CRITIQUE: APRES MAI, FILM D’OUVERTURE DU FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM INDEPENDANT DE BORDEAUX

Région parisienne, début des années 70. Jeune lycéen, Gilles est pris dans l’effervescence politique et créatrice de son temps. Comme ses camarades, il est tiraillé entre un engagement radical et des aspirations plus personnelles. De rencontres amoureuses en découvertes artistiques, qui les conduiront en Italie, puis jusqu’à Londres, Gilles et ses amis devront faire des choix décisifs pour trouver leur place dans une époque tumultueuse.

Quel choix judicieux pour ouvrir ce Festival du Film Independant que ce film sur une époque révolue où un vent de liberté soufflait dans les cheveux longs de la jeunesse de France ! Même si Olivier Assayas n’entre pas dans le cadre du cinéaste débutant, son film est le petit cousin de deux de ses premiers longs métrages, « Désordre » et « l’Eau Froide », qui brossaient déjà le portrait d’une certaine adolescence, en quête d’indépendance et d’accomplissement, mais lorgne également du côté de « Carlos » pour l’aspect politique. Sauf qu’ici, Assayas livre une oeuvre quasi-autobiographique avec ce Gilles, son alter ego,  dont l’engagement politique n’est concurrencé que par une farouche envie de faire du Cinéma, mais vraiment de l’art, au contraire de son père, scénariste de séries pour la télé, destinées à la petite bourgeoisie!

 

Non seulement Olivier Assayas nous raconte sa jeunesse, loin de celle d’aujourd’hui qui n’a malheureusement que peu d’utopies, mais à travers ce film semble résumer toute son oeuvre. Outre le fait que ses deux personnages principaux portent les mêmes prénoms que ceux de « l’Eau froide », « Après mai » multiplie les citations. On y retrouve l’omniprésence de l’art comme dans « Désordre », « Irma Vep », « Clean » ou encore « l’Heure d’Eté » et la scène de la fête nous rappelle étrangement celles de « l’Eau froide » ou de « l’Heure d’Eté ». Même si « Après mai » ne fait pas partie des oeuvres majeures d’Assayas en raison de quelques baisses de rythme et de l’interprétation parfois limite de certains jeunes comédiens (à l’exception de Lola Créton toujours lumineuse et qui dégage décidément une sensualité rare!), il s’inscrit dans l’oeuvre à la fois hétérogène et cohérente de l’un des cinéastes français les plus intéressants.

LA NOTE: 7.5/10

Sortie le 14 novembre 2012.

CRITIQUE BLU-RAY: JE HAIS LES ACTEURS

LE FILM: 7/10

Hollywood 1942. Un agent qui hait les acteurs, une pin-up qui a été mariée 24 fois en 5 ans, un acteur de 50 ans qui veut jouer les jeunes premiers,
un réalisateur paranoïaque, un producteur tyrannique qui pleure en voyant ses films, un fakir qui enlève les maux de tête par osmose, et trois acteurs
assassinés pendant le tournage de « Fils du destin » !

Avant d’empiler les navets tels que les « Taxi », « Wasabi », « Héroïnes » ou encore « Fanfan la tulipe », Gérard Krawczyk réalisa coup sur coup deux productions honnêtes, « Je hais les acteurs » (1986) et « l’Eté en pente douce » (1987). « Je hais les acteurs » est même intéressant à plus d’un titre! Tourné en noir et blanc, à l’exception des scènes d’intro et de fin, le film rend hommage, comme « The Artist » récemment, à l’Age d’Or d’Hollywood. La trouvaille du film est d’avoir confié le rôle des acteurs et nababs hollywoodiens à la crème du Cinéma Français: on retrouve pèle-mêle Bertrand Blier, Michel Galabru, Pauline Lafont, Guy Marchand, Jean Poiret, michel Blanc et bien d’autres! Ce décalage et des dialogues finement ciselés dans la bouche de toutes ces vedettes donnent un résultat souvent drôle et un film toujours ludique malgré une mise en scène manquant un peu de souffle.

Une copie très propre !

LES BONUS: 9/10

Belle brochette d’interviews pleines d’anecdotes: Gérard krawczyk, Jean Nainchrik le producteur, Michel Cenet le directeur photo, Roland Vincent le compositeur et Patrick Florsheim acteur, les deux derniers n’étant présents que sur le blu-ray!

VERDICT: 7/10

Un hommage amusant à l’âge d’or d’Hollywood!

Disponible en dvd (16,99 euros) et blu-ray (19,99 euros) chez Gaumont dès le 10 octobre.