Critique Bluray: Que Dios Nos Perdone

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Réalisation Rodrigo Sorogoyen
Scénario Isabel Peña, Rodrigo Sorogoyen
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de l'Espagne Espagne
Genre thriller
Durée 127 minutes
Sortie 9 août 2017

LE FILM:

4.5

Madrid, été 2011. La ville, plongée en pleine crise économique, est confrontée à l’émergence du mouvement des « indignés » et à la visite imminente du Pape Benoît XVI.
C’est dans ce contexte hyper-tendu que l’improbable binôme que forment Alfaro et Velarde se retrouve en charge de l’enquête sur un serial-killer d’un genre bien particulier. Les deux inspecteurs, sous pression, sont de surcroît contraints d’agir dans la plus grande discrétion…
Une course contre la montre s’engage alors, qui progressivement les révèle à eux-mêmes ; sont-ils si différents du criminel qu’ils poursuivent ?

Avec son troisième film, Rodrigo Sorogoyen confirme la bonne vitalité d’un cinéma de genre en Espagne. « Que Dios Nos Perdone » ancre son histoire dans un contexte agité; alors que le Pape est en visite à Madrid, un tueur viole et assassine des vieilles dames et la police tente de le faire cesser ses agissements en essayant de ne pas ébruiter l’affaire. Le récit, ténu et tendu, s’appuie sur un duo de flics passionnant tant Alfaro et Velarde sont loin d’être des modèles. Le premier est une brute toujours sur le fil, mal vu par sa hiérarchie. Velarde, quant à lui, extrêmement réfléchi, souffre d’un bégaiement qui le rend pratiquement mutique et semble cacher de sombres secrets. Les deux font pourtant une paire des plus efficaces façon « la tête et les jambes ». Toujours est-il que s’ils sont sur la trace du mal incarné, les deux collègues ont eu aussi leur part d’ombre . L’enquête passionnante n’élude aucun détail, même les plus scabreux et donne à ce polar un goût amer et poisseux, la révélation du coupable à mi-parcours ne gâchant pas le plaisir du spectateur, bien au contraire. L’acteur incarnant le tueur en série s’avère un concurrent de taille aux Norman Bates et autres Hannibal Lecter. « Que Dios Nos Perdone » est sans conteste l’un des meilleurs thrillers de ces vingt dernières années!

TECHNIQUE:

4.5

Pas de souci, nickel à tous niveaux!

BONUS:

0.5

Le strict minimum: une bande annonce et une micro-interview du réalisateur!

VERDICT:

4.5

L’un des meilleurs films de 2017 et un grand thriller! Indispensable!

Disponible en Bluray (19.99 euros) chez le Pacte

 

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Critique: Split

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Titre original Split
Réalisation M. Night Shyamalan
Scénario M. Night Shyamalan
Acteurs principaux
Sociétés de production Blinding Edge Pictures
Blumhouse Productions
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre thriller horrifique
Durée 117 minutes
Sortie 22 février 2017

Kevin a déjà révélé 23 personnalités, avec des attributs physiques différents pour chacune, à sa psychiatre dévouée, la docteure Fletcher, mais l’une d’elles reste enfouie au plus profond de lui. Elle va bientôt se manifester et prendre le pas sur toutes les autres. Poussé à kidnapper trois adolescentes, dont la jeune Casey, aussi déterminée que perspicace, Kevin devient dans son âme et sa chair, le foyer d’une guerre que se livrent ses multiples personnalités, alors que les divisions qui régnaient jusqu’alors dans son subconscient volent en éclats.

« Split » est le onzième long métrage d’un cinéaste qui connut la gloire avec des succès comme « Sixième Sens » ou « Incassable » et la chute avec des flops comme « la Jeune fille de l’eau » ou « After Earth ». Depuis 2015 et « The Visit », puis avec « Split, la renaissance de celui qui fut un temps le roi d’Hollywood semble en marche.

« Split » est l’histoire d’un psychopathe qui enlève trois jeunes filles et les séquestre, habité par 23 personnalités différentes, avec une 24 ème, apparemment terrifiante, qui menace de se montrer! Remarquablement réalisé et bénéficiant de l’interprétation hallucinante de James McAvoy, « Split » est plutôt réussi mais l’on reste un peu sur sa faim. Comme souvent chez Shyamalan, on attend le fameux twist qui modifiera notre vision du film. Les dernières minutes nous donnent quasiment deux explications dont la dernière semble poser là dans un intérêt purement mercantile! On dirait que le réalisateur n’a pas su vraiment trancher sur le final et nous laisse un peu nous débrouiller, ce qui gâche le plaisir d’un thriller plutôt correct à défaut d’être génial!

