Court-Métrage: « 10 Minutes » de Thierry Sausse

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Avez-vous déjà vu le court-métrage 10 minutes réalisé par Thierry Sausse ? Je vous pose la question car il été sélectionné une trentaine de fois en festival et a reçu 5 prix à l’étranger. Sinon, foncez-le voir sur le site de la célèbre chaine 13ème rue . Ce réalisateur cannois, monté à Paris en 2008 pour intégrer une école de cinéma, n’en est pas à son coup d’essai. Son court-métrage La Belle gueule avait déjà trouvé le succès avec un style original en noir et blanc (https://vimeo.com/86243166). 
 
Cette fois-ci, il nous offre une sorte de huis clos dans un appartement avec un groupe de braqueurs, 10 minutes avant leur passage à l’action. Le court est tourné caméra à l’épaule. Celle-ci est très bien gérée par le réalisateur, alors que cette technique est loin d’être simple… Il laisse transparaître l’intensité de la scène, et la caméra raconte déjà une histoire à elle seule : ses plans posent le décor, et mettent en lumière des indices sur le contexte général de la situation. On peut ainsi apercevoir certains détails tels que des photos d’une femme et d’enfants qui laissent penser que la scène se déroule dans l’appartement de la famille d’un des braqueurs. Cela renforce le côté humain des 4 hommes, que l’on voit évoluer en proie à leurs doutes, leurs peurs et leurs émotions.
 
On peut reconnaître plusieurs références telles que Jason Bourne pour la caméra à l’épaule, ou une similitude avec une scène du Gang des Newton d’Ethan Hawke, où l’on accompagne deux frères qui prévoient de faire un braquage.
 
Les acteurs jouent globalement très bien et nous permettent de ressentir leurs états d’âmes comme si nous le vivions. En 10 minutes, on se met très facilement dans leur peau, et l’on s’attacherait presque à ces hommes au bord de la rupture. 
Seul petit bémol, l’éclairage qui selon moi ne met pas assez en valeur la scène et les personnages.
 
Vous l’aurez compris, le film ne se concentre pas sur l’idée du braquage en elle-même mais sur les réactions et les sentiments des braqueurs avant l’action (à laquelle on n’assistera d’ailleurs pas). Une réussite !
Farah Parfait
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Critique: Comancheria

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Titre original Hell or High Water
Réalisation David Mackenzie
Scénario Taylor Sheridan
Acteurs principaux
Sociétés de production Sidney Kimmel Entertainment
OddLot Entertainment
Film 44
LBI Entertainment
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Thriller
Durée 102 minutes
Sortie  7 septembre 2016

Après la mort de leur mère, deux frères organisent une série de braquages, visant uniquement les agences d’une même banque. Ils n’ont que quelques jours pour éviter la saisie de leur propriété familiale, et comptent rembourser la banque avec son propre argent. À leurs trousses, un ranger bientôt à la retraite et son adjoint, bien décidés à les arrêter.

L’Anglais David Mackenzie nous avait laissés sous le choc il y a deux ans avec « les poings contre les murs« , film carcéral surpuissant. Il enchaîne ici avec un drôle d’objet filmique, quelque part entre western moderne, polar, et comédie noire. Derrière ses apparences de film de braquage se cache un saisissant portrait d’une certaine Amérique. Si les deux frères incarnés par Ben Foster et Chris Pine se lancent dans les braquages de banque, c’est pour récupérer de quoi lever l’hypothèque sur la maison de leur mère, traitement par l’absurde de la crise des subprimes. Lors de leur cavale, Mackenzie s’amuse avec les conséquences absurdes de la libre circulation des armes, le personnage du shérif se retrouvant contraint d’emprunter un fusil à un civil. Rythmé, tendu, palpitant, remarquablement mis en scène et surtout porté par un casting de feu (mention spéciale à jeff Bridges en shériff chambreur en pré-retraite), « Comancheria » est le polar de l’année!

