CRITIQUE DVD: LA PORTE DU DIABLE

La sortie d’un nouveau titre de la collection « Classic Confidential » est toujours un évènement! Et la sortie de ce western méconnu mais néanmoins à l’importance capitale n’échappe pas à la règle.

LE FILM: 9/10

Décoré pendant la guerre de Sécession, un sergent d’origine indienne revient sur la terre de ses ancêtres pour y élever du bétail. Plein de bonnes intentions, il veut cohabiter paisiblement avec les éleveurs blancs, mais une loi lui interdit d’être propriétaire. Avec le soutien d’une jeune avocate, Poole se jette à corps perdu dans un combat bientôt aussi inégal qu’inutile…

Sorti quasi-simultanément à « la Flèche Brisée » de Delmer Daves, premier western à réhabiliter l’Indien, le film d’Anthony Mann partage avec celui de Daves ce message humaniste complètement nouveau. En même temps qu’il délaisse le Film Noir de ses débuts pour le Western, Mann fait également ses premiers pas sous la coupe d’un grand studio, la MGM. Même si le succès ne sera pas au rendez-vous avec « la Porte du diable », le film reste néanmoins une indiscutable réussite. Magnifiquement mis en scène, le film de Mann garde des aspects de Film Noir avec une photo noir et blanc aux accents expressionnistes et cette tension permanente qui monte crescendo jusqu’au final aux allures de tragédie grecque. « La Porte du diable » n’a pas peur de montrer le destin de cet Indien, gradé et respecté dans l’armée, qui, à la démobilisation, se retrouve pointé du doigt, humilié, dépossédé de ses terres. L’autre audace du film tient au personnage féminin, une avocate, femme de caractère, loin des standards de l’époque. Quand, de surcroît, Mann met en scène une romance entre ces deux personnages, le genre s’en trouve révolutionné!
 
Non content d’être un western passionnant, le film de Mann est donc surtout un vrai réquisitoire contre le génocide des Indiens et l’absurdité des lois raciales qui ont longtemps sévi aux Etats-Unis. Seul hic du film, Robert Taylor, même s’il est parfait dans le film, n’a rien d’un Indien et semble avoir abusé des séances d’U.V. et sa chevelure longue et très brune n’a pas grand chose de naturel! Un détail…
Comme toujours dans cette collection, la copie est impeccable pour un film de cette époque!
LES BONUS: 10/10
Comme à chaque édition « Classic Confidential », on trouve sur la galette, une galerie photos, une bande annonce, et une présentation du film (26 mins) cette fois-ci par Bertrand Tavernier et Jean-Claude Missiaen: passionnant! Evidemment, l’édition est complétée par un ouvrage, écrit ici par Bernard Eisenschitz, qui revient sur la genèse du film et sa sortie avec force détails comme toujours avec cet auteur.
VERDICT: 9,5/10
Une fois de plus, Wild Side montre l’exemple en matière d’édition de film de patrimoine! Indispensable!
Disponible en DVD (29,99 euros) dans la collection Classic Confidential chez Wild Side Video


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CRITIQUE DVD: LA VALSE DANS L’OMBRE

LE FILM:

 

Londres, 1917. Myra tombe amoureuse de Roy, un officier, sur le pont de Waterloo pendant un raid aérien. Plus tard, l’armée annoncera qu’il est tombé sous le feu de l’ennemi. Le cœur brisé, Myra sombre dans la prostitution. Mais parfois l’histoire se répète…

Quand l’ultra-prolifique Mervyn LeRoy (plus de 60 films en 40 ans de carrière) s’attaque au pur mélodrame, il confirme qu’il est à l’aise dans tous les genres, et se montre à la hauteur du spécialiste du genre Douglas Sirk. Ne tombant jamais dans la mièvrerie, sa mise en scène inspirée distille une atmosphère onirique qui nous transporte d’un bout à l’autre. Les interprètes n’y sont pas pour rien; les deux immenses stars qu’étaient Vivien Leigh et Robert Taylor donnent un cachet particulier au film, vraiment digne du studio au lion. Tout y est: deux personnages magnifiques (le soldat et la danseuse) tombant amoureux au premier regard, les évènements se liguant contre eux, puis quand tout peut s’arranger, l’un des personnages qui se sacrifie. Tragique mais magnifique! Et la copie est inouïe, que ce soit au niveau du son que de l’image d’une pureté incroyable!


LES BONUS:

Outre les filmographies et galerie photos, un entretien avec Olivier-René Veillon (13’). Mais le bonus le plus important se trouve sur le second DVD, la version de James Whale de « Waterloo bridge » de 1931. Non seulement c’est un excellent film mais il est très différent de la version de LeRoy que ce soit au niveau du scénario qui ne véhicule pas du tout les mêmes enjeux (je n’en dis pas plus afin de ne pas spoiler) que de l’esprit du film beaucoup plus cru et plus du tout dans l’onirisme. Cette version est présentée également dans une copie impeccable!

VERDICT:

Un DVD à posséder absolument comme la plupart des titres de cette collection!

Disponible en double DVD (19,99 euros) chez Wild Side Video dans la collection Les Introuvables dès le 29 février.

CRITIQUE DVD: LAME DE FOND

Deuxième titre de la fournée des « introuvables » Wild Side du 28 septembre, « lame de fond » de Vincente Minelli!

LE FILM:

Quand Ann fait la connaissance d’Alan, célèbre inventeur d’un procédé révolutionnaire, c’est le coup de foudre. Ils se marient et partent pour Washington où Ann fait son entrée dans la haute société de la ville. Puis le couple part pour Middleburg, en Virginie. Ann apprend alors que son mari a un frère, et qu’un mystère semble hanter les lieux… Vincente Minelli, spécialiste de la comédie et de la comédie musicale, s’essaie ici, en 1946, au Mélodrame. Mais l’originalité de celui-ci est qu’il est teinté du début à la fin d’une atmosphère de film noir avec ce frère qui attire toute la haine d’Alan. Ann en fait alors une véritable obsession et tente par tout moyen d’en savoir plus sur le passé de son mari et de son frère. Bénéficiant d’une photo de toute beauté signée Karl Freund, le film est aussi l’occasion de voir un trio d’acteurs merveilleux composé de Robert Mitchum dans un de ses premiers rôles, Robert Taylor et bien sûr Katharine Hepburn qui livre une prestation magnifique dans peut-être l’un de ses meilleurs rôles. Techniquement, un master restauré qui rend hommage au travail de Karl Freund: un bijou!

LES BONUS:

Côté bonus,avec la traditionnelle galerie photos, un entretien très intéressant de Jean Douchet sur le film et son metteur en scène (13 minutes).

EN CONCLUSION:

Comme souvent dans la collection « les introuvables », un film de grande qualité dans un transfert techniquement irréprochable! Indispensable!