Critique: l’Hermine

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Michel Racine est un Président de cour d’assises redouté. Aussi dur avec lui qu’avec les autres, on l’appelle  » le Président à deux chiffres « . Avec lui, on en prend toujours pour plus de dix ans. Tout bascule le jour où Racine retrouve Ditte Lorensen-Coteret. Elle fait parti du jury qui va devoir juger un homme accusé d’homicide. Six ans auparavant, Racine a aimé cette femme. Presque en secret. Peut-être la seule femme qu’il ait jamais aimée.

Trois ans après le médiocre « les Saveurs du Palais« , Christian Vincent revient à la réalisation avec « l’Hermine », film assez atypique. Sous des airs de film de procès ( un procès pour infanticide constitue la trame du film), « l’Hermine » caresse également la comédie romantique. On suit le Président de la Cour d’Assises, Michel Racine, redoutable et redouté de tous qui, au contact d’une des jurées dont il fut secrètement amoureux, va voir son armure se fissurer. Les amateurs de grandes effusions en seront pour leurs frais, le face à face Lucchini/Knudsen n’occupera réellement que deux scènes, mais d’une finesse et d’une intelligence rares pour être soulignées. Si les deux comédiens emportent l’adhésion avec un Lucchini étonnamment sobre et la ravissante et lumineuse Sidse Babett Knudsen, les seconds rôles sont tous épatants. La mise en scène impeccable et les dialogues finement ciselés servent d’écrin pour l’un des meilleurs films français de l’année!

4.5

 

 

Critique: Mia Madre

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Réalisation Nanni Moretti
Scénario Nanni Moretti
Gaia Manzini
Chiara Valerio
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de l'Italie Italie
Genre dramatique
Durée 106 minutes
Sortie 2  décembre 2015

 

Margherita est une réalisatrice en plein tournage d’un film dont le rôle principal est tenu par un célèbre acteur américain. À ses questionnements d’artiste engagée, se mêlent des angoisses d’ordre privé : sa mère est à l’hôpital, sa fille en pleine crise d’adolescence. Et son frère, quant à lui, se montre comme toujours irréprochable… Margherita parviendra-t-elle à se sentir à la hauteur, dans son travail comme dans sa famille ?

C’est pendant le tournage d' »Habemus Papam », son dernier film, alors qu’il perdait sa mère, que Nanni Moretti eu l’idée de « Mia Madre ». S’il joue dans son film, Moretti confie le rôle principal à Margherita Buy, celui d’une réalisatrice que la mort de sa mère va chambouler alors qu’elle est en plein tournage. C’est un peu son rôle qu’il a confié à l’actrice, se contentant d’occuper un rôle secondaire, celui du frère qui va bien et qui assume, l’antithèse de ce qu’il est vraiment. On suit donc ici Margherita, réalisatrice en plein tournage très exigeant avec une star capricieuse et inefficace obligée de faire des allers-retours entre le plateau et la chambre d’hôpital de sa mère mourante. Le lent départ de la mère va tout remettre en perspective et faire comprendre à la fille ses manquements (son comportement irritant sur les tournages, les histoires d’amour de sa fille dont elle est la seule à ne rien savoir…).

Souvent burlesque, notamment lors des scènes avec John Turturro, désopilant dans l’un de ses tout meilleurs rôles, Mia Madre sait comme toujours chez Moretti saisir de petits instants de vie à peine esquissés et si lourds de sens et dégager une émotion intense. L’un des grands films de cette année reparti inexplicablement bredouille de Cannes!

4.5