CRITIQUE DVD: LA VALSE DANS L’OMBRE

LE FILM:

 

Londres, 1917. Myra tombe amoureuse de Roy, un officier, sur le pont de Waterloo pendant un raid aérien. Plus tard, l’armée annoncera qu’il est tombé sous le feu de l’ennemi. Le cœur brisé, Myra sombre dans la prostitution. Mais parfois l’histoire se répète…

Quand l’ultra-prolifique Mervyn LeRoy (plus de 60 films en 40 ans de carrière) s’attaque au pur mélodrame, il confirme qu’il est à l’aise dans tous les genres, et se montre à la hauteur du spécialiste du genre Douglas Sirk. Ne tombant jamais dans la mièvrerie, sa mise en scène inspirée distille une atmosphère onirique qui nous transporte d’un bout à l’autre. Les interprètes n’y sont pas pour rien; les deux immenses stars qu’étaient Vivien Leigh et Robert Taylor donnent un cachet particulier au film, vraiment digne du studio au lion. Tout y est: deux personnages magnifiques (le soldat et la danseuse) tombant amoureux au premier regard, les évènements se liguant contre eux, puis quand tout peut s’arranger, l’un des personnages qui se sacrifie. Tragique mais magnifique! Et la copie est inouïe, que ce soit au niveau du son que de l’image d’une pureté incroyable!


LES BONUS:

Outre les filmographies et galerie photos, un entretien avec Olivier-René Veillon (13’). Mais le bonus le plus important se trouve sur le second DVD, la version de James Whale de « Waterloo bridge » de 1931. Non seulement c’est un excellent film mais il est très différent de la version de LeRoy que ce soit au niveau du scénario qui ne véhicule pas du tout les mêmes enjeux (je n’en dis pas plus afin de ne pas spoiler) que de l’esprit du film beaucoup plus cru et plus du tout dans l’onirisme. Cette version est présentée également dans une copie impeccable!

VERDICT:

Un DVD à posséder absolument comme la plupart des titres de cette collection!

Disponible en double DVD (19,99 euros) chez Wild Side Video dans la collection Les Introuvables dès le 29 février.

AUTANT EN EMPORTE LE VENT (1939)

Collection Christophe L.

Géorgie, 1861. Scarlett O’Hara est une jeune fille de la haute société sudiste dont la famille possède une grande plantation de coton appelée Tara. Courtisée par tous les bons partis du pays, Scarlett O’Hara n’a d’yeux que pour Ashley Wilkes. Malheureusement, celui-ci est promis à sa cousine, la vertueuse Melanie Hamilton. Scarlett cherche à tout prix à le séduire mais à la réception des Douze Chênes, c’est du cynique et controversé Rhett Butler qu’elle retient l’attention. Pendant ce temps, la guerre de Sécession éclate, Ashley avance son mariage avec Mélanie, et Scarlett pour le rendre jaloux, épouse Charles Hamilton, le frère de Mélanie. Suite au décès de son mari à la guerre, elle finit par épouser Rhett Butler…

Adapté du seule et unique roman de Margaret Mitchell « Gone with the wind », le film de Victor Fleming est un monument du Cinéma de par l’ampleur du projet ( 4 heures de film en couleurs, succession de quatre réalisateurs dont Georges Cukor,  des milliers de figurants, et dix Oscars!) mais aussi de par son succès (1,25 Mds de $ de recettes!). C’est aussi et surtout LA grande fresque romantique souvent copiée, jamais égalée (Australia de Baz Luhrmann par exemple.).

Une grande part de la réussite du film tient en son casting même s’il ne se fit pas simplement. Le tournage était déjà commencé qu’on avait toujours pas  trouvé Scarlett! C’est finalement la britannique Vivien Leigh qui fut choisie avec quelle réussite! Qui d’autre qu’elle aurait pu interpréter ce personnage ô combien complexe: hautaine, égoïste, acharnée, courageuse, déterminée, ambitieuse, c’est une femme d’affaires en avance sur son temps. Souvent irritante, elle reste malgré tout attachante; elle est simplement humaine. En face d’elle, le beau Rhett Butler est incarné par Clark Gable pour qui le rôle semble avoir été écrit. Cynique, rusé, charmeur, au charisme incroyable, il n’aura de cesse de faire céder la belle Scarlett.

Véritable symbole du savoir-faire hollywoodien, le film se regarde sans temps mort tant le spectateur est porté par ces images flamboyantes de la petite histoire dans la grande, accompagnées de la magnifique musique de Max Steiner. Le contexte historique est parfaitement mis en scène et bien que le thème de la guerre de sécession ne fut pas très vendeur, le pari fut gagné. Seul défaut déjà présent dans le livre, le parti pris très sudiste notamment concernant l’esclavage. Pour rattraper le coup, un Oscar fut décerné à la magnifique interprète de Mammy, la gouvernante noire des O’Hara, Hattie MacDaniel.

Un conseil à ceux qui n’auraient pas encore vu le film: achetez le blu-ray qui permet de visionner le film dans des conditions optimales! Et que de bonus!!!

Indémodable!