Critique: Une Intime Conviction

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Depuis que Nora a assisté au procès de Jacques Viguier, accusé du meurtre de sa femme, elle est persuadée de son innocence. Craignant une erreur judiciaire, elle convainc un ténor du barreau de le défendre pour son second procès, en appel. Ensemble, ils vont mener un combat acharné contre l’injustice. Mais alors que l’étau se resserre autour de celui que tous accusent, la quête de vérité de Nora vire à l’obsession.

Premier film d’Antoine Raimbault, « Une intime conviction » est un thriller judiciaire tiré de l’affaire Viguier. Alors que l’épouse de Jacques Viguier disparaît en 2000, celui-ci est très vite soupçonné puis accusé de sa disparition; après un procès à l’issue duquel il sera acquitté, l’affaire va en appel et traînera ainsi durant près de 10 ans au cours desquels sa vie et celle de ses enfants fut bouleversée.Lors de cet appel, il fut défendu par le ténor du barreau,Eric Dupont-Moretti. Contrairement à ce qu’on pourrait penser « une Intime Conviction » n’est ni un biopic sur le célèbre avocat ni même un film tout à sa gloire. Si Olivier Gourmet interprète à merveille la star du barreau, avec toute sa gouaille, la lumière est faite  sur un personnage de l’ombre, Nora (personnage fictif), interprétée par Marina Foïs. Cette femme, jurée lors du premier procès, est persuadée de l’innocence de Viguier, allant jusqu’à recruter l’avocat et l’aider à faire jaillir la vérité, jusqu’à développer une véritable obsession. Habilement monté, ce « film à procès » parvient à maintenir un rythme et une tension d’un bout à l’autre mais surtout, met en évidence toute la difficulté à rendre justice lorsque les preuves formelles sont absentes, lorsque seule une intime conviction fait foi. Une réussite.

sortie 6 février 2019

4

Critique: l’Hermine

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Michel Racine est un Président de cour d’assises redouté. Aussi dur avec lui qu’avec les autres, on l’appelle  » le Président à deux chiffres « . Avec lui, on en prend toujours pour plus de dix ans. Tout bascule le jour où Racine retrouve Ditte Lorensen-Coteret. Elle fait parti du jury qui va devoir juger un homme accusé d’homicide. Six ans auparavant, Racine a aimé cette femme. Presque en secret. Peut-être la seule femme qu’il ait jamais aimée.

Trois ans après le médiocre « les Saveurs du Palais« , Christian Vincent revient à la réalisation avec « l’Hermine », film assez atypique. Sous des airs de film de procès ( un procès pour infanticide constitue la trame du film), « l’Hermine » caresse également la comédie romantique. On suit le Président de la Cour d’Assises, Michel Racine, redoutable et redouté de tous qui, au contact d’une des jurées dont il fut secrètement amoureux, va voir son armure se fissurer. Les amateurs de grandes effusions en seront pour leurs frais, le face à face Lucchini/Knudsen n’occupera réellement que deux scènes, mais d’une finesse et d’une intelligence rares pour être soulignées. Si les deux comédiens emportent l’adhésion avec un Lucchini étonnamment sobre et la ravissante et lumineuse Sidse Babett Knudsen, les seconds rôles sont tous épatants. La mise en scène impeccable et les dialogues finement ciselés servent d’écrin pour l’un des meilleurs films français de l’année!

4.5