CRITIQUE DVD: LES BIEN-AIMES

LE FILM:

1963, à Paris, Madeleine se prostitue pour améliorer son quotidien de vendeuse de chaussures. Elle tombe sous le charme d’un de ses clients, Jaromil, un étudiant en médecine tchèque. Quelques temps plus tard, elle le suit à Prague où ils ont une petite fille Vera. Poussée par l’invasion russe et les infidélités de Jaromil, Madeleine rentre en France avec sa fille et va tenter de refaire sa vie. Arrivée à l’âge adulte, Vera subit les mêmes tourments amoureux que sa mère alors qu’elle tombe sous le charme d’un musicien gay…

Travaillant au rythme d’un film par an, Christophe Honoré revient au film musical quatre ans après “les chansons d’amour”. Après une première partie dans les années 60, fortement inspirée de “l’homme qui aimait les femmes” de Truffaut et des films de Jacques Demy, Honoré revient à une époque plus récente et se rapproche du style des “chansons d’amour”. L’alchimie parfaite entre les images d’Honoré et la musique d’Alex Beaupain se reproduit donnant un mélange assez magique, pour ceux qui ne sont pas bien sûr réfractaires à la comédie musicale.

 D’autre part, s’entourant à nouveau d’acteurs qu’il connaît bien comme Louis Garrel, Ludivine Sagnier ou Chiara Mastroianni, il y ajoute Catherine Deneuve, Milos Forman ou encore Michel Delpech qui, ironie du sort, est le seul acteur qui ne chante jamais dans le film. Et ce casting a tout du casting parfait tant il fonctionne à merveille avec en point d’orgue le duo mère fille à l’écran comme à la ville Deneuve/Mastroianni. Cette dernière trouve d’ailleurs certainement son meilleur rôle avec cette Vera qui court desespérément après l’amour de son musicien qui aime les hommes. Honoré franchit ici un cap par rapport aux “chansons d’amour” pour nous offrir une grande fresque sur l’Amour et la transmission parents/enfants. Vraiment un des grands films de l’année!

Niveau technique, rien à signaler même si l’on aimerait un peu plus de punch niveau musique. Le Blu-ray comble peut-être cette lacune…

LES BONUS:

Déception! Hormis une bande-annonce, deux scènes coupées qui offrent deux chansons inédites ( intéressant) mais c’est tout… Dommage!

VERDICT:

L’un des meilleurs films de l’année donc achat justifié malgré la misère niveau bonus!

Disponible en DVD (19.99 euros) et Blu-ray (24.99 euros) dès le 18 janvier chez France Télévisions Distribution.

CRITIQUE: BLUE VALENTINE

A travers une galerie d’instants volés, passés ou présents, l’histoire d’un amour que l’on pensait avoir trouvé, et qui pourtant s’échappe… Dean et Cindy se remémorent les bons moments de leur histoire et se donnent encore une chance, le temps d’une nuit, pour sauver leur mariage vacillant.

« Blue Valentine » aurait très bien pu s’appeler « autopsie d’un Amour ». Il est en effet ici question d’un Amour qui semble en train de péricliter et à l’occasion de flashbacks, on assiste à des instants clé de cette vie de couple qui nous permettent de comprendre le déclin inexorable de la relation entre ces deux êtres. Film indépendant par excellence, « Blue Valentine » est visuellement très proche du documentaire, filmé caméra à l’épaule, usant très souvent de gros plans et à la structure narrative éclatée. Le film possède deux immenses qualités: son écriture très fine et tellement réaliste et bien sûr son duo d’acteurs magistral avec Michelle Williams qui a su s’affranchir de son statut d’actrice de télé, décrochant même une nomination à l’Oscar de la meilleure actrice (c’eut été mérité!) et Ryan Gosling épatant comme souvent. Pour l’anecdote, Derek Cianfrance, le réalisateur, a demandé aux deux acteurs de vivre quelques temps ensemble avec la petite fille, leur laissant une caméra pour faire eux-même leur film de famille. Le résultat se fait sentir lorsqu’on voit la complicité incroyable dont font preuve les comédiens.

Totalement déprimant mais vraiment réussi!