Critique: Le Cas Richard Jewell

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Réalisation Clint Eastwood
Scénario Billy Ray
Acteurs principaux
Sociétés de production Warner Bros.
Appian Way
Misher Films
Malpaso Productions
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre drame biographique
Durée 129 minutes
Sortie 19 février 2020

En 1996, Richard Jewell fait partie de l’équipe chargée de la sécurité des Jeux d’Atlanta. Il est l’un des premiers à alerter de la présence d’une bombe et à sauver des vies. Mais il se retrouve bientôt suspecté… de terrorisme, passant du statut de héros à celui d’homme le plus détesté des Etats-Unis. Il fut innocenté trois mois plus tard par le FBI mais sa réputation ne fut jamais complètement rétablie, sa santé étant endommagée par l’expérience.

A 89 ans, Clint Eastwood nous offre son 38ème film de réalisateur, à nouveau inspiré d’une histoire vraie. Une fois de plus, il défriche le thème du héros mais contrairement à d’habitude, sans aucun manichéisme. Son héros, c’est Richard Jewell, bon gros gars un peu simplet, caricature de Républicain (étonnant de la part du grand Clint), qui ne rêve que d’une chose, faire partie des forces de l’ordre et rendre fière sa maman. Alors qu’il est agent de sécurité durant les JO d’Atlanta, il donne l’alerte, repérant un colis suspect, et sauve du coup la vie de centaines de personnes. Malheureusement, les médias et le FBI vont faire de lui le suspect N°1 et donc faire de sa vie et de celle de sa mère un enfer.

A travers ce récit sur l’injustice, Eastwood pointe les travers de son pays, les dérives de ses médias tout comme les lacunes de son système judiciaire en s’intéressant à un personnage d’emblée ambigu: toujours le coeur sur la main, il se laisse aller à quelques dérives lorsqu’il sent le maintien de l’ordre en danger. « Le cas Richard Jewell », sous ses airs de thriller, reste surtout un formidable récit d’apprentissage où le héros, au gré des évènements, va quitter l’enfance pour devenir enfin un homme. En plus de révéler un formidable acteur en Paul Walter Hauser, « le Cas Richard Jewell » est l’un des meilleurs films d’Eastwood depuis de longues années et sûrement le plus émouvant!

4.5

Critique Bluray: La Mule

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Titre original The Mule
Réalisation Clint Eastwood
Scénario Nick Schenk
Acteurs principaux
Sociétés de production Malpaso Productions
Warner Bros.
Imperative Entertainment
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre drame biographique
Durée 116 minutes
Sortie 23 janvier 2018

LE FILM:

5

À plus de 80 ans, Earl Stone est aux abois. Il est non seulement fauché et seul, mais son entreprise risque d’être saisie. Il accepte alors un boulot qui – en apparence – ne lui demande que de faire le chauffeur. Sauf que, sans le savoir, il s’est engagé à être passeur de drogue pour un cartel mexicain…

Il y a seulement quelques mois, Clint Eastwood réalisateur nous gratifiait de l’un de ses plus mauvais films que l’on priait qu’il ne soit pas le dernier, à 88 ans, « le 15h17 pour Paris« ! Heureusement non, le revoilà également devant la caméra, dix ans après « Gran Torino »! Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Eastwood ne se lance pas dans le film animalier mais dans l’histoire d’une mule, un passeur de drogue, mais d’un genre un peu différent! Inspiré d’une histoire vraie, le nouveau film d’Eastwood met en scène Earl Stone, un octogénaire qu’internet vient de ruiner. Rejeté par sa famille qu’il a négligée toute sa vie, il accepte de convoyer des sacs, dans un premier temps non identifiés, en échange de grosses sommes d’argent. Quand il s’apercevra de la nature des marchandises qu’il transporte, il continuera malgré tout. Dans le même temps un agent de la DEA entreprend de faire le coup de filet de sa vie. A côté de ses activités illicites, il tente de renouer les liens avec sa famille avant qu’il ne soit trop tard. Si Eastwood a souvent joué avec son âge, il apparaît pour la première fois tel qu’il est, un homme de bientôt 90 ans, avec une démarche et des mains qui ne trompent pas. Si son physique ne fait pas le poids à côté des chicanos qu’il fréquente, son esprit lui, tient largement la distance et il en joue, force répliques cinglantes comme lorsqu’il conseille à l’un de ses « employeurs » qui en a plein le cul de lui d’ »aller chez le proctologue »! Son aventure picaresque où chacun de ses « voyages » lui fait battre de nouveaux records est souvent drôle, toujours prenante alors que l’on sent l’étau se resserrer mais l’issue du périple d’Earl Stone est pleine d’émotion, résonnant comme un chant du cygne pour l’un des derniers géants d’Hollywood! Bravo!

TECHNIQUE:

4.5

Impeccable!

BONUS:

2.5

Outre un clip de la chanson du générique, on trouve un court making of d’une dizaine de minutes sans grand intérêt.

VERDICT:

4.5

Une édition minimaliste pour l’un des grands films d’Eastwood!

Disponible en DVD, bluray et bluray 4K chez Warner Bros