Critique Dvd: Une Histoire Simple

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Réalisation Claude Sautet
Scénario Jean-Loup Dabadie
Claude Sautet
Acteurs principaux
Sociétés de production Sara Films

Renn Productions

FR3

S.F.P

Rialto Film

Pays d’origine Drapeau de la France France

Allemagne de l'Ouest Allemagne de l’Ouest

Genre Comédie dramatique
Durée 110 minutes
Sortie 24 Novembre 1978

LE FILM:

4.5

Serge et Marie forment un couple ordinaire. Déjà mère d’un adolescent, Marie décide d’avorter de l’enfant qu’elle attend de Serge et de quitter ce dernier. Elle finit par se rapprocher de George, son ex-mari alors que parallèlement à ces soucis, les amis de Marie ont également des ennuis similaires.

Après avoir souvent brossé des portraits masculins, Claude Sautet fait ici de Romy Schneider son personnage principal et pas n’importe quel personnage féminin. Marie quitte son amant et décide de ne pas garder l’enfant qu’elle porte car elle n’aime plus Serge. Postulat de départ ô combien moderne et féministe pour l’époque. Face à cette femme forte et indépendante, les personnages masculins sont faibles. Romy Schneider est absolument magnifique et le discours avant-gardiste du film fait qu’il n’a pas pris une ride. Si l’on parle peu d’Une Histoire Simple dans la filmographie de Sautet, il mérite largement d’être (re)découvert!

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TECHNIQUE:

4.5

Une copie impeccable! Seul le DVD a pu être visionné mais le résultat est encourageant!

BONUS:

2.5

On trouve ici une interview de membres de l’équipe qui revient sur la modernité du film.

VERDICT:

4.5

Une réedition salutaire d’un très beau film de Sautet!

Disponible en combo Bluray/DVD (19.99 euros) chez Pathé dès le 13 juin

 

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Critique: Senses

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Titre original ハッピーアワーHappī Awā
Réalisation Ryūsuke Hamaguchi
Scénario Ryūsuke Hamaguchi
Tadashi Nohara
Tomoyuki Takahashi
Pays d’origine Drapeau du Japon Japon
Genre drame
Durée 317 minutes
Sortie Partie 1 et 2: 2 mai 2018

Partie 3 et 4: 9 mai 2018

Partie 5: 16 mai 2018

A Kobe, au Japon, quatre femmes partagent une amitié sans faille. Du moins le croient-elles : quand l’une d’elles disparaît du jour au lendemain, l’équilibre du groupe vacille. Chacune ouvre alors les yeux sur sa propre vie et comprend qu’il est temps d’écouter ses émotions et celles des autres…

Plutôt que de sortir le nouveau film de Hamagushi en une seule fois, le distributeur a choisi de le diviser en trois. Les 5h17 sortent donc en salle de cette façon: les deux parties les plus longues, le 2 mai; les deux suivantes, le 9 mai puis la dernière le 16 mai. L’argument « première série cinéma » est plus publicitaire qu’autre chose. Chaque partie correspond à un sens: « entendre », « sentir », « voir », « toucher » et « goûter ». Ce très long film nous plonge dans l’amitié entre 4 femmes proches de la quarantaine ayant comme point commun une vie sentimentale plutôt compliquée. L’une est divorcée, une seconde cherche à divorcer après avoir trompé son mari, une autre voit sa vie de couple passer après le travail et la dernière, femme au foyer, semble invisible aux yeux de son mari. La disparition subite de l’une d’entre elles va servir de détonateur à une prise de conscience de l’ensemble du groupe. Cette disparition, contrairement à « Shokuzai » auquel le film fait évidemment penser, n’est pas ici prétexte à un quelconque suspense, a uniquement pour but de faire prendre conscience aux jeunes femmes de l’utilité de vivre tout simplement. Faire appel à ses sens, notamment écouter les autres et soi-même. Ces 5 h 17 permettent au cinéaste de prendre son temps, étirant à l’infini ses scènes,  à la manière d’un Kechiche au pays du Soleil Levant ( les 4 actrices sont d’ailleurs des amatrices), sans les éclats de voix! Hamagushi reste dans la retenue la plus totale, comme avec cette lecture d’une auteure sur un ton monocorde qui dure près d’une demi-heure, le genre de scènes qui en découragera plus d’un. Pourtant, si l’on tient le coup, « Senses » est une expérience envoûtante, passionnante, posant de multiples questions sur la vie et le couple et qui réserve même quelques très belles images de Cinéma!

4.5

Critique Bluray: Plonger

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Réalisation Mélanie Laurent
Scénario Julien Lambroschini
Mélanie Laurent
Acteurs principaux
Sociétés de production Move Movie
Cinéfrance
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre drame
Durée 102 minutes
Sortie 29 novembre 2017

LE FILM:

3.5

C’est l’histoire d’un amour total entre César et Paz. Paz, photographe espagnole, nourrit une soif de rencontres, d’expériences et de voyages, alors que César, ex-grand reporter de guerre, souhaite à l’inverse s’extraire du tumulte du monde. Paz est enceinte, cette perspective l’angoisse, l’étouffe. Elle semble s’éloigner chaque jour un peu plus de César, comme obsédée par quelque chose qui lui échappe. Jusqu’au jour où elle disparait, laissant son enfant et César sans véritable explication.

