CRITIQUE DVD: SUBMARINE

LE FILM:

À 15 ans, Oliver Tate a deux gros problèmes : il rêve de coucher avec sa petite amie et sa mère est en train de se laisser séduire par un gourou. Pour empêcher le pire et réussir le meilleur, Oliver n’a que deux atouts : un vocabulaire incroyablement riche et une immense confiance en lui…
Premier long du réalisateur de clips anglais Richard Ayoade, « Submarine » traîte du mal-être et du premier Amour chez les adolescents comme de nombreux films auparavant mais avec beaucoup d’originalité. Avec un côté « Indé » très marqué qui n’est pas sans rappeler « Little Miss sunshine » , « Garden State » ou encore le Michel Gondry d' »Eternal sunshine of the  spotless mind » avec une pincée de « Deep end » de Skolimowski parfois, le film trouve toutefois un ton bien à lui. L’interprète principal n’y est sans doute pas pour rien! Le jeune Craig Roberts est époustouflant dans le rôle de cet adolescent un peu spécial qui, tout en vivant son premier grand Amour, tente de sauver le couple de ses parents. Ces derniers, d’ailleurs, sont magnifiquement interprétés par Sally Hawkins et l’irrésistible Noah Taylor.
Bourré de trouvailles, ce film est un régal!
LES BONUS:
En guise de bonus, une longue et très intéressante interview (30 minutes) de l’équipe du film.
VERDICT:
Un film à découvrir dans un excellent DVD chez France Télévision Distribution au prix de 19,99 euros à partir du 7 décembre!

CRITIQUE: LES BIEN-AIMES (2011)

1963, à Paris, Madeleine se prostitue pour améliorer son quotidien de vendeuse de chaussures. Elle tombe sous le charme d’un de ses clients, Jaromil, un étudiant en médecine tchèque. Quelques temps plus tard, elle le suit à Prague où ils ont une petite fille Vera. Poussée par l’invasion russe et les infidélités de Jaromil, Madeleine rentre en France avec sa fille et va tenter de refaire sa vie. Arrivée à l’âge adulte, Vera subit les mêmes tourments amoureux que sa mère alors qu’elle tombe sous le charme d’un musicien gay…

Travaillant au rythme d’un film par an, Christophe Honoré revient au film musical quatre ans après « les chansons d’amour ». Après une première partie dans les années 60, fortement inspirée de « l’homme qui aimait les femmes » de Truffaut et des films de Jacques Demy, Honoré revient à une époque plus récente et se rapproche du style des « chansons d’amour ». L’alchimie parfaite entre les images d’Honoré et la musique d’Alex Beaupain se reproduit donnant un mélange assez magique, pour ceux qui ne sont pas bien sûr réfractaires à la comédie musicale.

 D’autre part, s’entourant à nouveau d’acteurs qu’il connaît bien comme Louis Garrel, Ludivine Sagnier ou Chiara Mastroianni, il y ajoute Catherine Deneuve, Milos Forman ou encore Michel Delpech qui, ironie du sort, est le seul acteur qui ne chante jamais dans le film. Et ce casting a tout du casting parfait tant il fonctionne à merveille avec en point d’orgue le duo mère fille à l’écran comme à la ville Deneuve/Mastroianni. Cette dernière trouve d’ailleurs certainement son meilleur rôle avec cette Vera qui court desespérément après l’amour de son musicien qui aime les hommes. Honoré franchit ici un cap par rapport aux « chansons d’amour » pour nous offrir une grande fresque sur l’Amour et la transmission parents/enfants. Vraiment un des grands films de l’année!