Critique: Continuer

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Réalisation Joachim Lafosse
Scénario Joachim Lafosse
Thomas Van Zuylen
Acteurs principaux
Sociétés de production Versus Production
Pays d’origine Drapeau de la Belgique Belgique
Drapeau de la France France
Genre drame
Durée 84 minutes
Sortie 23 janvier 2019

Sibylle, mère divorcée, ne supporte plus de voir son fils adolescent sombrer dans une vie violente et vide de sens. Elle va jouer leur va-tout en entraînant Samuel dans un long périple à travers le Kirghizistan. Avec deux chevaux pour seuls compagnons, mère et fils devront affronter un environnement naturel aussi splendide qu’hostile, ses dangers, son peuple… et surtout eux-mêmes !

Deux ans après « l’Economie du couple », Joachim Lafosse revient avec une adaptation d’un livre, « Continuer » de Laurent Mauvigner. Ici, point de huis clos mais un film de grands espaces comme on en voit peu dans le Cinéma européen. Sybille et son fils, jeune homme de 17 ou 18 ans, chevauchent dans la nature hostile du Kirghizistan. Le but de cette épopée pour Sybille, se rapprocher de Samuel et recoller les morceaux d’une relation que la vie a distendue. Lafosse nous épargne les discussions philosophiques et psychanalytiques pour nous offrir un voyage au plus près de la nature, laissant le maximum de place aux corps et réduisant les plages dialoguées au strict nécessaire. Le voyage est dépaysant et bouleversant dans la trajectoire qu’il fait prendre aux deux personnages remarquablement interprétés par Virginie Efira, une fois de plus sublime, et Kacey Mottet Klein qui prend, avec l’âge, une envergure incroyable. Un très beau film sur l’incommunicabilité entre une mère et son fils aussi fort sur le fond que sublime sur la forme!

4.5

CRITIQUE: LES GARCONS ET GUILLAUME A TABLE

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Le premier souvenir que j’ai de ma mère c’est quand j’avais quatre ou cinq ans. Elle nous appelle, mes deux frères et moi, pour le dîner en disant : « Les garçons et Guillaume, à table ! » et la dernière fois que je lui ai parlé au téléphone, elle raccroche en me disant : « Je t’embrasse ma chérie » ; eh bien disons qu’entre ces deux phrases, il y a quelques malentendus.

Quand la majorité des comédies françaises semble être conçue sur le même modèle, on ne peut que se réjouir d’une comédie surprenante et c’est le cas ici. Guillaume Gallienne part ici de son spectacle du même nom, l’action se déroulant d’ailleurs sur scène et par le biais de flash-backs illustrant son histoire. Interprétant son propre rôle ainsi que celui de sa mère, Gallienne se raconte de la manière la plus intime: sa relation avec sa mère, son père, ses frères, ses séjours en pension, etc…

Bien que souvent très drôle, le fond reste tout de même assez dramatique et ne manque pas de susciter la réflexion en posant de vraies questions notamment sur l’influence des parents sur le développement de l’enfant ou la part d’inné et d’acquis, la place que la société accorde à l’individu et les possibilités offertes à celui-ci d’y évoluer,…

Une comédie d’une rare intelligence donc, portée par un comédien absolument magnifique!

NOTE: 9/10

CRITIQUE BLU-RAY:ELENA

LE FILM: 8/10

Elena et Vladimir forment un couple d’un certain âge et issus de milieux sociaux très différents. Elle est une femme simple et soumise qui, même s’ils ne font plus lit commun, continue à servir son mari. Lui est riche et froid comme la pierre et n’accorde pas beaucoup d’attention à sa femme. Elena et Vladimir ont chacun un enfant d’une précédente union. Le fils d’Elena, au chômage, a du mal à entretenir sa famille et compte sur l’aide de sa mère. La situation se complique quand Elena demande l’aide de son mari, ce dernier refusant, arguant que son beau-fils doit se débrouiller tout seul…

Troisième long métrage du Russe Andrey Zviaguintsev après « le Retour » et « le Bannissement », « Elena » est la chronique glaciale d’un fait divers aux accents chabroliens. Rempli de longs plans séquences destinés à nous montrer le quotidien triste et répétitif d’Elena et ponctué de temps à autre par la musique angoissante de Philip Glass, le film de Zviaguintsev est terrifiant tant il est réaliste et porteur de questions universelles. La principale: jusqu’où peut-on aller pour secourir ses enfants ? Loin semble-t-il pour Elena, aussi loin que le film est marquant! Une vraie réussite!

