Critique: Corniche Kennedy

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Corniche Kennedy. Dans le bleu de la Méditerranée, au pied des luxueuses villas, les minots de Marseille défient les lois de la gravité. Marco, Mehdi, Franck, Mélissa, Hamza, Mamaa, Julie : filles et garçons plongent, s’envolent, prennent des risques pour vivre plus fort. Suzanne les dévore des yeux depuis sa villa chic. Leurs corps libres, leurs excès. Elle veut en être. Elle va en être.

Désireuse de filmer Marseille, Dominique Cabrera tombe sur le livre de Maylis de Kerangal qui parle de ces minots qui sautent du haut de la Corniche au mépris de tous les dangers. Après les avoir rencontrés, elle décide donc d’adapter le roman et de faire appel à ces jeunes, dont Alain de Maria et Kamel Kadri. Alors que l’un d’eux flirte avec le gangsterisme, une jeune femme (Lola Creton), fascinée par ces jeunes « fous », va intégrer la bande et affronter ses peurs. La réalisatrice aborde l’adolescence, cet âge où l’on est prêt à tout sans se soucier des conséquences avec une certaine luminosité et mêle triangle amoureux et polar. Un joli film porté par la très talentueuse Lola Créton et les deux petits nouveaux aux exploits insensés, Aain de Maria et Kamel Kadri.

3.5

Sortie le 18 janvier

 

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CRITIQUE DVD: LES SALAUDS

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LE FILM: 6/10

Commandant à bord d’un supertanker, Marco Silvestri doit rentrer d’urgence à Paris. Sa soeur Sandra est aux abois: son mari suicidé, une entreprise en faillite et sa fille unique à la dérive. Sandra désigne le coupable : l’homme d’affaires Edouard Laporte. Marco loue un appartement dans l’immeuble où Laporte a installé sa maitresse et leur fils. Mais Marco n’avait pas prévu les secrets de Sandra, qui brouillent la donne…

Trois ans après son dernier film, White Material, les Salauds est un film assez difficile d’accès tant il tarde à se faire comprendre. La réalisatrice privilégie en effet le minimalisme, l’épure, usant de l’ellipse tout au long du film et limitant les dialogues à leur strict nécessaire. En quelques plans, elle sait créer un climat, en l’ocurence ici un climat des plus glauques, qui s’épaissit de plus en plus alors que les informations sont dévoilées. Le film manque tout de même un peu de clarté mais aussi de message clair; on se demande longtemps ce que la cinéaste veut bien nous dire!

TECHNIQUE: 9/10

Très belle copie y compris dans les nombreuses scènes sombres!

BONUS: 6/10

Outre la bande-annonce, on trouve un commentaire de la réalisatrice sur les images des essais (17 mins).

VERDICT: 6/10

Un film noir et glauque un peu touffu!

Disponible en DVD (12.99 euros) chez Wild Side Vidéo dès le 15 janvier

CRITIQUE: APRES MAI, FILM D’OUVERTURE DU FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM INDEPENDANT DE BORDEAUX

Région parisienne, début des années 70. Jeune lycéen, Gilles est pris dans l’effervescence politique et créatrice de son temps. Comme ses camarades, il est tiraillé entre un engagement radical et des aspirations plus personnelles. De rencontres amoureuses en découvertes artistiques, qui les conduiront en Italie, puis jusqu’à Londres, Gilles et ses amis devront faire des choix décisifs pour trouver leur place dans une époque tumultueuse.

Quel choix judicieux pour ouvrir ce Festival du Film Independant que ce film sur une époque révolue où un vent de liberté soufflait dans les cheveux longs de la jeunesse de France ! Même si Olivier Assayas n’entre pas dans le cadre du cinéaste débutant, son film est le petit cousin de deux de ses premiers longs métrages, « Désordre » et « l’Eau Froide », qui brossaient déjà le portrait d’une certaine adolescence, en quête d’indépendance et d’accomplissement, mais lorgne également du côté de « Carlos » pour l’aspect politique. Sauf qu’ici, Assayas livre une oeuvre quasi-autobiographique avec ce Gilles, son alter ego,  dont l’engagement politique n’est concurrencé que par une farouche envie de faire du Cinéma, mais vraiment de l’art, au contraire de son père, scénariste de séries pour la télé, destinées à la petite bourgeoisie!

 

Non seulement Olivier Assayas nous raconte sa jeunesse, loin de celle d’aujourd’hui qui n’a malheureusement que peu d’utopies, mais à travers ce film semble résumer toute son oeuvre. Outre le fait que ses deux personnages principaux portent les mêmes prénoms que ceux de « l’Eau froide », « Après mai » multiplie les citations. On y retrouve l’omniprésence de l’art comme dans « Désordre », « Irma Vep », « Clean » ou encore « l’Heure d’Eté » et la scène de la fête nous rappelle étrangement celles de « l’Eau froide » ou de « l’Heure d’Eté ». Même si « Après mai » ne fait pas partie des oeuvres majeures d’Assayas en raison de quelques baisses de rythme et de l’interprétation parfois limite de certains jeunes comédiens (à l’exception de Lola Créton toujours lumineuse et qui dégage décidément une sensualité rare!), il s’inscrit dans l’oeuvre à la fois hétérogène et cohérente de l’un des cinéastes français les plus intéressants.

LA NOTE: 7.5/10

Sortie le 14 novembre 2012.