4.5

Critique: Triple 9

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Réalisation John Hillcoat
Scénario Matt Cook
Acteurs principaux
Sociétés de production Worldview Entertainment
Sierra Pictures
Anonymous Content
MadRiver Pictures
SureFire Capital
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre policier
Durée 115 minutes
Sortie 16 mars 2016

Ex-agent des Forces Spéciales, Michael Atwood et son équipe de flics corrompus attaquent une banque en plein jour. Alors qu’il enquête sur ce hold-up spectaculaire, l’inspecteur Jeffrey Allen ignore encore que son propre neveu Chris, policier intègre, est désormais le coéquipier de l’un des malfrats. À la tête de la mafia russo-israélienne, la redoutable Irina Vlaslov ordonne à l’équipe d’effectuer un dernier braquage extrêmement risqué. Michael ne voit qu’une seule issue : détourner l’attention de l’ensemble des forces de police en déclenchant un code « 999 » – signifiant « Un policier est à terre ». Mais rien ne se passe comme prévu…

Triple 9, c’est le code diffusé sur les ondes de la police lorsqu’un agent est à terre; la particularité de ce code est qu’il mobilise quasiment la totalité des effectifs, offrant pourquoi pas une des possibilités aux gangsters d’agir à ce moment-là. Ici, un gang de braqueurs est justement composé de flics en activité et quand Chris va être désigné pour enquêter, il va devoir nager dans une eau infestée de requins. Si l’histoire de base n’est pas des plus originales (des histoires de ripoux, on en a vu des centaines), le scénario est bigrement bien ficelé, en étant assez dense tout en restant limpide, et surtout extrêmement rythmé. Les nombreuses scènes d’action sont magnifiquement mises en scène; on n’a notamment pas vu une scène de braquage aussi bien réalisée depuis Heat. Cerise sur le gâteau, le casting est non seulement ambitieux (Casey Affleck, Chiwetel Ejiofor, Aaron Paul, Woody Harrelson et évidemment Kate Winslet dans le rôle d’une mafieuse russe, preuve qu’elle peut vraiment tout jouer!) mais joue à un très très haut niveau! Depuis The Proposition, Triple 9 est sans conteste le meilleur film de John Hillcoat et le meilleur polar depuis des lustres!

4.5

Critique Bluray: Un Après-midi de Chien

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LE FILM:

4.5

Ce braquage aurait dû se faire en 10 minutes. 4 heures plus tard, la banque était devenu un véritable cirque. 8 heures plus tard, c’était l’événement le plus regardé à la télévision. 12 heures plus tard, tout cela faisait partie de l’Histoire… L’histoire vraie d’un homme qui tente un hold-up pour payer une opération à sa « petite amie » et se retrouve à la tête de la prise d’otage médiatisée à outrance…

Deux ans après « Serpico », Sidney Lumet retrouve Al Pacino pour l’adaptation d’un fait divers. Sans round d’observation, Lumet débute d’entrée par le braquage sans présenter ses personnages mais on comprend très vite qu’on n’a pas affaire à des professionnels! Alors que le premier des trois renonce en plein hold-up, on se retrouve avec les personnages incarnés par le regretté John Cazale et bien sûr Al Pacino et leur attaque a tout du fiasco. Cerise sur le gâteau, la banque vient de se débarrasser de l’essentiel de son argent: il ne reste qu’à peine 1 000 dollars dans les caisses! A travers un simple huis-clos, Lumet dresse un réquisitoire contre la répression policière et la folie médiatique, tout en évoquant l’homosexualité et la transexualité! C’est donc non seulement un polar passionnant mais étonnamment moderne et avec un Al Pacino dans l’une de ses plus fiévreuses interprétations! Chef d’oeuvre!

TECHNIQUE:

4

Une copie des plus enthousiasmante tant elle est dépourvue de défauts! Seul un léger grain est à noter, la définition étant parfaite!

BONUS:

4

On trouve cinq modules composant un making of des plus complets de près d’une heure!

VERDICT:

4.5

Un chef d’oeuvre dans une édition parfaite! Indispensable!

