Un Homme idéal: Conférence de presse

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A l’occasion de la présentation en avant-première du film « un Homme idéal » de Yann Gozlan, Pierre Niney rencontrait la presse vendredi 13 mars, jour de son anniversaire. Voici l’essentiel de cette rencontre:

– C’est la première fois que vous jouez dans un thriller, qu’est-ce qui vous a séduit dans le scénario? Le thème de l’usurpation d’identité vous parle-t-il particulièrement en tant qu’acteur?

Oui, il y a de ça, le dédoublement de personnalité, l’usurpation, la thématique de la création et du talent qui, inévitablement, me touche et surtout c’est le meilleur scénario que j’aie lu. Je l’ai dévoré comme j’aurais dévoré un très bon roman. Je pense que c’est la qualité d’écriture de jeunes réalisateurs comme Yann Gozlan, qui n’ont pas peur de faire du thriller, que ce n’est pas un genre réservé aux Américains et qui donc écrit quelque chose de très ambitieux et en même temps avec quelque chose de très français. On pense à « Plein Soleil » avec Alain Delon… Et puis j’ai été pris aux tripes quand je l’ai lu et on a l’impression que c’est pareil avec les spectateurs pour le moment, on est content…

– L’imposteur, c’est finalement la définition même du métier d’acteur?

Je dirais que c’est l’antithèse du métier d’acteur. Au contraire, quand on joue, on est à la recherche de vérité. C’est même une quête commune: vous venez dans les salles avec l’idée que vous avez envie d’y croire! Dans tous les arts, c’est l’idée d’utiliser du faux pour raconter du vrai.

– Ca n’a pas été dur de revenir à la vie réelle après un tel personnage?

J’ai tué deux personnes à la gare de Bordeaux en arrivant (rires)! Non c’est physiquement que ça a été plus dur de retrouver un certain calme, avec toute cette tension…

– Vous avez du faire un travail physique pour le rôle?

Oui, au naturel, je suis plutôt du type crevette donc l’idée était de prendre un peu de poids et de travailler la silhouette de Mathieu qui est censé faire des déménagements pour boucler ses fins de mois. Physiquement, il fallait croire à l’endurance du personnage. Yann voulait qu’il y ait une préparation physique et moi ça me plaisait de rentrer physiquement dans ce personnage, ce n’est pas très français mais j’aime beaucoup ça, je trouve que ça ouvre des portes inconsciemment.

– Vous dites que vous avez appris cette façon de se préparer physiquement en Russie ?

Je crois que la France est un pays de verbe avant d’être un pays physique mais le fait de mixer différentes cultures d’acteurs c’est intéressant pour un projet. Mon seul idéal à moi, c’est de m’adapter au projet et à la façon de travailler du metteur en scène.

– On a du mal à avoir de l’empathie pour votre personnage, en partie car on ne connaît rien de son passé. Comment avez-vous perçu cela?

Moi j’adorais ça! J’aime beaucoup l’observation quasi-animale d’un sujet. Le film parle beaucoup aussi de l’instinct de survie: que feriez-vous pour vous sortir de situations cauchemardesques? Il n’y avait pas de description psychologique comme on a l’habitude de les voir: qui sont ses parents? Dans la plupart des scénarios que j’ai lu, on commençait toujours par l’enfance du personnage. Ici, je trouvais que c’était un chouette défi d’éviter de passe par le prisme du « pourquoi »! Ce qui intéressait Yann c’était le pacte faustien passé par le personnage.

J’avais plus ressenti le besoin de faire des recherches et de réfléchir sur des personnages comme celui d’Yves St Laurent ou celui de « 20 ans d’écart ».

Comment avez-vous travaillé la tension qui habite votre personnage?

Le scénario m’amenait naturellement à ça; Yann Gozlan voulait faire un film haletant, nourri à Hitchcock, à Polanski. C’était donc déjà très présent dans le scénario; c’est un très grand cinéphile et un grand metteur en scène. Beaucoup de choses passent par la caméra et le montage.

Vous parliez tout à l’heure d’Hitchcock. Est-ce que vous vous êtes inspiré de personnages littéraires ou cinématographiques pour votre personnage?

Yann me parlait de « Match Point » pour des références visuelles et sur la quête d’une nouvelle identité sociale, Alain Delon dans « la Piscine » . J’ai beaucoup regardé « Plein soleil », « le Talentueux Mr Ripley » que j’ai revu. Mais malgré ces références, ça reste le film de Yann avec un développement de l’histoire assez fort.

Est-ce que votre vie a changé depuis les César? Et on appris que la Comédie Française, c’était terminé pour vous?

Pour les César, c’est beaucoup trop tôt pour dire quoi que ce soit. Là où je suis chanceux, c’est de recevoir des scénarios différents, des personnages et des univers différents, ça c’est une vraie chance! Avoir le choix…

Quant au théâtre, je ne l’abandonne pas, ce sont mes premières amours.

