Critique Bluray: The Deadly Affair

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Titre original The Deadly Affair
Réalisation Sidney Lumet
Scénario Paul Dehn
Acteurs principaux
Sociétés de production Sidney Lumet Film Productions
Pays d’origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre Drame
Film d’espionnage
Durée 115 minutes (h 55)
Sortie 14 juin 1967

LE FILM:

4.5

Samuel Fennan, un employé du ministère des Affaires Etrangères accusé d’amitiés communistes, est retrouvé mort. Tout pousse à croire à un suicide mais Charles Dobbs, en charge de l’enquête, pour le ministère de l’intérieur et qui a rencontré Fennan la veille de sa disparition, ne croit pas qu’il se soit ôté la vie. Ses supérieurs veulent classer l’affaire mais Dobbs insiste et finit par démissionner afin d’avoir les mains libres pour mener l’enquête…

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11ème long métrage de Sidney Lumet, « The Deadly Affair » (« M15 Demande protection » en Français) est l’un des films les moins connus de son réalisateur et pourtant il ne manque pas d’intérêt! Adapté d’un roman de John Le Carré, le film se situe en pleine guerre froide en Angleterre. Fennan, un employé du Ministère des Affaires étrangères se suicide juste après qu’une lettre anonyme l’accuse d’amitiés communistes. Dobbs, chargé de l’enquête, ne croit pas à son suicide et même alors l’enquête. Loin des Jason Bourne, ce film d’espionnage mise tout sur l’intrigue, délicatement ficelée et un climat mis en place grâce à la mise en scène de Lumet, une superbe photo et la magnifique BO de Quincy Jones. Lumet plutôt que le spectaculaire, privilégie l’aspect trivial du métier d’espion et son personage, incarné par le génial James Mason, dont le vrai drame est intime, victime des tourments et incartades d’une épouse nymphomane. Un grand film d’espionnage mélancolique!

TECHNIQUE:

4.5

Une copie somptueuse à tous points de vue!

BONUS:

4.5

On retrouve les présentations du film par Bertrand Tavernier, Patrick Brion et François Guérif.

VERDICT:

4.5

Une grand film d’espionnage à (re)découvrir!

Disponible en DVD (14.99 euros) et bluray (19.99 euros) chez SIDONIS

 

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Critique Bluray: Un Après-midi de Chien

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LE FILM:

4.5

Ce braquage aurait dû se faire en 10 minutes. 4 heures plus tard, la banque était devenu un véritable cirque. 8 heures plus tard, c’était l’événement le plus regardé à la télévision. 12 heures plus tard, tout cela faisait partie de l’Histoire… L’histoire vraie d’un homme qui tente un hold-up pour payer une opération à sa « petite amie » et se retrouve à la tête de la prise d’otage médiatisée à outrance…

Deux ans après « Serpico », Sidney Lumet retrouve Al Pacino pour l’adaptation d’un fait divers. Sans round d’observation, Lumet débute d’entrée par le braquage sans présenter ses personnages mais on comprend très vite qu’on n’a pas affaire à des professionnels! Alors que le premier des trois renonce en plein hold-up, on se retrouve avec les personnages incarnés par le regretté John Cazale et bien sûr Al Pacino et leur attaque a tout du fiasco. Cerise sur le gâteau, la banque vient de se débarrasser de l’essentiel de son argent: il ne reste qu’à peine 1 000 dollars dans les caisses! A travers un simple huis-clos, Lumet dresse un réquisitoire contre la répression policière et la folie médiatique, tout en évoquant l’homosexualité et la transexualité! C’est donc non seulement un polar passionnant mais étonnamment moderne et avec un Al Pacino dans l’une de ses plus fiévreuses interprétations! Chef d’oeuvre!

TECHNIQUE:

4

Une copie des plus enthousiasmante tant elle est dépourvue de défauts! Seul un léger grain est à noter, la définition étant parfaite!

BONUS:

4

On trouve cinq modules composant un making of des plus complets de près d’une heure!

VERDICT:

4.5

Un chef d’oeuvre dans une édition parfaite! Indispensable!

Disponible en bluray (14.99 euros) chez Warner Bros

CRITIQUE BLU-RAY: 12 HOMMES EN COLERE

12_hommes_en_colereLE FILM: 9/10

Douze jurés doivent décider du sort d’un adolescent accusé du meurtre de son père. Espérant expédier les délibérations, onze le déclarent coupable. Un seul juré est convaincu de son innocence et va tout faire pour lui éviter la peine capitale.

Tiré d’une pièce de théâtre, 12 Hommes en Colère est le premier film de Sidney Lumet et quel film! Huis-clos étouffant dont l’action se déroule intégralement dans la salle de délibération, 12 Hommes en colère est une charge en règle contre l’institution judiciaire américaine et un plaidoyer contre les préjugés et les jugements hâtifs.

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Brillamment écrit, le film doit beaucoup à ses dialogues qui jaillissent aiguisés comme des scalpels mais ne serait pas ce qu’il est sans la mise en scène déjà très inspirée de Sidney Lumet. Nous rapprochant de plus en plus de ses protagonistes,  multipliant les gros plans sur ces visages couverts de sueur, il rajoute à ce sentiment d’oppression ressenti par le spectateur. Quant aux acteurs, il sont tous excellents, menés par un Henry Fonda dont c’est l’un des meilleurs rôles!