3

Critique Reprise: Propriété Privée

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Duke et Boots sont deux voyous. Un jour, alors qu’ils traînent du côté d’une station service ils voient une jeune femme à bord d’une belle voiture et décident de la suivre. Ils s’installent à côté de chez elle dans une villa inhabitée afin de l’épier…

Le 7 septembre prochain, grâce à Carlotta Films, les spectateurs pourront découvrir un film méconnu mais qui mérite toutefois largement le détour, « Propriété Privée », réalisé par le tout aussi méconnu Leslie Stevens. Sur la forme, il s’agit ici d’un thriller totalement maîtrisé sur un duo de marginaux ayant jeté leur dévolu sur une « desperate housewife » délaissée par un mari obsédé par son travail. Le suspense est rondement mené, la tension montant crescendo jusqu’à un final tendu comme un arc. Sur le fond, Stevens offre ici un portrait acide de l’American Dream, alors que dans l’une des premières scènes du film, un bourgeois explique aux deux marginaux qu »il y a des choses qui ne se mélangent pas » quand ils semblent intéressés par la riche épouse. La description de la vie du couple de bourgeois est également sans équivoque: la femme est au foyer et fait partie des meubles, attendant l’argent de poche que voudra bien lui verser son époux. Elle aura beau user de ses charmes, son mari ne lui prête guère attention. Si l’on connaît très peu ce film, on peut aisément penser qu’il ait pu inspirer d’autres oeuvres tant l’on pense tantôt aux « Nerfs à vif », aux « Chiens de paille », « Orange Mécanique » ou encore au « Funny Games » d’Haneke. Brillamment mis en scène et superbement photographié, « Propriété privée » vaut pour l’interprétation de Corey Allen et du débutant Warren Oates! Un chef d’oeuvre à découvrir absolument!!!

4.5

 

Critique: Irréprochable

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Réalisation Sébastien Marnier
Scénario Sébastien Marnier
Acteurs principaux
Sociétés de production Avenue B Productions
Orange studio
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Thriller
Durée 103 minutes
Sortie 6 juillet 2016

Sans emploi depuis un an, Constance revient dans sa ville natale quand elle apprend qu’un poste se libère dans l’agence immobilière où elle a démarré sa carrière, mais son ancien patron lui préfère une autre candidate plus jeune. Constance est alors prête à tout pour récupérer la place qu’elle estime être la sienne.

Parfois l’été cinématographique réserve, au milieu d’une masse de blockbusters, quelques jolies surprises pour les audacieux qui sauront éviter les facilités. En ce mois de juillet, la surprise du chef vient de ce premier film de Sébastien Marnier, « Irréprochable » qui porte vraiment bien son titre tant ce coup d’essai est réussi. Entre le drame social et le thriller psychologique, le film navigue habilement grâce tout d’abord à un scénario finement ciselé et non dépourvu de surprises. La mise en scène de Sébastien  Marnier se montre quant à elle d’une étonnante maîtrise pour un premier long et si l’on pense inévitablement à Hitchcock ou Polanski avec ce personnage féminin énigmatique, les maîtres ne sont jamais singés mais ont juste nourri le disciple. Côté interprétation, Marina Foïs offre sa plus belle performance avec ce personnage tout à la fois attachant, émouvant qu’inquiétant. Pour finir, Zombie Zombie nous offre une bande originale électro totalement en osmose avec le projet et qui n’est pas sans évoquer les musiques de John Carpenter. Bref, la surprise de ce début d’été et pourquoi pas de l’année!

4.5

 

Critique: Basic Instinct

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  • Date de sortie :
     08 mai 1992
  • Réalisé par :
    Paul Verhoeven
  • Avec :
    Michael Douglas, Sharon Stone, George Dzundza…
  • Durée :
    2h10min
  • Pays de production :
     Etats-Unis
  • Année de production :  1991
  • Titre original : BASIC INSTINCT
  • Distributeur :
    UGC

Nick Curran, inspecteur de police à San Francisco, enquête sur le meurtre d’une star du rock, Johnny Boz, tué de trente et un coups de pic à glace par une inconnue alors qu’il faisait l’amour. Nick apprend que le chanteur fréquentait Catherine Tramell, riche et brillante romanciere. Au cours de son enquête, il s’apercoit que les parents de Catherine sont morts dans un accident suspect, que son professeur de psychologie a été assassiné dix ans plus tôt à coups de pic à glace et qu’enfin, une de ses meilleures amies a, en 1956, tué ses trois enfants et son mari.

