CRITIQUE: THE MASTER

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Freddie, un vétéran, revient en Californie après s’être battu dans le Pacifique. Alcoolique, il distille sa propre gnôle et contient difficilement la violence qu’il a en lui… Quand Freddie rencontre Lancaster Dodd – « le Maître », charismatique meneur d’un mouvement nommé la Cause, il tombe rapidement sous sa coupe…

Sixième long métrage de Paul Thomas Anderson ( Hard Eight, Boogie Nights, Magnolia, Puch Drunk Love, There will be blood), The Master confirme l’immense talent de son metteur en scène.

Comme dans son précédent film, There Will Be Blood, il est ici question de foi. En effet, sans jamais le citer, le personnage incarné par Philip Seymour Hoffman présente quelques similitudes avec le créateur de la Scientologie Ron Hubbard. Le personnage de Dodd prend donc sous sa coupe Freddie pour en faire un fidèle adepte de la Cause.

Passionnant, le film d’Anderson reste tout de même difficile d’accès tant sa structure est complexe et son rythme très lent et déstabilisera de nombreux spectateurs. Sur le fond, The Master n’est toutefois pas le plus intéressant des films du cinéaste, manquant d’un vrai point de vue. Sur la forme, en revanche, c’est le film le plus abouti, proposant un résultat visuellement époustouflant. Tourné en 70 mm, il offre du début à la fin des plans d’une beauté à couper le souffle, que la BO de Johnny Greenwood ne peut que magnifier.

L’autre réussite du film tient évidemment à son duo de comédiens Philip Seymour Hoffman, comédien fétiche d’Anderson, en gourou et Joachin Phoenix, totalement habité par son personnage jusqu’aux déformations physiques. Sans oublier bien sûr Amy Adams dans le rôle de la femme du gourou, absolument glaçante, notamment dans une scène où elle prend le dessus sur son mari.

Un tel résultat amène le constat que le Cinéma Américain a de beaux jours devant lui que ce soit avec des cinéastes comme Anderson ou une génération de comédiens au talent inégalable!

NOTE: 8.5/10

 

CRITIQUE BLU-RAY: LE STRATEGE

LE FILM:

Voici l’histoire vraie de Billy Beane, un ancien joueur de baseball prometteur qui, à défaut d’avoir réussi sur le terrain, décida de tenter sa chance en dirigeant une équipe comme personne ne l’avait fait auparavant… Alors que la saison 2002 se profile, Billy Beane, le manager général des Oakland Athletics, est confronté à une situation difficile : sa petite équipe a encore perdu ses meilleurs joueurs, attirés par les grands clubs et leurs gros salaires. Bien décidé à gagner malgré tout, il cherche des solutions qui ne coûtent rien et auxquelles personne n’aurait pensé avant… Il va s’appuyer sur des théories statistiques et engager Peter Brand, un économiste amateur de chiffres issu de Yale. Ensemble, contre tous les principes, ils reconsidèrent la valeur de chaque joueur sur la base des statistiques et réunissent une brochette de laissés-pour-compte oubliés par l’establishment du baseball. Trop bizarres, trop vieux, blessés ou posant trop de problèmes, tous ces joueurs ont en commun des capacités sous-évaluées. Avec leurs méthodes et leur équipe de bras cassés, Beane et Brand s’attirent les moqueries et l’hostilité de la vieille garde, des médias et des fans, jusqu’à ce que les premiers résultats tombent… Sans le savoir, Beane est en train de révolutionner toute la pratique d’un des sports les plus populaires du monde.

6 ans après l’excellent « Truman Capote », Bennett Miller revient avec un film sur le sport, grande tradition outre-Atlantique, et sur le base-ball en particulier! On peut se dire au premier abord, rien d’excitant pour nous les Gaulois, qui ne connaissons rien à ce sport, si ce n’est qu’il se joue avec une batte! Que nenni! « Le Stratège » est un film passionnant même pour les néophytes! Tout d’abord parce qu’il est écrit par Aaron Sorkin, le scénariste de « The Social Network » et que l’on retrouve sa patte, avec ses dialogues qui en font un vrai film d’action. La réussite est également due à la prestation de Brad Pitt qui confirme qu’il est un immense acteur mais aussi à celle de ses confrères, Philipp Seymour Hoffman en coach à la marge de manoeuvre très limitée et à Jonah Hill, le statisticien de l’équipe! Mais plus qu’un simple film sur le baseball, « le Stratège » est un magnifique portrait du monde du sport professionnel et un miroir cruel du monde mercantiliste des années 2000!

C’est en tout cas l’un des meilleurs films américains de cette année 2011! Et dans un Blu-ray top dans tous les domaines!

LES BONUS:

-Bandes-annonces

-3 scènes coupées

– doc sur le casting (21 mins)

-doc sur le vrai Billy Beane

-doc sur l’adaptation du livre à l’écran

-making of

– bêtisier composé d’une seule séquence d’un fou rire de Brad Pitt très contagieux!

