Critique: Hostiles

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Réalisation Scott Cooper
Scénario Scott Cooper, basé sur un manuscrit de Donald E. Stewart
Acteurs principaux
Sociétés de production Waypoint Entertainment
Le Grisbi Productions
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre western
Durée 134 minutes
Sortie 14 Mars 2018

En 1892, le capitaine de cavalerie Joseph Blocker, ancien héros de guerre devenu gardien de prison, est contraint d’escorter Yellow Hawk, chef de guerre Cheyenne mourant, sur ses anciennes terres tribales. Peu après avoir pris la route, ils rencontrent Rosalee Quaid. Seule rescapée du massacre de sa famille par les Comanches, la jeune femme traumatisée se joint à eux dans leur périple.
Façonnés par la souffrance, la violence et la mort, ils ont en eux d’infinies réserves de colère et de méfiance envers autrui. Sur le périlleux chemin qui va les conduire du Nouveau-Mexique jusqu’au Montana, les anciens ennemis vont devoir faire preuve de solidarité pour survivre à l’environnement et aux tribus comanches qu’ils rencontrent.

Quatrième film de Scott Cooper après « Crazy Heart », « Les Brasiers de la colère » et « Strictly Criminal », « Hostiles » continue sa radiographie des Etats-Unis, cette fois sous l’angle du western, genre moribond. Le film s’ouvre sur deux scènes montrant les abominations commises par les deux camps, les « Blancs » et les « Indiens ». Ces deux camps vont ensuite devoir cohabiter le temps d’un long voyage. En effet, le capitaine Joseph Bloker est chargé d’escorter le prisonnier indien Yellow Hawk, mourant, jusque sur ses terres. L’expédition croisera la route de Rosalee Quaid, jeune femme qui vit sa famille sauvagement assassinée par des Comanches. Remarquablement mis en scène, « Hostiles » prend le temps de développer son histoire, empreint de mélancolie mais ponctué d’éclairs de violence. Les protagonistes devront survivre aux attaques extérieures comme intérieures, comme une parabole sur l’Amérique d’aujourd’hui, rongée par la violence et les rancoeurs. Le casting impeccable est survolé par Christian Bale, tout en violence contenue, qui irradie comme toujours la pellicule mais également Rosamund Pike qui offre une prestation impressionnante dans ce rôle de femme dévastée sur le chemin de la résilience. Un grand film qui prouve que le western a encore de beaux jours devant lui et qui inscrit Scott Cooper dans la nouvelle génération de cinéastes US prometteurs!

4.5

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Critique Bluray: la Charge des Tuniques Bleues

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Titre original The Last Frontier
Réalisation Anthony Mann
Scénario Philip Yordan
Russell Hughes
Acteurs principaux
Sociétés de production Columbia Pictures Corporation
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Western
Durée 98 minutes
Sortie 3 août 1956

LE FILM:

4.5

Trois trappeurs, Jed Cooper, Gus et Mango sont dépouillés par les Indiens. Ils vont au Fort Shallan et demandent à être remboursés par l’armée qu’ils rendent responsable. Le capitaine Riordan refuse mais propose aux trois hommes de les engager comme guides, ce qu’ils acceptent. Le retour du colonel Frank Marston, célèbre pour avoir causé pendant la guerre de Sécession le massacre de ses hommes, augmente rapidement la tension qui règne à l’intérieur du fort. Marston exige de prendre le commandement à la place de Riordan et Jed Cooper s’éprend de Corinna, la femme de Marston. Jed apprend à Marston une future attaque des Indiens et lui conseille de défendre le fort…

Tourné quelques mois seulement après « l’Homme de la plaine », « la Charge des Tuniques Bleues » sort en plein âge d’or du Western. Reposant sur le grand thème de l’opposition entre l’état de nature et la civilisation, le film de Mann (au titre français absurde) donne la part belle aux personnages, tous torturés. Le trappeur incarné par Victor Mature, rêve d’endosser la tunique bleue et l’alcool le ronge. Il est amoureux de la femme frustrée du Colonel du Fort, soldat assoiffé de combat aux penchants suicidaires. Si le film contient ce qu’il faut de morceaux de bravoure, l’essentiel réside dans les scènes de dialogues, à l’intérieur du fort, très réussies.

