Critique Bluray: Un Après-midi de Chien

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LE FILM:

4.5

Ce braquage aurait dû se faire en 10 minutes. 4 heures plus tard, la banque était devenu un véritable cirque. 8 heures plus tard, c’était l’événement le plus regardé à la télévision. 12 heures plus tard, tout cela faisait partie de l’Histoire… L’histoire vraie d’un homme qui tente un hold-up pour payer une opération à sa « petite amie » et se retrouve à la tête de la prise d’otage médiatisée à outrance…

Deux ans après « Serpico », Sidney Lumet retrouve Al Pacino pour l’adaptation d’un fait divers. Sans round d’observation, Lumet débute d’entrée par le braquage sans présenter ses personnages mais on comprend très vite qu’on n’a pas affaire à des professionnels! Alors que le premier des trois renonce en plein hold-up, on se retrouve avec les personnages incarnés par le regretté John Cazale et bien sûr Al Pacino et leur attaque a tout du fiasco. Cerise sur le gâteau, la banque vient de se débarrasser de l’essentiel de son argent: il ne reste qu’à peine 1 000 dollars dans les caisses! A travers un simple huis-clos, Lumet dresse un réquisitoire contre la répression policière et la folie médiatique, tout en évoquant l’homosexualité et la transexualité! C’est donc non seulement un polar passionnant mais étonnamment moderne et avec un Al Pacino dans l’une de ses plus fiévreuses interprétations! Chef d’oeuvre!

TECHNIQUE:

4

Une copie des plus enthousiasmante tant elle est dépourvue de défauts! Seul un léger grain est à noter, la définition étant parfaite!

BONUS:

4

On trouve cinq modules composant un making of des plus complets de près d’une heure!

VERDICT:

4.5

Un chef d’oeuvre dans une édition parfaite! Indispensable!

Disponible en bluray (14.99 euros) chez Warner Bros

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CRITIQUE: « LE CAPITAL » EN CLOTURE DU FIFIB

En clôture de ce 1er Festival International du Film Indépendant de Bordeaux le samedi 6 octobre, c’est le dernier film de Costa Gavras, « le Capital », qui sera projeté.

Adaptation d’un roman de Stéphane Osmont, « le Capital » nous conte l’ascension au sein d’une grande banque du fidèle bras droit du Président, ce dernier étant mis hors course par la maladie. Marc Tourneuil, incarné par un surprenant Gad Elmaleh qui, pour une fois ne fait pas du Gad Elmaleh, se retrouve alors aux commandes d’une des plus grandes banques mondiales! Mais, entre les requins qui nagent au sein même de la Phenix convoitant la place de Tourneuil et ceux qui rôdent alentour, dans l’espoir de dévorer l’entreprise, la mission du jeune Président va s’avérer plus que délicate!

Mené avec beaucoup de rythme par un Costa Gavras qui n’est jamais plus heureux que dans ce genre de films à thèse (Z, Music Box, Amen…), « le Capital » est un thriller financier qui accroche à merveille le spectateur grâce à un récit qui ne sombre jamais dans le charabia technique qu’on rencontre souvent dans d’autres productions du même type!  Mis en scène avec un certain brio, le film de Gavras a le mérite de proposer une belle galerie de personnages assez complexes et passionnants. Le personnage de Tourneuil lui-même, en quête de « respect » qui se gagne, selon lui, par l’argent, même s’il affiche un sang froid tout reptilien, est traversé de pulsions auxquelles il ne cède jamais (ou quasiment jamais!). Et aucun personnage ne tombe dans le manichéisme!

Une vraie réussite pour clore en beauté cette 1ère édition du FIFIB!

Note: 7/10

SORTIE NATIONALE LE 14 NOVEMBRE

CRITIQUE: MARGIN CALL

Pour survivre à Wall Street, sois le premier, le meilleur ou triche. La dernière nuit d’une équipe de traders, avant le crash. Pour sauver leur peau, un seul moyen : ruiner les autres…

Pour son premier film, J.C.Chandler nous propose de suivre les 24 premières heures de la dernière crise financière au sein d’une banque. Du premier soupçon d’un jeune trader à la décision prise par le grand chef qui va entraîner une réaction en chaînes, nous est dépeint le quotidien d’une banque d’investissement et de ses employés! Une dizaine de personnages se croisent dans un décor quasi-unique et tout le film repose essentiellement sur les dialogues, remarquablement ciselés! Et la grande force du film est de nous parler de la crise sans nous noyer dans des explications incompréhensibles. On la vit de l’intérieur sans jamais perdre le fil et le plus drôle dans tout ça, c’est le moment où le patron de la banque demande au jeune trader de lui expliquer « in english », comme s’il était un enfant! L’autre force du film réside dans son énorme casting:  Kevin Spacey, le chef du service « gestion des risques », qui pleure la mort de son chien, Paul Bettany, le jeune trader accro à la nicorette, Jeremy Irons, le grand manitou prêt à répandre la crise pour sauver ses billes, Zachary Quinto, le trader à l’origine de la découverte, Simon Baker, Demi Moore et Stanley Tucci!

Une belle réussite, pendant idéal au documentaire « Inside Job »!