CRITIQUE BLU-RAY: BLANCANIEVES

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LE FILM: 8.5/10

Sud de l’Espagne, dans les années 20. Carmen est une belle jeune fille dont l’enfance a été hantée par une belle-mère acariâtre. Fuyant un passé dont elle
n’a plus mémoire, Carmen va faire une rencontre insolite : une troupe ambulante de nains toreros qui va l’adopter et lui donner le surnom de « Blancanieves ».
C’est le début d’une aventure qui va conduire Carmen/Blancanieves vers elle-même, vers son passé, et surtout vers un destin à nul autre semblable…

Dans la lignée de Tabou ou de The Artist, Blancanieves entreprend de revisiter les origines du cinéma avec un conte filmé en noir et blanc, format carré (1.33) et muet. Pour son deuxième film, Pablo Berger réalise un film au contenu social tout en s’appropriant les contes de Blanche Neige (avec seulement 6 nains!), le Petit Chaperon Rouge, la Belle au Bois Dormant ou encore Cendrillon. D’une poésie folle, Blancanieves se distingue par ses qualités esthétiques avec certaines scènes d’une inventivité et d’une beauté rares et une seconde partie empreinte d’une douce folie et qui n’est pas sans rappeler le Freaks de Tod Browning. Blancanieves est assurément l’une des très bonnes surprises de l’année!

TECHNIQUE: 10/10

A couper le souffle! Le noir et blanc n’a jamais semblé aussi pur!

BONUS: 10/10

Outre un très bon making of (29 mins), on trouve également divers modules: présentation du film par le réalisateur, premier jour de tournage (5′), concert (5′), lecture du scénario (6′),présentation des lieux de tournage (5′).

VERDICT: 9/10

Indispensable! L’un des films de l’année dans une édition irréprochable!

Disponible en DVD (15 euros) et blu-ray (20 euros) chez France Télévisions Distribution dès le 20 juin.

 


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CRITIQUE DVD: TABOU

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LE FILM: 9/10

Une vieille femme au caractère bien trempé, sa femme de ménage capverdienne, une voisine dévouée aux causes humanitaires vivent sur le même palier d’un immeuble de Lisbonne. Quand la vieille femme meurt les deux autres découvrent un épisode d’une partie de sa vie : une histoire d’amour, une scène de meurtre dans une Afrique directement sortie d’un film d’aventure.

Véritable OVNI cinématographique, le troisième film de Miguel Gomes (premier à sortir chez nous), Tabou, réussit à se révéler comme une expérience totalement inédite tout en restant chargé d’influences très diverses.

Intégralement en noir et blanc, le film débute par un prologue exotique digne d’un film colonial des années 20, nous laissant un peu perplexe, ne sachant pas très bien à quoi nous attendre. Puis le film débute enfin par une première partie intitulée « Paradis Perdu » qui se déroule à Lisbonne de nos jours. On y suit trois femmes dont une, la plus âgée, paraît parfois perdre la tête tenant des propos plus ou moins confus. C’est la partie moderne du film, tournée en 35 mm. A la moitié du film, la seconde partie « Paradis », qui se déroule en Afrique revient sur les traces du passé de la vieille femme et tend à expliquer ses propos. Cette dernière partie, tournée en 16mm, est muette, à l’exception des bruits de fond, et narrée par un personnage apparu à la fin de la première partie. Une fois ces trois parties assemblées, le film trouve toute sa cohérence tel un puzzle enfin reconstitué.

Citant tantôt Murnau (ne serait-ce qu’à travers le titre), tantôt Pollack ( avec un côté très Out Of Africa dans sa troisième partie), Gomes réussit dans le même film à rendre un vibrant hommage au cinéma muet, à raconter une histoire d’amour déchirante tout en évoquant le passé colonialiste de son pays. Remarquable ambitieux, le film de Miguel Gomes se paie le luxe d’être non seulement passionnant mais d’être extrêmement ludique de bout en bout.

Une pure merveille!

TECHNIQUE: 9/10

Rien à redire à ce DVD absolument impeccable!