La copie HD est parfaite et rend justice à la photo volontairement froide.

LES BONUS: 9/10

Outre les bandes-annonces du film et du « Bannissement », on trouve une interview du réalisateur (30 mins) très intéressante ainsi qu’un making of nous détaillant le tournage de quelques scènes clé.

VERDICT: 8/10

Une des bonnes surprises de 2012!

Disponible en DVD (19,99 euros) et blu-ray (24,99 euros) chez Pyramide Video dès le 2 octobre.

 


CRITIQUE DVD: PARLEZ-MOI DE VOUS

LE FILM:

À 40 ans, Mélina est la voix la plus célèbre de France. Animatrice à la radio, la nuit à l’antenne elle résout les problèmes affectifs et sexuels des auditeurs avec impertinence, humour et sans tabou. Tout le monde connaît sa voix, mais personne ne connaît son visage. Dans la vie, elle évite tout contact et vit comme une vieille fille dans les beaux quartiers. Partie à la recherche d’une mère qu’elle n’a jamais connue, elle découvre que celle-ci vit au sein d’une famille nombreuse, en banlieue. Elle décide de s’approcher d’elle, incognito….

Pour son premier long métrage, Pierre Pinaud nous conte l’histoire d’une femme, dont la voix est connue de tous et qui, une fois le micro coupé tombe dans une solitude sans nom. Cette femme, en dehors de son émission de radio, n’a qu’un seul objectif, retrouver la femme qui l’a mise au monde et abandonnée pour peut-être apprendre à enfin vivre. Il a eu l’excellente idée de confier ce rôle à Karine Viard, l’une des meilleures actrices françaises à ce jour, qui brille dans l’émotion comme dans l’humour!  Mis en scène avec beaucoup de précision, le film navigue habilement entre comédie et drame, même si le scénario souffre parfois de creux.

Des premiers pas encourageants pour un réalisateur dont on devrait reparler!

Un DVD techniquement parfait!

LES BONUS:

Outre des bandes annonces, on trouve un commentaire audio du réalisateur et de la productrice et deux courts-métrages du réalisateur. L’un d’eux, « les petites miettes » est un film muet en NetB, ouvertement inspiré de Chaplin et Murnau et constitue un véritable chef d’oeuvre!

VERDICT:

Un DVD hautement recommandable que ce soit pour le film que pour ses bonus!

 

Disponible en DVD (19,99 euros) dès le 11 mai chez Diaphana Video

CRITIQUE DVD: WE NEED TO TALK ABOUT KEVIN

LE FILM:

Eva a mis sa vie professionnelle et ses ambitions personnelles entre parenthèses pour donner naissance à Kevin. La communication entre mère et fils s’avère d’emblée très compliquée. À l’aube de ses 16 ans, il commet l’irréparable. Eva s’interroge alors sur sa responsabilité. En se remémorant les étapes de sa vie avant et avec Kevin, elle tente de comprendre ce qu’elle aurait pu ou peut-être dû faire…

Tiré d’un roman de Lionel Shriver, le dernier film de l’Ecossaise Lynne Ramsay (« Ratcatcher », « Morvern callar ») nous propose, à travers une construction éclatée en de multiples flash backs de suivre les interrogations d’une mère sur son fils. Au sens large, il s’agit de parler d’un tabou: toute mère aime-t-elle forcément ses enfants ? Quand, comme Kevin, celui-ci commet l’irréparable, que se passe-t-il dans la tête d’une mère ?

Autant de questions difficiles que la réalisatrice nous pose à travers une mise en scène brillante et un trio d’acteurs époustouflants. Tilda Swinton est comme toujours hallucinante, toute sa palette de comédienne apparaîssant dans une scène où elle essaie de faire taire son bébé qui pleure, son visage passant de la tendresse à l’agacement en passant par le renoncement: impressionnant! John C. Reilly interprète à merveille le père un peu mou du genou sans aucune autorité et enfin Kevin est incarné par la révélation Ezra Miller qui vampirise complètement l’objectif. Rempli de moments drôles, le film n’en dégage pas moins une atmosphère assez malsaine renforcée par de nombreux gros plans dérangeants et devrait rester longtemps gravé dans les esprits! Côté technique pour le DVD, rien à dire: le top!

