plusieurs à avoir dirigé, ou encore les nouvelles technologies. Ainsi, des fils se croisent, des témoignages se font écho, qu’un riche index permet de retrouver, éclairant l’étonnante richesse du cinéma outre-Atlantique.

4

Michel Ciment, éminent critique chez Positif et auteur de nombreux ouvrages d’entretiens avec des réalisateurs tels que Losey ou Kazan, restera comme l’auteur du meilleur ouvrage sur Stanley Kubrick! Les Editions Nouveau Monde publient aujourd’hui un formidable ouvrage regroupant 30 entretiens que Michel Ciment a recueilli auprès de cinéastes tels que Scorsese, Pollack, Coppola, Cimino ou des auteurs moins connus comme Todd Solondz, Monte Hellman ou James Toback.

Si les entretiens ne sont pas récents (celui de Soderbergh date de son premier film ou celui de Scorsese de l’époque de New-York New-York), ils permettent justement de mieux appréhender le chemin parcouru par chacun. La courte remise en perspective de l’auteur avant chaque entretien est en cela passionnante.

L’intérêt de cet ouvrage est de montrer comment ces 30 cinéastes ont réussi, ou pas (Cimino a vu sa carrière s’arrêter après l’échec monumental de la Porte du Paradis), à s’affranchir du pouvoir de l’argent et maintenir leur liberté créative et leur indépendance!

Un ouvrage passionnant qui fera date!

Support Livre broché
Nb de pages DX – p.
ISBN-10 2-36583-914-2
ISBN-13 978-2-36583-914-3
GTIN13 (EAN13) 9782365839143
prix: 25 euros

Critique Bluray: Boardwalk Empire Saison 4

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LA SERIE: 8/10

Dans les années 1920, l’homme d’affaires Nucky Thompson décide de se lancer dans le commerce d’alcool à Atlantic City pourtant sévèrement réprimé par la prohibition puis de s’essayer à la politique. Il a épousé Margaret Schroeder, une jeune femme qui était venue lui demander de l’aide et sur laquelle il compte maintenant pour gagner une certaine respectabilité. L’exacerbation de la concurrence entre les gangs de New York, New Jersey, Philadelphie et Chicago qui veulent étendre leur territoire, complique la vie de Nucky…

Dans cette quatrième saison de la célèbre série HBO, Nucky Thompson semble de plus en plus isolé, menacé par la concurrence mais aussi par un sbire de J.Edgar Hoover qui a juré de le faire tomber. Pour concurrencer l’alcool, la drogue fait également son apparition! On retrouve les personnages habituels et de nouveaux comme le Docteur Narcisse, incarné par l’excellent Jeffrey Wright ou le neveu de Nucky Thompson. Toujours magnifiquement mis en scène et disposant de moyens considérables, la série trouve un nouveau souffle avec cette quatrième saison de grande qualité!

TECHNIQUE: 10/10

Un must à tous les niveaux!

BONUS: 7/10

Outre un résumé de la saison 3, on trouve également un sujet sur l’Onyx Club ainsi qu’un sujet sur le personnage d’Harrow (la « gueule cassée ») sans oublier l’interactivité habituelle sur cette série permettant d’afficher des infos sur les lieux et personnages pendant le visionnage.

VERDICT: 8.5/10

Une très bonne saison d’une série magistrale dans une très belle édition!

Disponible en dvd (39.99 euros) et bluray (49.99 euros) chez HBO/Warner

 



Critique Bluray: la Valse des Pantins

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  • Date de sortie :
     18 mai 1983
  • Réalisé par :
    Martin Scorsese
  • Avec :
    Robert De Niro, Jerry Lewis, Diahnne Abott…
  • Durée :
    1h49min
  • Pays de production :
     Etats-Unis
  • Année de production :  1983
  • Titre original : The King of Comedy
  • Distributeur :
    COLINE DISTRIBUTION/FILMS DE LA ROCHELLE/LMD

LE FILM: 9/10

Rupert Pupkin rêve de devenir le nouveau roi du rire. Employé des télécommunications, il passe l’essentiel de son temps à répéter des numéros comiques et à traquer les célébrités pour compléter sa collection d’autographes. Un soir, il parvient à approcher son idole, Jerry Langford, un présentateur de talk-show humoristique qui lui suggère de contacter sa secrétaire. Le lendemain, Pupkin se présente au bureau de Langford, persuadé qu’il va passer à la télévision. Après s’être fait remercier plusieurs fois, Pupkin décide d’employer la manière forte et met au point un stratagème avec la complicité de Masha, une fan dérangée…

