Critique Dvd: Shéhérazade

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LE FILM:

4.5

Zachary, 17 ans, sort de prison.
Rejeté par sa mère, il traîne dans les quartiers populaires de Marseille. C’est là qu’il rencontre Shéhérazade…

Sélectionné à la Semaine de la Critique et Prix Jean Vigo, ce premier film de Jean-Bernard Marlin se fait remarquer partout où il passe. Sorte d’hybride entre le film de gangsters scorsesien et le naturalisme de Kechiche, « Shéhérazade » est l’histoire d’une rencontre entre un jeune mineur tout juste sorti de prison et une jeune prostituée. Ces deux êtres à la dérive vont chuter ensemble, malgré leur amour, pour mieux grandir et se relever. D’un côté, Zachary s’amuse de la boutade de son geôlier le jour de la sortie qui lui lance « à bientôt », certain de ne pas rechuter. Quelques minutes plus tard, lorsqu’il voit que sa « daronne » n’est pas dehors pour sa sortie et qu’elle « ne peut plus s’en occuper », ses certitudes sont bousculées et sa seule issue est de retrouver ses amis avec qui il a fait les 400 coups. De l’autre, il y a la jeune Shéhérazade, qui se prostitue pour survivre dans un appart miteux en compagnie d’une collègue transexuelle. Ces trois personnages vont alors trouver leur compte à s »‘associer », un revenu pour Zachary et une protection pour Shéhérazade et sa copine. Dans un microcosme où le respect de la femme n’existe pas, Zachary va avoir du mal à assumer sa relation.

Extrêmement noir, le film surfe tout de même sur des thèmes extrêmement plombant que ce soit la prostitution, la drogue, la prison, la violence et pourtant… Dès la première nuit entre Zach et Shéhérazade, enlacés, à la lueur d’une veilleuse en forme de canard, la jeune fille suçant son pouce, la douceur et la tendresse surgit et restera comme un signe d’espoir tout au long du film. Violent, noir, glauque mais baigné d’un romantisme fou, « Shéhérazade » est l’un des premiers films les plus marquant de l’année!

TECHNIQUE:

3.5

On aurait aimé un support HD mais ça reste correct!

BONUS:

3.5

On trouve ici une courte interview du réalisateur, quelques scènes coupées, les essais de l’actrice principale mais surtout le court métrage « la Fugue », dans le même genre que le long. On aurait bien aimé un making of…

VERDICT:

4.5

L’un des premiers films chocs de 2018!

Disponible en DVD (19.99 euros) chez AD VITAM dès le 8 janvier

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Critique: Shéhérazade

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Zachary, 17 ans, sort de prison.
Rejeté par sa mère, il traîne dans les quartiers populaires de Marseille. C’est là qu’il rencontre Shéhérazade…

Sélectionné à la Semaine de la Critique et Prix Jean Vigo, ce premier film de Jean-Bernard Marlin se fait remarquer partout où il passe. Sorte d’hybride entre le film de gangsters scorsesien et le naturalisme de Kechiche, « Shéhérazade » est l’histoire d’une rencontre entre un jeune mineur tout juste sorti de prison et une jeune prostituée. Ces deux êtres à la dérive vont chuter ensemble, malgré leur amour, pour mieux grandir et se relever. D’un côté, Zachary s’amuse de la boutade de son geôlier le jour de la sortie qui lui lance « à bientôt », certain de ne pas rechuter. Quelques minutes plus tard, lorsqu’il voit que sa « daronne » n’est pas dehors pour sa sortie et qu’elle « ne peut plus s’en occuper », ses certitudes sont bousculées et sa seule issue est de retrouver ses amis avec qui il a fait les 400 coups. De l’autre, il y a la jeune Shéhérazade, qui se prostitue pour survivre dans un appart miteux en compagnie d’une collègue transexuelle. Ces trois personnages vont alors trouver leur compte à s »‘associer », un revenu pour Zachary et une protection pour Shéhérazade et sa copine. Dans un microcosme où le respect de la femme n’existe pas, Zachary va avoir du mal à assumer sa relation.

Extrêmement noir, le film surfe tout de même sur des thèmes extrêmement plombant que ce soit la prostitution, la drogue, la prison, la violence et pourtant… Dès la première nuit entre Zach et Shéhérazade, enlacés, à la lueur d’une veilleuse en forme de canard, la jeune fille suçant son pouce, la douceur et la tendresse surgit et restera comme un signe d’espoir tout au long du film. Violent, noir, glauque mais baigné d’un romantisme fou, « Shéhérazade » est l’un des premiers films les plus marquant de l’année!

4.5

 

Critique Bluray: Chouf

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Réalisation Karim Dridi
Scénario Karim Dridi
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Drame
Durée 1H43
Sortie 5 octobre 2016

LE FILM:

4

Chouf, ça veut dire « regarde » en arabe. C’est le nom des guetteurs des réseaux de drogue de Marseille. Sofiane, 24 ans, brillant étudiant, intègre le business de son quartier après le meurtre de son frère, un caïd local. Pour retrouver les assassins, Sofiane est prêt à tout.
Il abandonne famille, études et gravit rapidement les échelons. Aspiré par une violence qui le dépasse, Sofiane découvre la vérité et doit faire des choix.

