Critique Bluray: Quelque part dans la nuit

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  • Réalisé par :
    Joseph L. Mankiewicz
  • Avec :
    John HODIAK, Nancy GUILD, Lloyd Nolan…
  • Durée :
    1h45min
  • Pays de production :
    Etats-Unis
  • Année de production :  1946
  • Titre original : SOMEWHERE IN THE NIGHT

LE FILM:

4.5

George Taylor, soldat devenu amnésique après une blessure, revient à Los Angeles avec comme seuls repères sur son passé un nom qui ne lui dit rien, Larry Cravat, et la lettre haineuse d’une femme, morte entre-temps…

Deuxième film de Joseph L. Mankiewicz après le Château du Dragon, Quelque part dans la Nuit est un pur film noir qui s’appuie sur un scénario extrêmement malicieux. Sans star à l’affiche, le plus connu étant Richard Conte, le film nous immerge d’entrée avec une caméra subjective dans la peau d’un soldat amnésique. A partir de deux indices, il va tenter de faire la lumière sur un passé quelque peu ombrageux. Si l’acteur principal ne bénéficie pas d’un charisme à toute épreuve, il s’en sort avec les honneurs, et l’on suit ses aventures avec grand intérêt. Superbement écrit, Quelque part dans la nuit n’en est pas moins magnifiquement mis en scène, notamment avec quelques scènes brillantes dans l’hôpital psychiatrique ou sur les docks. Quant à la jeune Nancy Guild, elle joue d’un charme mystérieux à la Lauren Bacall qui participe à l’ambiance noire de ce petit chef d’oeuvre! A découvrir!

TECHNIQUE:

4.5

Magnifique copie restaurée avec une définition au top! A noter l’absence de VF.

BONUS:

3.5

Seul bonus, une excellente présentation de la carrière de Mankiewicz par l’inévitable Patrick Brion.

VERDICT:

4.5

Un film noir par un immense cinéaste, forcément indispensable!

Disponible en DVD (14.99 euros) et bluray (19.99 euros) chez RIMINI EDITIONS

Le Bon Gros Géant: la bande-annonce du prochain Spielberg

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A peine « le Pont des Espions » est-il sorti sur les écrans français que l’on peut déjà voir la bande-annonce du nouveau film de Steven Spielberg! Après le film d’espionnage, le cinéaste revient au film pour enfants avec l’adaptation d’un conte de Roald Dahl.

Réalisé par Steven Spielberg d’après le livre de Roald Dahl, LE BGG – LE BON GROS GÉANT raconte l’incroyable histoire d’une petite fille et du mystérieux géant qui va lui faire découvrir les merveilles et les dangers du Pays des Géants. Spielberg déclare : « Roald Dahl a eu le génie de valoriser les enfants dans ses histoires. Mélanger dans ses contes la noirceur et la légèreté était très courageux de sa part, il a réussi l’exploit de raconter des histoires à la fois effrayantes et rédemptrices qui enseignent à tous, petits et grands, des leçons essentielles. C’est un accomplissement merveilleux, et c’est l’une des raisons qui m’ont donné envie de porter Le Bon Gros Géant à l’écran. »

 

 

Le livre de Roald Dahl qui a inspiré le film, Le Bon Gros Géant, a été publié pour la première fois en 1982 et enchante depuis les lecteurs de tous âges. Les livres de Roald Dahl, parmi lesquels figurent également Charlie et la chocolaterie, James et la grosse pêche et Matilda, ont été traduits dans 58 langues et se sont vendus à plus de 200 millions d’exemplaires dans le monde. Le Bon Gros Géant est le seul livre de Dahl à n’avoir jamais été adapté sous forme de long métrage. Cette histoire, qu’il avait écrite pour lire aux enfants le soir avant de dormir, était celle que Dahl lui-même préférait. Steven Spielberg commente : « Il était essentiel pour nous de rester fidèles au style et au langage de Roald Dahl, et c’est à Melissa Mathison, la grande scénariste qui avait écrit E.T. L’EXTRATERRESTRE, que nous avons demandé d’écrire LE BGG – LE BON GROS GÉANT. »

 

LE BGG – LE BON GROS GÉANT sera sur les écrans à l’été 2016 – cette année marquera aussi le 100e anniversaire de la naissance de Roald Dahl.

 

Critique Blu-ray: le Secret de l’Etoile du Nord

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  • Réalisé par :
    Nils GAUP
  • Avec :
    Vilde Zeiner, Anders Baasmo Christiansen, Stig Werner Moe…
  • Durée :
    1h22min
  • Pays de production :
     Norvège
  • Année de production :  2012
  • Titre original : Reisen til julestjernen
  • Distributeur :
    Condor Entertainment / KMBO

LE FILM: 6.5/10

Pour rompre la malédiction qui a privé le Roi de sa fille bien aimée, Sonia, une jeune orpheline, part en quête de l’Étoile du Nord, l’astre qui veille sur Noël. Commence alors pour elle un fabuleux voyage…

Sorti un peu dans l’anonymat en décembre dernier, ce film pour enfants aura peut-être l’occasion de trouver son public en vidéo. Adaptation d’un célèbre conte pour enfants norvégien, cette production scandinave contient tous les ingrédients pour ravir ses spectateurs entre 5 et 10 ans: un roi, une princesse, une sorcière, une malédiction, des êtres miniatures, un ours qui parle, une visite chez le Père Noël, des gentils très gentils et des méchants méchants mais qui ne font quand même pas trop peur… La mise en scène est soignée, les décors et costumes de qualité, les effets spéciaux sont généreux et l’héroïne est craquante, de quoi passer un bon moment en famille!

