Critique: Suspiria

5193736.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg

Titre original Suspiria
Réalisation Luca Guadagnino
Scénario David Kajganich
Acteurs principaux
Sociétés de production Frenesy Film Company
Mythology Entertainment
Amazon Studios
First Sun
MeMo Films
Muskat Filmed Properties
Vega Baby Releasing
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau de l'Italie Italie
Genre horreur
Durée 152 minutes
Sortie 14 novembre 2018

Susie Bannion, jeune danseuse américaine, débarque à Berlin dans l’espoir d’intégrer la célèbre compagnie de danse Helena Markos. Madame Blanc, sa chorégraphe, impressionnée par son talent, promeut Susie danseuse étoile.
Tandis que les répétitions du ballet final s’intensifient, les deux femmes deviennent de plus en plus proches. C’est alors que Susie commence à faire de terrifiantes découvertes sur la compagnie et celles qui la dirigent…

Un an après la romance toscane « Call me by your name », quelle surprise de retrouver Luca Guadagnino à la tête d’un remake du « Suspiria » de Dario Argento. Si la base de l’histoire reste la même (une jeune fille débarque dans une école de danse dans laquelle la sorcellerie règne), le film n’essaie pourtant jamais de singer l’original. Guadagnino ne cherche pas non plus à faire peur. Il situe son histoire dans les années 70, en Allemagne, entre guerre froide et terrorisme de la Bande à Baader et prend son temps pour installer une ambiance. Pour ce faire, « Suspiria » bénéficie d’un gros travail sur la photo (magnifique travail du Thailandais Mukdeeprom) et d’une bande originale incroyable du chanteur de Radiohead. Le casting est également une belle réussite avec notamment la fabuleuse Tilda Swinton et un mystérieux Lutz Eberdorf que vous vous amuserez à reconnaître! Loin d’être une pâle copie du Giallo originel, ce « Suspiria » s’impose comme un objet filmique à part entière, quelque part entre Fassbinder et Gaspard Noé, cousin éloigné du « Black Swan » d’Aronofski! Une vraie surprise!

4.5

Critique: Okja

039567.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg

Titre original 옥자
Réalisation Bong Joon-ho
Scénario Bong Joon-ho
Jon Ronson1
Acteurs principaux
Sociétés de production Lewis Pictures
Pays d’origine Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud
Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre aventure fantastique
Durée 120 minutes
Sortie 28 Juin 2017 sur Netflix

Pendant dix années idylliques, la jeune Mija s’est occupée sans relâche d’Okja, un énorme animal au grand cœur, auquel elle a tenu compagnie au beau milieu des montagnes de Corée du Sud. Mais la situation évolue quand une multinationale familiale capture Okja et transporte l’animal jusqu’à New York où Lucy Mirando, la directrice narcissique et égocentrique de l’entreprise, a de grands projets pour le cher ami de la jeune fille.

Sans tactique particulière, mais fixée sur son objectif, Mija se lance dans une véritable mission de sauvetage. Son périple éreintant se complique lorsqu’elle croise la route de différents groupes de capitalistes, démonstrateurs et consommateurs déterminés à s’emparer du destin d’Okja, tandis que la jeune Mija tente de ramener son ami en Corée.

Sixième film du Coréen Bong Joon Ho, « Okja » fit parler de lui bien avant sa sortie, lors de sa présentation en compétition au Festival de Cannes. En effet, produit par la chaîne VOD Netflix, le film ne connaîtra pas de sortie en salles mais directement sur internet, suscitant une vraie polémique de la part notamment des exploitants qui craignent des dérives. Concentrons nous sur l’oeuvre elle-même. Quatre ans après « Snowpiercer », le Coréen réalise à nouveau une grosse production internationale au message universel. A travers ce conte fantastique, Bong Joon Ho délivre un message humaniste contre les dérives de l’industrie agro-alimentaire. Ce film d’action acidulé vegan navigue quelque part entre le grand spectacle spielbergien et les bons sentiments disneyens. L’efficacité du spectacle et la mignonnitude du super-cochon Okja, associés à la fantaisiste interprétation de Jake Gyllenhall en présentateur déjanté font de ce film un blockbuster hautement recommandable à défaut d’être le miracle attendu!

4

Critique: Only Lovers Left Alive

445377.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

  • Réalisé par :
    Jim Jarmusch
  • Avec :
    Tom Hiddleston, Tilda Swinton, Mia Wasikowska…
  • Durée :
    2h3min
  • Pays de production :
     Chypre France Allemagne Grande-Bretagne
  • Année de production :  2013
  • Titre original : Only Lovers Left Alive
  • Distributeur :
    Le Pacte

Dans les villes romantiques et désolées que sont Détroit et Tanger, Adam, un musicien underground, profondément déprimé par la tournure qu’ont prise les activités humaines, retrouve Eve, son amante, une femme endurante et énigmatique. Leur histoire d’amour dure depuis plusieurs siècles, mais leur idylle débauchée est bientôt perturbée par l’arrivée de la petite sœur d’Eve, aussi extravagante qu’incontrôlable. Ces deux êtres en marge, sages mais fragiles, peuvent-ils continuer à survivre dans un monde moderne qui s’effondre autour d’eux ?