TECHNIQUE:

4.5

Magnifique copie avec une très belle définition et un cinémascope éclatant! Le son très clair (VO) n’est pas en reste!

BONUS:

3.5

On trouve ici la traditionnelle présentation de Patrick Brion ainsi qu’une interview d’époque d’Anthony Mann qui revient sur sa carrière.

VERDICT:

4.5

Une édition parfaite pour un film majeur!

Disponible en DVD (16.99 euros) et bluray (19.99 euros) chez Sidonis

Critique Bluray: Bone Tomahawk

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Titre original Bone Tomahawk
Réalisation S. Craig Zahler
Scénario S. Craig Zahler
Acteurs principaux
Sociétés de production Caliber Media Company
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Western horrifique
Sortie DTV

LE FILM:

4

1850. Quelque part entre le Texas et le Nouveau Mexique. Dans la paisible ville de Bright Hope, une mystérieuse horde d’indiens en quête de vengeance kidnappent plusieurs personnes. Le shérif local accompagné de quelques hommes se lance alors à leur poursuite pour tenter de les sauver…

« Bone Tomahawk » fait partie de ces films qui débarquent directement en vidéo sans passer par les salles sans que l’on comprenne vraiment pourquoi! Pur western durant 90 minutes, « Bone Tomahawk » nous emmène, avec ses personnages dont un shérif incarné par l’excellent Kurt Russell,  à la recherche de la femme de l’un d’entre eux, kidnappée par des Indiens plutôt sanguinaires: grands espaces, chevauchées, soirées au coin du feu ponctuées de brillants dialogues, presque tarantiniens. Le film prend son temps pour développer ses personnages, créer une ambiance puis, au bout de 90 minutes, le film bascule dans l’horreur, comme si « la Prisonnière du Désert » avait frayé avec « Cannibal Holocaust », certaines scènes étant particulièrement gores! Bien écrit, remarquablement mis en scène et brillamment interprété, ce « Bone Tomahawk semble être LE DTV de l’année!

TECHNIQUE:

4.5

Un régal!

BONUS:

2

Outre la bande annonce, on trouve un court making of sans grand intérêt.

VERDICT:

4

Une pépite pour les amateurs de western et d’horreur!

Disponible en DVD (14.99 euros) et bluray (19.99 euros) chez M6 VIDEO dès le 11 mai

Critique Dvd: Les Chansons que mes frères m’ont apprises

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  • Date de sortie salles:
    09 septembre 2015
  • Réalisé par :
    Chloé Zhao
  • Avec :
    John Reddy, Jashaun St John, Taysha Fuller…
  • Durée :
    1h38min
  • Pays de production :
    Etats-Unis
  • Année de production :  2015
  • Titre original : Songs My Brothers Taught Me
  • Distributeur :
    Diaphana

LE FILM:

4.5

 

 

Johnny vient de terminer ses études. Lui et sa petite amie s’apprêtent à quitter la réserve indienne de Pine Ridge pour chercher du travail à Los Angeles. La disparition soudaine du père de Johnny vient bousculer ses projets. Il hésite également à laisser derrière lui Jashaun, sa petite sœur de treize ans dont il est particulièrement proche. C’est tout simplement son avenir que Johnny doit maintenant reconsidérer…

C’est après avoir passé quatre ans dans une réserve indienne, que Chloé Zhao a décidé de réaliser ce premier long métrage. La réalisatrice traite du passage à l’âge adulte à travers le personnage de Johnny qui ne voit d’autre avenir que dans le trafic d’alcool, véritable fléau au sein de sa communauté, ou dans le rodéo, but ultime de chaque garçon. La question se pose donc d’aller voir ce qui se passe ailleurs, difficile lorsque l’on n’a jamais connu d’autre endroit et difficile également de laisser une petite soeur pour qui le grand frère remplace le père. Au-delà du simple récit initiatique, l’aspect documentaire du film est primordial, nous donnant à voir une Amérique loin des clichés. Sur la forme, la réalisatrice accorde la même importance aux visages de ses comédiens qu’aux splendides paysages, donnant même à son film quelques accents malickiens. L’un des grands films de l’année!

