Critique Bluray: De Palma Edition Prestige

De Carrie à Mission Impossible en passant par Scarface et Blow Out, Brian De Palma a marqué de son style inclassable le Nouvel Hollywood. À la faveur d’une conversation intime truffée d’anecdotes, il revient sur ses cinquante ans de carrière pour une leçon de cinéma passionnante.

Les amateurs de De Palma seront ravis de regarder ce documentaire réalisé par Noah Baumbach et Jack Paltrow qui, durant 1h45, donne la parole au cinéaste. Celui-ci se raconte, revenant sur chaque film qu’il a réalisé. L’entretien, ponctué d’images de ses films et de ses tournages, évoque également les tournages qu’il aurait pu faire mais a refusés comme Flashdance ou Liaison Fatale! Les anecdotes sont nombreuses et le documentaire permet en outre de faire la lumière sur l’une des périodes les plus fastes du Cinéma Américain durant laquelle lui mais aussi Spielberg, Scorsese, Lucas et Coppola ont régné en maîtres. On n’est pas surpris du manque d’humilité du personnage qui, apparemment, n’a pas souvent échoué! Un régal !

En bonus, on trouve dans ce coffret un livret, une affiche et quelques cartes postales!

4.5

Disponible en coffret collector chez Carlotta Films dès le 6 juin

 

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Critique Bluray: Phantom of the Paradise

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Réalisation Brian De Palma
Scénario Brian De Palma
Sociétés de production Harbor Productions
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre drame musical, Fantastique
Durée 92 minutes
Sortie 25 février 1975

LE FILM:

4.5

Winslow Leach, jeune compositeur inconnu, tente désespérément de faire connaître l’opéra qu’il a composé. Swan, producteur et patron du label Death Records, est à la recherche de nouveaux talents pour l’inauguration du Paradise, le palais du rock qu’il veut lancer. Il vole la partition de Leach, et le fait enfermer pour trafic de drogue. Brisé, défiguré, ayant perdu sa voix, le malheureux compositeur parvient à s’évader. Il revient hanter le Paradise…

Deux ans avant « Carrie », Brian de Palma réalise avec « Phantom of the Paradise » son premier grand film qui acquit au fil du temps le statut de film culte. Il propose ici une relecture du mythe de Faust en même temps qu’une nouvelle version du « Fantôme de l’Opéra » en dressant une satire du show business assez féroce! Sur la forme, on assiste ici à un spectacle musical décalé rempli de chansons cultes qui balaient le paysage musical des 70’s avec brio: pop, folk, glam rock…Tout ceci porté par une mise en scène inventive d’un bout à l’autre! Phantom of the Paradise est aussi dérangeant que jouissif et tous les cinéphiles se réjouiront qu’un tel travail de restauration lui rende hommage!

TECHNIQUE:

5

Un spectacle éblouissant de définition, de couleurs et de son!

BONUS:

5

Quand qualité rime avec quantité, ça donne ça:

Présentation de Gerrit Graham (HD sur le Blu-ray)
« Paradise Regained » : documentaire rétrospectif sur le tournage et l’impact du film jusqu’à aujourd’hui (HD sur le Blu-ray – 52′)
« Brian De Palma dans les coulisses du Paradise » : retour sur l’aventure Phantom of the Paradise avec son réalisateur Brian De Palma (HD sur le Blu-ray – 33′)
Entretien de Paul Williams par Guillermo del Toro (HD sur le Blu-ray – 72′)
« Le fiasco Swan Song » : de « Swan Song Enterprises » à « Death Records », retour sur ce changement imprévu (HD sur le Blu-ray – 11′)
« Carte blanche à Rosanna Norton » : la costumière du film évoque la conception des costumes des personnages principaux (HD sur le Blu-ray – 10′)
« Paradis perdu et retrouvé » : six scènes coupées ou alternatives (HD sur le Blu-ray)
Karaoké 6 chansons (HD sur le Blu-ray)
Fausse pub par William Finley (HD sur le Blu-ray)
Spots radio (HD sur le Blu-ray)
Bandes-annonces (HD sur le Blu-ray)

Et bien sûr, ceux qui auront la bonne idée de se procurer l’édition Ultra Collector auront la joie de lire le superbe livre « Dr. Brian and Mr. De Palma » avec analyses, archives, entretiens et 40 photos d’archives (160 pages)!

VERDICT:

5

INDISPENSABLE!!!

