Critique: Une Intime Conviction

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Depuis que Nora a assisté au procès de Jacques Viguier, accusé du meurtre de sa femme, elle est persuadée de son innocence. Craignant une erreur judiciaire, elle convainc un ténor du barreau de le défendre pour son second procès, en appel. Ensemble, ils vont mener un combat acharné contre l’injustice. Mais alors que l’étau se resserre autour de celui que tous accusent, la quête de vérité de Nora vire à l’obsession.

Premier film d’Antoine Raimbault, « Une intime conviction » est un thriller judiciaire tiré de l’affaire Viguier. Alors que l’épouse de Jacques Viguier disparaît en 2000, celui-ci est très vite soupçonné puis accusé de sa disparition; après un procès à l’issue duquel il sera acquitté, l’affaire va en appel et traînera ainsi durant près de 10 ans au cours desquels sa vie et celle de ses enfants fut bouleversée.Lors de cet appel, il fut défendu par le ténor du barreau,Eric Dupont-Moretti. Contrairement à ce qu’on pourrait penser « une Intime Conviction » n’est ni un biopic sur le célèbre avocat ni même un film tout à sa gloire. Si Olivier Gourmet interprète à merveille la star du barreau, avec toute sa gouaille, la lumière est faite  sur un personnage de l’ombre, Nora (personnage fictif), interprétée par Marina Foïs. Cette femme, jurée lors du premier procès, est persuadée de l’innocence de Viguier, allant jusqu’à recruter l’avocat et l’aider à faire jaillir la vérité, jusqu’à développer une véritable obsession. Habilement monté, ce « film à procès » parvient à maintenir un rythme et une tension d’un bout à l’autre mais surtout, met en évidence toute la difficulté à rendre justice lorsque les preuves formelles sont absentes, lorsque seule une intime conviction fait foi. Une réussite.

sortie 6 février 2019

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Critique: Porto (FIFIB 2016)

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Jake et Mati, deux étrangers, se croisent une nuit à Porto. Une brève rencontre, aussi intense que fugace, dont il ne reste que des souvenirs qui n’appartiennent qu’à eux.

Premier film de Gabe Klinger, « Porto » est l’histoire d’un coup de foudre amoureux entre une jeune Française et un Américain à Porto. Conçu en trois chapitres, « Jake », « Mati » et « Jake et Mati », le film joue entre passé et présent, déboussolant parfois le spectateur même si le jeu sur les formats (8,16 et 35 mm) et les textures est là pour se repérer. Si le film sort de l’ordinaire c’est par le doux parfum qu’il dégage et sa mélancolie mais aussi évidemment par l’interprétation totale de deux comédiens qui s’abandonnent, le regretté Anton Yelchin et la surprenante Lucie Lucas qui fait ici le grand écart avec la très commerciale série « Clem ».

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