CRITIQUE: VOYAGE A DEUX (1967)

Alors qu’on a tendance à ne se souvenir que de films comme « Charade » ou « Chantons sous la pluie » lorsqu’on évoque Stanley Donen, on oublie certains chefs d’oeuvre comme « Voyage à deux » qu’il réalisa en 1967.

Audrey Hepburn et Albert Finney, tous deux époustouflants, interprètent un couple qu’on voit faire le même voyage Londres-sud de la France, à trois moments de leurs 12 ans de vie commune; au début de leur relation où ils sont deux tourteraux ou encore après 12 ans où ils ne se disent plus rien, usés par la routine.

Sans doute un des plus beaux films que j’ai vus sur le thème du couple, jamais cucul, très réaliste, plein d’humour et extrêmement original en particulier par sa forme,  complètement éclatée chronologiquement . Avec en prime, une très belle bande originale d’Henri Mancini (« the pink panther ») qui la définit comme la plus belle qu’il ait composée pour le cinéma.

Vous trouverez ce film dans un super coffret chez Carlotta avec le film « fantasmes » que je chroniquerai quand je l’aurai vu.

CRITIQUE: 7H58, CE SAMEDI LA (2007)

UGC Ph

Voilà un petit chef d’oeuvre injustement passé inaperçu lors de sa sortie en salles! Le dernier film de Sidney Lumet est époustouflant. Cela faisait 18 ans qu’on attendait enfin un sursaut de la part de ce réalisateur et son excellent « Contre-enquête » avec Nick Nolte. Et quel sursaut!

Andy Hanson (Philipp Seymour Hoffmann) est comptable ; il s’amuse un peu avec les écritures et se drogue à l’occasion. Son frère cadet Hank, divorcé, est toujours dans la galère quand il s’agit de payer la pension de sa fille. Les deux frères couchent avec la même fille, incarnée par la trop rare Marisa Tomei. Leur père, Charles (Albert Finney), tient une bijouterie et n’a jamais été présent pour ses fils.

Andy a une idée brillante pour régler ses problèmes financiers et celui de son frère: le braquage de la bijouterie du père. Cela se ferait en douceur et l’assurance rembourserait le père:le plan parfait. Sauf que tout va partir en sucette et la famille qui battait sérieusement de l’aile va se retrouver pulvérisée.

La mise en scène de Lumet précise et acérée comme une lame de rasoir nous transporte au sein d’une famille qui tutoie les bas fonds de l’humanité et l’on en reste pantois. La structure éclatée du récit  nous promène un coup 2 jours avant le braquage puis une semaine après, etc… Et ce qui pourrait passer pour un exercice de style stérile permet au contraire de voir petit à petit une véritable toile d’araignée se tisser autour des différents protagonistes.

Enfin, Lumet a eu la bonne idée de s’entourer d’un casting de très très haut niveau: Hoffmann comme d’habitude littéralement possédé par ses personnages( cf rôles dans « Capote », « Boogie Nights » ou encore « Magnolia ») qui nous gratifie d’une scène de fureur dans la voiture dont vous vous souviendrez, Ethan Hawke qui retrouve un rôle à la hauteur de celui qu’il a eu dans « Bienvenue àGattaca », Albert Finney comme toujours parfait et Marisa Tomei, trop peu utilisée (on oublie qu’elle a été oscarisée pour « Mon Cousin Vinny » il y a déjà seize ans.

Bref, un vrai polar à voir absolument.