TECHNIQUE:

4

 

 

Rien à signaler, mais quel dommage qu’il n’y ait pas de sortie HD.

BONUS:

2.5

 

 

Outre une interview de la réalisatrice, on trouve également quelques scènes coupées.

VERDICT:

4.5

 

 

L’un des grands films de l’année!

Disponible en DVD (19.99 euros) chez DIAPHANA dès le 27 janvier

CRITIQUE BLU-RAY: LA FLECHE BRISEE

LE FILM:

Arizona, 1870. La guerre fait rage entre blancs et Apaches. L’ancien éclaireur Tom, après avoir porté secours à un jeune Indien, rencontre le chef Cochise et propose la paix. Un traité est signé, mais la paix demeure fragile…

Réalisé en 1950, « La Flèche Brisée » est un film capital dans l’histoire du western puisqu’il est le premier à traiter l’Indien à l’égal du cowboy américain! Empreint d’un véritable humanisme le film de Delmer Daves montre comment le personnage incarné par James Stewart découvre la tribu des Apaches et la comprend jusqu’à tomber amoureux de l’une d’entre eux. Il es alors pris entre certains de ses semblables qui le prennent pour un traître et certains rénégats indiens qui le considèrent toujours comme un ennemi.

Fort d’une mise en scène brillante de Daves magnifiant les nombreux extérieurs et de son casting composé outre James Stewart, de Jeff Chandler en chef Cochise et de la magnifique Debra Paget, « la Flèche Brisée » est un splendide western à découvrir dans une très belle copie HD même si parfois quelques tâches apparaissent et une légère impression de flou sur certains plans. On chipote!

LES BONUS:

En bonus, deux présentations du film par les toujours passionnants Patrick Brion (22 mins) et Bertrand Tavernier (16 mins)!

VERDICT:

Indispensable!

Disponible en DVD (9,99 euros) et Bluray (19,99 euros) chez Sidonis.


CRITIQUE DVD: LE VENT DE LA PLAINE

LE FILM:

Une famille de fermiers, les Zachary, est installée au Texas depuis deux générations. Le père a été tué par les indiens Kiowas en défendant sa maison et un climat de haine contre les indiens s’est depuis installé dans la région, entre les deux communautés. Un vagabond, Abe Kelsey, vêtu d’une vielle tenue militaire, harcèle les Zachary en les défiant et en tenant des propos plus ou moins cohérents. Plus tard, il propage même la rumeur selon laquelle la fille de la famille, Rachel, serait une Indienne…

Tourné un an avant « les Désaxés », ce western mal aimé par son réalisateur est pourtant un authentique chef d’oeuvre! Traîtant de thèmes majeurs comme la famille, le racisme ou l’intolérance, le film reste inoubliable à de nombreux points de vue. Tout d’abord, le casting très réussi réunit aux côtés de Burt Lancaster, Audie Murphy, Lillian Gish, John Saxon et pour le seul western de sa carrière la fabuleuse Audrey Hepburn dans un rôle plus qu’à contre-emploi! Avec sa mise en scène brillante, « le vent de la plaine » est un florilège de scènes qui restent gravées dans les mémoires, comme ces vaches sur le toit de la ferme des Zachary ou encore ce duel musical entre le piano de la mère et les tambours indiens. L’autre curiosité est ce climat fantastique instauré par le personnage d’Abe Kelsey qui semble tout droit sorti d’outre-tombe.

C’est donc un western brillant qu’il nous est donné de (re)découvrir dans une copie de fort belle qualité à l’exception de quelques rayures de part et d’autres.

LES BONUS:

Outre la bande-annonce, on trouve les suppléments suivants : « Le film maudit de John Huston » : interview de Patrick Brion, historien du cinéma, et de François Guérif, responsable des collections Rivages/noir et Rivages/thriller (14’20 »), « Audrey l’indienne » : interview de Suzanne Liandrat-Guigues et Gilles Laprévotte, auteurs et « Autour du roman »: interview de François Guérif. De passionnants bonus!

VERDICT:

Un western INDISPENSABLE dans un DVD d’excellente facture!

Disponible en DVD (14,99 euros) et Blu-ray (19,99 euros) chez Filmedia