VERDICT:

L’un des meilleurs films de l’année dans un Blu-ray parfait à tous points de vue!
Disponible en DVD (19,99 euros) et Blu-ray(24,99 euros) chez SHPE

 


CRITIQUE: 7H58, CE SAMEDI LA (2007)

UGC Ph

Voilà un petit chef d’oeuvre injustement passé inaperçu lors de sa sortie en salles! Le dernier film de Sidney Lumet est époustouflant. Cela faisait 18 ans qu’on attendait enfin un sursaut de la part de ce réalisateur et son excellent « Contre-enquête » avec Nick Nolte. Et quel sursaut!

Andy Hanson (Philipp Seymour Hoffmann) est comptable ; il s’amuse un peu avec les écritures et se drogue à l’occasion. Son frère cadet Hank, divorcé, est toujours dans la galère quand il s’agit de payer la pension de sa fille. Les deux frères couchent avec la même fille, incarnée par la trop rare Marisa Tomei. Leur père, Charles (Albert Finney), tient une bijouterie et n’a jamais été présent pour ses fils.

Andy a une idée brillante pour régler ses problèmes financiers et celui de son frère: le braquage de la bijouterie du père. Cela se ferait en douceur et l’assurance rembourserait le père:le plan parfait. Sauf que tout va partir en sucette et la famille qui battait sérieusement de l’aile va se retrouver pulvérisée.

La mise en scène de Lumet précise et acérée comme une lame de rasoir nous transporte au sein d’une famille qui tutoie les bas fonds de l’humanité et l’on en reste pantois. La structure éclatée du récit  nous promène un coup 2 jours avant le braquage puis une semaine après, etc… Et ce qui pourrait passer pour un exercice de style stérile permet au contraire de voir petit à petit une véritable toile d’araignée se tisser autour des différents protagonistes.

Enfin, Lumet a eu la bonne idée de s’entourer d’un casting de très très haut niveau: Hoffmann comme d’habitude littéralement possédé par ses personnages( cf rôles dans « Capote », « Boogie Nights » ou encore « Magnolia ») qui nous gratifie d’une scène de fureur dans la voiture dont vous vous souviendrez, Ethan Hawke qui retrouve un rôle à la hauteur de celui qu’il a eu dans « Bienvenue àGattaca », Albert Finney comme toujours parfait et Marisa Tomei, trop peu utilisée (on oublie qu’elle a été oscarisée pour « Mon Cousin Vinny » il y a déjà seize ans.

Bref, un vrai polar à voir absolument.

CRITIQUE: LA FAMILLE SAVAGE (2007)

Ce petit bijou vient tout juste sortir en dvd chez Fox après être injustement passé inaperçu lors de sa sortie en salles. Laura Linney et le toujours brillant Philip Seymour Hoffman sont frère et soeur et se retrouvent le jour où il faut s’occuper de leur père. Ce dernier vient de perdre sa compagne et se retrouve livré à lui-même alors qu’il souffre de démence vasculaire, maladie du type Alzheimer. Les voilà donc obligés de prendre en charge la fin de vie de ce père qui n’en a jamais été un pour eux, tout en gérant les problèmes dans leurs propres vies qui, pour la plupart, découlent justement de cette absence de père.

Difficile sujet à priori, mais la réalisatrice à qui l’on doit un film inconnu « les taudis de Beverly Hills », s’en tire haut la main. Jamais larmoyant, souvent touchant, parfois drôle, son film est une vraie réussite, porté par deux interprètes au sommet de leur art. C’est un film qui pose les bonnes questions, celles que chacun se posera sûrement  un moment de sa vie comme: peut-on décider de manière unlatérale du placement d’un parent? Est-on, comme le pense le personnage de Laura Linney, « un monstre » pour autant? Que doit un enfant à un père ou une mère qui n’a jamais rempl son rôle?A titre personnel, étant confronté exactement à cette situation, je peux attester du réalime des situations que rencontrent les deux protagonistes.

En tout cas,une belle réussite et un film utile.

CRITIQUE: GOOD MORNING ENGLAND (2009)

StudioCanal

1964, le jeune Carl, après s’être fait renvoyer du lycée, est sommé par sa mère de rejoindre le bateau de son parrain Quentin en pleine mer du Nord. A un détail près que ce bateau sert de refuge à Radio Rock, radio pirate la plus célèvre d’Angleterre, et à ses DJ’s, tous plus cinglés les uns que les autres. Les autorités britanniques, et son Premier Ministre pisse-vinaigre , cherchent un moyen de faire taire définitivement cette radio qui fait danser la moitié du royaume.

Si vous voulez hurler de rire, passez votre chemin, mais si vous voulez être emporté pendant 2 h 15 par une joyeuse clique obsédée par la musique, vous êtes au bon endroit. C’est original, enlevé, rythmé et superbement interprété . On connaissait Philipp Seymour Hoffman, Rhys Ifans (le copain affreusement laid de Hugh Grant dans Coup de foudre à Notting Hill) que l’on ne présente plus. On découvre les autres, tous excellents; à noter l’hilarante prestation de Kenneth Brannagh dans le rôle du ministre ultra coincé qui lache des jurons inédits (« Ass! ») au comble de son énervement.Pour son deuxième film (love actually), Richard Curtis livre donc une belle comédie sur les années 60 et l’amour de la musique qui fait plaisir quand on a vu l’immonde « Mamma Mia »! Rockn’Roll!!!