Disponible en bluray (14.99 euros) chez Warner Bros

CRITIQUE: LES INCONNUS DANS LA VILLE

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LE FILM: 7/10

Trois gangsters arrivent à Bradenville, une petite ville de l’Arizona, pour y commettre un hold-up. Tout en se mêlant à la population, ils organisent et préparent leur coup et révèlent, malgré eux, les secrets et les pêchés biens gardés de certains habitants au-dessus de tout soupçon…

Même s’il n’entra jamais au panthéon des « grands cinéastes américains », Richard Fleisher eut toutefois une carrière très intéressante émaillée de jolies réussites telles que Le Voyage Fantastique, l’Etrangleur de Boston, Tora Tora Tora, ou encore Soleil Vert. Les Inconnus dans la Ville, réalisé en 1955, est un film assez atypique: plus qu’un simple film de braquage, le film de Fleisher est surtout un film sur la population d’une petite bourgade, presque une étude sociologique. Le réalisateur s’attache en effet à décrire une poignée de personnages qui finiront par se trouver liés par le braquage final grâce à une narration que l’on pourrait comparer à un entonnoir. Ceux qui s’attendent à un polar pur seront ainsi déstabilisé, l’action pure n’intervenant que dans le dernier quart d’heure. Les autres seront surpris par l’originalité de ce film à la réalisation impeccable et au casting cosmopolite: on y retrouve en effet, Lee Marvin, Victor Mature ou encore Ernest Borgnine!

TECHNIQUE: 10/10

Une copie exemplaire d’une restauration parfaite: une définition limpide et des couleurs éclatantes! Du bonheur!

BONUS: 8/10

Outre la bande-annonce, on y trouve une présentation du film par le grand William Friedkin qui en fait l’égal de l’Ultime Razzia de Kubrick ainsi qu’un commentaire sur le film par Nicolas Saada.

VERDICT: 7.5/10

Un bluray d’exception pour un film noir atypique!

Disponible en DVD (16,99 euros) et blu-ray (19,99 euros) chez Carlotta Films dès le 3 avril

 

CRITIQUE DVD: LES SEPT VOLEURS

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LE FILM: 8/10

Professeur et scientifique disgracié, Theo Wilkins attend que son vieil ami Paul Mason sorte de prison pour organiser le casse du plus important des casinos de Monte-Carlo. Sa façon de se venger de la société. Avec cinq autres complices, dont une femme, Mason et Wilkins mettent leur plan à exécution le soir où l’établissement accueille un bal fastueux donné par un gouverneur. Si les deux hommes sont certains d’avoir tout prévu, ils doivent faire preuve d’imagination et de sang froid pour surmonter une série d’épreuves inattendues.

Film de braquage réalisé en 1960 par Henry Hathaway, « les Sept Voleurs » respecte à la lettre le canevas de ce genre de films. La première moitié du film montre la préparation du casse, et la seconde moitié voit le casse et le dénouement.
Malgré une première partie un peu bavarde, la classe de la mise en scène d’Hathaway et son casting trois étoiles emportent l’adhésion du spectateur. On retrouve avec bonheur Edward G. Robinson en instigateur du casse, Rod Steiger dans le rôle du cerveau, Éli Wallach le froussard de la bande et la magnifique Joan Collins qui nous gratifie d’un magnifique numéro de danse.

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Cerise sur le gâteau, le film nous réserve un final plein d’ironie vraiment réjouissant. Injustement tombé dans l’oubli, Les Sept Voleurs n’a rien à envier à Ocean’s Eleven!

Technique: 8,5/10

Une copie très satisfaisante proposée sur ce DVD! A noter l’absence de VF mais une Vo limpide!

BONUS: 7/10

Outre la bande annonce et une galerie photos, on trouve les traditionnelles présentations de Patrick Brion et François Guerif ainsi qu’un doc anecdotique sur le film noir.

VERDICT: 8/10

Une petite pépite à découvrir absolument!

Disponible en DVD (14,99 euros) chez Sidonis

CRITIQUE: RESERVOIR DOGS, PREMIERS PAS D’UN GENIE

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Après un hold-up manqué, des cambrioleurs de haut vol font leurs comptes dans une confrontation violente, pour découvrir lequel d’entre eux les a trahis.