Disponible en bluray (19.99 euros) ou édition Ultra Collector (49.99 euros) chez CARLOTTA FILMS dès le 12 avril

CRITIQUE BLU-RAY: PASSION

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LE FILM: 3/10

Deux femmes se livrent à un jeu de manipulation pervers au sein d’une multinationale. Isabelle est fascinée par sa supérieure, Christine. Cette
dernière profite de son ascendant sur Isabelle pour l’entraîner dans un jeu de séduction et de manipulation, de domination et de servitude…

Depuis 1989 et Outrages, mise à part la parenthèse Mission Impossible, on cherche en vain le De Palma qu’on aime, se demandant si l’on le retrouvera un jour. L’excitation était donc à son comble avec ce remake du mauvais film d’Alain Corneau, Crime d’Amour. Et malheureusement, Passion se rajoute à la liste des nanars que De Palma nous concocte depuis 25 ans!

En étant finalement assez fidèle au matériau original, De Palma ne fait pas le meilleur choix, son film reprenant les mêmes défauts que celui de Corneau, en premier lieu son intrigue totalement démodée, qui ne parvient jamais à nous faire croire à son histoire. Alors que dans la version française, seule Kristin Scott Thomas tirait son épingle du jeu, ici les deux comédiennes ne dégagent aucune alchimie et alors que le film devrait susciter quelque chose de sensuel, voire de sulfureux, l’encéphalogramme reste desespérément plat. En rajoutant là-dessus une bande originale épouvantable et une photo qui donne au film des allures de téléfilm 80’s, on atteint des sommets. On dirait que De Palma a voulu refaire le même film que Corneau en rajoutant seulement des écrans (ordinateurs, smartphones, caméras…) pour qu’on y retrouve sa patte. On attend malheureusement beaucoup plus…

TECHNIQUE: 8/10

Rien à dire sur la copie qui retranscrit merveilleusement l’hideuse photo du film!

BONUS: 2/10

Outre la bande-annonce, on trouve un making of promo (6 mins) sans intérêt!

VERDICT: 3/10

Les fans de de Palma se contenteront des rééeditions récentes de ses plus grands films!

Disponible en DVD (19,99 euros) et blu-ray (24,99 euros) chez ARP Sélection

 


CRITIQUE BLU-RAY: L’IMPASSE

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LE FILM: 3/10

Fraîchement sorti de 5 années de prison par son avocat véreux David Kleinfeld, Carlito Brigante, ancienne figure emblématique de la pègre, rentre chez lui dans le quartier espagnol de Harlem. Pour se réinsérer dans la vie, il sait qu’il doit tourner le dos à son passé. Il veut partir aux Bahamas et monter une affaire honnête avec la femme de sa vie. Mais son passé le rattrape, et et ce qui a fait de lui un caïd de la mafia autrefois risque bien de lui coûter la vie aujourd’hui…

A la première vision du film en salles en 1993, du haut de mes 16 ans, j’avais quitté la salle avant la fin du film. Vingt ans plus tard, pas rancunier et curieux de me souvenir des raisons m’ayant poussé à cet exil en cours de séance (la seule autre fuite de ma part remonte à Stargate!), je décide donc de donner une seconde chance à ce film d’un réalisateur qui m’a procuré plusieurs orgasmes cinéphiliques (Blow Out, Pulsions, Carrie et quelques autres…).

Je le confirme donc: l’Impasse est un film raté de plus dans une traversée du désert qui remonte au dernier grand film de de Palma, Outrages, en 1989, et dont seul Mission Impossible émerge. Le cinéaste a quand même réussi à enchaîner les nanars comme le Bûcher des Vanités, l’Esprit de Caïn, Mission To Mars ou encore Femme Fatale et le dernier que je ne commenterai pas ne l’ayant point vu, Passion, qui apparemment ne les déchaîne pas, bien au contraire.

