CRITIQUE DVD: GIMME THE LOOT

81l2bQnpZTL__AA1500_

LE FILM: 7/10

Malcom et Sofia sont de jeunes graffeurs qui arpentent les rues de New York pour couvrir de leurs noms les murs de la ville. Lorsque l’un de leurs tags disparaît sous un autre graffiti, les deux adolescents se lancent le défi de leur vie : tagguer la pomme géante du Shea Stadium. Pour cela, une seule contrainte et pas des moindres: trouver les 500 dollars nécessaires pour que le gardien de nuit les fasse entrer incognito… Entre rivalités de gangs et petites combines,parviendront-ils à prendre leur revanche ?

« File-moi l’oseille », c’est la traduction du titre de ce film indépendant qui fit un beau parcours dans les festivals du monde entier! Ca fleure bon le cinéma indépendant avec ses acteurs amateurs et une caméra presque documentaire. Mélange de Spike Lee et de Cassavetes, ce Gimme The Loot suit deux jeunes amis dans leur quête des quelques dollars qui leur permettraient de relever le défi qu’ils se sont fixés: taguer le symbole des Mets! C’est surtout un prétexte à les suivre dans leur quotidien dans lequel les combines et surtout la tchatche tiennent le haut du pavé. New-York y est magnifiquement mis en images et la bande originale a le bon goût d’éviter les clichés hip-hop pour pencher du côté des 50’s!

Adam Leon est un cinéaste à suivre, en espérant qu’il s’attaquera à un un scénario un peu plus consistant!

TECHNIQUE: 9/10

Rien à dire sur le DVD, à noter l’absence de VF.

BONUS: 9/10

Outre les bandes-annonces d’usage, on trouve une passionnante interview du cinéaste (17 mins), une scène coupée, le webshow « All city hour » et le court-métrage d’Adam Leon, « Killer ».

VERDICT: 7.5/10

Un DVD impeccable pour découvrir le jeune cinéma new-yorkais.

Disponible en DVD (19,99 euros) chez Diaphana dès le 2 mai.

 

CRITIQUE: APRES MAI, FILM D’OUVERTURE DU FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM INDEPENDANT DE BORDEAUX

Région parisienne, début des années 70. Jeune lycéen, Gilles est pris dans l’effervescence politique et créatrice de son temps. Comme ses camarades, il est tiraillé entre un engagement radical et des aspirations plus personnelles. De rencontres amoureuses en découvertes artistiques, qui les conduiront en Italie, puis jusqu’à Londres, Gilles et ses amis devront faire des choix décisifs pour trouver leur place dans une époque tumultueuse.

Quel choix judicieux pour ouvrir ce Festival du Film Independant que ce film sur une époque révolue où un vent de liberté soufflait dans les cheveux longs de la jeunesse de France ! Même si Olivier Assayas n’entre pas dans le cadre du cinéaste débutant, son film est le petit cousin de deux de ses premiers longs métrages, « Désordre » et « l’Eau Froide », qui brossaient déjà le portrait d’une certaine adolescence, en quête d’indépendance et d’accomplissement, mais lorgne également du côté de « Carlos » pour l’aspect politique. Sauf qu’ici, Assayas livre une oeuvre quasi-autobiographique avec ce Gilles, son alter ego,  dont l’engagement politique n’est concurrencé que par une farouche envie de faire du Cinéma, mais vraiment de l’art, au contraire de son père, scénariste de séries pour la télé, destinées à la petite bourgeoisie!

 

Non seulement Olivier Assayas nous raconte sa jeunesse, loin de celle d’aujourd’hui qui n’a malheureusement que peu d’utopies, mais à travers ce film semble résumer toute son oeuvre. Outre le fait que ses deux personnages principaux portent les mêmes prénoms que ceux de « l’Eau froide », « Après mai » multiplie les citations. On y retrouve l’omniprésence de l’art comme dans « Désordre », « Irma Vep », « Clean » ou encore « l’Heure d’Eté » et la scène de la fête nous rappelle étrangement celles de « l’Eau froide » ou de « l’Heure d’Eté ». Même si « Après mai » ne fait pas partie des oeuvres majeures d’Assayas en raison de quelques baisses de rythme et de l’interprétation parfois limite de certains jeunes comédiens (à l’exception de Lola Créton toujours lumineuse et qui dégage décidément une sensualité rare!), il s’inscrit dans l’oeuvre à la fois hétérogène et cohérente de l’un des cinéastes français les plus intéressants.

LA NOTE: 7.5/10

Sortie le 14 novembre 2012.