Critique Bluray: Le Violent

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Titre original In a Lonely Place
Réalisation Nicholas Ray
Scénario Edmund H. North
Andrew Solt
d’après le roman de
Dorothy B. Hughes
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Durée 94 min.
Sortie 1950

LE FILM:

4.5

A la suite d’une soirée avec son agent, Dixon Steele, scénariste à Hollywood, invite à son domicile une jeune femme pour lui faire la lecture d’un roman dont il doit signer l’adaptation. Elle est retrouvée le lendemain, assassinée au pied d’un ravin. Le passé violent de Steele en fait le suspect parfait. Arrêté et interrogé, sa voisine Laurel Gray lui apporte un alibi. Dixon et Laurel tombent éperdument amoureux mais ils devront faire face aux pulsions violentes de Dixon…

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« Je suis né avec son baiser, je mourrai avec son départ, j’ai vécu juste le temps qu’elle m’a aimé… » Si cette réplique prononcée par Bogart restera dans les annales, le film entre lui au panthéon des grands films des années 50. Réalisé au début de la carrière de Nicholas Ray, « le Violent » est à la fois un polar (tout accuse Dixon Steele, scénariste sanguin, du meurtre d’une jeune femme mais est-ce bien lui?), une critique de l’industrie du Cinéma et une réflexion sur le couple (peut-être le sien?). En effet, Gloria Grahame est l’épouse de Ray, dont il est en train de se séparer! Magnifiquement mis en scène, « le Violent » offre à Bogart l’un de ses meilleurs rôles, tout en ambiguité. Attention chef d’oeuvre!

TECHNIQUE:

4.5

Magnifique copie extrêmement bien définie!

BONUS:

3.5

On retrouve les passionnantes et complémentaires présentations de Bertrand Tavernier, Patrick Brion et François Guérif!

VERDICT:

4.5

Un chef d’oeuvre du film noir dans une très belle édition! Indispensable!

Disponible en DVD (16.99 euros) et bluray (19.99 euros) chez SIDONIS

 

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Critique: Café Society

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Titre original Café Society
Réalisation Woody Allen
Scénario Woody Allen
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Comédie dramatique
Sortie 11 mai 2016

New York, dans les années 30. Coincé entre des parents conflictuels, un frère gangster et la bijouterie familiale, Bobby Dorfman a le sentiment d’étouffer ! Il décide donc de tenter sa chance à Hollywood où son oncle Phil, puissant agent de stars, accepte de l’engager comme coursier. À Hollywood, Bobby ne tarde pas à tomber amoureux. Malheureusement, la belle n’est pas libre et il doit se contenter de son amitié. 
Jusqu’au jour où elle débarque chez lui pour lui annoncer que son petit ami vient de rompre. Soudain, l’horizon s’éclaire pour Bobby et l’amour semble à portée de main…

Woody Allen fête ses cinquante de carrière en ouvrant le festival de Cannes avec son dernier film, « Café Society ». Si le sujet laissait croire à un tableau au vitriol de la Mecque du Cinéma dans les années 30, Woody n’en a finalement cure. Ce qui l’intéresse ici c’est l’Amour! On retrouve tout Allen ici: le jazz, l’humour juif et l’humour sur les Juifs, les tours du destin, l’amour de New-York et pourtant on marche encore car il surprend toujours. Si l’on pense ici à certains films des années 80 comme « Broadway Danny Rose » ou « Radio days », ce « Café Society » trouve un ton bien à lui, romantique et élégant. Si l’on apprécie forcément le duo Jesse Eisenberg/Kristen Stewart, on est subjugué devant la beauté de la mise en scène et la classe folle de la photo. Un grand cru!

4.5

Critique: Dalton Trumbo

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Titre original Trumbo
Réalisation Jay Roach
Scénario John McNamara
Acteurs principaux
Sociétés de production Groundswell Productions
Inimitable Pictures
ShivHans Pictures
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Biographique
Durée 124 minutes
Sortie 27 avril 2016

Hollywood, la Guerre Froide bat son plein.
Alors qu’il est au sommet de son art, le scénariste Dalton Trumbo est accusé d’être communiste.
Avec d’autres artistes, il devient très vite infréquentable, puis est emprisonné et placé sur la Liste Noire : il lui est désormais impossible de travailler.
Grâce à son talent et au soutien inconditionnel de sa famille, Il va contourner cette interdiction.
En menant dans l’ombre un long combat vers sa réhabilitation, il forgera sa légende.