Envie de réalisation?

Oui, mais je vais prendre le temps de l’écriture, d’avoir la meilleure histoire possible.

 

 

 

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Fifib 2014: le jury et les films

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Ca y est! On en sait un peu plus sur cette troisième édition du Festival International du Film Indépendant de Bordeaux qui se tiendra du 7 au 12 octobre. Tout d’abord, après Adèle Haenel et Ariane Labed c’est l’actrice Golshifteh Farahani qui illustrera les affiches et le clip de cette édition.

Concernant le jury, présidé par Peter Suschitsky (directeur photo entre autres de Cronenberg), il sera composé de:

– Rebecca Zlotowsky, réalisatrice (Belle Epine, Grand Central)

– Kate Moran, actrice (Homme au bain, Goltzius et la compagnie du pélican…)

– Guillaume Brac, réalisateur (Tonnerre)

– Stanislas Mehrar (Nettoyage à sec, Adolphe…)

Le film d’ouverture, présenté récemment à Deauville, sera « Love is Strange » d’Ira Sachs alors que la clôture nous donnera l’occasion de découvrir le dernier film de Mia Hansen-Love (Le père de mes enfants, un Amour de Jeunesse), Eden.

La compétition, quant à elle, nous permettra de découvrir les films suivants:

– « Listen Up Philipp » d’Alex Ross Perry

– « Manos Sucias » de Joseph Wladycka

– « Vincent n’a pas d’écailles » de Thomas Salvador

– « Titli » de Kanu Behl

– « Mercuriales » de Virgil Vernier

– « Iranien » de Mehran Tamadon

– « For Some Inexplicable Reason » de Gabor Reisz

– « Bébé tigre » de Cyprien Vial

A côté de cette compétition, le FIFIB propose également une compétition de courts-métrages, l’avant -première de « Gaby Baby Doll » de Sophie Letourneur, une rétrospective Peter Suschitzky, un hommage à Cassavetes et tout un tas d’animations! Cette troisième édition s’annonce passionnante!

 

 

OUVERTURE DU FIFIB

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Hier, c’était donc l’ouverture du second Festival International du Film Indépendant de Bordeaux, le FIFIB, qui a donc débuté sous les meilleurs auspices.

La grande salle de l’UGC Ciné Cité de Bordeaux pleine comme un œuf, tout le gratin politique de Bordeaux et de ses environs et un maître de cérémonie qui se prenait pour Antoine de Caunes, faisant dans le « merci Alain » quand on saluait l’aide de la Mairie ou le « Merci Alain » (Rousset cette fois!) quand il fallait remercier la région. Si l’on rajoute à ça l’accompagnement musical (plus près du gag que d’un vrai soutien) d’un contrebassiste, on tenait à coup sûr le début de quelque chose de grand!

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Mais le plus important était ailleurs: outre la présentation du jury, Abdel Kechiche fit un court passage pour présenter brièvement son film et s’excuser de ne pouvoir rester, les étudiants bordelais ayant eu la chance de s’entretenir avec lui dans la journée. Le kif de la soirée pour certains cinéphiles dont je fais partie fut la petite apparition du King Of New-York, Abel Ferrara qui reste pour quelques jours sur le Festival.

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Une fois cette édition officiellement ouverte, la projection de la Palme d’Or « la Vie d’Adèle » pouvait commencer…

LE FIFIB 2EME EDITION, C’EST PARTI!

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Pour sa deuxième édition, le Festival International du Film Indépendant de Bordeaux, communément appelé FIFIB a mis les petits plats dans les grands! En effet, trois invités de marque ponctueront le festival à leur manière.

Abdellatif Kechiche viendra présenter en ouverture sa Palme d’Or, la Vie d’Adèle dès ce soir. Roman Polanski honorera le festival de sa présence dans le cadre d’une rétrospective et offrira en plus de la présentation de la Vénus à la Fourrure en clôture, une masterclass. Enfin, Abel Ferrara viendra à la rencontre de ses fans dans le cadre d’un Ferrara VS Pasolini qui permettra de voir certains films de ces deux cinéastes aux multiples points communs!

Pour en venir à la compétition, le jury composé d’Anne Parillaud (Présidente), Julie Depardieu, Santiago Amigorena, Vimukhti Jayasundara et Jonathan Caouette devra faire un choix entre les huit films en compétition:

Mister John  de Joe Lawlor et Christine Molloy

Die Welt d’Alex Pitstra

Nina d’Elisa Fuksas

Tonnerre de Guillaume Brac

Blue Ruin de Jeremy Saulnier

Les Interdits d’Anne Weil et Philippe Kotlarski

12 O’Clock Boys de Lofty Nathan

Marussia d’Eva Pervolovici

Le FIFIB proposera également une compétition de courts-métrages, un focus sur la Grèce, un autre sur le Japonais Katsuya Tomita, des séances spéciales, des ateliers et plein d’autres choses. Jusqu’au 9 octobre, Bordeaux va donc vivre de belles émotions cinéphiles.

