Critique: L’Homme Fidèle (les Arcs Film Festival)

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Réalisation Louis Garrel
Scénario Jean-Claude Carrière
Louis Garrel
Acteurs principaux
Sociétés de production Why Not Productions
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre fiction, comédie, romance
Durée 75 minutes
Sortie 26 décembre 2018

Abel et Marianne sont séparés depuis 10 ans.
Alors qu’ils se retrouvent, Abel décide de reconquérir Marianne.
Mais les choses ont changé : Marianne a un fils, Joseph, et sa tante, la jeune Ève, a grandi.
Et ils ont des secrets à révéler….

Abel et Marianne sont en couple. Ils sont tous les deux dans leur appartement lorsqu’elle lui annonce qu’elle est enceinte. Abel est heureux mais le bonheur est de courte durée car Marianne précise que ce n’est pas lui le père, puis elle enchaîne en lui apprenant qu’elle a décidé d’épouser cet homme. La chute est brutale d’autant que le mariage est prévu dans quelques jours. Cette première scène, surréaliste et très drôle, est à l’image de ce second long métrage de Garrel, trois ans après le prometteur « les Deux Amis ». Le personnage incarné par Louis Garrel sera l’objet de deux femmes incarnées par Laetitia Casta dans l’un de ses meilleurs rôles et Lily Rose Depp qui lève ici les réserves que l’on pouvait avoir à son sujet dans « la Danseuse ». Le trio d’acteurs semble beaucoup s’amuser dans ce marivaudage fortement empreint de Nouvelle Vague (microcosme bourgeois parisien, nombreuses voix off) et le spectateur avec eux. Un très bon moment!

3.5

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Les Arcs Film Festival: Quelques images de l’ouverture

Hier soir avait lieu la cérémonie d’ouverture de cette 10ème édition du Festival des Arcs qui a permis à l’équipe d’organisation de faire un bilan de cette première décennie pleine de réussites. Cette cérémonie a permis de présenter le jury qui sera chargé de faire des choix parmi les 10 films en compétition. Le jury est composé cette année de RUBEN ÖSTLUND (Président), ŁUKASZ ŻAL, CHARLOTTE LE BON, CLÉMENCE POÉSY, JEAN-BENOÎT DUNCKEL, ALEX LUTZ, JASMILA ŽBANIĆ.

Une fois n’est pas coutume, le film présenté en ouverture est un film en compétition, « l’Homme Fidèle » de Louis Garrel avec Laetitia Casta(présente ce soir) et Lily Rose Depp.

Ruben Östlund, Charlotte le Bon, Jean-Benoît Dunkel et Jasmila Zbanic, Clémence Poésy à droite.

 

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L’équipe d’organisation du festival.

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Le jury au complet

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Laetitia Casta venue présenter « l’Homme fidèle » de son compagnon Louis Garrel.

The Lobster en ouverture du FIFIB 2015 (Critique)


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Hier soir avait lieu dans la salle de 650 places du Rocher de Palmer de Cenon la cérémonie d’ouverture du 4ème FIFIB, Festival International du Film Indépendant de Bordeaux.

C’est l’humoriste Kee-Yoon qui revêtait les habits de maîtresse de cérémonie et qui tentait tant bien que mal, bien qu’avec talent,  de dérider le public bordelais « comme à Paris mais en plus snob! ». Les deux directrices Johana Careire et Pauline Reifers prenaient ensuite la parole pour annoncer « la couleur » (rose!) de cette nouvelle édition, démontrant au passage qu’elles étaient maintenant tout à fait à l’aise dans leur rôle, sans oublier les sempiternels remerciements aux partenaires (nombreux!) de cette édition (et même de la prochaine!). Quelques mots ensuite de l’incontournable dénicheur de pépites Léo Soesanto sur le festival et le film du soir ainsi qu’un petit « coucou » de Yorgos Lanthimos et Ariane Labed retenus à l’étranger. Enfin, la Présidente du jury, la talentueuse Valeria Golino pouvait déclarer le festival ouvert et laisser place au film, the Lobster.

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Dans un futur proche… Toute personne célibataire est arrêtée, transférée à l’Hôtel et a 45 jours pour trouver l’âme soeur. Passé ce délai, elle sera transformée en l’animal de son choix. Pour échapper à ce destin, un homme s’enfuit et rejoint dans les bois un groupe de résistants ; les Solitaires.

Prix du Jury au dernier Festival de Cannes, « the Lobster » est le 4ème film du Grec Yorgos Lanthimos, tourné cette fois en Anglais avec une distribution internationale. Il s’agit ici d’une fable d’anticipation qui part d’un postulat assez barge: dans un futur proche, il est impératif d’être en couple. Les célibataires sont envoyés dans un hôtel en pleine campagne pour un séjour de 45 jours au bout duquel ils doivent finir en couple. Ceux qui échouent sont alors transformés en l’animal de leur choix! David, un Colin Farrell moustachu et bedonnant, ayant choisi d’être un homard en cas d’échec, débute alors l’aventure.

Tourné en lumière naturelle avec des comédiens sans maquillage, The Lobster est un drôle d’objet filmique, entre l’étrangeté de Kafka, les personnages farfelus à la Wes Anderson et porteur d’une réflexion sur l’Amour et nos sociétés contemporaines qui n’est pas sans rappeler celle de Spike Jonze (« Her »). Souvent drôle, complètement décalé, parfois inquiétant, The Lobster est un petit régal pour le spectateur qui se laissera porter par ce récit farfelu, comme pour le casting parfait (Rachel Weisz, Léa Seydoux, Ariane Labed, John C.Reilly, Ben Wishaw…) qui semble s’être bien amusé! Vous allez en pincer pour The Lobster!