Si tout le monde connaît Dalton Trumbo pour avoir écrit et réalisé son chef d’oeuvre anti-militariste « Johnny s’en va-t-en guerre » en 1971, son oeuvre en tant que scénariste s’étend de 1937 à 1974. Le biopic réalisé par Jay Roach s’intéresse plus spécifiquement à la période entre 1947 et 1960, période qui vit le scénariste placé sur la Liste Noire des artistes communistes, l’empêchant d’exercer son métier. Cette période ne fut pas inactive puisque l’auteur écrivit de nombreux scripts que d’autres signèrent à sa place ou qu’il signa sous de faux noms. Ces oeuvres ne sont pas n’importe lesquelles: le Démon des Armes, le Rôdeur, Vacances Romaines… « Dalton Trumbo » nous montre comment le scénariste ne baissa jamais les armes, avec l’aide de sa famille (réjouissante scène de travail d’équipe où les enfants se transforment en secrétaire pour les multiples identités de leur père!) alors que les portes se fermaient et que ses amis lui tournaient le dos. Magnifiquement écrit, le film de Jay Roach a le bon goût de ne pas chercher à  multiplier les imitations: si l’on croise Kirk Douglas, Edward G.Robinson ou John Wayne, le film évite les improbables défilés de perruques et prothèses grotesques. Quant à l’interprétation, tout le casting est au diapason d’un Bryan Cranston (Breaking Bad) qui prouve qu’il a les épaules pour porter un film. A ses côtés, Helen Mirren est remarquable dans ce rôle d’actrice sur le retour qui déverse sa frustration sur les black-listés, la sublime Diane Lane en épouse modèle, Elle Fanning en fille engagée, mais aussi Louis C.K. (Louie), John Goodman ou encore Michael Stuhlbarg dans le rôle de G.Robinson. Quant à la mise en scène de Roach qui ne s’était pourtant fait remarqué que pour ses Austin Powers, elle s’avère des plus maîtrisées, se permettant même quelques gourmandises comme cette magnifique scène durant laquelle Trumbo redécouvre son nom sur un écran.

A l’heure où les « lanceurs d’alerte » prennent des risques insensés pour mettre à jour les abus des gouvernements, « Dalton Trumbo » s’avère d’une étonnante actualité et réussit le pari de concilier intelligence et divertissement. Du grand Cinéma américain!

4.5

Critique: Ave Cesar

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Titre original Hail, Caesar!
Réalisation Joel et Ethan Coen
Scénario Joel et Ethan Coen
Acteurs principaux
Sociétés de production Mike Zoss Productions
Working Title Films
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre comédie
Durée 106 minutes
Sortie 17 février 2016

La folle journée d’Eddie Mannix va nous entraîner dans les coulisses d’un grand studio Hollywoodien. Une époque où la machine à rêves turbinait sans relâche pour régaler indifféremment ses spectateurs de péplums, de comédies musicales, d’adaptations de pièces de théâtre raffinées, de westerns ou encore de ballets nautiques en tous genres. Eddie Mannix est fixer chez Capitole, un des plus célèbres Studios de cinéma américain de l’époque. Il y est chargé de régler tous les problèmes inhérents à chacun de leurs films. Un travail qui ne connaît ni les horaires, ni la routine. En une seule journée il va devoir gérer aussi bien les susceptibilités des différentes communautés religieuses, pour pouvoir valider leur adaptation de la Bible en Technicolor, que celles du très précieux réalisateur vedette Laurence Laurentz qui n’apprécie que modérément qu’on lui ait attribué le jeune espoir du western comme tête d’affiche de son prochain drame psychologique.Il règle à la chaîne le pétrin dans lequel les artistes du studio ont l’art et la manière de se précipiter tous seuls. En plus de sortir une starlette des griffes de la police, ou de sauver la réputation et la carrière de DeeAnna Moran la reine du ballet nautique, Eddie Mannix va devoir élucider les agissements louches du virtuose de claquettes, Burt Gurney. Cerise sur le gâteau, il a maille à partir avec un obscur groupuscule d’activistes politique qui, en plein tournage de la fameuse superproduction biblique AVE CÉSAR lui réclame une rançon pour l’enlèvement de la plus grosse star du Studio, Baird Whitlok. Le tout en essayant de juguler les ardeurs journalistiques des deux jumelles et chroniqueuses ennemies, Thora et Thessaly Thacker. La journée promet d’être mouvementée.

Trois ans après le mélancolique et musical « Inside Llewin Davis », les frères Coen reviennent avec un hommage à l’Age d’Or hollywoodien. A travers le portrait d’un « fixeur », Eddie Mannix, chargé par le grand studio Capitole, de régler tous les problèmes liés aux stars sous contrat, les frères Coen nous racontent le quotidien d’un grand Studio et les dessous de la machine à rêves. Si l’on peut regretter un certain manque de liant et un vrai ciment narratif dans leur histoire de kidnapping, cet « Ave Cesar » est dans l’ensemble jubilatoire! On y parle de Mccarthysme, ou encore d’homosexualité ou de religion au Cinéma. Le casting étincelant a l’air de bien s’amuser, quelque soit la taille du rôle: Clooney, Josh Brolin et de jolis seconds rôles secondaires avec Scarlett Johansson ou encore Ralph Fiennes et Channing Tatum. Outre le soin apporté aux dialogues et à la mise en scène (notamment une scène de danse avec Tatum et un ballet aquatique avec Johansson), quelques scènes devraient gagner leur galon de scènes cultes comme cette discussion entre représentants religieux sur le Christ à l’image ou encore ce face à face entre le réalisateur incarné par Ralph Fiennes et son comédien (Alden Ehrenreich) qui n’arrive pas à jouer la scène! Un petit régal!