Après « les Adoptés » et « Respire », « Plonger » est le troisième long métrage de fiction de l’actrice Mélanie Laurent derrière la caméra. Adaptation d’un roman de Christophe Ono Dit Bio, « Plonger » s’intéresse à un couple dont les trajectoires s’éloignent inexorablement. César, ancien reporter de guerre, a soif de calme et de stabilité alors que Paz semble vouloir fuir à tout prix ce havre de paix. Ce qu’elle veut c’est voyager et expérimenter, à travers sa passion, la photo. La nouvelle d’une grossesse mettra en lumière le total décalage entre les amants. Ce nouveau film de Mélanie Laurent, aux accents parfois mallickiens, brille par sa mise en scène extrêmement ambitieuse et nous offre un Gilles Lellouch bouleversant. Une belle confirmation.

TECHNIQUE:

4.5

De toute beauté!

BONUS:

Aucun bonus, dommage…

VERDICT:

3.5

Une plongée envoûtante dans un couple en crise à voir dans une édition plus que limitée!

Disponible en DVD (19.99 euros) et bluray (19.99 euros) chez France Télévisions Distribution dès le 4 avril

Critique: Phantom Thread

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Réalisation Paul Thomas Anderson
Scénario Paul Thomas Anderson
Acteurs principaux
Sociétés de production Annapurna Pictures
Ghoulardi Film Company
Pays d’origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre drame
Durée 130 minutes
Sortie 14 février 2018

Dans le Londres des années 50, juste après la guerre, le couturier de renom Reynolds Woodcock et sa soeur Cyril règnent sur le monde de la mode anglaise. Ils habillent aussi bien les familles royales que les stars de cinéma, les riches héritières ou le gratin de la haute société avec le style inimitable de la maison Woodcock. Les femmes vont et viennent dans la vie de ce célibataire aussi célèbre qu’endurci, lui servant à la fois de muses et de compagnes jusqu’au jour où la jeune et très déterminée Alma ne les supplante toutes pour y prendre une place centrale. Mais cet amour va bouleverser une routine jusque-là ordonnée et organisée au millimètre près.

Cinéaste peu prolifique, Paul Thomas Anderson réalise avec Phantom Thread seulement son huitième film en 21 ans. Il offre à son interprète de There Will Be Blood un départ à la retraite en fanfare! Daniel Day Lewis incarne un couturier anglais maniaque jusqu’à l’obsession qui rencontre une serveuse et décide d’en faire sa maîtresse mais aussi son modèle. Sous des allures de film sur la bourgeoisie anglaise, le classicisme de l’ensemble est en fait un écrin pour une histoire d’amour totalement folle. Woodcock vit et travaille avec sa soeur et ne supporte pas que sa nouvelle compagne s’immisce dans son travail et son quotidien. Celle-ci cherche à tout prix à trouver une place dans son couple et ne serait-ce qu’attirer l’attention de son époux. Leur relation ne trouvera son équilibre que dans une lutte de pouvoir aux accents sado-masochistes. La mise en scène de PTA évoque aussi bien le romanesque viscontien que le cinéma de Kubrick avec un travail sur le cadre fascinant. La bande originale de Johnny Greenwood (Radiohead) est l’une des plus belles BO depuis des années. Quant à l’interprétation, les prestations de Daniel Day Lewis et  de Vicky Krieps sont absolument magiques. Phantom Thread est un vrai bijou d’intelligence, souvent drôle et fascinant de bout en bout. Quelques scènes entreront dans l’Histoire comme une scène de préparation d’omelette hitchcockienne ou une balade en voiture qui rappelle Orange Mécanique. Ce film est un chef d’oeuvre absolu, ne le manquez pas!

5

Critique: Jusqu’à la Garde

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Réalisation Xavier Legrand
Scénario Xavier Legrand
Acteurs principaux
Sociétés de production KG Productions
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre drame
Durée 93
Sortie 7 février 2018

Après qu’une juge ait prononcé une garde alternée en faveur d’un père accusé de violences par son ex-compagne, leur fils se retrouve pris en otage du conflit parental.