LES BONUS:

Outre les bandes annonces, un trouve une section d’interviews de l’équipe du film assez intéressante et c’est tout! Dommage!

VERDICT:

Un DVD à se procurer tant le film est de qualité même s’il reste un peu chiche côté bonus!

DVD disponible (19,99 euros) chez Diaphana

http://www.priceminister.com/offer/buy/142266310/we-need-to-talk-about-kevin-de-lynne-ramsay.html

 

CRITIQUE: L’ECHANGE (2008)

Universal Pictures

Le grand Clint est toujours vivant et signe une fois de plus un très grand film. Il s’agit ici d’une histoire vraie, celle de Christine Collins, mère célibataire en 1928, dont le fils est enlevé un jour où elle est au travail. Quelques mois plus tard, la police, alors gangrénée par la corruption, lui ramène son fils. Sauf que selon la mère, ce n’est pas son fils! La police était pourtant bien contente d’afficher un résultat positif et voilà que cette bonne femme leur met des bâtons dans les roues en clamant partout qu’il y a eu erreur! Sur ce fait, Christine est considérée comme démente et envoyée à l’asile. C’est sans compter sur le pasteur de l’église presbytérienne incarné par le brillant John Malkovich, à l’affût de tous les faux pas de la police qui va tout mettre en oeuvre pour la sortir de là et faire relancer l’enquête.

Eastwood met en place un récit chronologique qui expose méticuleusement les faits. Il est aidé dans cette entreprise par un casting haut de gamme avec en tête une Angelina Jolie exceptionnelle toute en retenue et en sobriété et un Malkovich comme toujours d’une intensité rare. La reconstitution est soignée et Eastwood se sort à merveille de l’énorme difficulté posée par le scénario: il arrive à traiter de plusieurs thèmes majeurs ( la corruption, la difficulté d’être une femme dans les années 20, le deuil, la peine de mort, l’arbitraire, la psychiatrie…) sans se disperser et perdre son public. Le film vous prend littéralement aux tripes et ne vous lâche plus.

A voir absolument!

CRITIQUE: LOL (2008)

David Koskas

La semaine dernière, je sors avec ma chère et tendre (Mamie garde les enfants, chouette!!!) pour une avant-première, celle du film LOL. Quitte à sortir au cinoche, j’aurais préféré autre chose mais bon, ma dulcinée aime beaucoup Sophie Marceau et le ciné, ça me fait toujours plaisir! Mais le pressentiment n’est pas très bon, je l’admets: une comédie sur l’adolescence avec Sophie Marceau, ça sent bon le navet! Que nenni, j’ai eu tout faux. J’ai passé 90 minutes délicieuses, complètement transporté par cette petite comédie sans autre ambition que de divertir.

Sophie Marceau joue une mère divorcée qui a la garde de sa fille Lola, une ado de 16-17 ans, à l’image de tous les ados d’aujourd’hui , naviguant entre MSN, le MP3 et le portable. Anne, la mère, tente de rester dans le coup et de faire face. Elle couche de temps en temps avec le père de Lola en cachette et fume des pétards, une fois seule dans son lit. On suit, durant les trois trimestres de l’année scolaire, la vie de cette adolescente et sa relation avec sa mère, qui trente ans après « la Boum » passe dans le camp des vieux cons.

Lisa Azuelos, à qui l’on doit « comme t’y es belle », frappe très fort avec cette comédie très réussie. Dotée d’un vrai sens du rythme, le plus difficile dans ce genre de film, elle évite les clichés et surprend sans cesse son public même si on a droit au petit copain musicien ou au voyage de classe. On découvre une Sophie Marceau très naturelle et très à l’aise dans son rôle ainsi que la révélation Christa Theret qu’on avait déjà vue dans « Et toi, t’es sur qui? », d’autant mieux choisie qu’on trouve un air de famille entre la mère et la fille. Le reste du casting est à l’avenant; tous les ados du film sont ceux qu’on croise tous les jours dans les transports en commun. A noter, enfin, une ou deux scènes cultes dont une qu’on nommera « la scène du poulet » qui fait mourir de rire toute la salle!

En conclusion, une excellente comédie, sorte d’hommage à des films comme « la Boum », « A nous les petites Anglaises » ou « les Sous-doués » qui n’a pour but que nous faire rire, même de choses pas drôles (une certaine scène risque de faire polémique). A voir absolument