Si la Valse des Pantins a plus de 30 ans, le revoir aujourd’hui, alors que tout un chacun pense pouvoir devenir une star par le biais des « The Voice » et autres « Incroyable talent », prouve que non seulement le film n’a pas vieilli mais qu’il a acquis, plus que jamais, le statut de film majeur. Trois ans après Raging Bull, Scorsese convoque à nouveau son acteur fétiche Robert de Niro pour interpréter le rôle d’un illuminé persuadé d’être la nouvelle star du rire. Face à lui, c’est un Jerry Lewis aux antipodes des rôles qui ont fait sa renommée, tout en sobriété. Cette sobriété, Scorsese en fait également preuve dans sa mise en scène qui s’efface devant le jeu des deux acteurs, nous offrant l’une des satires de la célébrité les plus piquantes que le cinéma nous ait montré! Brillant!

TECHNIQUE: 8/10

Une copie quasiment parfaite malgré un grain bien présent! La VO est à préférer absolument à la VF!

BONUS: 10/10

Outre la bande-annonce, on trouve « En clôture du Tribeca Film Festival » : conversation avec Martin Scorsese, Robert De Niro et Jerry Lewis (2013 – HD – 30′), « Dans la tête de Rupert Pupkin » : Thelma Schoonmaker revient sur le tournage, les scènes coupées du film et l’importance de l’improvisation dans le travail des acteurs (HD – 39′), « Un tournage sensationnel : le making of de La valse des pantins » : retour sur le tournage du film avec les entretiens de Martin Scorsese et Sandra Bernhard (HD – 18′) et 8 scènes coupées (HD – 38′) !

VERDICT: 9.5/10

Un grand film dans une splendide édition!

Disponible en DVD (19.99 euros) et bluray (19.99 euros) chez Carlotta Films dès le 14 mai

 


CRITIQUE: LE LOUP DE WALL STREET

LE LOUP DE WALL STREET

 

L’argent. Le pouvoir. Les femmes. La drogue. Les tentations étaient là, à portée de main, et les autorités n’avaient aucune prise. Aux yeux de Jordan et de sa meute, la modestie était devenue complètement inutile. Trop n’était jamais assez…

Deux ans après l’intermède poétique et enfantin d’Hugo Cabret, Martin Scorsese se lache en portant à l’écran l’autobiographie de Jordan Belfort, opérant ainsi un véritable retour vers ce qui constitua la base de ses plus grands films: le récit de l’ascension et de la déchéance d’un homme. Ce fut déjà la thématique de films comme Raging Bull, les Affranchis, Casino ou même Aviator. Si l’on n’a pas affaire ici au milieu de la mafia, le récit de la vie de Jordan Belfort s’y apparente tout de même beaucoup: l’amour de l’argent, l’absence de morale, la consommation de drogues et de sexe à outrance… Si le scénariste du film n’est autre que Terence Winter, scénariste des Soprano et créateur de Boardwalk Empire avec Scorsese, ce n’est pas un hasard; le film fait d’ailleurs penser de par son ampleur et son esthétique à une série américaine et il n’y a rien de péjoratif là-dedans!

Si la mise en scène de Scorsese est virtuose et si certaines scènes accéderont au statut de scènes cultes grâce à des dialogues explosifs, cette saga de 3 heures souffre de quelques longueurs notamment dans sa première partie où le cocktail sexe/drogue, servi dans de telles quantités, finit par lasser. Quant à l’hystérie totale qui habite les 180 minutes du film avec la quasi-intégralité des dialogues hurlés (avec 569 « fuck », Scorsese atomise son record de Casino et ses 398 « fuck »!) et un montage ultra-cut, elle nous donne l’impression d’avoir passé tout le film dans une essoreuse! Toutefois les performances exceptionnelles de l’ensemble du casting notamment Leonardo DiCaprio (décidément génial) et Jonah Hill (impressionnant!) et le côté jubilatoire de l’ensemble font de ce Loup de Wall Street un bon cru à défaut d’un grand film!