TECHNIQUE: 8/10

Un résultat tout à fait honorable notamment lors de scènes dans les paysages enneigés où la profondeur de champ fait des ravages!

BONUS: 5/10

Une courte interview du réalisateur et un bêtisier et c’est tout!

VERDICT: 6.5/10

Un conte qui ravira les plus jeunes!

Disponible en DVD (19.99 euros) et bluray (24.99 euros) chez Condor Entertainment dès le 11 avril



CRITIQUE DVD: LA MAISON DES ETRANGERS

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  • Réalisé par :  Joseph L. Mankiewicz
  • Avec : Susan HAYWARD , Richard CONTE , Luther ADLER …
  • Année de production :  1949
  • Titre original : HOUSE OF STRANGERS
  • Distributeur :
    FOX

LE FILM: 8.5/10

A sa sortie de prison, l’avocat Max Monetti rend visite à ses trois frères Joe, Pietro et Tony, qui ont évincé leur père Gino à la tête de sa banque. Mais il est refoulé et même menacé de mort. L’éclatement de la famille remonte à l’inculpation du patriarche pour ses actions frauduleuses. Max, son fils préféré, a choisi de le défendre lors du procès, tandis que ses frères le laissèrent aux prises avec la justice. C’est pour avoir cherché à corrompre un magistrat que Max a été en prison. Gino demande à Max sitôt libre de le venger, mais ce dernier ne le fait pas. Il préfère partir de la « maison des étrangers » et vivre auprès d’Irene, son ancienne liaison.

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Splendeur et décadence du rêve américain, voilà un titre qu’on aurait pu donner à ce film méconnu de Joseph L.Mankiewicz. Sorti en 1950, juste après Chaines Conjugales et avant la Porte s’ouvre, la Maison des Etrangers tient autant de la fresque familiale que de la critique d’une société régie par l’argent. Construit comme souvent chez Mankiewicz autour d’un long flashback qui vise à nous expliquer comment et pourquoi Max Monetti a passé sept ans en prison et quelles sont les origines de sa soif de vengeance envers ses frères. Le personnage décédé, le père,  Gino, interprété par le magnifique Edward G.Robinson (prix d’interprétation au festival de Cannes), est la clé de voûte de l’histoire. Cet immigré italien qui a fait sa fortune dans la finance, ne vit sa vie qu’à travers l’argent, négligeant sa famille. Si Max trouve grâce à ses yeux, ses autres fils n’ont droit qu’aux insultes et autres quolibets, créant ainsi une jalousie qui entraînera la famille au clash. Magnifiquement écrit et interprété, la Maison des Etrangers bénéficie d’une somptueuse mise en scène dont le lent travelling dans les escaliers sur un air d’opéra symbolise à merveille l’ascension de Gino. Le Rêve américain et le revers de la médaille…

TECHNIQUE: 8/10

Très belle copie qu’un léger grain et quelques taches ne sauraient ternir. Côté son, une seule VO disponible, de très bonne facture.

BONUS: 0/10

Rien du tout!

VERDICT: 8.5/10

L’un des rares Mankiewicz à n’avoir jamais été édité, et non des moindre! Indispensable!

Disponible en DVD (13 euros) dans les magasin FNAC et FNAC.COM

 

CRITIQUE BLU-RAY: AU BOUT DU CONTE

1507-1LE FILM: 6.5/10

Il était une fois une jeune fille qui croyait au grand amour, aux signes, et au destin ; une femme qui rêvait d’être comédienne et désespérait d’y arriver un jour ; un jeune homme qui croyait en son talent de compositeur mais ne croyait pas beaucoup en lui. Il était une fois une petite fille qui croyait en Dieu. Il était une fois un homme qui ne croyait en rien jusqu’au jour où une voyante lui donna la date de sa mort et que, à son corps défendant, il se mit à y croire.

Quatre ans après le très moyen Parlez-moi de la Pluie, Agnès Jaoui réalise son quatrième film dont elle partage l’écriture avec son partenaire de toujours Jean-Pierre Bacri. Pour la première fois, le duo laisse tomber le cynisme et la causticité qui caractérisaient leurs précédentes collaborations pour adopter un ton mélancolique sous une forme un peu fantaisiste qui n’est pas sans rappeler le cinéma de Woody Allen.

