Critique Dvd: RBG

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Réalisation Betsy West, Julie Cohen
Scénario Betsy West, Julie Cohen
Acteurs principaux

Ruth Bader Ginsburg
Jane Ginsburg
James Steven Ginsburg
Nina Totenberg
Clara Spera
Gloria Steinem

Sociétés de production CNN
Storyville Films
Participant Media
Pays d’origine États-Unis
Genre documentaire
Durée 97 minutes
Sortie 10 Octobre 2018

LE FILM:

4.5

À 85 ans, Ruth Bader Ginsburg, est devenue une icône de la pop culture. Juge à la cour suprême des Etats-Unis, elle a construit un incroyable héritage juridique. Guerrière, elle s’est battue pour l’égalité hommes/femmes, et toutes formes de discrimination. Son aura transgénérationnelle dépasse tous les clivages, elle est aujourd’hui l’une des femmes les plus influentes au monde et le dernier rempart anti-Trump. Betsy West et Julie Cohen nous font découvrir la fascinante vie de celle que l’on nomme désormais « Notorious RBG ».

RBG, trois lettres initiales pour Ruth Bader Ginsburg, Juge à la Cour Suprême des Etats-Unis, plus haute juridiction de la première puissance mondiale. Ce documentaire montre le parcours incroyable d’un petit bout de femme âgée aujourd’hui de 84 ans, sorte de Woody Allen au féminin pour son physique fragile mais aussi pour son intelligence aiguisée comme un scalpel. A travers un montage alternant entretiens avec RBG, les personnes qui l’ont cotoyée mais aussi les personnes qu’elle a défendues, « RBG » nous montre le combat que cette femme dut livrer pour elle-même, depuis ses études dans un monde autrefois encore très patriarcal, puis pour les autres, faisant de la lutte contre les discriminations un sacerdoce. On est captivé par ce portrait d’une femme hors norme mais aussi par l’histoire de son couple atypique avec un homme qui s’effaça complètement pour encourager son épouse et l’on ne peut qu’être admiratif devant tant d’intelligence au service de causes justes! Un documentaire brillant et dont on ressort plus grand!

LES BONUS:

1.5

On trouve ici une courte interview de la réalisatrice lors du festival de Deauville ainsi qu’une courte mais très inspirée intervention de Zabou Breitman, la voix française de RBG.

VERDICT:

4.5

Un doc juste indispensable!!!

Disponible en DVD (14.99 euros) chez l’Atelier d’Images dès le 19 février

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Critique Dvd: Au plus près du soleil

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Réalisation Yves Angelo
Scénario Yves Angelo
François Dupeyron
Gilles Legrand
Acteurs principaux
Sociétés de production Épithète Films
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Drame
Durée 94 minutes
Sortie 9 septembre 2015

LE FILM:

4

Sophie, juge d’instruction, auditionne un jour Juliette, pour des faits d’abus de faiblesse sur son amant. Elle se rend compte après enquête que la prévenue est la mère biologique de l’enfant qu’elle a adopté. Loin de se dessaisir de l’affaire, Sophie s’acharne contre cette femme. Olivier, son mari, désapprouve son attitude et entre en relation avec Juliette sans lui révéler sa véritable identité. Mais la jeune femme découvre qu’Olivier est le mari de sa juge. Elle ne comprend pas ce qu’il cherche, lui ne peut plus révéler la vérité…

Directeur photo renommé, notamment pour Alain Corneau, Yves Angelo tient peut-être de cette collaboration son inspiration pour réaliser ce film noir, très noir. C’est en effet à une véritable tragédie que le réalisateur nous convie avec cette histoire d’une juge (admirable Sylvie Testud), prête à tout pour éloigner de sa vie la mère naturelle de son enfant adopté, celle-ci étant de surcroît un poison violent pour tous les hommes qui oseraient succomber à ses charmes. Fort, prenant, magnifiquement mis en scène, « Au plus près du soleil » est une vraie réussite. Gadebois est comme toujours exceptionnel de présence et Mathilde Bisson (clone de Mathilde Seigner jeune) est la révélation du film!

TECHNIQUE:

4

Une copie exempte de tout défaut, à la définition parfaite.

BONUS:

Pas de bonus, c’est dommage…

VERDICT:

4

Un excellent film noir dans une édition minimaliste!

