CRITIQUE DVD: WE NEED TO TALK ABOUT KEVIN

LE FILM:

Eva a mis sa vie professionnelle et ses ambitions personnelles entre parenthèses pour donner naissance à Kevin. La communication entre mère et fils s’avère d’emblée très compliquée. À l’aube de ses 16 ans, il commet l’irréparable. Eva s’interroge alors sur sa responsabilité. En se remémorant les étapes de sa vie avant et avec Kevin, elle tente de comprendre ce qu’elle aurait pu ou peut-être dû faire…

Tiré d’un roman de Lionel Shriver, le dernier film de l’Ecossaise Lynne Ramsay (« Ratcatcher », « Morvern callar ») nous propose, à travers une construction éclatée en de multiples flash backs de suivre les interrogations d’une mère sur son fils. Au sens large, il s’agit de parler d’un tabou: toute mère aime-t-elle forcément ses enfants ? Quand, comme Kevin, celui-ci commet l’irréparable, que se passe-t-il dans la tête d’une mère ?

Autant de questions difficiles que la réalisatrice nous pose à travers une mise en scène brillante et un trio d’acteurs époustouflants. Tilda Swinton est comme toujours hallucinante, toute sa palette de comédienne apparaîssant dans une scène où elle essaie de faire taire son bébé qui pleure, son visage passant de la tendresse à l’agacement en passant par le renoncement: impressionnant! John C. Reilly interprète à merveille le père un peu mou du genou sans aucune autorité et enfin Kevin est incarné par la révélation Ezra Miller qui vampirise complètement l’objectif. Rempli de moments drôles, le film n’en dégage pas moins une atmosphère assez malsaine renforcée par de nombreux gros plans dérangeants et devrait rester longtemps gravé dans les esprits! Côté technique pour le DVD, rien à dire: le top!

LES BONUS:

Outre les bandes annonces, un trouve une section d’interviews de l’équipe du film assez intéressante et c’est tout! Dommage!

VERDICT:

Un DVD à se procurer tant le film est de qualité même s’il reste un peu chiche côté bonus!

DVD disponible (19,99 euros) chez Diaphana

http://www.priceminister.com/offer/buy/142266310/we-need-to-talk-about-kevin-de-lynne-ramsay.html

 

CRITIQUE: LA GUERRE EST DECLAREE

Quand Romeo et Juliette se rencontrent, ils se plaisent tout de suite. Ils croient d’abord à une blague puis se disent qu’un couple tel que le leur ne peut que souffrir. Et puis ils n’y pensent plus et vivent le bonheur. Ce bonheur, ils vont le concrétiser en donnant naissance au petit Adam et bien qu’il pleure beaucoup, ils se disent après tout que « les bébés, ça pleure ». Mais alors que plusieurs facteurs les alertent, le verdict tombe: Adam a une tumeur au cerveau. Que faire? Se laisser abattre? Non! La guerre est déclarée!

Valérie Donzelli, pour son deuxième film après « la reine des pommes », traite d’un sujet qui lui est cher puisqu’il s’agit de son histoire et celle de Jérémie Elkaïm et de leur fils, l’histoire du combat qu’ils ont mené et remporté contre sa maladie. Ils ont donc décidé de partager cette douloureuse expérience en écrivant tous les deux le scénario et en l’interprétant tout en étant derrière la caméra, pour Valérie.

On pouvait craindre le pire d’un tel sujet, si lourd et si propice à sombrer dans le pathos! Que nenni! Dès le début du film, on comprend que l’issue n’est pas fatale, otant toute idée de suspense malvenu et malsain. Puis l’on suit cette histoire plutôt pleine d’énergie et de vie; certes les plus sensibles (dont je fais partie!) laisseront échapper quelques larmes mais Valérie Donzelli ne cherche jamais, et c’est son plus grand mérite, à nous les arracher. C’est uniquement grâce à son récit et à l’empathie que l’on ressent pour ce couple si attachant que l’émotion affleure. Sur la forme, le film est jubilatoire tant les trouvailles de mise en scène se multiplient et la bande originale, naviguant de Vivaldi à Bach en passant par Delerue, Morricone ou Yuksek, est une succession de petits bijoux! En tout cas même si Romeo et Juliette en sortent « détruits mais plus solides », moi j’en suis sorti heureux!