BONUS: 9/10

Outre un passionnant entretien avec le réalisateur bien que moyennement audible (le réalisateur s’exprime dans un Français moyen et la prise de son n’est pas des meilleures!), on trouve deux courts-métrages du cinéaste ainsi qu’un livret contenant le scénario des scènes coupées.

VERDICT: 9.5/10

Un DVD incontournable! Fabuleux!

Disponible en double DVD (24,99 euros) chez Shellac Sud

CRITIQUE DVD: WELCOME IN VIENNA

LE FILM:9/10

Dieu ne croit plus en nous – Vienne 1938 : après la Nuit de Cristal, un adolescent juif et quelques amis antinazis, fuient l Autriche. Après plusieurs arrestations, ils tentent de rejoindre Marseille afin de s embarquer pour les États-Unis. PARTIE 2 Santa Fe – New York 1940 : naguère persécuté en Autriche en tant que juif, puis stigmatisé comme immigré à New York, Freddy Wolf est bientôt assimilé à l ennemi allemand dès l entrée en guerre des États-Unis. Il décide alors de s engager dans l armée américaine pour regagner l Europe et combattre le nazisme. PARTIE 3 Welcome in Vienna -Europe 1944 : après son retour en Europe comme soldat américain, Freddy Wolf découvre non seulement les horreurs nazies, mais aussi que l antisémitisme règne jusque dans les rangs américains.

Quand, il y a vingt-cinq ans sortait sur les écrans français la dernière partie de « Welcome in Vienna », elle fut saluée par la critique mais les deux premières parties n’eurent pas les honneurs d’une sortie en salles. Les spectateurs français durent patienter jusqu’au mois de novembre 2011 pour découvrir les trois films, dorénavant disponibles en DVD. Réalisée dans un noir et blanc granuleux et au format carré, la trilogie d’Axel Corti est ni plus ni moins qu’un monument! Sur un sujet très peu traité, l’exil de Juifs allemands pendant la Seconde Guerre Mondiale, Corti nous offre une fresque d’une richesse rare au Cinéma. Survolant le conflit sur toute sa durée et multipliant les personnages, juifs ou non, collabos, héros… il ne perd jamais le spectateur et ne sombre jamais dans le manichéisme ou le pathos inhérents à ce genre de projet. Une grande fresque humaine tout simplement!

Techniquement, la copie proposée est parfaite, le grain au niveau de l’image étant volontaire.

LES BONUS: 8/10

Sur le troisième DVD, on trouve un entretien indispensable du scénariste Troller dont la vie a inspiré le film (1h40).

VERDICT: 9/10

Un incontournable de votre vidéothèque!!!

Disponible en coffret 3 DVD (24,99 euros) chez Editions Montparnasse

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CRITIQUE: THE ARTIST

Hollywood, 1927. George Valentin est une star du Cinéma muet; alors qu’il prend sous son aile la jeune et belle Peppy Miller et qu’il parvient à lui mettre le pied à l’étrier, le Cinéma devient parlant. Cette révolution technique va foudroyer la carrière de beaucoup d’acteurs du muet dont George Valentin qui sera poussé vers la sortie. Quant à elle, Peppy Miller suit le chemin inverse et devient la plus grande star des « talkies »! Mais elle n’a pas oublié ce qu’a fait Valentin pour elle…

Sortir un film en noir et blanc mais également muet en pleine époque 3D, cela sentait à plein nez le simple exercice de style stérile! Mais lorsqu’on voit que c’est Michel Hazanavicius aux manettes, tous les espoirs sont permis! A juste titre! Après avoir rendu sexy et jubilatoires les aventures de l’agent Hubert Bonnisseur de la Bath, alias OSS 117, en montrant un vrai sens de la comédie et de la mise en scène tout court, Hazanavicius signe un des plus beaux hommages au Cinéma que l’on ait vu jusque là.

