CRITIQUE BLU-RAY: SABRINA

LE FILM: 9,5/10

La jeune Sabrina, fille du chauffeur de la richissime famille Larrabee, est amoureuse depuis son adolescence du play-boy de la famille, David.  Mais il n’est pas fils unique, son frère Linus semble être plus intéressé par les affaires…

Quel bonheur de revoir « Sabrina » sur support HD! Ce qui n’aurait pu être qu’une bluette sans intérêt, quand Billy Wilder est derrière la caméra, devient un pur chef d’oeuvre de comédie romantique d’un niveau rarement atteint de nos jours! Car non seulement, Wilder nous convie à une valse des sentiments entre les trois personnages interprétés par l’étincelante Audrey Hepburn, le beau gosse William Holden et le ténébreux Humphrey Bogart dans son unique rôle de comédie, mais il propose par-dessus une réflexion sur la lutte des classes.

En effet, la jeune Sabrina, fille du chauffeur de la familles Larrabee ne peut que regarder du haut d’un arbre les nombreuses soirées organisées par ses riches employeurs qui ne connaissent même pas, pour certains, son visage! Il suffit d’un long séjour à Paris pour étudier la cuisine d’où elle reviendra transformée, plus chic en  sorte, pour attirer enfin l’attention du playboy David Larrabee, poids des apparences! Mais celui-ci étant promis à un mariage profitable aux affaires de la famille, la charmante Sabrina est considérée comme un danger, elle la fille du peuple!

C’est enlevé, charmant, merveilleusement mis en scène et royalement interprété! Pas étonnant avec Billy Wilder aux manettes puisqu’on lui doit entre autres « Assurance sur la mort », « Boulevard du crépuscule », « Sept ans de réflexion », « certains l’aiment chaud », j’en passe et des meilleurs!

Petite anecdote amusante: quand Linus invite Sabrina à sortir, il l’emmène voir la pièce de théâtre « Sept ans de réflexion » qui inspira son film suivant, avec Marilyn Monroe!

La copie HD de ce film est une pure merveille offrant un noir et blanc magnifique et un son limpide!

LES BONUS: 0/10

Rien à se mettre sous la dent! Dommage!

VERDICT: 8/10

INDISPENSABLE!!! Même sans bonus!


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CRITIQUE DVD: LE VENT DE LA PLAINE

LE FILM:

Une famille de fermiers, les Zachary, est installée au Texas depuis deux générations. Le père a été tué par les indiens Kiowas en défendant sa maison et un climat de haine contre les indiens s’est depuis installé dans la région, entre les deux communautés. Un vagabond, Abe Kelsey, vêtu d’une vielle tenue militaire, harcèle les Zachary en les défiant et en tenant des propos plus ou moins cohérents. Plus tard, il propage même la rumeur selon laquelle la fille de la famille, Rachel, serait une Indienne…

Tourné un an avant « les Désaxés », ce western mal aimé par son réalisateur est pourtant un authentique chef d’oeuvre! Traîtant de thèmes majeurs comme la famille, le racisme ou l’intolérance, le film reste inoubliable à de nombreux points de vue. Tout d’abord, le casting très réussi réunit aux côtés de Burt Lancaster, Audie Murphy, Lillian Gish, John Saxon et pour le seul western de sa carrière la fabuleuse Audrey Hepburn dans un rôle plus qu’à contre-emploi! Avec sa mise en scène brillante, « le vent de la plaine » est un florilège de scènes qui restent gravées dans les mémoires, comme ces vaches sur le toit de la ferme des Zachary ou encore ce duel musical entre le piano de la mère et les tambours indiens. L’autre curiosité est ce climat fantastique instauré par le personnage d’Abe Kelsey qui semble tout droit sorti d’outre-tombe.

C’est donc un western brillant qu’il nous est donné de (re)découvrir dans une copie de fort belle qualité à l’exception de quelques rayures de part et d’autres.

LES BONUS:

Outre la bande-annonce, on trouve les suppléments suivants : « Le film maudit de John Huston » : interview de Patrick Brion, historien du cinéma, et de François Guérif, responsable des collections Rivages/noir et Rivages/thriller (14’20 »), « Audrey l’indienne » : interview de Suzanne Liandrat-Guigues et Gilles Laprévotte, auteurs et « Autour du roman »: interview de François Guérif. De passionnants bonus!

VERDICT:

Un western INDISPENSABLE dans un DVD d’excellente facture!

Disponible en DVD (14,99 euros) et Blu-ray (19,99 euros) chez Filmedia

TEST BLU-RAY: DIAMANTS SUR CANAPE

Voilà une bonne surprise que l’édition de ce classique indémodable de Blake Edwards, « diamants sur canapé », sur support HD!