Pour son 17ème long métrage, Jim Jarmush nous propose une histoire de vampires qui, à trop vouloir marquer sa différence, nous précipite dans un tourbillon d’ennui. Paradoxalement, le film est bourré de bonnes idées: les vampires ne se servent pas au cou des victimes mais prennent le sang dans les hôpitaux; Adam a transformé sa maison en mausolée en hommage à toutes les personnalités qu’il a connues dans sa longue existence; on saluera aussi l’astucieuse métaphore sur l’art et l’héritage culturel. Esthétiquement très soigné avec une très belle photo et une bande originale planante, le film véhicule malheureusement le spleen et la mélancolie des personnages jusqu’au spectateur pour qui le film paraît durer trois heures! Dommage, en plus Tilda Swinton y est comme toujours excellente!  

NOTE: 4/10

CRITIQUE: SNOWPIERCER, LE TRANSPERCENEIGE

21038075_20130909110053289_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

2031. Une nouvelle ère glaciaire. Les derniers survivants ont pris place à bord du Snowpiercer, un train gigantesque condamné à tourner autour de la Terre sans jamais s’arrêter. Dans ce microcosme futuriste de métal fendant la glace, s’est recréée une hiérarchie des classes contre laquelle une poignée d’hommes entraînés par l’un d’eux tente de lutter. Car l’être humain ne changera jamais…

Très souvent, quand un jeune cinéaste en vogue se retrouve à la tête d’une superproduction internationale, il se retrouve muselé et le produit fini paraît fade et sans personnalité dans le meilleur des cas. Après de grands films comme Memories of Murder, The Host et Mother , l’adaptation de la BD française du même titre par Bong Joon Ho pouvait nous faire craindre le pire, un énième blockbuster sans âme. Après avoir vu le film, on ne peut qu’être rassuré et réjoui de constater qu’il est possible de concilier gros budget, scénario d’une grande richesse et metteur en scène de talent!

Extrêmement intelligent, le scénario propose au-delà d’une aventure totalement folle et jubilatoire, une véritable réflexion politique dont je ne dirai rien de plus pour ne pas ternir le plaisir de ceux qui ne l’auraient pas encore vu. Quoi qu’il en soit, la progression des héros de l’arrière vers l’avant du train donne l’occasion au cinéaste d’offrir à chaque voiture une aventure nouvelle dans des décors nouveaux et toujours plus fous et d’offrir des pistes scénaristiques foisonnantes et autant de questions: qu’y a-t-il à l’avant du train? Qui est ce personnage mystérieux au commandement de ce train? Que deviennent les enfants arrachés à leurs parents? Y a-t-il un avenir possible en dehors du train?

Visuellement éblouissant, le film repose en plus sur un casting parfait bien qu’audacieux: Chris Evans prouve qu’il vaut mieux que Captain America, Song Kan Ho, Ed Harris, John Hurt, Jamie Bell et bien sûr Tilda Swinton absolument magistrale!

Non seulement Bong Joon Ho a su rester cohérent avec son oeuvre mais Snowpiercer s’impose comme le plus grand film de science-fiction depuis les Fils de l’Homme et s’il nous invite au voyage c’est bien en première classe! Chef d’oeuvre!

NOTE: 9.5/10

 

CRITIQUE DVD: WE NEED TO TALK ABOUT KEVIN

LE FILM:

Eva a mis sa vie professionnelle et ses ambitions personnelles entre parenthèses pour donner naissance à Kevin. La communication entre mère et fils s’avère d’emblée très compliquée. À l’aube de ses 16 ans, il commet l’irréparable. Eva s’interroge alors sur sa responsabilité. En se remémorant les étapes de sa vie avant et avec Kevin, elle tente de comprendre ce qu’elle aurait pu ou peut-être dû faire…

Tiré d’un roman de Lionel Shriver, le dernier film de l’Ecossaise Lynne Ramsay (« Ratcatcher », « Morvern callar ») nous propose, à travers une construction éclatée en de multiples flash backs de suivre les interrogations d’une mère sur son fils. Au sens large, il s’agit de parler d’un tabou: toute mère aime-t-elle forcément ses enfants ? Quand, comme Kevin, celui-ci commet l’irréparable, que se passe-t-il dans la tête d’une mère ?

Autant de questions difficiles que la réalisatrice nous pose à travers une mise en scène brillante et un trio d’acteurs époustouflants. Tilda Swinton est comme toujours hallucinante, toute sa palette de comédienne apparaîssant dans une scène où elle essaie de faire taire son bébé qui pleure, son visage passant de la tendresse à l’agacement en passant par le renoncement: impressionnant! John C. Reilly interprète à merveille le père un peu mou du genou sans aucune autorité et enfin Kevin est incarné par la révélation Ezra Miller qui vampirise complètement l’objectif. Rempli de moments drôles, le film n’en dégage pas moins une atmosphère assez malsaine renforcée par de nombreux gros plans dérangeants et devrait rester longtemps gravé dans les esprits! Côté technique pour le DVD, rien à dire: le top!

LES BONUS:

Outre les bandes annonces, un trouve une section d’interviews de l’équipe du film assez intéressante et c’est tout! Dommage!

VERDICT:

Un DVD à se procurer tant le film est de qualité même s’il reste un peu chiche côté bonus!

DVD disponible (19,99 euros) chez Diaphana

http://www.priceminister.com/offer/buy/142266310/we-need-to-talk-about-kevin-de-lynne-ramsay.html