Disponible en DVD (19.99 euros) chez Bac Films

Critique: l’Hermine

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Michel Racine est un Président de cour d’assises redouté. Aussi dur avec lui qu’avec les autres, on l’appelle  » le Président à deux chiffres « . Avec lui, on en prend toujours pour plus de dix ans. Tout bascule le jour où Racine retrouve Ditte Lorensen-Coteret. Elle fait parti du jury qui va devoir juger un homme accusé d’homicide. Six ans auparavant, Racine a aimé cette femme. Presque en secret. Peut-être la seule femme qu’il ait jamais aimée.

Trois ans après le médiocre « les Saveurs du Palais« , Christian Vincent revient à la réalisation avec « l’Hermine », film assez atypique. Sous des airs de film de procès ( un procès pour infanticide constitue la trame du film), « l’Hermine » caresse également la comédie romantique. On suit le Président de la Cour d’Assises, Michel Racine, redoutable et redouté de tous qui, au contact d’une des jurées dont il fut secrètement amoureux, va voir son armure se fissurer. Les amateurs de grandes effusions en seront pour leurs frais, le face à face Lucchini/Knudsen n’occupera réellement que deux scènes, mais d’une finesse et d’une intelligence rares pour être soulignées. Si les deux comédiens emportent l’adhésion avec un Lucchini étonnamment sobre et la ravissante et lumineuse Sidse Babett Knudsen, les seconds rôles sont tous épatants. La mise en scène impeccable et les dialogues finement ciselés servent d’écrin pour l’un des meilleurs films français de l’année!

4.5

 

 

CRITIQUE: NEUF MOIS FERME

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Ariane Felder est enceinte ! C’est d’autant plus surprenant que c’est une jeune juge aux mœurs strictes et une célibataire endurcie. Mais ce qui est encore plus surprenant, c’est que d’après les tests de paternité, le père de l’enfant n’est autre que Bob, un criminel poursuivi pour une atroce agression ! Ariane, qui ne se souvient de rien, tente alors de comprendre ce qui a bien pu se passer et ce qui l’attend…

Cinquième film d’Albert Dupontel, Neuf Mois Ferme est le film le plus réussi de son auteur. Gardant le même humour délirant que dans ses précédents films, c’est sur la forme que Dupontel surprend. Son dernier film est une petite mécanique de précision débarassée de cette impression de désordre qu’on pouvait ressentir sur ses précédents. Si le rythme ne faiblit à aucun moment, c’est bien le soin apporté à la mise en scène qui surprend, confirmant que Dupontel maîtrise maintenant parfaitement son art. Quant à l’interprétation, le duo qu’il forme avec Sandrine Kiberlain est époustouflant. Caustique, irrévérencieux, Neuf Mois Ferme donne un coup de jeune au genre!

NOTE: 8.5/10

 

CRITIQUE: LE JUGE ET L’ASSASSIN (1975)

Collection AlloCiné / www.collectionchristophel.fr

XIXème siècle, en France. Bouvier, un ancien militaire, sort de l’asile après avoir tenté d’assassiner sa petite amie et de se donner la mort. Il arpente le pays et, à chaque étape, viole et tue de jeunes bergères. Sa rencontre avec le juge Rousseau sonnera la fin de son périple meurtrier…

Tavernier s’inspire ici d’un fait divers pour nous dresser un portrait impitoyable de la société française à l’époque où l’affaire Dreyfuss enflamme le pays. Bouvier, en effet, accuse la société de tous ses maux. Il fait endosser sa folie aux médecins dont les traitements l’ont abîmé, à l’Eglise, ayant été abusé par un prêtre à l’adolescence ou encore aux patrons. Le film bénéficie d’une très belle photo aussi bien dans les scènes d’extérieur avec de très belles vues de l’Ardèche que dans les scènes d’intérieur, en prison par exemple. Le duo Philippe Noiret/Michel Galabru est fabuleux avec une mention spéciale pour le second qui reçut d’ailleurs le César du meilleur acteur pour son rôle de Bouvier. Il livre en effet une prestation complètement hallucinante qu’il ne sut ou ne put jamais rééditer. Sous couvert d’un fait divers, Tavernier réalise donc un film hautement politique et très engagé, à son image.

Un grand film!