Malheureusement, le scénario semble ici un peu fourre-tout multipliant les thèmes comme l’amour, l’amitié, la filiation, la voyance, etc… tout ça avec une multitude de personnages. Bonne idée du film: les multiples références aux contes avec ces histoires de princesses et de princes charmants, de marâtre rajeunissant à coup de botox, de grand méchant loup incarné par Biolay dont le personnage s’appelle Wolf, de chaussure perdue ou encore de princesse endormie réveillée à coup de baffe dans la tronche!

C’est donc un nouvel opus des Jabac assez plaisant certes mais qui manque sérieusement de mordant et de liant. Grosse consolation: un Bacri dont le traditionnel personnage de bougon égoïste parvient à nous émouvoir dans l’une des dernières scènes.

TECHNIQUE: 8/10

Une copie sans défaut même si l’apport HD reste assez discret.

BONUS: 7/10

Outre la bande-annonce et des filmographies, on trouve quelques scènes coupées et une séance de questions-réponses du duo avec le public de l’UGC de Bordeaux.

VERDICT: 6.5/10

Un Jabac plaisant sans être inoubliable…

Disponible en DVD (19,99 euros) et blu-ray FNAC (19,99 euros) dès le 6 juillet chez Memento Films

 


 

CRITIQUE BLU-RAY: BLANCANIEVES

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LE FILM: 8.5/10

Sud de l’Espagne, dans les années 20. Carmen est une belle jeune fille dont l’enfance a été hantée par une belle-mère acariâtre. Fuyant un passé dont elle
n’a plus mémoire, Carmen va faire une rencontre insolite : une troupe ambulante de nains toreros qui va l’adopter et lui donner le surnom de « Blancanieves ».
C’est le début d’une aventure qui va conduire Carmen/Blancanieves vers elle-même, vers son passé, et surtout vers un destin à nul autre semblable…

Dans la lignée de Tabou ou de The Artist, Blancanieves entreprend de revisiter les origines du cinéma avec un conte filmé en noir et blanc, format carré (1.33) et muet. Pour son deuxième film, Pablo Berger réalise un film au contenu social tout en s’appropriant les contes de Blanche Neige (avec seulement 6 nains!), le Petit Chaperon Rouge, la Belle au Bois Dormant ou encore Cendrillon. D’une poésie folle, Blancanieves se distingue par ses qualités esthétiques avec certaines scènes d’une inventivité et d’une beauté rares et une seconde partie empreinte d’une douce folie et qui n’est pas sans rappeler le Freaks de Tod Browning. Blancanieves est assurément l’une des très bonnes surprises de l’année!

TECHNIQUE: 10/10

A couper le souffle! Le noir et blanc n’a jamais semblé aussi pur!

BONUS: 10/10

Outre un très bon making of (29 mins), on trouve également divers modules: présentation du film par le réalisateur, premier jour de tournage (5′), concert (5′), lecture du scénario (6′),présentation des lieux de tournage (5′).

VERDICT: 9/10

Indispensable! L’un des films de l’année dans une édition irréprochable!

Disponible en DVD (15 euros) et blu-ray (20 euros) chez France Télévisions Distribution dès le 20 juin.

 


CRITIQUE: L’ENFANT D’EN HAUT

Simon, 12 ans, emprunte l’hiver venu la petite télécabine qui relie la plaine industrielle où il vit seul avec sa sœur Louise, à l’opulente station de ski qui la surplombe.
Là-haut, il vole les skis et l’équipement des riches touristes qu’il revend ensuite aux enfants de son immeuble pour en tirer de petits mais réguliers bénéfices.
Louise, qui vient de perdre son travail, profite des trafics de Simon qui prennent de l’ampleur et devient de plus en plus dépendante de lui…

Pour son deuxième film après « Home », Ursula Meier choisit à nouveau le thème de la famille. Elle nous propose ici de suivre une famille un peu bancale. Les parents sont absents et la grande soeur passe de missions d’intérim au chômage et enchaîne les petits copains qu’on différencie à la marque de leur voiture. Elle n’assume pas du tout la situation et se comporte plutôt comme une adolescente. Le petit frère, lui, n’a pour seule occupation que le vol et la revente d’équipements de ski et s’occupe de faire tourner la maison. Il fait les courses, la lessive et veille à ce que sa grande soeur ne fasse pas n’importe quoi!

Quand il va « en haut », il quitte la grisaille de sa tour HLM « d’en bas » et fréquente la bourgeoisie qui s’amuse, comme une métaphore amusante. Il peut même se permettre de déjeuner en terrasse assis sur une banquette  recouverte de peau de bête.

Entre la chronique sociale et le conte, « l’Enfant d’en Haut » rappelle souvent le cinéma des frères Dardenne notamment « le Gamin au vélo ». Porté par deux comédiens magnifiques, Léa Seydoux et le jeune Kacey Mottet Klein parfait dans ce rôle d’enfant en manque d’amour maternel, le film d’Ursula Meier est un petit bijou qui vous broiera le coeur.