CRITIQUE: THE ARTIST

Hollywood, 1927. George Valentin est une star du Cinéma muet; alors qu’il prend sous son aile la jeune et belle Peppy Miller et qu’il parvient à lui mettre le pied à l’étrier, le Cinéma devient parlant. Cette révolution technique va foudroyer la carrière de beaucoup d’acteurs du muet dont George Valentin qui sera poussé vers la sortie. Quant à elle, Peppy Miller suit le chemin inverse et devient la plus grande star des « talkies »! Mais elle n’a pas oublié ce qu’a fait Valentin pour elle…

Sortir un film en noir et blanc mais également muet en pleine époque 3D, cela sentait à plein nez le simple exercice de style stérile! Mais lorsqu’on voit que c’est Michel Hazanavicius aux manettes, tous les espoirs sont permis! A juste titre! Après avoir rendu sexy et jubilatoires les aventures de l’agent Hubert Bonnisseur de la Bath, alias OSS 117, en montrant un vrai sens de la comédie et de la mise en scène tout court, Hazanavicius signe un des plus beaux hommages au Cinéma que l’on ait vu jusque là.

Sur un scénario très proche de « Chantons sous la pluie » ou « Boulevard du crépuscule », « the Artist » nous conte la chute d’une star du muet à l’arrivée du parlant. Au-delà du simple exercice de style tant redouté, Hazanavicius magnifie son matériau en utilisant tantôt le son, tantôt les intertitres sur un noir et blanc de toute beauté. Côté interprétation, le cinéaste s’offre quelques seconds rôles de choix avec John Goodman, James Cromwell et même un cameo de Malcom Mc Dowell et bien sûr Jean Dujardin magnifique et tout en finesse, alors qu’on pouvait craindre qu’il en rajoute des tonnes, justement récompensé du Prix d’interprétation à Cannes. Mais la vraie révélation est sans aucun doute Bérénice Béjo qui illumine le film de sa classe et de sa beauté dans son meilleur rôle! Quant à Michel Hazanavicius, il confirme qu’il est un très grand metteur en scène, transformant un coup de folie en coup de génie!

 

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CRITIQUE: CHANTONS SOUS LA PLUIE (1952)

Metro Goldwyn Mayer (MGM)

Je n’avais pas revu ce film depuis un soir de noël, à l’âge de 6 ou 7 ans. Je gardais un souvenir inoubliable de ce film, le sentiment d’avoir passé un moment magique. Et bien, 25 ans plus tard, ce sentiment persiste!

C’est l’histoire ici d’un couple de cinéma vedette du muet, Don Lockwood et Linda Lemont, interprétés par Gene Kelly et Jean Hagen, qui enchaîne les succès. Le problème intervient quand Hollywood passe au cinéma parlant. Linda Lemont est dotée d’une voix de crecelle tellement insupportable qu’il faut la doubler par une autre actrice, interprétée par la jolie Debbie Reynolds.

Les fabuleux numéros musicaux s’enchaînent ainsi que des passages burlesques. Hollywood en prend pour son grade au passage, et tout ceci à un rythme effréné. Le film qui date de 1953 n’a pas pris une ride et quand le mot « fin » apparaît à l’écran, on a l’impression d’avoir fait une cure de vitamines!