LE FILM:

Holly Golightly, charmante call-girl de New-York, croise la route d’un jeune écrivain « entretenu » par une riche décoratrice. Holly est déterminée à trouver un milliardaire convenable avec qui se marier mais sa rencontre avec son jeune voisin pourrait perturber ses plans…

« Diamants sur canapé » est le premier grand succès de Blake Edwards avant même « la panthère rose ». Pour interpréter le rôle de culte d’Holly Golightly, il fait appel à Audrey Hepburn qui apporte une dimension particulière à ce rôle de call-girl, elle qui est si élégante et fragile. Pour lui donner la réplique, George Peppard, parfait dans son rôle même s’il n’était pas le premier choix du metteur en scène. Ce couple entrera dans la légende grâce à une comédie douce-amère d’une classe folle et portée par une fabuleuse bande originale de Henry Mancini dont le « moon river » restera à jamais gravé dans les mémoires.

Cerise sur le gâteau, c’est une version restaurée que nous propose Paramount avec une image à tomber et un son DTS prodigieux qui met merveilleusement en valeur la musique de Mancini (préférer la VO bien sûr, bien meilleure!).

LES BONUS:

Les bonus sont tous passionnants: « une réunion des Golightly » permet de retrouver les interprètes de la scène du cocktail qui reviennent sur les anecdotes du tournage, « Henry Mancini, plus que de la musique » permet d’écouter les proches du compositeur en dresser un portrait intime, « M.Yunioshi:un point de vue asiatique » donne la parole à des Américains d’origine asiatique qui s’expriment sur le personnage caricatural interprété par Mickey Rooney, un court « making of », « c’est tellement Audrey: une véritable icone », des interviews qui reviennent sur la carrière d’Audrey Hepburn, « derrière les portes: visite des studios » nous permet de faire une courte visite des studios et quelques autres bonus au contenu plus anecdotique.

EN CONCLUSION:

Un blu-ray incontournable pour tout cinéphile qui se respecte et un bon moyen de (re)découvrir  un classique de la comédie romantique!

CRITIQUE: VOYAGE A DEUX (1967)

Alors qu’on a tendance à ne se souvenir que de films comme « Charade » ou « Chantons sous la pluie » lorsqu’on évoque Stanley Donen, on oublie certains chefs d’oeuvre comme « Voyage à deux » qu’il réalisa en 1967.

Audrey Hepburn et Albert Finney, tous deux époustouflants, interprètent un couple qu’on voit faire le même voyage Londres-sud de la France, à trois moments de leurs 12 ans de vie commune; au début de leur relation où ils sont deux tourteraux ou encore après 12 ans où ils ne se disent plus rien, usés par la routine.

Sans doute un des plus beaux films que j’ai vus sur le thème du couple, jamais cucul, très réaliste, plein d’humour et extrêmement original en particulier par sa forme,  complètement éclatée chronologiquement . Avec en prime, une très belle bande originale d’Henri Mancini (« the pink panther ») qui la définit comme la plus belle qu’il ait composée pour le cinéma.

Vous trouverez ce film dans un super coffret chez Carlotta avec le film « fantasmes » que je chroniquerai quand je l’aurai vu.

LA RUMEUR (1961)

Lost Films

Dans une petite ville de province, deux amies Karen Wright et Martha Dobie dirigent une institution pour jeunes filles, aidées par Lily, la tante de Martha, une ancienne actrice excentrique. Fiancée au médecin Joe Cardin, Karen a du mal à s’engager et à laisser à Martha la direction de l’école. Mary, une élève insolente et menteuse, alors qu’elle a été punie, lance la rumeur que les deux professeurs ont une relation « contre-nature ». Elle commence par le raconter à sa grand-mère puis très vite, tous les parents vont retirer leurs enfants de l’institution…

Il s’agit ici de la deuxième adaptation d’une pièce de Lilian Hellman après « ils étaient trois » de William Wyler déjà, en 1936. Le film est bien sûr à resituer dans son contexte. Il est l’un des premiers films hollywoodien à traiter de l’homosexualité au tout début des années 60, où le sujet restait encore tabou et où la censure au cinéma était encore sévère. S’il sortait aujourd’hui, il ferait scandale, tant l’homosexualité est traitée comme un pêché mortel.

Au niveau de la forme, William Wyler a choisi le mélodrame dans tout ce qu’il a de plus classique avec un noir et blanc de toute beauté. Le casting est de choix puisqu’on retrouve Audrey Hepburn, tout droit sortie de « diamants sur canapé », Shirley MacLaine, qui termine tout juste « la garçonnière » et James Gardner, dans le rôle du médecin. Le vrai sujet du film reste toutefois, comme le titre l’indique, la rumeur et ses pouvoirs dévastateurs, et non l’homosexualité finalement.

Le film représente autant un vrai plaisir cinéphile qu’un réel intérêt sociologique. A voir.