MASTER CLASS COSTA GAVRAS AU FIFIB

Demain, samedi 6 octobre à 16h au cinéma UGC CinéCité de Bordeaux est organisée dans le cadre du Festival International du Film Indépendant de Bordeaux une masterclass avec Costa Gavras. Le réalisateur grec de « Z » et « l’Aveu » rencontrera le public et répondra aux questions. Cette master class est gratuite!

A 18h30, ce sera la Cérémonie de clôture avec la projection de son dernier film « le Capital », thriller financier avec Gad Elmaleh.

CRITIQUE: APRES MAI, FILM D’OUVERTURE DU FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM INDEPENDANT DE BORDEAUX

Région parisienne, début des années 70. Jeune lycéen, Gilles est pris dans l’effervescence politique et créatrice de son temps. Comme ses camarades, il est tiraillé entre un engagement radical et des aspirations plus personnelles. De rencontres amoureuses en découvertes artistiques, qui les conduiront en Italie, puis jusqu’à Londres, Gilles et ses amis devront faire des choix décisifs pour trouver leur place dans une époque tumultueuse.

Quel choix judicieux pour ouvrir ce Festival du Film Independant que ce film sur une époque révolue où un vent de liberté soufflait dans les cheveux longs de la jeunesse de France ! Même si Olivier Assayas n’entre pas dans le cadre du cinéaste débutant, son film est le petit cousin de deux de ses premiers longs métrages, « Désordre » et « l’Eau Froide », qui brossaient déjà le portrait d’une certaine adolescence, en quête d’indépendance et d’accomplissement, mais lorgne également du côté de « Carlos » pour l’aspect politique. Sauf qu’ici, Assayas livre une oeuvre quasi-autobiographique avec ce Gilles, son alter ego,  dont l’engagement politique n’est concurrencé que par une farouche envie de faire du Cinéma, mais vraiment de l’art, au contraire de son père, scénariste de séries pour la télé, destinées à la petite bourgeoisie!

 

Non seulement Olivier Assayas nous raconte sa jeunesse, loin de celle d’aujourd’hui qui n’a malheureusement que peu d’utopies, mais à travers ce film semble résumer toute son oeuvre. Outre le fait que ses deux personnages principaux portent les mêmes prénoms que ceux de « l’Eau froide », « Après mai » multiplie les citations. On y retrouve l’omniprésence de l’art comme dans « Désordre », « Irma Vep », « Clean » ou encore « l’Heure d’Eté » et la scène de la fête nous rappelle étrangement celles de « l’Eau froide » ou de « l’Heure d’Eté ». Même si « Après mai » ne fait pas partie des oeuvres majeures d’Assayas en raison de quelques baisses de rythme et de l’interprétation parfois limite de certains jeunes comédiens (à l’exception de Lola Créton toujours lumineuse et qui dégage décidément une sensualité rare!), il s’inscrit dans l’oeuvre à la fois hétérogène et cohérente de l’un des cinéastes français les plus intéressants.

LA NOTE: 7.5/10

Sortie le 14 novembre 2012.

ENFIN UN FESTIVAL DE CINEMA A BORDEAUX: LE FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM INDEPENDANT

Qu’est-ce que le Cinéma Indépendant ? Le meilleur moyen serait sûrement de le définir comme un Cinéma fait dans une optique non commerciale, hors de l’emprise des grands studios. Cela ne signifie pas bien sûr qu’ils sont condamnés à l’échec: « La Guerre est Déclarée », « Mélancholia », « Une Séparation » sont des exemples récents de ce que ce Cinéma Indépendant a de fédérateur, ces trois films étant trois des plus gros succès de l’année en France.

Ce nouveau festival, créé par deux amies passionnées, Johanna Carreire et Pauline Reiffers, s’est fixé pour mission de nous faire découvrir toutes les facettes du Cinéma Indépendant et a choisi de s’entourer pour cela de professionnels, dont Léo Soésanto, le directeur artistique, critique aux Inrocks ayant déjà oeuvré pour « la Semaine de la Critique » à Cannes.

Du 2 au 7 octobre, le 1er FIFIB proposera:

– 8 longs métrages en première française (1ers ou 2èmes films)

– 7 séances dédiées à un réalisateur indépendant américain

– 2 séances spéciales ( ACID et un film d’animation)

Le festival abritera également les Rencontres Internationales KINO visant à promouvoir les courts-métrages indépendants.

En attendant la séléction officielle et le contenu du jury, on sait déjà que seront présents Olivier Assayas, parrain de la manifestation, Jonathan Caouette dont « Tarnation » et « Walk away Renée » seront projetés et enfin l’égérie du Festival, la comédienne Adèle Haenel, en représentation théâtrale à Bordeaux dans cette période.

 

FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM INDEPENDANT DE BORDEAUX – TRAILER from Selim Bentounes on Vimeo.