Premier film de Xavier Legrand, « Après la Garde » est projeté hors compétition au FIFIB alors qu’il vient de décrocher le prix du Meilleur réalisateur lors de la dernière Mostra de Venise. Le film s’ouvre sur l’audience d’un couple en pleine séparation. Le couple (Denis Ménochet et Léa Drucker) a deux enfants, une grande fille de 17 ans et un petit garçon d’une dizaine d’années . C’est pour sa garde que les parents « s’affrontent » et si l’on en croit la lettre que lit la juge, le petit ne veut plus voir son père. Sous ses airs bourrus, il semble malgré tout aimant; il vient d’ailleurs de demander sa mutation pour se rapprocher de son fils. Une ellipse nous amène quelques semaines après et le père peut récupérer son fils un week-end sur deux. Mais rien n’est simple quand l’enfant semble tétanisé par son père et que la mère refuse d’adresser la parole à son ex-mari. La succession de plans séquences choisi par Xavier Legrand renforce le réalisme de son sujet et nous amène à entrer de plain pied dans l’intimité de cette famille éclatée. On apprend à connaître ces personnages et deviner leur vie passée. Dans un style proche de Joachim Lafosse, notamment « A perdre la Raison », le film dégage une force et une puissance rare, sans artifices de mise en scène (notamment l’absence de musique) et le casting n’y est pas pour rien: Denis Ménochet, tout en force et violence mais aussi parfois émouvant, Léa Drucker, mère courage, et le petit Thomas Gioria, impressionnant de justesse en enfant tiraillé entre ses parents. A le voir broyé entre sa mère qui le force à mentir et son père qui veut l’utiliser pour se rapprocher de son ex femme, on passe le film bouleversé, choqué, jusqu’à un final qui ne laissera personne indemne. Si au cinéma, le terme « claque » est souvent galvaudé, c’est pourtant l’effet que laisse « jusqu’à la garde »! Une énorme claque!

5

Critique: Faute d’Amour

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Titre original Нелюбовь
Loveless
Réalisation Andreï Zviaguintsev
Scénario Oleg Neguine
Andreï Zviaguintsev
Acteurs principaux

Mariana Spivak
Alexeï Rozin

Sociétés de production Non-stop Production
FetisOFF IllusiON
Why Not Productions
Senator Film
Les Films du Fleuve
Pays d’origine Drapeau de la Russie Russie
Drapeau de la France France
Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Drapeau de la Belgique Belgique
Genre Drame
Durée 127 minutes
Sortie 20 Septembre 2017

Boris et Genia sont en train de divorcer. Ils se disputent sans cesse et enchaînent les visites de leur appartement en vue de le vendre. Ils préparent déjà leur avenir respectif : Boris est en couple avec une jeune femme enceinte et Genia fréquente un homme aisé qui semble prêt à l’épouser… Aucun des deux ne semble avoir d’intérêt pour Aliocha, leur fils de 12 ans. Jusqu’à ce qu’il disparaisse.

Cinquième film du Russe Andreï Zviaguintsev, après les remarqués « Elena » et « Leviathan« , « Faute d’Amour » a raflé très justement le Prix du Jury lors du dernier Festival de Cannes. A travers une histoire de famille, le cinéaste dénonce les travers de sa patrie et de ses institutions. Boris et Genia, en pleine séparation, sont chacun obsédés par leur propre personne et leurs histoires d’amour respectives. Entre les deux, le petit Aliocha reste invisible à leurs yeux et souffre en silence de voir ses parents s’éloigner l’un de l’autre mais aussi de lui. Tout à coup, la disparition de l’enfant va rappeler les parents à leurs responsabilités mais aussi malheureusement, offrir à chacun des munitions contre l’autre. A côté de ça, la justice russe impuissante à gérer l’affaire, les recherches sont confiées à une sorte de « milice privée ». A travers cette histoire qui aurait pu donner lieu à un thriller, Zviaguintsev décide de parler, plus que d’une disparition d’un enfant, de la disparition de l’amour, tant tous ses personnages rivalisent de cynisme et d’égoïsme. Puissant par son histoire, « Faute d’Amour » l’est également par son interprétation et sa mise en scène en tous points remarquable. L’un des plus grands films de 2017, si ce n’est le plus grands! Chef d’oeuvre!

5

Critique Dvd: Monsieur et Madame Adelman

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Réalisation Nicolas Bedos
Scénario Nicolas Bedos
Doria Tillier
Acteurs principaux
Sociétés de production Les Films du Kiosque
France 2 Cinéma
Orange Studio
Umedia (en)
Le Pacte
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Comédie dramatique
Durée 2 heures
Sortie 8 mars 2017

LE FILM:

4

Comment Sarah et Victor ont-ils fait pour se supporter pendant plus de 45 ans ? Qui était vraiment cette femme énigmatique vivant dans l’ombre de son mari ? Amour et ambition, trahisons et secrets nourrissent cette odyssée d’un couple hors du commun, traversant avec nous petite et grande histoire du dernier siècle.

Ambitieux premier film de Nicolas Bedos qui s’attache à raconter l’histoire d’un couple sur plus de 45 ans. Alors que Monsieur, écrivain, est enterré, Madame raconte son histoire d’Amour à un journaliste. Construit sur une succession de flash-backs, le récit s’avère rythmé et acide, et donne la part belle à Doria Tillier qui, pour un premier rôle, resplendit et pique la vedette à son collègue masculin. Nicolas Bedos, quant à lui, excelle dans ce rôle d’écrivain complexé et insatisfait. Un premier film réussi!

TECHNIQUE:

4

Rien à dire pour le support!

BONUS:

1.5

Un minuscule making of et une galerie d’affiches, c’est bien pauvre!

VERDICT:

4

Un premier film réussi et fort plaisant!

Disponible en DVD (19.99 euros) et bluray (19.99 euros) chez Le Pacte