CRITIQUE: SOUS SURVEILLANCE

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En 1969, un groupe de militants radicaux appelés Weather Underground revendique une vague d’attentats aux Etats-Unis pour protester contre la guerre du Vietnam.
La plupart de ses membres furent emprisonnés, mais quelques-uns disparurent sans laisser de trace… Jusqu’à aujourd’hui.
L’arrestation de Sharon Solarz, l’une des activistes, remet cette affaire sur le devant de la scène, au point d’attiser la curiosité du jeune et ambitieux reporter Ben Schulberg. Jouant de ses relations au FBI, il rassemble petit à petit les pièces du puzzle, le menant jusqu’à Jim Grant, un avocat apparemment sans histoires… Lorsque celui-ci disparait brusquement, le journaliste se lance sur sa piste, déterminé à le retrouver avant le FBI.

En choisissant un sujet qui le toucha d’assez près dans sa jeunesse, Robert Redford, clairement étiqueté « artiste de gauche » a voulu revenir à un genre assez couru dans les années 70, le thriller politique façon « les Hommes du Président ». Ambition louable certes mais à l’image du célèbre acteur roux tentant de semer le FBI en courant en forêt, le film manque un peu de souffle. L’ensemble se suit assez agréablement; toutefois,  si le petit journaliste aux cheveux gras mouillés (interprété par Shia LaBeouf) qui fait la nique au FBI en ayant sans cesse un coup d’avance fonctionnait très bien il y a 40 ans, ça paraît de nos jours légèrement « capillotracté »! Quant à l’intrigue, elle se déroule à un rythme de sénateur et aurait pu emprunter sans problèmes quelques raccourcis même si le choix du sujet est assez pertinent.

Néanmoins, ce retour au « cinéma de Papa » a un petit côté vintage assez séduisant tout comme le casting de vieilles gloires qui nous permet de retrouver des acteurs comme Julie Christie, Susan Sarandon, Richard Jenkins, Nick Nolte, Sam Elliott ou Chris Cooper.

NOTE: 5.5/10

 

CRITIQUE: APRES MAI, FILM D’OUVERTURE DU FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM INDEPENDANT DE BORDEAUX

Région parisienne, début des années 70. Jeune lycéen, Gilles est pris dans l’effervescence politique et créatrice de son temps. Comme ses camarades, il est tiraillé entre un engagement radical et des aspirations plus personnelles. De rencontres amoureuses en découvertes artistiques, qui les conduiront en Italie, puis jusqu’à Londres, Gilles et ses amis devront faire des choix décisifs pour trouver leur place dans une époque tumultueuse.

Quel choix judicieux pour ouvrir ce Festival du Film Independant que ce film sur une époque révolue où un vent de liberté soufflait dans les cheveux longs de la jeunesse de France ! Même si Olivier Assayas n’entre pas dans le cadre du cinéaste débutant, son film est le petit cousin de deux de ses premiers longs métrages, « Désordre » et « l’Eau Froide », qui brossaient déjà le portrait d’une certaine adolescence, en quête d’indépendance et d’accomplissement, mais lorgne également du côté de « Carlos » pour l’aspect politique. Sauf qu’ici, Assayas livre une oeuvre quasi-autobiographique avec ce Gilles, son alter ego,  dont l’engagement politique n’est concurrencé que par une farouche envie de faire du Cinéma, mais vraiment de l’art, au contraire de son père, scénariste de séries pour la télé, destinées à la petite bourgeoisie!

 

Non seulement Olivier Assayas nous raconte sa jeunesse, loin de celle d’aujourd’hui qui n’a malheureusement que peu d’utopies, mais à travers ce film semble résumer toute son oeuvre. Outre le fait que ses deux personnages principaux portent les mêmes prénoms que ceux de « l’Eau froide », « Après mai » multiplie les citations. On y retrouve l’omniprésence de l’art comme dans « Désordre », « Irma Vep », « Clean » ou encore « l’Heure d’Eté » et la scène de la fête nous rappelle étrangement celles de « l’Eau froide » ou de « l’Heure d’Eté ». Même si « Après mai » ne fait pas partie des oeuvres majeures d’Assayas en raison de quelques baisses de rythme et de l’interprétation parfois limite de certains jeunes comédiens (à l’exception de Lola Créton toujours lumineuse et qui dégage décidément une sensualité rare!), il s’inscrit dans l’oeuvre à la fois hétérogène et cohérente de l’un des cinéastes français les plus intéressants.

LA NOTE: 7.5/10

Sortie le 14 novembre 2012.