CRITIQUE DVD: LES MARCHES DU POUVOIR

LE FILM:

Stephen Meyers est le jeune mais déjà très expérimenté conseiller de campagne du gouverneur Morris, qui se prépare pour les élections à la présidence américaine. Idéaliste et décidé à faire honnêtement tout ce qu’il peut pour faire gagner celui qu’il considère sincèrement comme le meilleur candidat, Stephen s’engage totalement. Pourtant, face aux manipulations et aux coups tordus qui se multiplient vite, Stephen va devoir faire évoluer sa façon de travailler et de voir les choses. Entre tentations et désillusions, les arcanes du pouvoir le transforment…

Même si cette quatrième réalisation de George « What else » Clooney a des airs de déjà-vu (on pense notamment au « primary colors » de Mike Nichols), « les Marches du pouvoir » (ridicule traduction de the Ides of March) se regarde avec très grand plaisir. En effet, la mise en scène de Clooney certes empreinte d’un certain classicisme est avant tout toujours juste et sert à merveille l’excellent scénario et ses dialogues brillants. Pour incarner ses personnages, Clooney réunit un casting parfait: lui, tout d’abord, est l’acteur idéal avec sa gueule à qui l’on donnerait le bon Dieu sans confession et le jeune loup aux dents longues Ryan Goslin. Mais aussi et surtout tous les seconds rôles: Philip Seymour Hoffman, Paul Giamatti, Evan Rachel Wood et Marisa Tomei (si rare et pourtant si douée!)! Pour finir, il faut noter la très belle partition de notre Alexandre Desplats national ! Quand on connaît l’implication politique de Clooney côté démocrate, il est amusant de voir que son parti n’est pas mieux que les autres dans son film! Et Clooney nous montre finalement que les hommes politiques ne sont que des marionnettes aux mains de leurs consultants tout puissants!

Une vraie réussite donc bien mise en valeur par un DVD de très belle facture ( le Blu-ray, ça doit être quelque chose!)

LES BONUS:

Outre les bandes-annonces d’usage, on trouve le commentaire audio de Clooney de Grant Heslov, le coscénariste et 4 modules: les origines (très intéressant), croire en George Clooney ( où l’on y apprend le goût de Clooney pour les blagues douteuses!), le casting ( un peu promo!) et un dernier sur le rôle d’un consultant politique.

VERDICT:

Un excellent film politique dans un DVD très recommandable!

Disponible dès le 1er mars en DVD et Blu-ray chez Metropolitan Films

CRITIQUE: 7H58, CE SAMEDI LA (2007)

UGC Ph

Voilà un petit chef d’oeuvre injustement passé inaperçu lors de sa sortie en salles! Le dernier film de Sidney Lumet est époustouflant. Cela faisait 18 ans qu’on attendait enfin un sursaut de la part de ce réalisateur et son excellent « Contre-enquête » avec Nick Nolte. Et quel sursaut!

Andy Hanson (Philipp Seymour Hoffmann) est comptable ; il s’amuse un peu avec les écritures et se drogue à l’occasion. Son frère cadet Hank, divorcé, est toujours dans la galère quand il s’agit de payer la pension de sa fille. Les deux frères couchent avec la même fille, incarnée par la trop rare Marisa Tomei. Leur père, Charles (Albert Finney), tient une bijouterie et n’a jamais été présent pour ses fils.

Andy a une idée brillante pour régler ses problèmes financiers et celui de son frère: le braquage de la bijouterie du père. Cela se ferait en douceur et l’assurance rembourserait le père:le plan parfait. Sauf que tout va partir en sucette et la famille qui battait sérieusement de l’aile va se retrouver pulvérisée.

La mise en scène de Lumet précise et acérée comme une lame de rasoir nous transporte au sein d’une famille qui tutoie les bas fonds de l’humanité et l’on en reste pantois. La structure éclatée du récit  nous promène un coup 2 jours avant le braquage puis une semaine après, etc… Et ce qui pourrait passer pour un exercice de style stérile permet au contraire de voir petit à petit une véritable toile d’araignée se tisser autour des différents protagonistes.

Enfin, Lumet a eu la bonne idée de s’entourer d’un casting de très très haut niveau: Hoffmann comme d’habitude littéralement possédé par ses personnages( cf rôles dans « Capote », « Boogie Nights » ou encore « Magnolia ») qui nous gratifie d’une scène de fureur dans la voiture dont vous vous souviendrez, Ethan Hawke qui retrouve un rôle à la hauteur de celui qu’il a eu dans « Bienvenue àGattaca », Albert Finney comme toujours parfait et Marisa Tomei, trop peu utilisée (on oublie qu’elle a été oscarisée pour « Mon Cousin Vinny » il y a déjà seize ans.

Bref, un vrai polar à voir absolument.

CRITIQUE: THE WRESTLER (2008)

Wild Bunch

Dans les années 70 Randy Robinson « the Ram » (Mickey Rourke) était une superstar du catch aux millions de fans et aux figurines à son effigie. Vingt ans plus tard, il est vendeur au rayon traiteur d’un supermarché et combat le samedi face à d’anciennes gloires du catch comme lui. Ces combats lui servent à boucler les fins de mois et à s’évader d’une vie sans aucun intérêt: il est seul et son unique famille, sa fille qu’il a abandonnée quand il tutoyait les sommets, refuse de le fréquenter. Alors que son corps l’abandonne aussi (il porte un prothèse auditive et subit un pontage après un infarctus), il va trouver l’amour en la personne d’une escort girl (Marisa Tomei), naufragée de la vie elle aussi.

Pour son quatrième film, Darren Aronofski change radicalement de registre après PI (thriller mathématico-métaphysique épatant), Requiem for a dream ( véritable shoot cinématographique sur toutes les sortes d’addiction) et The fountain (SF pas brillant). Ici, c’est un vrai drame sur fond de sport, un peu à la Rocky, sans effet de mise en scène pour coller au plus près de la réalité  un peu dans le genre des drames sociaux d’outre-Manche . Aronofski a fait un choix plus que payant de confier le rôle du »Bélier » à Mickey Rourke; c’est le rôle de sa vie et ce pourrait être autobiographique tant l’alcool et une vie mouvementée ont fait sombrer sa carrière dans l’oubli (jusqu’à ce rôle). Pour l’accompagner, Marisa Tomei est comme à chaque fois extraordinaire (je l’avais déjà dit pour « 7h58 »), ici dans ce rôle de call girl qui passe ses nuits à danser pour des paumés pour élever son fils de 9 ans.

Ces deux-là n’auraient pas besoin de parler tant leurs regards en disent long. On y lit la détresse et la tristesse de n’avoir pas de but ni de perspective d’avenir ou quelqu’un à qui se raccrocher. Vraiment un magnifique duo d’acteurs! Pour couronner le tout, Bruce Springsteen nous achève avec une ballade comme lui seul en a le secret.

Un très très bon film à ne pas manquer!