Mai 1992: la Croisette s’enflamme avec la présentation d’un film qui sent la poudre! Thriller érotique avec la bombe Sharon Stone et le fringant Michael Douglas, Basic Instinct affole les ligues de vertu en raison notamment d’une scène mythique d’interrogatoire au cours de laquelle Sharon Stone croise et décroise les jambes, sans culotte, provoquant une crise d’apoplexie chez les flics assis en face! Quant aux associations gays et lesbiennes, elles sont vent debout contre le film qui fait d’une bi-sexuelle le suspect numéro 1! Au-delà de l’aspect polémique, Basic Instinct est un hommage appuyé et réussi au Vertigo d’Hitchcock sur plusieurs points: le physique de l’héroïne, le trouble identitaire, la musique fabuleuse de Jerry Goldsmith et le lieu de l’action (San Francisco). Une fois digérées ces influences, Verhoeven offre un thriller unique, captivant, surprenant qui engendrera alors des centaines de clones plus ou moins réussis de thrillers à forte charge sexuelle (Sliver, Body,…) et même une suite sans intérêt quelques années plus tard.

NOTE: 8.5/10

Critique Bluray: Témoin Gênant

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LE FILM: 7.5/10

Tom Miller, simple employé se retrouve pris au piège une nuit dans la tour de son bureau, pourchassé par un tueur implacable. Alors qu’il fait tout pour échapper à une mort certaine, il découvre que sa société cache de lourds secrets qui pourraient mettre en danger des milliers de vies…

Réalisé par Joe Johnston, réalisateur de Jumanji et du premier Captain America, Témoin Gênant sort en vidéo chez nous sans passer par les salles et l’on sait maintenant que ce n’est pas forcément mauvais signe! Cette impasse est certainement due à son absence d’acteurs bankable à l’affiche. D’une durée très courte (1h15 générique compris), ce thriller d’un postulat assez classique s’avère d’une efficacité à toute épreuve et offre quelques rebondissements scénaristiques assez malin. Pour couronner le tout, le final évite le piège habituel du grand-guignol pour une conclusion glaçante! A découvrir!

TECHNIQUE: 10/10

Le top, chose courante chez cet éditeur!

BONUS: 0/10

Nada! Dommage!

VERDICT: 7.5/10

Un thriller inédit de très bonne facture!

Disponible en DVD (14.99 euros) et bluray (14.99 euros) chez Universal ,Pictures dès le 16 juillet

 



Critique Bluray: Tesis

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  • Date de sortie :
     13 novembre 1996
  • Réalisé par :
    Alejandro Amenabar
  • Avec :
    Ana TORRENT, Fele MARTINEZ, Eduardo Noriega…
  • Durée :
    2h10min
  • Année de production :  1996

LE FILM: 7.5/10

Angela, une étudiante, prépare une thèse sur la violence audiovisuelle. Elle trouve le corps sans vie de son professeur et entre en possession d’une cassette provenant de la vidéothèque interdite de l’université. Aidée par Chema, un amateur de films gore, Angela mène son enquête et découvre un trafic de snuff movies à l’intérieur de sa faculté…

Premier  film d’Alejandro Amenabar, Tesis est un thriller très réussi qui révèle toutes les qualités de metteur en scène du jeune Espagnol (24 ans à l’époque!). Ne tombant jamais dans la facilité que pouvait susciter un tel sujet, une orgie de scènes gore, Amenabar choisit de faire frissonner son public par la seule force de son Cinéma. L’une des premières scènes, la rencontre entre Angela et Chema fait d’ailleurs une utilisation assez géniale de la caméra subjective en nous montrant chaque personnage à tour de rôle avec la musique qu’écoute l’autre dans son walkman! En y rajoutant un scénario malin qui multiplie les fausses pistes et un Eduardo Noriega charmant et inquiétant à la fois, on obtient un premier film ô combien prometteur!

TECHNIQUE: 7/10

Une copie propre malgré un grain assez présent.

BONUS: 8/10

Outre la bande-annonce, on trouve quelques scènes coupées, un making of d’époque mais surtout un excellent documentaire dans lequel Amenabar revient sur la genèse du projet.

VERDICT: 8/10

Un thriller palpitant dans une belle édition!

Disponible en dvd(19.99 euros) et bluray (19.99 euros) chez Carlotta Films dès le 25 juin