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En adaptant le livre d’Edwin Torres, After Hours, de Palma replonge dans la mafia après Scarface ou les Incorruptibles en nous contant l’itinéraire à l’issue tragique de Carlito Brigante. Le gros problème du film tient au scénario lui-même! Non content de nous servir pour la énième fois l’histoire d’un caïd qui veut se ranger mais pas avant un dernier coup et qui finalement sera rattrapé par son destin, il décide de commencer son film par le flinguage du personnage principal. Alors les défenseurs du film me rétorqueront: « oui, mais on sait pas s’il s’en sort! », le faux suspense tenant à la voix off sans grand utilité du personnage principal. Le problème n’est pas là, se prendre trois balles dans le ventre, qu’on en meurt ou pas, est une issue assez négative à mon avis. De Palma entreprend donc de nous démontrer pendant 2h23 comment il est compliqué pour un caïd sorti de prison de reprendre le chemin de la pureté: on le savait déjà, d’autres cinéastes nous l’ont démontré de façon bien plus maline. Enfin, De Palma ne craint pas le ridicule à plusieurs reprises notamment dans la scène où Brigante rend visite à son avocat à l’hôpital en rentrant comme dans un moulin ni sur le quai où l’on peut flinguer en toute tranquilité devant la police plusieurs personnes en prenant son temps…

Sur la forme, on retiendra une très belle photo du fidèle Stephen Burum, l’interprétation de Sean Penn en avocat véreux à la coiffure improbable et quelques morceaux de bravoure comme la scène dans la salle de billard. Pacino, quant à lui, fait le boulot sans forcer dans un rôle qu’il connaît par coeur et de Palma, qu’on adore quand il se réapproprie le travail des autres (Hitchcock très souvent), choisit ici de se rendre hommage, preuve de l’humilité qu’on lui connaît! Il cite son Scarface à travers le nom de la boîte de nuit, identique au resto de Montana et reprend quasiment à l’identique la scène de la gare des Incorruptibles, le landau en moins. On attend tellement plus d’un cinéaste si novateur…

Cerise sur le gâteau, la bande originale de Patrick Doyle, pompeuse à souhait, qui nous fait regretter Morricone ou Donaggio…

Si je m’étais écouté, j’aurais quitté mon salon avant la fin!

TECHNIQUE: 8/10

Très belle copie que seuls quelques rares défauts viennent perturber.

BONUS: 7/10

Outre une courte interview du réalisateur et quelques scènes coupées à l’intérêt relatif, le principal tient en un making-of très intéressant.

VERDICT: 4/10

A réserver à quelques irréductibles lui vouant un culte difficilement explicable!

Disponible en blu-ray (14,99 euros) chez UNIVERSAL PICTURES


CRITIQUE BLU-RAY: Pulsions

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LE FILM: 9/10

Kate Miller souffre de fantasmes érotiques si vivaces qu’elle a du mal à faire la part du rêve et de la réalité. Un matin, elle se rend chez son psychiatre, Robert Elliot, pour lui parler de ses déceptions sexuelles avec son mari. En se rendant au musée, Kate séduit un homme qui l’emmène dans son appartement pour y passer la nuit. Le lendemain matin, en prenant l’ascenseur pour quitter l’immeuble, Kate est atrocement assassiné à coup de rasoir par une femme blonde portant de grosses lunettes noires…

Sorti en 1980, en même temps que le film de William Friedkin, « Cruising », « Pulsions » traîne une odeur de scandale équivalente. Fervent disciple du maître Hitchcock, Brian de Palma lui rend à travers ce film le plus parfait des hommages comme il l’avait fait avec « Obsession« , ouvertement inspiré de « Sueurs Froides ». Avec ce nouveau film, Brian de Palma reprend les codes du Giallo, genre italien où se cotoient érotisme et horreur, tout en s’inspirant clairement du « Psychose » d’Hitchcock. Le film s’ouvre et se clot en l’occurence sur une scène de douche à l’issue différente de celle du film d’Hitchcock. Outre ces caractéristiques, sur la forme, le film de de Palma comprend tous les outils habituels du cinéaste qui font de sa mise en scène un modèle d’efficacité, dont le fameux splitscreen.

Thriller sanglant et sulfureux, « Pulsions » restera l’un des films majeurs de la carrière de De Palma.

TECHNIQUE: 9/10

Magnifique copie respectant à merveille la photo de Ralph Bode!

BONUS: 10/10

Outre la bande-annonce, on trouve une présentation par Samuel Blumenfeld, des interviews du producteur, de Nancy Allen, d’Angie Dickinson et de Keith Gordon. Pour finir, une comparaison des trois versions du film (censurée, non censurée et tv)!

VERDICT: 9,5/10

Indispensable! Bravo Carlotta!

Disponible en DVD (16,99 euros) et blu-ray (19,99 euros) chez Carlotta Films.