4.5

OUVERTURE DU FIFIB

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Hier, c’était donc l’ouverture du second Festival International du Film Indépendant de Bordeaux, le FIFIB, qui a donc débuté sous les meilleurs auspices.

La grande salle de l’UGC Ciné Cité de Bordeaux pleine comme un œuf, tout le gratin politique de Bordeaux et de ses environs et un maître de cérémonie qui se prenait pour Antoine de Caunes, faisant dans le « merci Alain » quand on saluait l’aide de la Mairie ou le « Merci Alain » (Rousset cette fois!) quand il fallait remercier la région. Si l’on rajoute à ça l’accompagnement musical (plus près du gag que d’un vrai soutien) d’un contrebassiste, on tenait à coup sûr le début de quelque chose de grand!

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Mais le plus important était ailleurs: outre la présentation du jury, Abdel Kechiche fit un court passage pour présenter brièvement son film et s’excuser de ne pouvoir rester, les étudiants bordelais ayant eu la chance de s’entretenir avec lui dans la journée. Le kif de la soirée pour certains cinéphiles dont je fais partie fut la petite apparition du King Of New-York, Abel Ferrara qui reste pour quelques jours sur le Festival.

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Une fois cette édition officiellement ouverte, la projection de la Palme d’Or « la Vie d’Adèle » pouvait commencer…

CRITIQUE: GATSBY LE MAGNIFIQUE

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Printemps 1922. L’époque est propice au relâchement des mœurs, à l’essor du jazz et à l’enrichissement des contrebandiers d’alcool… Apprenti écrivain, Nick Carraway quitte la région du Middle-West pour s’installer à New York. Voulant sa part du rêve américain, il vit désormais entouré d’un mystérieux millionnaire, Jay Gatsby, qui s’étourdit en fêtes mondaines, et de sa cousine Daisy et de son mari volage, Tom Buchanan, issu de sang noble. C’est ainsi que Nick se retrouve au cœur du monde fascinant des milliardaires, de leurs illusions, de leurs amours et de leurs mensonges. Témoin privilégié de son temps, il se met à écrire une histoire où se mêlent des amours impossibles, des rêves d’absolu et des tragédies ravageuses et, chemin faisant, nous tend un miroir où se reflètent notre époque moderne et ses combats.

Présentée en ouverture du Festival de Cannes, cette nouvelle adaptation du roman de Francis Scott Fitzgerald réalisée par le fantasque Baz Luhrmann avait de quoi inquiéter surtout après le kitsch et cucul Australia et la présentation du film en 3D pouvait laisser songeur pour un film de ce type.

Les craintes sont finalement levées! Très fidèle au roman, le film de Luhrmann respecte la structure du livre reprenant même certains dialogues à la lettre et confie le soin de narrer l’histoire au personnage de Carraway comme dans le livre. Après une petite heure très « Luhrmannienne » remplie de fêtes toutes plus excentriques rythmées non par du charleston mais des airs de Jay Z ou Beyoncé , évoquant son Moulin Rouge, le cinéaste australien se calme enfin et les bulles de champagne laissent place à la noirceur et aux zones d’ombre des personnages. Même si la réalisation de Luhrmann se veut parfois un peu too much, elle réserve tout de même quelques beaux moments de pur cinéma dans lesquels éclate tout le talent de DiCaprio qui, je le répète souvent est sans conteste LE plus grand acteur américain depuis des décennies!

Quant à la 3D, si elle tient comme toujours à mon avis du gadget, à part quelques flocons de neige et quelques lettres tournoyantes, elle propose une expérience assez proche que celle que nous donnait Hugo Cabret, à savoir sur la profondeur de champ et non pas sur des jaillissements d’objets. En tempérant ses ardeurs et en restant assez fidèle au roman, Luhrmann parvient donc ici à offrir un grand spectacle romantique hautement recommandable!

NOTE: 7.5/10

CRITIQUE: MOONRISE KINGDOM

Sur une île au large de la Nouvelle-Angleterre, au cœur de l’été 1965, Suzy et Sam, douze ans, tombent amoureux, concluent un pacte secret et s’enfuient ensemble. Alors que chacun se mobilise pour les retrouver, une violente tempête s’approche des côtes et va bouleverser davantage encore la vie de la communauté…

Après son film d’animation « Fantastic Mr Fox« , Wes Anderson reste dans le thème de l’enfance avec ce film, live cette fois, »Moonrise Kingdom », présenté en ouverture du Festival de Cannes. Dès les premières images, fabuleuse manière de présenter la famille Bishop à travers une visite de la maison toute en travellings, on reconnaît le style du cinéaste. Son goût pour les travellings latéraux, la symétrie de ses plans et son sens du détail sont cette fois au service d’un film tout à la gloire de l’enfance. Sam et Suzy fuient ici le monde des adultes, complètement morne, sclérosé, plein de règles pour goûter à l’aventure, l’insouciance et découvrir le premier Amour, celui pour lequel on est prêt à tout abandonner.

Non seulement le film d’Anderson est souvent drôle mais il est aussi émouvant et bourré de trouvailles qu’elles soient scénaristiques ou visuelles, comme par exemple cette scène où Sam fabrique des boucles d’oreille à Suzy avec des scarabées accrochés à des hameçons! Les deux jeunes comédiens, époustouflants, Jared Gilman et Kara Hayward sont entourés de guest, tous au diapason, Bill Murray, Frances McDormand, Bruce Willis, Edward Norton, Harvey Keitel, Jason Schwartzman…

« Moonrise Kingdom » est une vraie petite merveille extrêmement attachante qui pourrait bien décrocher quelque chose lors de ce Festival de Cannes sans que l’on puisse crier au scandale!