TECHNIQUE: 8/10

Très belle copie HD malgré un bruit image omniprésent! Une définition et des contours de classe!

BONUS: 5/10

En guise de bonus, on trouve un documentaire sur le film et une featurette sur la fonction de juré. Malheureusement, comme souvent dans les rééditions de classiques de cet éditeur, aucun sous-titre n’est disponible! Attitude inexplicable et incompréhensible…

VERDICT: 9/10

Un bluray indispensable malgré l’absence de sous-titres sur les bonus!

Disponible en combo Blu-ray/dvd avec un petit livret (19,99 euros) chez MGM/UA

CRITIQUE BLU-RAY: CONTRE ENQUETE

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LE FILM: 7/10

Mike Brennan est un flic reconnu et admiré par ses pairs. Une nuit, il abat de sang-froid le gangster Tony Vasquez. Plusieurs témoins confirment qu’il a agi en état de légitime défense. Pourtant, le substitut du procureur Al Reilly, chargé de confronter les témoignages et de rédiger le procès-verbal, ne tarde pas à
avoir des doutes sur la véracité des faits…

En 50 ans de carrière, Sidney Lumet (12 Hommes en Colère, Serpico, Un Après-midi de chien…) n’eut de cesse de mettre en lumière la noirceur de l’âme humaine et la gangrène qui ronge les institutions de son pays, en particulier la justice. Ce Contre-Enquête, sorti en 1990, ne déroge pas à la règle. Film mineur de la carrière du cinéaste, il n’en demeure pas moins un polar très noir et au pouvoir de fascination assez fort. En montrant une police dont le « meilleur » élément, respecté et craint de tous ses collègues, est en fait une vraie raclure n’hésitant pas à assassiner froidement les suspects plutôt que de les voir graciés par la justice, et en posant le racisme comme norme à tous les niveaux, Lumet offre un film vraiment passionnant. Côté interprétation, le rôle de Brennan donne l’opportunité à Nick Nolte de jouer sa partition la plus impressionnante si ce n’est son plus grand rôle! Les amateurs de film noir apprécieront…

TECHNIQUE: 8/10

Une copie tout à fait satisfaisante malgré des couleurs qui manquent un peu d’éclat. Côté son, les dialogues paraissent un peu nasillard et en retrait par rapport au reste de la bande son mais rien de rédhibitoire.

BONUS: 8/10

Outre la bande-annonce, on trouve une analyse passionnante du film par Jean-Baptiste Thoret (27 mins)

VERDICT: 7/10

Un Lumet mineur mais porté par un Nick Nolte impressionnant!

Disponible en DVD (16.99 euros) et Blu-ray (19.99 euros) chez Carlotta Films dès le 3 juillet.

 


CRITIQUE: 7H58, CE SAMEDI LA (2007)

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Voilà un petit chef d’oeuvre injustement passé inaperçu lors de sa sortie en salles! Le dernier film de Sidney Lumet est époustouflant. Cela faisait 18 ans qu’on attendait enfin un sursaut de la part de ce réalisateur et son excellent « Contre-enquête » avec Nick Nolte. Et quel sursaut!

Andy Hanson (Philipp Seymour Hoffmann) est comptable ; il s’amuse un peu avec les écritures et se drogue à l’occasion. Son frère cadet Hank, divorcé, est toujours dans la galère quand il s’agit de payer la pension de sa fille. Les deux frères couchent avec la même fille, incarnée par la trop rare Marisa Tomei. Leur père, Charles (Albert Finney), tient une bijouterie et n’a jamais été présent pour ses fils.

Andy a une idée brillante pour régler ses problèmes financiers et celui de son frère: le braquage de la bijouterie du père. Cela se ferait en douceur et l’assurance rembourserait le père:le plan parfait. Sauf que tout va partir en sucette et la famille qui battait sérieusement de l’aile va se retrouver pulvérisée.

La mise en scène de Lumet précise et acérée comme une lame de rasoir nous transporte au sein d’une famille qui tutoie les bas fonds de l’humanité et l’on en reste pantois. La structure éclatée du récit  nous promène un coup 2 jours avant le braquage puis une semaine après, etc… Et ce qui pourrait passer pour un exercice de style stérile permet au contraire de voir petit à petit une véritable toile d’araignée se tisser autour des différents protagonistes.

Enfin, Lumet a eu la bonne idée de s’entourer d’un casting de très très haut niveau: Hoffmann comme d’habitude littéralement possédé par ses personnages( cf rôles dans « Capote », « Boogie Nights » ou encore « Magnolia ») qui nous gratifie d’une scène de fureur dans la voiture dont vous vous souviendrez, Ethan Hawke qui retrouve un rôle à la hauteur de celui qu’il a eu dans « Bienvenue àGattaca », Albert Finney comme toujours parfait et Marisa Tomei, trop peu utilisée (on oublie qu’elle a été oscarisée pour « Mon Cousin Vinny » il y a déjà seize ans.

Bref, un vrai polar à voir absolument.