Sur un scénario très proche de « Chantons sous la pluie » ou « Boulevard du crépuscule », « the Artist » nous conte la chute d’une star du muet à l’arrivée du parlant. Au-delà du simple exercice de style tant redouté, Hazanavicius magnifie son matériau en utilisant tantôt le son, tantôt les intertitres sur un noir et blanc de toute beauté. Côté interprétation, le cinéaste s’offre quelques seconds rôles de choix avec John Goodman, James Cromwell et même un cameo de Malcom Mc Dowell et bien sûr Jean Dujardin magnifique et tout en finesse, alors qu’on pouvait craindre qu’il en rajoute des tonnes, justement récompensé du Prix d’interprétation à Cannes. Mais la vraie révélation est sans aucun doute Bérénice Béjo qui illumine le film de sa classe et de sa beauté dans son meilleur rôle! Quant à Michel Hazanavicius, il confirme qu’il est un très grand metteur en scène, transformant un coup de folie en coup de génie!

 

PREVIEW: FRANKENWEENIE DE TIM BURTON

Le 31 octobre 2012, sortira en salles « Frankenweenie » de Tim Burton! Ceux qui connaissent bien la carrière du génie ont sans doute déjà entendu ce nom! C’est en effet l’un des premiers courts métrages réalisés par Burton alors qu’il n’avait pas les moyens d’en faire un long. C’est chose faite!

Après la mort soudaine de Sparky, son chien qu’il adorait, le jeune Victor se tourne vers le pouvoir de la science pour ramener à la vie celui qui était aussi son meilleur ami. Il lui apporte au passage quelques modifications de son cru… Victor va tenter de cacher sa création « faite main », mais quand Sparky s’échappe, les camarades de Victor, ses professeurs et la ville tout entière vont apprendre que vouloir mettre la vie en laisse peut avoir quelques monstrueuses conséquences…

FRANKENWEENIE sera un film d’animation en stop-motion et en noir et blanc, entièrement créé en 3D, et apportera au film d’animation classique en image par image une toute nouvelle dimension.

 

CRITIQUE: CONTROL (2007)

Hier soir, bercé par un 1/4 de finale de l’Euro Espagne-Italie aussi excitant qu’un jambon-beurre SNCF, je décide d’insérer dans mon lecteur dvd le film »Control » , premier long métrage d’Anton Corbijn.

Ce film relate les trois ans d’existence du groupe anglais « Joy Division » de 1977 à 1980, à la mort de leur chanteur Ian Curtis.Je dois bien admettre qu’avant d’avoir vu le film, je ne connaissais pas grand-chose de ce groupe. Et bien, la première remarque à faire est qu’il n’est nullement besoin d’être un fan acharné de ce groupe à l’origine du mouvement new-wave pour l’apprécier. Ce film est un chef-d’oeuvre en puissance! Il n’est pas question ici du biopic traditionnel qui enchaîne les évènements incontournables de l’histoire du groupe. L’histoire est plutôt axée sur la courte existence du chanteur Ian Curtis qui se pendra chez lui, à peine âgé de 23 ans. Il souffrait de crises d’épilepsie qui le prenaient parfois en plein concert et dont le traitement l’épuisait. Et la rencontre d’une femme fit de sa vie de couple(il se maria et eut un enfant très jeune) un échec qui le détruisit psychologiquement.

Sam Riley. La Fabrique de Films

De ce film on peut retenir principalement l’interprétation hallucinante de Sam Riley dans le rôle de Ian Curtis; un jeune acteur dont on devrait certainement reparler. Au-delà de sa ressemblance troublante avec l’original, il semble complètement habité par son personnage avec en point d’orgue les passages sur scène lors desquels il reproduit à la perfection la gestuelle de son modèle. Samantha Morton en femme bafouée n’est pas en reste. Elle livre une prestation de haute volée dans ce rôle de femme trompée qui tentera tout pour garder son mari et qui le soutiendra malgré tout jusqu’à sa mort.

Enfin et surtout, on peut retenir une photo noir et blanc magistrale. Le réalisateur était autrefois photographe et réalisateur de clips pour entre autres, Depeche Mode ou U2, et ça se voit! On pourrait encadrer chaque image du film tellement c’est beau!

En conclusion, c’est un magnifique film très très rock n’roll qui ravira les fans comme les autres et ça vient de sortir en dvd chez La Fabrique de films!