Critique: L’Homme Fidèle (les Arcs Film Festival)

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Réalisation Louis Garrel
Scénario Jean-Claude Carrière
Louis Garrel
Acteurs principaux
Sociétés de production Why Not Productions
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre fiction, comédie, romance
Durée 75 minutes
Sortie 26 décembre 2018

Abel et Marianne sont séparés depuis 10 ans.
Alors qu’ils se retrouvent, Abel décide de reconquérir Marianne.
Mais les choses ont changé : Marianne a un fils, Joseph, et sa tante, la jeune Ève, a grandi.
Et ils ont des secrets à révéler….

Abel et Marianne sont en couple. Ils sont tous les deux dans leur appartement lorsqu’elle lui annonce qu’elle est enceinte. Abel est heureux mais le bonheur est de courte durée car Marianne précise que ce n’est pas lui le père, puis elle enchaîne en lui apprenant qu’elle a décidé d’épouser cet homme. La chute est brutale d’autant que le mariage est prévu dans quelques jours. Cette première scène, surréaliste et très drôle, est à l’image de ce second long métrage de Garrel, trois ans après le prometteur « les Deux Amis ». Le personnage incarné par Louis Garrel sera l’objet de deux femmes incarnées par Laetitia Casta dans l’un de ses meilleurs rôles et Lily Rose Depp qui lève ici les réserves que l’on pouvait avoir à son sujet dans « la Danseuse ». Le trio d’acteurs semble beaucoup s’amuser dans ce marivaudage fortement empreint de Nouvelle Vague (microcosme bourgeois parisien, nombreuses voix off) et le spectateur avec eux. Un très bon moment!

3.5

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Critique: Mal de Pierres

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Réalisation Nicole Garcia
Scénario Nicole Garcia
Jacques Fieschi
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Film dramatique
Sortie 19 octobre 2016

Gabrielle a grandi dans la petite bourgeoisie agricole où son rêve d’une passion absolue fait scandale. A une époque où l’on destine d’abord les femmes au mariage, elle dérange, on la croit folle. Ses parents la donnent à José, un ouvrier saisonnier, chargé de faire d’elle une femme respectable. Gabrielle dit ne pas l’aimer, se voit enterrée vivante.
Lorsqu’on l’envoie en cure thermale pour soigner ses calculs rénaux, son mal de pierres, un lieutenant blessé dans la guerre d’Indochine, André Sauvage, fait renaître en elle cette urgence d’aimer. Ils fuiront ensemble, elle se le jure, et il semble répondre à son désir. Cette fois on ne lui prendra pas ce qu’elle nomme « la chose principale ». Gabrielle veut aller au bout de son rêve.

« Ce film n’a rien à faire à Cannes », « trop classique », « un film de Nicole Garcia en compet, on aura tout vu »… Voici un échantillon de ce qu’on a pu lire ou entendre à Cannes lors de la présentation du film au dernier Festival! Si l’on peut qualifier le nouveau film de Nicole Garcia de « classique », c’est dans sa dimension romanesque, Gabrielle, à l’instar de Madame Bovary, rêvant d’une vie meilleure, loin de la médiocrité auquel son quotidien la soumet. Dans une vraie souffrance physique (des calculs rénaux) et morale (Gabrielle a des pulsions sexuelles qu’elle souffre de ne pouvoir assouvir), l’héroïne incarnée par Marion Cotillard, se marie avec l’homme choisi par ses parents mais lui promet qu’elle ne l’aimera jamais. C’est lors d’une cure pour soigner ses douleurs rénales qu’elle rencontrera l’Amour le vrai à travers la personne d’un lieutenant de l’armée française qui pourrait enfin lui donner l’espoir d’un avenir meilleur. Cette histoire d’Amour impossible, cette structure en flash backs, cette volonté de laisser l’histoire prendre le dessus sur la forme, ce sont en effet les marques de fabrique d’un Cinéma à l’ancienne. Mais rien de péjoratif dans cette appellation: le Cinéma de Nicole Garcia est de ceux qui respectent le spectateur, alliant qualité, intelligence du propos et émotion sans artifices. Pour ce qui est de l’interprétation, les pourfendeurs de Marion Cotillard vont finir par se décrédibiliser complètement tant elle confirme un talent hors norme. Par sa présence et sa faculté à transmettre l’émotion par son seul visage et des choix de carrière frôlant le sans faute, elle est sans conteste notre plus grande star.

Vous l’aurez compris, « Mal de Pierres » est le film le plus abouti de Nicole Garcia et l’un des plus grands films de l’année!

4.5

CRITIQUE: LES BIEN-AIMES (2011)

1963, à Paris, Madeleine se prostitue pour améliorer son quotidien de vendeuse de chaussures. Elle tombe sous le charme d’un de ses clients, Jaromil, un étudiant en médecine tchèque. Quelques temps plus tard, elle le suit à Prague où ils ont une petite fille Vera. Poussée par l’invasion russe et les infidélités de Jaromil, Madeleine rentre en France avec sa fille et va tenter de refaire sa vie. Arrivée à l’âge adulte, Vera subit les mêmes tourments amoureux que sa mère alors qu’elle tombe sous le charme d’un musicien gay…

Travaillant au rythme d’un film par an, Christophe Honoré revient au film musical quatre ans après « les chansons d’amour ». Après une première partie dans les années 60, fortement inspirée de « l’homme qui aimait les femmes » de Truffaut et des films de Jacques Demy, Honoré revient à une époque plus récente et se rapproche du style des « chansons d’amour ». L’alchimie parfaite entre les images d’Honoré et la musique d’Alex Beaupain se reproduit donnant un mélange assez magique, pour ceux qui ne sont pas bien sûr réfractaires à la comédie musicale.

 D’autre part, s’entourant à nouveau d’acteurs qu’il connaît bien comme Louis Garrel, Ludivine Sagnier ou Chiara Mastroianni, il y ajoute Catherine Deneuve, Milos Forman ou encore Michel Delpech qui, ironie du sort, est le seul acteur qui ne chante jamais dans le film. Et ce casting a tout du casting parfait tant il fonctionne à merveille avec en point d’orgue le duo mère fille à l’écran comme à la ville Deneuve/Mastroianni. Cette dernière trouve d’ailleurs certainement son meilleur rôle avec cette Vera qui court desespérément après l’amour de son musicien qui aime les hommes. Honoré franchit ici un cap par rapport aux « chansons d’amour » pour nous offrir une grande fresque sur l’Amour et la transmission parents/enfants. Vraiment un des grands films de l’année!