4

CRITIQUE BLU-RAY: FEDORA

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  • Date de sortie :
     13 septembre 1978
  • Réalisé par :  Billy Wilder
  • Avec : Marthe Keller , William HOLDEN , Henry Fonda …
  • Durée :
    1h56min
  • Pays de production :
     France Allemagne
  • Année de production :  1978
  • Titre original : FEDORA
  • Distributeur :
    GERIA

LE FILM: 9/10

La critique est ici: https://cinedingue.com/2013/08/09/critique-ressortie-fedora/

TECHNIQUE: 8/10

Très belle restauration malgré quelques scènes en dessous en terme de définition et de couleurs.

BONUS: 10/10

Outre la bande-annonce, une galerie photos, un module sur la restauration qui montre bien le travail effectué, on trouve un documentaire absolument passionnant d’1h15 qui retrace toute la fabrication du film avec des entretiens notamment de Michael York (qui peut faire un procès sans problème à son chirurgien esthétique!) et Marthe Keller.

VERDICT: 9.5/10

Un grand film et des bonus passionnants font de ce Fedora un indispensable!

Disponible en DVD (19.99 euros) et bluray (19.99 euros) chez Carlotta Films dès le 26 février



CRITIQUE BLU-RAY: QU’EST-IL ARRIVE A BABY JANE ?

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LE FILM: 8.5/10

Baby Jane est une ex-starlette de variétés dont la carrière florissante a été brisée par un grave accident de voiture qui l’a laissée infirme. Elle vit désormais avec sa soeur Blanche recluse dans un manoir de Los Angeles. Jalouse des succès passés de Blanche, Jane va peu à peu sombrer dans la folie et la brutalité, mettant à mal les espoirs de rétablissement de sa soeur…

Au cours d’une carrière de près de trente ans qui a vu aussi bien des productions moyennes que d’authentiques chefs d’œuvre, Qu’est-il arrivé à Baby Jane est plus proche de la seconde catégorie. A travers ce thriller aux accents hitchcockiens, Aldrich déconstruit le mythe hollywoodien. Le personnage de Baby Jane, incarné par l’incroyable Bette Davis, rongé par la jalousie envers sa sœur dont l’ascension a coïncidé avec sa propre déchéance, sombre dans la folie la plus totale. Les brimades à sa sœur (Joan Crawford toute en retenue), handicapée par sa faute, se multiplient et prennent de plus en plus d’ampleur, au fil que le film gagne en tension. Baby Jane peut rejoindre tranquillement Norman Bates ou Hannibal Lecter au panthéon des plus grands maniaques!

Un thriller choc porté par deux actrices en état de grâce!

TECHNIQUE: 10/10

Une copie époustouflante qui magnifie la très belle photo du film, granuleuse comme il faut!

BONUS: 10/10

On trouve sur cette édition un tas de bonus absolument passionnants:

Documentaire Tout sur Bette Davis (48′) narré par Jodie Foster
Commentaires audio non sous-titrés de Charles Busch et John Epperson
Bette & Joan : une ambition aveuglante (30′)
Extrait du Andy Williams Show (2′)   dans lequel Bette Davis pousse la chansonnette!
Coulisses du tournage (7′) avec des images très rares
Documentaire sur Joan Crawford (1967

 

VERDICT: 9/10 

Une édition bluray immanquable pour l’un des meilleurs films d’Aldrich.

CRITIQUE (RESSORTIE): FEDORA

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Fedora, grande star hollywoodienne désormais retirée en Europe, met fin à sa vie en se jetant sous un train. Deux semaines auparavant, le producteur Barry Detweiler était parti à sa recherche dans l’espoir de la faire revenir sur le devant de la scène. Mais la mystérieuse Fedora vit désormais recluse auprès de gens étranges et s’avère difficile à approcher…

Avant-dernier film de Billy Wilder, Fedora n’est pas le plus connu mais reste malgré tout un grand film que Carlotta a la riche idée de ressortir dans sa version restaurée. S’il n’en a pas la même dimension esthétiquement parlant, Fedora est indissociable de Sunset Boulevard, partageant avec ce chef d’oeuvre la même thématique, une critique d’Hollywood à travers notamment le sort réservé aux  anciennes stars. Dans Fedora, Wilder y incorpore une dimension fantastique avec cette star portant sans cesse chapeau, gants et lunettes de soleil et vivant recluse entourée d’un personnel pour le moins étrange et peu disert. Construit sur des flash-backs, le film nous plonge dans le passé de cette star et ce qui l’a amenée à vivre un tel cauchemar. Cet aspect étrange fait la réussite du film qui tient en haleine d’un bout à l’autre, avec un twist incroyable à mi-parcours. Brillamment interprété par Marthe Keller et William Holden (déjà présent dans Sunset Boulevard!), Fedora est un bijou d’écriture et conserve peut-être une force supérieure à son aîné tant Wilder pousse la cruauté à son paroxysme. Une réflexion terrible sur le monde du cinéma et le métier d’acteur à voir et revoir dès le 21 août!

NOTE: 9/10