Après 20 ans de carrière et quelques semaines après la sortie de son chef d’oeuvre, Django Unchained, il est amusant de revenir sur le premier long métrage de l’enfant terrible du cinéma hollywoodien, Quentin Tarantino. Quand Reservoir Dogs débarque sur la Croisette en 1992, tous les cinéphiles savent qu’ils découvrent un réalisateur hors du commun.

Plusieurs choses surprennent par-dessus tout: son goût pour une violence extrême qui voit l’écran se teinter de rouge à de nombreuses reprises, l’audace narrative dont il fait preuve n’hésitant pas à éclater son récit et enfin son sens du dialogue et ce, dès la première scène lors de laquelle les gangsters dissertent autour de leur petit déjeuner sur le sens profond de la chanson de Madonna « Like a Virgin ».

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D’autres éléments s’avèreront annonciateurs de ce que sera la suite de la carrière de celui que l’on nommera QT:

– l’Amour du film de genre et l’hommage permanent qu’il lui rend.

En effet, Tarantino choisit pour son premier film de réaliser un pur film de braquage, mais en déstructurant son récit. Alors que les nombreux films dont il s’inspire suivent à peu près le même schéma (recrutement, préparation, casse, conclusion), Tarantino alterne le présent (les conséquences d’un hold-up foireux!) et la passé avec des séquences lors desquelles on voit le recrutement de chaque membre, l’objet de son scénario étant de savoir lequel de ces membres peut-il bien être une taupe! Tout en retravaillant ce matériau de base, il parsème son film de divers hommages parmi le cinéma hong-kongais (notamment Ringo Lam ou John Woo), le western spaghetti (la scène finale avec les trois personnages qui se braquent très fortement inspirée du Bon, la Brute et le Truand), et différents films comme les Pirates du Métro (le nom des gangsters) ou l’Ultime Razzia de Kubrick (pour le récit déstructuré).

– L’Hommage à la culture populaire

Dès la scène d’ouverture et cette discussion de quasiment 5 minutes sur le sens profond de Like A Virgin, QT imprime tout de suite sa marque de fabrique. Dans ses films, les personnages y parleront musique, films, mode ou série TV.

– Des bandes originales composées de morceaux piochés dans sa collection de vinyles

Dans cet opus, Tarantino a concoté une BO intégralement composée de morceaux des années 70 dont ressortent particulièrement Little Green Bag de George Baker ou Stuck in the Middle with You de Stealers Wheel, ce dernier rythmant l’une des scènes de torture les plus marquantes de l’histoire du Cinéma.

– L’Amour des acteurs et une volonté de composer des castings hétéroclites (anciennes gloires et stars montantes)

Ici, QT réunit Lawrence Tierney ( comédien assez prolifique dans les 40’s et 50’s), Harvey Keitel (un peu dans le creux de la vague à l’époque) et une ribambelle de comédiens qui exploseront à ce moment-là comme Tim Roth, Steve Buscemi, Michael Madsen ou Chris Penn.

Enfin, détail amusant, qu’on ne peut que remarquer avec du recul, Reservoir Dogs est truffé de clins d’oeil aux films suivants du réalisateur:

– Les costumes des personnages sont identiques à ceux de Travolta et Samuel L. Jackson dans Pulp Fiction,

– le vrai nom du personnage interprété par Michael Madsen est Vega comme celui interprété par Travolta dans Pulp Fiction,

– les braqueurs parlent de Pam Grier en voiture, actrice que QT fera jouer dans Jackie Brown,

– on y parle également d’une dénommée Alabama, nom du personnage interprété par Patricia Arquette dans True Romance (film de Tony Scott écrit par QT)

– L’agent de probation du personnage interprété par Michael Madsen est Scagnetti comme l’un des personnages de Tueurs Nés (autre scénario de QT)

Premier film très réussi, le film de QT a eu le mérite d’inspirer toute une génération de chiens fous avec plus ou moins de réussite. Dans cette nouvelle brèche se sont engouffrés Roger Avary, Robert Rodriguez, Inarritu,…

Disponible en blu-ray (14.99 euros) chez Metropolitan