Six ans après sa tentative romanesque « le Dernier Vol », Karim Dridi revient à qu’il maîtrise le mieux, le film « social ». Et c’est plutôt réussi, avec un résultat quelque part entre le réalisme social de Ken Loach et le film de gangsters à la « Goodfellas »! Après un début optimiste et le retour de Sofiane qui brille à la fac, le film nous plonge dans la tragédie, comme si, inexorablement, les habitants de cette Cité marseillaise, voyaient leurs efforts contrariés par une force invisible. Extrêmement bien interprété par des comédiens amateurs, « Chouf » passionne par son réalisme documentaire et l’humanité qui s’en dégage.

TECHNIQUE:

4.5

Parfait!

BONUS:

4.5

On trouve ici un excellent making of, une série de featurettes et un court-métrage de Karim Dridi, « la boxeuse ».

VERDICT:

4

Un polar social réussi!

Disponible en DVD (14.99 euros) et bluray (19.99 euros) chez BLAQ OUT dès le 9 mars

 

Critique: Corniche Kennedy

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Corniche Kennedy. Dans le bleu de la Méditerranée, au pied des luxueuses villas, les minots de Marseille défient les lois de la gravité. Marco, Mehdi, Franck, Mélissa, Hamza, Mamaa, Julie : filles et garçons plongent, s’envolent, prennent des risques pour vivre plus fort. Suzanne les dévore des yeux depuis sa villa chic. Leurs corps libres, leurs excès. Elle veut en être. Elle va en être.

Désireuse de filmer Marseille, Dominique Cabrera tombe sur le livre de Maylis de Kerangal qui parle de ces minots qui sautent du haut de la Corniche au mépris de tous les dangers. Après les avoir rencontrés, elle décide donc d’adapter le roman et de faire appel à ces jeunes, dont Alain de Maria et Kamel Kadri. Alors que l’un d’eux flirte avec le gangsterisme, une jeune femme (Lola Creton), fascinée par ces jeunes « fous », va intégrer la bande et affronter ses peurs. La réalisatrice aborde l’adolescence, cet âge où l’on est prêt à tout sans se soucier des conséquences avec une certaine luminosité et mêle triangle amoureux et polar. Un joli film porté par la très talentueuse Lola Créton et les deux petits nouveaux aux exploits insensés, Aain de Maria et Kamel Kadri.

3.5

Sortie le 18 janvier

 

Marseille: Shakespeare est-il soluble dans la bouillabaisse ?

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Titre original Marseille
Genre Série politique
Création Dan Franck
Production Pascal Breton
Pays d’origine Drapeau de la France France
Chaîne d’origine Netflix
Nb. de saisons 1
Nb. d’épisodes 8
Durée 42 minutes

On connaît bien la chaîne privée Netflix spécifiquement pour ses créations en matière de séries TV. Parmi ses réussites, « Daredevil », « Bloodline », « Narcos » ou encore « House of cards »! Quand la chaîne annonça sa première création française avec Florent Emilio Siri à la barre et avec des talents comme Depardieu, Magimel ou Géraldine Pailhas, on espérait beaucoup. Puis la rumeur enfla et la communication sur cette nouvelle série, laissant imaginer un « House of cards » à la Française! Maintenant que le nouveau-né a montré le bout de son nez, le choc est brutal et le déchaînement critique qui s’abat sur cette série est loin d’être complètement immérité.

Le principal problème tient en fait dans le décalage entre les promesses et le résultat final. On est effectivement bien plus proche de « Sous le soleil » ou « Plus belle la vie » que de la grande série politique américaine. « Marseille » est le récit d’un combat parricide entre Robert Taro le maire sortant et Lucas Barres son dauphin avec son lot d’histoires familiales et d’intrigues amoureuses sans intérêt. Une fois que la bataille municipale est lancée, on suit, au gré des coups bas portés par chacun, les hausses et les baisses dans les sondages, jusqu’au résultat final. Malheureusement, tout va mal! La mise en scène est inexistante alors qu’aujourd’hui, les séries sont de plus en plus exigeantes, avec la volonté d’égaler le grand écran; les effets de mise en scène se réduisent aux SMS récurrents qui apparaîssent à l’écran et quelques ralentis parfaitement inutiles. Pour accentuer l’émotion que cette mise en scène peine à imprimer, la musique souligne tout d’une façon totalement ridicule. Pas autant ridicule tout de même que l’interprétation, le pompon revenant à Depardieu en totale roue libre, qui semble se demander ce qu’il fait là et évidemment à Benoît Magimel, jamais crédible, qui jongle toute la série avec un accent marseillais qui apparaît et disparaît au gré des scènes. Le montage, catastrophique, multipliant jusqu’à l’overdose les plans de coupe sur les toits de Marseille, se permet même de montrer des personnages parlant sans bouger les lèvres! Quant aux personnages féminins, les pauvres actrices chargées de les incarner ne servent malheureusement qu’à combler les pulsions sexuelles des personnages masculins. Tout le pittoresque est là: le foot, la drogue, la criminalité et l’intrigue aux relents shakespeariens a bien du mal à se fondre dans ce décorum! Pathétique…

0.5