NOTE: 7.5/10

 

THE WOLF OF WALL STREET: LA BANDE ANNONCE DU NOUVEAU SCORSESE

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Le 25 décembre prochain, Martin Scorsese offrira en guise de cadeau de Noël aux cinéphiles que nous sommes son dernier film dans lequel il retrouvera son acteur fétiche Di Caprio après la trêve Hugo Cabret.

Pour l’entourer, on verra également Jonah Hill, Matthew McConaughey et le frenchie Jean Dujardin! Pour nous mettre en appétit, voici la première bande-annonce qui nous promet de sacrés numéros d’acteurs!

 

CRITIQUE BLU-RAY: HUGO CABRET

LE FILM:

Quand Papy Martin nous prend sur ses genoux pour nous raconter un bien joli conte! Et oui, c’est bien par le biais d’un conte de Noël que Scorsese décide de rendre hommage au premier génie du 7ème Art, Méliès. Et qui, mieux que ce metteur en scène, véritable encyclopédie vivante pouvait relever le défi!

Adapté d’un livre de Brian Selznick, “Hugo Cabret” a été conçu par Scorsese pour la 3D et non tout simplement converti au dernier moment comme de nombreux films. Vous vous en serez peut-être rendu compte mais je ne suis pas partisan du système que je considère en général comme un gadget inutile sauf pour les exploitants qui se gavent sur notre dos! Avec “Hugo Cabret”, on ne peut que s’incliner!

Après une scène inaugurale en forme de long travelling aérien sur les toits de Paris jusque sur les quais de la gare Montparnasse puis dans les mécanismes des horloges de celle-ci, on comprend vite que dans les mains d’un vrai cinéaste, le gadget peut devenir magique! Toutes les vues extérieures, sous la neige, les balades dans les mécanismes sont d’une beauté à couper le souffle!

Le jeune Hugo Cabret, 12 ans, vit avec son oncle alcoolique depuis la mort de son horloger de père qui lui a transmis le goût des mécanismes. Son Oncle, chargé de remonter toutes les pendules de la gare, disparaît du jour au lendemain, laissant à Hugo la tache de veiller à l’heure de Montparnasse. Dans la gare existe une boutique de jouets tenue par un vieux monsieur acariatre, “Papa Georges”. En rencontrant la fille de celui-ci, Hugo va découvrir petit à petit sa véritable identité, Georges Méliès…

Après “The Artist”, “Hugo Cabret” est un nouvel hommage aux origines du Cinéma rendu par un de ses plus farouches défenseurs. Scorsese réalise à 70 ans son premier film accessible aux enfants mais sans les prendre pour des abrutis et en leur ouvrant une porte merveilleuse sur l’Histoire du 7ème Art. Visuellement incroyable, le film raconte, sans se presser, une très jolie histoire à travers les yeux d’un enfant passionné de mécanismes et de Cinéma. Cet enfant, ce pourrtait très bien être Scorsese tellement on le sent investi par son sujet. Il n’aime rien tant que réparer tout ce qui est cassé et sa plus belle réussite sera de reconstruire un homme, Méliès, tombé dans l’oubli de sa boutique.

Il est dommage que le public soit un peu passé à côté de cette petite merveille car c’est vraiment une très belle fable que Scorsese nous raconte là. Il est grand temps de rattraper cette lacune, même en 2D avec ce blu-ray car il entre au panthéon des meilleurs Blu-ray que ce soit au niveau de l’image ou du son! Un must!

LES BONUS:

Outre les bandes annonces habituelles, on trouve

– un making-of (20 mins) intéressant mais qu’on aurait aimé un peu moins promo!

– un module passionnant sur les automates (15 mins)

– 2 modules sur les effets spéciaux (principalement la scène du train) et sur Sacha Baron Cohen (en plein délire!)

– Un petit doc sur Méliès très bien fait !

VERDICT:

Un Blu-ray de très haut niveau (comme souvent chez Metropolitan!) pour l’un des plus beaux films de 2011!

Disponible en DVD (19,99 euros), combo Blu-ray+DVD (24,99 euros) et combo Blu-ray 3D+Blu-ray+DVD (29,99 euros) chez Metropolitan Films dès le 14 avril.