CRITIQUE BLU-RAY: Blow Out

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LE FILM: 9/10

Jack est preneur de son et bruiteur. Il recherche un cri d’effroi pour un des films de série B sur lesquels il travaille. Une nuit, dans un parc, il enregistre la scène d’un tragique accident de voiture s’abîmant dans la rivière. Il saute à l’eau mais n’arrive à sauver que la femme, Sally, qui accompagnait un homme politique qui meurt dans l’accident. En réécoutant la bande, Jack se rend compte qu’il s’agit d’un attentat et apprend par la presse qu’un photographe a
saisi la scène sur film. Il va tenter de joindre sa bande-son aux images du photographe afin de révéler l’attentat…

Sorti en 1981, juste après « Pulsions », « Blow Out » est un film au budget assez conséquent par rapport aux précédents films de de Palma mais sera un échec commercial malgré les immenses qualités du film. En s’attachant les services de la star John Travolta, le réalisateur pensait pourtant décrocher le jackpot; au contraire, ce fut l’une des plus cruelles désillusions de sa carrière, « Blow Out » étant son film le plus personnel.

Hommage au « Blow Up » d’Antonioni et à « Conversation Secrète » de Coppola, le film de de Palma met en scène un ingénieur du son, alter ego de de Palma. La scène au cours de laquelle il crée un film de l’accident en est l’illustration parfaite, le cinéma devenant une arme contre un complot politique. On y retrouve les thèmes chers au cinéaste comme la manipulation ou le voyeurisme et des références au cinéma d’Hitchcock. Brillamment réalisé, multipliant les prouesses techniques, « Blow Out » bénéficie également d’une photo somptueuse de Vilmos Zsigmond, faisant de ce film de de Palma plus qu’un thriller palpitant mais l’un des plus grands films des années 80. Palpitant et jubilatoire, « Blow Out » vous accroche d’un bout à l’autre, jusqu’à un final déchirant d’une beauté à couper le souffle!

TECHNIQUE: 9/10

Très belle copie débarassée du poids des ans! La VO est bien sûre à privilégier à la VF, en mono seulement!

BONUS: 10/10

Qualité et quantité réunies! Outre la bande-annonce, on trouve une présentation du film par Samuel Blumenfeld, une analyse passionnante de Jean Douchet (27mins) et quatre longues interviews du producteur, du chef opérateur, du compositeur et de Nancy Allen!

VERDICT: 9.5/10

Un film majeur des années 80 dans un blu-ray top!

Disponible en DVD (16,99 euros) et blu-ray (19,99 euros) chez CARLOTTA FILMS


CRITIQUE: MISSION IMPOSSIBLE 4 – PROTOCOLE FANTOME

Impliquée dans l’attentat terroriste du Kremlin, l’agence Mission Impossible (IMF) est totalement discréditée. Tandis que le président lance l’opération « Protocole Fantôme », Ethan Hunt, privé de ressources et de renfort, doit trouver le moyen de blanchir l’agence et de déjouer toute nouvelle tentative d’attentat. Mais pour compliquer encore la situation, l’agent doit s’engager dans cette mission avec une équipe de fugitifs d’IMF dont il n’a pas bien cerné les motivations…

Après Brian de Palma, John Woo et J.J.Abrams, le quatrième volet des aventures d’Ethan Hunt et de sa bande a été confié à Brad Bird pour son premier long métrage « Live ». En effet, son film précédent n’est autre que « les Indestructibles », l’excellent film d’animation Pixar qui contenait peu ou prou les mêmes ingrédients: action,humour, action, gadgets et action! Et c’est une riche idée de lui avoir confié les rênes du nouvel épisode d’une franchise qui a toujours cherché à se renouveler. Non pas que le film soit révolutionnaire, loin de là; mais il nous sert tout ce qu’on est en droit d’attendre en allant le voir. Outre les ingrédients cités plus haut, « le Protocole fantôme » a le mérite de retrouver l’esprit de la série, en cela le plus proche de l’épisode de Palma avec en prime un doux parfum de Guerre Froide rafraîchissant après toute une brouette de films dont les méchants avaient une facheuse tendance à être très mate de peau! On en a donc pour son argent avec en particulier une scène d’escalade du plus haut hôtel du monde à Dubaï qui restera d’anthologie; Le père Tom en a encore sous la semelle!

En guise de conclusion, une impression de passage de témoin entre l’agent Hunt et l’agent Brandt (Jeremy Renner) se fait sérieusement sentir, ce qui pourrait présager d’une évolution de la franchise. L’heure de la retraite semble proche pour Tom Cruise!